Carnet de bord de Octobre 2014 Partager sur Facebook
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  • Le camion prêt à partir
    Ce qui reste de la douane de Mulhouse
    Direction Titisee
  • Lundi 20 Octobre 2014
  • 6 h 00 la Gaf mobile est garée devant le camion et je procède à l’opération dite « vases communicants » qui consiste à jeter les fringue dans le camion puis à ranger tout ça comme il faut parce j’aime bien quand c’est bien rangé ça fait plus sérieux. Tout est donc en ordre, je peux mettre les chevaux au boulot pour un voyage assez inédit qui va justifier ce carnet de bord exceptionnel et je veux bien vous emmener avec moi.

    C’est parti pour une semaine exotique, attachez vos ceintures éteignez vos clopes parce que le camion est non fumeur et c’est parti avec ma pomme aux commandes.

    Le plein est fait il y a de quoi manger pour la semaine, quelques fringues de rechange et une envie folle de bouffer du kilomètre donc j’enquille la rocade d’un cœur léger surtout qu’avec les vacances scolaires il y a moins de monde que d’habitude si bien que j’arrive en avance pour charger. Je ne doit pas être le seul vu qu’il y a la queue pour rentrer dans l’usine, disons plutôt que les autres ont passé le week end pas loin mais tout le monde fini par rentrer et je suis dehors à 9 h 00 pour enquiller l’A36 en direction de l’Allemagne pour commencer et ça fait 7 ans que je n’y ai pas mis les pieds mais j’ai droit à une aide inestimable d’un beau blond au glaive d’airain, j’ai nommé Swedish Warrior et son pote Samu qui me donnent une explication détaillée de mon itinéraire. Un dernier plein en France parce que c’est quand même moins cher que de l’autre côté et je retrouve les joies de la borne « Toll Collect » avant d’enquiller en passant par Titisee pour rejoindre Constance qui n’est pas une copine mais la ville sur le lac du même métal. J’ai bien ramé pour prendre ma deuxième taxe parce que la borne de Geisinghem était en pane mais j’ai pu me rattraper sur l’autoroute et je poursuis en longeant le lac de Konstenz qui est magnifique saut que je n’ai rien vu dans la nuit noire et nocturne. Fin de parcours à Memmingem et son autohof saturé et j’ai passé pas loin de 20 mn pour trouver une place en vrac le long d’une petite route. Il y a des choses qui ne changent pas en Allemagne et les parkings sont toujours aussi bordéliques.

