Carnet de bord de Octobre 2018 Partager sur Facebook
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  • Lundi 15 Octobre 2018
  • Quand on fait la java le Samedi à Compiègne on démarre avec la tête dans le cul le Lundi matin !

     

    Je me mets sagement en route à 7h, pour une livraison à Senlis à 8h, je pense être large, finalement la circulation est super galère, je mets 1h à atteindre l'usine et j'arrive pile à l'heure prévue. Je livre tranquille, en m'informant de l'actualité du monde, rien de spécial aujourd'hui. On fête les Thérèse et les Aurélie, bonne fête Thérèse, bonne fête Aurélie. La citerne est vide, je ramasse tout, récupère mes papiers et reprends la direction de l’A1 en passant un coup de fil au bureau.

     

    “Tu remontes à Mouerdichk, Merdik, Mourdaïk… Enfin, tu remontes quoi, je t'envoie le numéro de commande”

     

    Moi j'ai la dalle, je m'arrête à l'aire de Ressons pour grignoter un paquet de chips et boire un café. Les douaniers sont au boulot, ils vérifient les chargements, montent dans les remorques, font renifler le chien. Je ne suis pas sélectionnée aujourd'hui pour l'inspection et je repars sitôt mes 15 minutes validées. Je monte l’A1 comme une flèche, voie du milieu, tous les chauffeurs que je double sont en larmes, humiliés de se faire doubler comme ça par un Mercedes. Je m'arrête finir ma coupure à Nazareth, je sors même pas du camion, après 30 minutes et pas une de plus je reprends ma route, je passe Gand en réfléchissant à mon itinéraire.

    La circulation a l'air fluide sur Anvers donc je choisis de continuer dans cette direction. Je fais quelques kilomètres et d'un coup, patatras, ralentissement puis arrêt complet ! J'aperçois une grosse fumée noire à plus ou moins 1km, sans doute un véhicule qui flambe. Je sens que je vais en avoir pour un moment, je coupe le moteur et attrape un livre. Les secours arrivent : le camion incendie, l'ambulance, la voiture du médecin, un peu plus tard la police, puis les véhicules de signalisation routière et pour finir deux dépanneuses, un manitou et deux bennes à ferraille.

    Après une demi heure d'arrêt je vois le chauffeur du camion qui me précède descendre de sa cabine avec l'air contrarié et commencer à débâcher au milieu de la route. En fait il transportait des poules, vivantes, et il faisait chaud. La plupart étaient dans des caisses en plastique mais certaines étaient en liberté au dessus des caisses. Je sais pas pourquoi et je sais pas non plus comment ça se fait qu'elles aient pas essayé de se barrer une fois la bâche ouverte.

    Au bout d'un long moment un policier en moto remonte le bouchon suivi par une dizaine de motards civils qu'il escorte jusqu'à la sortie la plus proche puis il revient faire la circulation dans l’embouteillage pour qu'on puisse tous faire demi-tour, emprunter la sortie précédente et suivre une déviation qui avait été mise en place entre temps. Bon vu le nombre de véhicules ça roule pas ouf mais au moins ça roule ! On garde la nationale jusqu'à Lokeren puis on reprend l’autoroute.

    Ça roule un peu jusqu'à Anvers puis je me retrouve à nouveau dans un bouchon, à la différence que celui ci avance un peu, au pas. Je perds une grosse demi-heure de ma vie puis ça recommence à rouler. Je fais une pause gasoil à Hazeldonk, j'ai encore espoir de charger ce soir.

    À 15km de Moerdijk ça recommence, je me retrouve à l'arrêt, sur mon informatique embarqué je vois une nouvelle mission s'afficher, un truc à charger demain plutôt qu'aujourd'hui, ça tombe vachement bien parce que pour aujourd'hui c'est mort. Je passe une heure de plus dans ce ralentissement, j'en ai marre, j'ai envie d'arriver. Je finis par atteindre miraculeusement ma sortie et file au resto. On va aller prendre une bonne douche, manger un gros plat de pâtes et pour tout le reste on verra demain !

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  • Merci patron !
  • Mardi 16 Octobre 2018
  • Goedemorgen ! Een koffie alstublieft. Dank u wel !

    Je crois que le néerlandais est la langue dont j'ai eu le plus de mal à apprendre les formules de politesse dans les différentes langues que j'ai eu à parler pour le boulot, mais ça commence à venir.

