| Carnet de bord de Février 2026 | Partager sur Facebook |
Réveil 5h, au café je tombe sur mon ex collègue Jean-François, il me dit que le Jojo était là aussi hier soir, c'est con. Dans la file de camion j'ai bien vu un Perrenot, mais il y en a tellement j'ai pas pensé à lui. Bref pas grave, il y a là aussi un gars que je connais de vue, c'est la gazette de la Haute Saône, je paye ma tournée de café et je file.
Il a plu toute la nuit pour ce que j'en ai entendu, ce matin ça n'arrête pas, par endroit on voit les champs inondés. Je prends par Bellac Confolens Melle, j'adore cette route, je me revois à 25 ans avec mon F10, équipé d'un Telma s'il vous plaît, j'étais un king. Oui je vous ai déjà raconté les allers et retours Ottmarsheim Melle, aujourd'hui on se chie dessus pour un 10h10 sur la carte, au secours !
La traversée de Niort est bien tranquille, je me pointe à Fontenay le Comte à 9h30 pour rendez-vous 11h. La fille sur le quai me dit qu'ils vident la navette, et que c'est mon tour ensuite. Yess ! Les gars se mettent à deux tire-pals, ça fonce, 3 piles d'Europe vides et go !
Ma première ramasse est à 4km, rdv entre 12h30 et 14h. Il y a une jolie boulangerie au coin de la rue, de la place pour me garer dans la zone, parfait. Une fois que j'ai mon campagne à graines je me présente chez le marchand de bois sur la pointe des pieds. Un chauffeur d'un transporteur aborigène finit de sangler, je vais choper le cariste : « mettez-vous au milieu, ouvrez des deux côtés, on charge tout de suite. » Pas souriant mon gars mais efficace. Il en chie pour sortir les fardeaux du bâtiment, normalement il a un chariot latéral mais il est en panne, sortir les longueurs de 6m par une petite porte c'est technique. On pose de mes Europe au sol pour caler le bois et je passe 4 sangles, ça fait beaucoup, je fais une crise de Berlinerite aiguë, comprenne qui pourra, un peu comme si j'allais en Allemagne quoi ! En tous cas il est 11h et quelques, c'était mon heure de livraison, là j'ai déjà recharger un lot, le Vendéen est courageux.
Le second lot se charge dans le 79 vers Niort dans la pampa. C'est pas une mince affaire pour y arriver, une première route fermée à cause des inondations, pas grave je pique à gauche, rebelote sur la déviation, ensuite dans un bled c'est des travaux, purée j'y arriverai jamais ? A midi et demi j'arrive enfin dans la boutique, petite chaudronnerie, la grille est ouverte, je recule dedans, personne, je me dis que je vais manger et on verra à 13h. Un gars sort du bâtiment : « tu viens charger le Besançon ? Je te charge tout de suite si tu veux. » Si je veux ? Tu parles ! Purée j'ai le cul bordé de nouilles aujourd'hui. J'ouvre, il me charge des poteaux en ferraille, je passe deux sangles, je demande conseil pour repartir et zou !
Je passe Niort et je mange enfin mon bout de pain aux graines, croustillant, parfumé, une merveille. Retour par la même route Melle Confolens Bellac Guéret, à St Vaury j'ai 7h et quelques de volant, je suis pas mal. Je visais au pire Deux Chaises pour ne pas couper demain matin mais il me reste 1h10, je tente Digoin. Je suis à L'Euroscar avec 10h03 de volant. On mange mieux au Tom Bar vous allez me dire, c'est vrai mais il n'y a pas que la bouffe dans la vie (oui c'est moi qui dis ça, sans vergogne). Le matin je préfère ici, le petit déj et les douches sont mieux. En plus j'ai bien fait, je tombe sur Laurent, il a fini de manger mais il reste pour papoter avec moi. Aujourd'hui il a frôlé la mort, et je n'exagère pas. Sur une petite route il a croisé un artisan avec une échelle sur la benne et la cabine. Il a bien vu l'échelle en travers, fait des appels de phare, il s'est serré dans l'accotement au risque de verser et boum ! L'échelle lui a explosé le rétro et s'est planté dans l'angle du tablier. Une partie de l'échelle plantée dans la semi l'autre sur la route après avoir éclaté la ridelle de la benne. A 20cm près c'était dans le pare-brise, vu le trou dans le tablier j'imagine même pas dans la poitrine. On est peu de chose n'est ce pas ?