| Carnet de bord de Octobre 2012 | Partager sur Facebook |
Il y a des jours comme ça ou tout demarre bien. On ne sait pas pourquoi, mais c'est un fait. Je sors donc aux alentours de 8h30 de mon parking boueux à Lentilly ou j'ai bien cru que je deposais mon magnifique Spoiler d'occasion pour rejoindre le portail de mon client à 150m de là. Je me mets en place sous le hangar après une savante manoeuvre tordue. "T'as vu, je m'y suis repris en 3 fois... Boh c'est pas grave. Si c'est grave, parce si j'avais bu le café avant, je serai rentré direct." Le type est intelligent, à peine ma phrase finie il revient avec un café et un sucre, la classe, c'est bon, on peut vider delicatement le gros palan autoporté. De là, je lache mon attelage frigorifique sur les plus belles routes de la planète. Un petit coup sur un bout d'un N7, et à L'Arbresle, je recupère la N89 pour rejoindre Andrezieux, j'adore cette route, j'adore ce coin si près de Lyon, et pourtant si loin de tout. Ici ça fleure bon la vielle nationale qui a connu des jours meilleurs et qui sombre lentement dans l'oubli le plus total, le seul resto que je connaissais par là est envahi de ronces, c'est mort pour le petit dej ce matin. Arrivé à Andrezieux bonne pioche il y a pas trop de camions ce matin, j'attends relativement pas longtemps en racontant des conneries avec les vigiles autour d'un gobelet de café.
Il est 13h quand je decolle bien chargé, le frigo en route sur +20 car j'ai de l'ADR frigo. Le must, c'est que je suis chargé dans l'ordre, pas besoin de passer au dépôt, go direct Castres qu'il a dit le boss ! Je n'ai donc pas d'autres choix que de passer par ma route préférée de ma vie de routman ; la 88. Après la pénible déviation de Le Puy qui fait perdre 10 minutes et torcher un max de gasoil, je reprends la route normale et les éléments sont déchainés, pluie et vent au programme, mais trafic ultra light. J'adore. Je me paye même un petit gueuleton au chaud dans ma cabine en regardant les feuilles mortes voltiger et en ecoutant Mermet. Que demande le peuple ? Une fois l'estomac plein de cochonneries, je repars pour mon morceau préféré jusqu'à la Pierre Plantée, à fond les ballons. Et ben oui, j'ai peu être l'air con, mais ce petit morceau de 30km est pur moment de plaisir pour moi, c'est déjà un décor magnifique, mais ce n'est qu'une succession de courbes et contre courbes qu'on peut prendre bien comme il faut vu qu'il y a un excellente visiblité, pas de flics, pas de radars automatiques, et des habitués en bagnoles qui sont la plupart du temps receptifs aux coups de clignos à droite, le 48, le 12, restent des departements ou la cohabitation VL/PL se passe pas trop mal. C'est si bon, que j'en aurait presque la larme à l'oeil. Vu que c'est mercredi, la traversée de Mende se passe bien, et comme j'ai le temps, je me paye un café à Bonsecours et je tombe par hasard sur Nath de chez Coué.
J'ai envie de dire que le reste du trajet est une formalité tant la 88 est facile ensuite jusqu'à Rodez, et surtout il y a trés peu de trafic. Les travaux après Baraqueville avancent à grand pas, ça sera toujours un peu de temps gagné sur le morceau... C'est toujours avec un vent d'enfer que je continue mon périple, et je debarque contre le portail de l'usine à Castres vers 20h30. Ahhh quel bonheur ce mercredi 17 ! Il y avait longtemps !