    Je prends donc mon café dans ce magnifique restaurant. J'adore cet endroit, vraiment, et j'invite tous ceux qui me disent qu'aux Pays-Bas on ne mange pas bien à s'arrêter un soir au resto Kanters à Moerdijk. 10 minutes de route pour arriver au chargement, re-café  le temps que les employés se mettent au travail. Les gars là bas ont décidé que je ne parlais pas anglais, donc ils me parlent en français mais ne comprennent pas mes réponses alors ils demandent à leur collègue marocain de faire l'interprète. Je les laisse faire leur truc, je leur réponds dans la langue dans laquelle ils me parlent, et quand je réponds en anglais ils s’étonnent que je sache leur répondre puis ils recommencent à me parler français et à pas me comprendre…

    Ici on charge nous-mêmes mais le nouveau mec qui bosse là reste avec moi tout le temps du chargement, ça me gonfle, je viens là quasiment tous les jours j'ai plus rien à lui raconter. Aujourd'hui il essaie de gratter mon numéro de téléphone “au cas ou tu aurais besoin de quelque chose” bah non merci, ça ira, j'aurai besoin de rien et je te donne pas mon numéro. Il le prend bien et n'insiste pas.

    Je repars à 8h et choisis de passer par Bergen-op-zoom, j'ai bien retenu la leçon d'hier. Je m'arrête un peu plus loin pour faire une pause p’tit dej’ le temps de laisser passer l'heure de pointe. Aux Pays-Bas il y a une chaîne de restos (d'autoroute ?) qui s'appelle “La place” et que j'aime vraiment bien. On y mange bien pour pas trop cher et le matin y'a tout un tas de trucs pour se faire un petit déjeuner de la mort qui tue. J'y passe donc une bonne demi-heure et roule jusqu'à l'aire d’Assevillers pour refaire 30.

    Je suis chargée pour Sainville (28) et je ne pourrai vider que demain matin à 8h. Ça tombe bien je veux aller faire laver mon tracteur à Ablis. Ça fait plus d'un mois qu'il n'a pas vu un Karcher, ça ne lui fera pas de mal. Les gars sont super rapides, savon, karcher, renove alu, puis passage aux rouleaux. Une demi-heure plus tard je repars en direction du Relais des essars. Il est très tôt donc c'est pas la guerre pour trouver un stationnement. Je fais le ménage et quelques papiers. J'essaie sans succès de remettre mon antéviseur dans une position adaptée mais y’a rien à faire, il est coincé et j’ose pas trop forcer dessus. Je vois l'intérieur du camion dedans, très utile.

    Je m'en vais manger tôt pour être couchée tôt. Finalement je partage ma table avec deux pipelettes très sympathiques et j'y passe 3 heures à bien me marrer.

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  • Mercredi 17 Octobre 2018
  • Debout là dedans c'est l'heure du café !

    J'ai encore passé une nuit pas possible, j'en ai marre je me réveille 36 fois et  je fais des rêves bizarres en plus : cette nuit je me suis fait choper à l’alcootest, j'avais plus de 6,75g/l expiré (donc 13,5 dans le sang) et la flic ne voulait rien entendre quand je lui disais que c'était pas possible et j'ai perdu mon permis ! Quelle merde ! Et quel soulagement de me réveiller !

    Je m'envoie quelques cafés, ici c'est 1€, et quand je me sens psychologiquement prête à affronter le monde réel je me lance. On commence direct par une déviation. Ok pas de souci, j'avance, j'avance, j'avance encore, ça fait 10 bornes que j'ai pas vu de panneau, je commence à me poser des questions quand je finis par retrouver ma déviation au prochain rond-point. Ils ont fait sauter l'interdiction aux +12T pour l'occasion.

    J'arrive devant l'usine à moins 10, ils sont pas pressés d'ouvrir, j'ai une envie de pisser infernale. Ils ouvrent je me mets en place puis je vais prendre l'échantillon, je prends une volée de ciment en pleine face… Dis donc est ce que ça ne ressemblerait pas au début d'une journée à la con ? Je dois mettre 3 tuyaux pour vider, avec des câbles anti fouet à chaque tuyau. “Ils font la chasse à ça en ce moment” ils font toujours la chasse à quelque chose dans cette boîte de toute façon. À 9h10 ma citerne est vide et je suis prête à repartir mais je dois attendre 9h30 la fin de la pause pour récupérer mes papiers. 9h45 je repars enfin.

    En bonne lignarde que je suis je reprends le chemin de Moerdijk. Paris par la francilienne ça roule, pas extraordinaire mais ça roule, je trouve ça quand même extrêmement long, sûrement parce que j'ai fait les dernières traversées par l’A86. J'arrive en 4h26 à l'aire de Wancourt. J'attends que le temps passe puis je repars.

    Vers 16h je reçois ma prochaine mission : chargement à 10h ce matin (hein ?!) à Moerdijk pour vider demain à 8h à Sainville (quoi ?!) ça y est je suis en train de perdre mon exploitant… Vous faites comment avec les votres ? Vous changez les piles tous les combien ? Sur le coup je m’affole pas, je me dis qu’il s’est planté dans les dates et que je dois charger demain pour Vendredi matin.