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  • Embouteillages
    La douane de Fürth en pleine déconstruction
    On ouvre la boite à souvenirs
  • Mardi 21 Octobre 2014
  • Réveil sous la pluie, je file à la station mes mouiller un peu le visage à l’eau chaude et je fait mon ticket de « MAUT » en buvant un café avent de me mettre en route pas fâché de quitter ce parking à la con. Jusqu’à Munich l’autoroute est terminée c’est quand même plus cool que la nationale et vu que j’arrive à choper les grandes ondes et je roule pépère en écoutant les infos. Le PDG cde Total est mort à Moscou cette nuit, son avion a percuté une déneigeuse conduite par un chauffeur, c’est pas en France qu’un truc pareil arriverait (une déneigeuse je veut dire) et ça commence avec le balais des hommages à ce grand homme qui pour moi reste le fossoyeur d’Atochem ce grand groupe chimique international qui  est en train de suivre les traces de Rhône Poulenc sur le chemin du démantèlement et de la ruine. Pas de déneigeuse pour moi juste la routine des embouteillages et j’ai droit à ceux de la rocade de Munich. Fin du parcours sur une bonne portion de nationale et je me retrouve dans le petit patelin ou je dois vider. D’après le GPS c’en en plein centre et j’hésite quand même à m’engager en préférant demander mon chemin avant par peur d’une galère mais il faut bien y aller c’est tout bon et je trouve la boutique du premier coup. Une usine à l’allemande où tout est organisé y compris le protocole de sécurité en plusieurs langues slaves mais pas en français alors je me suis rabattu sur la version anglaise mais j’ai quand même bien l’impression que le routier français est devenu rare de l’autre côté du Rhin. Bon j’ai vidé pendant midi mais je ne suis pas resté l’estomac vide parce que j’ai des réserves (et pas que abdominales) et je peux filer directement vers Fürth Im Vall à la frontière tchèque parce que je recharge là bas. Ici aussi les bâtiments de la douane sont livrés aux pelleteuses mais ils ont laissé un panneau pour qu’on s’aperçoive qu’on a changé de pays. Autre indice, le nombre de stations services le long de la route me fait penser que le carburant est certainement moins cher de ce côté. E, parlant de station, je me mets en chasse d’un moyen de me procurer ce fameux boîtier qui m’autorise à rouler sur les autoroutes tchèques. Me voici donc en Tchéquie et ça fait neuf ans que je n’ai pas mis les pieds dans ce pays mais ça n’a pas trop changé sauf le boulevard extérieur de Plzen et l’autoroute terminée (mais je ne prendrai que demain) en tout cas, on ne passe plus devant les usines Skoda. Un peu au nord de Plzen il y a un patelin et dans ce patelin il y a mon client et, si mes souvenirs  sont bons, je suis déjà venu ici au siècle dernier quand je conduisais un camion rouge bien avant mon premier carnet de bord. Les souvenirs ne sont pas si mauvais parce que j’ai bien reconnu l’endroit qui n’a pas trop changé sauf que ça se charge un peu plus loin dans une autre usine du même groupe, j’avais l’adresse du siège social moi. On m’a filé une photocopie d’un plan approximatif mais je fini par trouver une pancarte avec le nom du client qui se trouve au bout d’une route interdite aux poids lourds à 6 kms ? Je m’engage donc sur cette belle route et, effectivement il y a une grosse usine au bout. Je file au bureau, c’est encore ouvert une chance et je demande où est ce qu’on peut laver la citerne et la fille de la bascule me répond en tchèque et en montrant du doigt la station service au coin de la rue. Donc j’arrive à me faire comprendre, il faut dire qu’ils ont l’habitude des citernes et je fais un peu chauffer la carte bleue pour offrir un joli lavage intérieur à ma citerne préférée et, puisque ça fait bistro, je prends deux sandwiches  dont un qui semble appétissant avec sa sauce et sa rondelle de poivron  mais je ne saurai jamais ce que j’ai mangé. Ca ne devait pas être mauvais puisque je ne suis toujours pas malade depuis. Euh, j’ai pris une bière aussi mais c’est juste pour faire couleur locale.

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  • Ben on n’est pas arrivés
    Retour à Plzen
    Passage du Rhin
  • Mercredi 22 Octobre 2014
  • Pluie et rafales de vents cette nuit je suis bien secoué et il semblerait que la douceur de ces derniers jours est partie. Deuxième sur la bascule, il faut dire que je me suis annoncé la veille, je me retrouve au poste de chargement avec tout le reste des camions parce qu’ils en chargent huit à la fois Huit heure du mat, j’ai des frissons je démarre le camion et je monte le son et puis je n’ai plus qu’à rentrer en France. De bonnes averses en route avec même de la neige (fondue hein) mais ça se calme quand j’arrive en Allemagne. De la frontière à Nürnberg il y a une belle autoroute, plus de portion de nationale merdique, je n’ai même pas vu la vieille frontière de Waidhaus que j’avais prise lors de mon tout premier voyage à l’est en 91 par contre, de Nürnberg à Heilbronn l’autoroute à deux voie n’a pas évolué un poil et ce sont toujours ces files désespérante derrière un camion qui n’avance pas parce qu’on ne peut toujours pas doubler. Il y a toujours la tour Eiffel sur le grand bâtiment de « Rungis Express » à Crailsheim sauf que ça a changé de nom et le musée de Sinsheim a vu arriver de nouveaux avions dont un Concorde. Retour en France au niveau d’Achern et le joli voyage est terminé mais j’ai vraiment pris grand plaisir à ce retour même si je n’ai pas vu un seul français depuis lundi après midi. Ce soir je e pose au Pont d’Aspach et la douche que je m’offre me fait oublier toute ces heures de route. Aux infos de TF1, j’apprends que les pauvres routiers sont obligé de se farcir des rails de coke pour faire leur 500 kms quotidiens, j’ai donc droit à deux rails pour cette journée, je remercie donc TF1 pour cette enquète percutante et je m’offre une bonne dose de produit puisé dans ma citerne parce que je ne vois pas pourquoi je n’y aurai pas droit moi aussi en plus c’est le PDG des transports Prudent qui le dit et ce mec n’est certainement pas la moitié d’un con.

