Carnet de bord de Novembre 2020 Partager sur Facebook
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  • le bocage charolais au matin
    c'est beau ici, mais putain de brouillard!
    bataille de chariots
  • Mercredi 25 Novembre 2020
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    Café, croissant, douche, le local mériterait un peu de chauffage, vu l'âge de la bâtisse ça doit pas être facile à chauffer, on est loin des bâtiments basse consommation.

    Encore pire qu'hier, quand je coupe le moteur devant chez le client l'eau est à peine chaude, le calorstat doit être encore fermé, 7 km en tout et pour tout.

    Je dépose une grosse rénovation d'une vieille piscine, le pépé rajoute un escalier, l'échelle c'est bon quand on est jeune. Grosse rénovation, gros chèque et je file.

    Pour monter à Chagny je longe le canal, il y a un brouillard terrible, c'est con je n'ai fait aucune photo correcte alors que le coin est joli. Notre webmaster vénéré avait il y a quelques années organisé un repas FDR dans le coin, je ne sais plus très bien où d'ailleurs mais par là le long.

    Je n'ai pas de numéro de maison pour le client de Chagny, je l'appelle, il me dit que c'est normal il n'y en a pas, il m'explique. Je me gare au bout de son chemin, je tombe sur un Hollandais en chariot embarqué qui livre à côté. Il a un éperon fixé au mât, j'avais encore jamais vu ça. Généralement un éperon sur un Fen on en trouve dans l'industrie pour promener des bobines ou des rouleaux genre moquette. Il a l'air d'en chier, il relève les fourches, système bizarre, je ne peux pas l'aider. Il ne m'a pas l'air doué non plus, c'est étonnant parce que les routiers hollandais en général ce sont des cadors, propres sur eux, pros quoi ! Je fais mon truc, quand je reviens il est parti.

    Je me prends un bout de pain dans une fort belle boul' avant Châlon et ensuite comme d'hab' je suis comme un con. Depuis Châlon nord j'arrive jamais à retrouver la route de Dôle sans franchir une interdiction aux PL. Il doit y avoir un chemin mais j'ai l'impression que c'est interdit de tous les côtés. Pas grave j'y vais quand même.

    Je mange un bout et je m'enfonce dans la Bresse profonde, la limite entre la Bresse et le Jura, c'est dire si c'est paumé. La maison, un ancien corps de ferme, est fermée, personne. Un petit mot sur la porte, je me dis que c'est un numéro de téléphone ou quelque chose pour le livreur : « ouvre aux poules quand tu rentres de l'école, je t'aime, bisou, maman. » Bon j'ai comme l'impression que c'est pas pour moi... J'appelle la cliente, elle me dit qu'elle est à deux minutes, elle arrive. Dans ces anciennes fermes il y a toujours de vieux bâtiments pour tout poser à l'abri, facile.

    Dernière livraison du jour en Côte d'Or mais juste de l'autre côté de Dôle. Je reconnais le coin, je suis déjà venu au bout de la rue livrer du lait de Lactalis Rethier 35 pour les veaux dans une grosse ferme. Le client me dit qu'il est chauffeur chez Pedretti, et qu'il vient souvent chez nous pour ramasser des bricoles. Autant dire que ça se passe bien, en pays de connaissance. Je finis pile poil à la nuit. Comme les poules, dès que je vois le jour descendre je me rentre au poulailler. Ce soir le poulailler c'est le Moulin des Malades, adresse mythique. Si à 50 ans t'as pas mangé au Moulin des Malades tu as raté ta vie de routier, lol.