| Carnet de bord de Octobre 2012 | Partager sur Facebook |
Ce matin, ce n'est pas le bruit, pas le vent, pas le téléphone qui m'a reveillé, mais le froid, ça meule et ça fait tout drôle. Bon, c'est pas non plus un froid polaire, juste une fraicheur de El Bruc. Je ne mets pas longtemps pour me saper et aller prendre ma dose de caféine. La journée promet d'être belle, la lumière est magnifique ce matin. Pendant que je tape mon CDB, je regarde distraitement à droite, à gauche comme ça, vous voyez, et là, à une cinquantaine de mètre un vieux chauffeur portugais descends de son vieux Scania, et vide en sifflotant sa bouteille de pisse à l'arrière de la semi, puis, se dirige vers sa reserve d'eau et nettoie sa bouteille collector parce qu'il y a pas de petites économies et la range bien comme il faut dans sa cabine. On nous appele pas les pues la pisse pour rien. Un peu avant 11h mon chef a trouvé 6m de plancher à charger. Je mets en route à 11h30 en me disant que j'aurai dû attendre et faire 11h de coupure. On est que lundi, on a le temps. Je rejoins donc la rue Y, il faut quand même un sacré manque d'imagination pour nommer des rues Y, Z, ou 3 dans un port. "Et ton bébé alors tu va l'appeler comment ? Et ben... Y, on a rien trouvé qui nous plaisait". Quoiqu'il en soit, je charge chez un transporteur ou il y a grave de la place pour manoeuvrer, en plus j'attends pas et le type savait déjà ce que je chargeais, incroyable. J'ai chargé 6 caisses en fait, toutes petites, 30*40*80 1000kg pièce ! Le toute vient de chine et je sais toujours pas ce qu'il y avait dedans. Vu qu'il y a rien de plus, j'ai ordre de remonter vers la frontière. Arrivé à la hauteur de Cornella, STOOOOOP, il y a encore 2 ou 3 mètres à charger, c'est con, c'était à moins de 200m de la ou j'étais, je retourne à la Zona Franca me garer le long de la darse et casser ma graine, il fait beau et presque chaud.
A 15h comme prévu, je me pointe chez le transporteur. C'est grand luxe ici, par rapport à avant quand on y chargeait en plein centre de l'Hospitalet, mais vu que c'est moderne, maintenant il faut le gilet fluo et s'inscrire sur un registre. Le Bulgare à côté est en tongs, mais il a le gilet, tout baigne. On tente un brin de discussion, le bonhomme ne bosse que pour eux, et fait de Barcelone-Dijon, oui oui, Dijon en Côte d'Or. 2 voyages par semaine, 5 clients à la montée, pareil à la descente. On a du soucis à se faire !!! Au bout de 2 mois, il rentre en bus en Bulgarie, la classe. Le responsable finit de se ramener à 15h30 avec mes papiers, à 16h je decolle plein nord direction la France par la nationale, vu le peu de trafic, j'ai bien fait. Je m'arrête vite fait chez Santi prendre ma cartouche de Ducados et enfin, dernier arrêt chez Padrosa pour la douche. Mine de rien j'ai déjà 4h de volant, et ouais, ça parait pas comme ça... Côté Perpignan, il y a du vent, mais le plus désagréable c'est encore et toujours ces travaux qui n'en finissent pas, y en a marre, vraiment marre. J'ai pas entendu les infos depuis jeudi matin. C'est toujours aussi nul à chier, je remets la musique. Arrivé après Nimes, pose gastro au fond du parking, je me connecte sur le net vite fait en mengeant, et quand je vois la quantité de messages, de notifications, je ferme tout, 45 minutes plus tard je suis reparti, c'était un coup à passer 4h. Je roule encore quasi 2h et je me pose à quelques mètres de chez Gondran dans la zone de Portes les Valence, il est 1h du matin. Je suis à 15 minutes de chez moi !