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  • Souvenir
    J’espère que c’est bien droit
  • Jeudi 23 Octobre 2014
  • La tête pleine de souvenirs ce matin mais je me mets en route pour une destination moins exotique, Chambéry ce qui me mets 1,36 rail de coke selon les calculs du PDG des transports « Prudent » (je signale au passage que ça fait deux fois que je cite les transports « Prudent » et que  j’attends une gratification  en poudre de préférence)  Juste à midi dans la cours, je branche mes tuyaux en essayant de ne pas m’emmêler les crayons parce que le produit passe moins bien et que le client fait la gueule parce qu’il a des camions en attente. Et hop je suis vide et je file à Lyon pour essayer de charger avant la fermeture mais il faut laver avant et s’il y a du monde je vais foirer le truc. La chance est avec moi comme la force avec un padawan en quête de sabre laser et je suis à l’entrée de l’usine un quart d’heure avant la fermeture. Mon patron est en place sur un autre poste il a l’air content de me voir arriver en pleine forme ça fait toujours plaisir et peut être qu’il va me garder à son service finalement. Dernier sorti de l’usine le gars du bureau attendais ma signature pour se barrer et je fais comme lui et même, je pose tout l’attelage au dépôt de l’affréteur et je file moi aussi à la maison, 4 frontières en trois jours je trouve que c’est pas mal.

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  • Ca vide
    J’espère que je ne m’est pas gourré dans les tuyaux
  • Vendredi 24 Octobre 2014
  • Dernier jour de la semaine et je fais un petit tour de régional pour changer mais ça va me faire rentrer ce soir donc tout va bien. Départ à la nuit du jour pas encore levé en cette saison et je file sur l’autoroutepour vider à Bollène. Avec le vent je ne suis pas trop rassuré surtout à la fin quand il n’y a plus de produit pour faire contrepoids, je dois avouer que je n’ai pas traîné pour la faire redescendre. Elle a été gentille quand même puisque qu’elle est restée sur ses roues et je vais laver à Donzère, un petit casse croûte en attendant mon tour et je vais recharger à Avignon en espérant qu’il n’y aura pas trop de monde parce que je voudrait bien ne pas rentrer trop tard ce soir ? Non seulement il n’y a personne mais en plus, ils ne ferment pas pendant midi alors je charge et je rentre. Pas mal de circulation aujourd’hui, moins dans mon sens que dans l’autre mais ça sent le gros départ en vacances et les bouchon au moindre pépin. Obligé de faire une petite demi-heure de coupure en route, j’en profite pour laver les intérieurs de porte et les marches pieds et pus je fini peinard pour me poser à Lyon en fin de journée.

    Voila, j’ai fait ce carnet de bord pour une semaine parce qu’un tel voyage n’arrive pas souvent alors j’en ai profité pleinement et je voulais vous faire partager mon plaisir. Peut être y en aura-t-il un autre, peut être pas l’avenir nous le dira.