    Bouchons à Nazareth, je pense qu’encore un véhicule a brûlé. Y’a plus rien sur la route mais le camion incendie est toujours là et la route est trempée. Il est plus de 17h quand j'arrive à Gand, je prends pas le risque de monter par Anvers et je suis Zelzate et Bergen-op-zoom. J'arrive au resto à Moerdijk à 19h, c'est tout bon !

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  • Jeudi 18 Octobre 2018
  • Bonjour, nous sommes le Jeudi 18 Octobre, il n'est ni trop tôt ni trop tard, il ne fait ni trop chaud ni trop froid, et après ni trop de café ni trop peu je colle un bon coup de cravache sur le cul de mon cheval et on démarre pour aller charger à l'ouverture à 7h30.

    Je charge, mon gus toujours à mes côtés pour discuter un peu de tout et beaucoup de rien. 8h je m’enfuis. 8h30 j'arrive à “La place” pour le petit dej’. Fromage, rillettes de thon, fromage frais à l'ail et aux fines herbes, ça va me filer une haleine idéale pour discuter avec plein de gens en me mettant beaucoup trop près d'eux. Chouette ! Je repars une demi heure plus tard, la circulation devrait être plus fluide maintenant, et je trace jusqu'à Assevillers encore une fois.

    Petit café au (presque) soleil et je repars à 30 minutes tout pile. À peine repartie je croise Jo-la-frite001 qui me calcule pas, qu'est ce qu'ils sont snobs ces belges ! J'arrive à Charles de Gaulle et je décide de tenter la traversée par le périph, allez on croise les doigts, si ça se passe bien je pourrai vider cet après midi. Au final ça passe nickel. 2h30 d'Assevillers à St Arnoult  je vais pas m'en plaindre.

     

    J'appelle au bureau :

    “Je peux être en livraison à 16h30, est ce que ça les intéresse ?

    -Oui oui ils t’attendent comme le messie depuis 8h ce matin”

     

    Bah franchement si c'est comme ça qu'on accueille le messie c'est pas ouf. J'ai pas été mal reçue mais pas mieux que les fois où ils m’attendent moi en normale… Le mec m'annonce qu'il y a un nouveau règlement (depuis hier matin ?) et que je dois mettre en place tout mon matériel puis que je l’appelle pour qu’il vienne vérifier que je suis OK au niveau des EPI avant de m’autoriser à brancher mon tuyau sur le silo. Je vous l’ai dit hier qu’ils passaient leur temps à faire la chasse à quelque chose dans cette boite ! Je commence donc par tout préparer puis je vais mettre mes chaussures de sécu, mes lunettes étanches et ma protection antibruit, j’appelle le mec, il vient, il valide, il repart, je retire la protection antibruit, mes lunettes étanches puis mes chaussures de sécu. Juste pour le principe.

    Je commence à vider mais y’a un truc qui cloche avec mon compresseur, comme si la prise de force s’enclenchait mal, tout le tracteur tremble, j’ai l’impression qu’il va tomber en morceaux. Quand j’arrête tout et que je le redémarre ça se calme pendant quelques minutes puis ça reprend. Après 4 ou 5 démarrages et un « c’est pas grave » de l’atelier je finis de vider avec mon tracteur qui fait des bonds.

    Une fois vide j’appelle au bureau, on m’annonce que je peux ramener l’ensemble à Nogent-sur-Oise, reprendre la voiture et rentrer chez moi. Il est plus de 18h, un rapide calcul me fait estimer mon heure d’arrivée à 3h du mat à la maison. Est-ce que ça vaut vraiment le coup de rentrer ce soir ? En plus il faut retraverser Paris et l’heure est pas du tout idéale. Ce serait plus prudent de faire une coupure de 9h et de finir demain mais en même temps j’ai de l’amplitude jusqu’à 22h et il me reste 3h de volant…

    Comme j’arrive pas à me décider je me mets en route vers l’aire de Limours, je fais tranquillement mes pleins, je traine un peu aux pompes, je vais me chercher à manger et quand je reviens au camion du monde attend son tour après moi. Un petit signe d’excuse au suivant pour l’attente et je quitte la place. Je voudrais attendre encore un peu avant de partir affronter Paris mais c’est peine perdue, y’a déjà des camions dans tous les coins donc je reprends ma route en me disant « ça peut pas mal se passer, j’ai du saucisson et du fromage » et galvanisée par cette pensée je fais même le pari de traverser par l’A86. T’façon aujourd’hui j’ai de la chance et la chance ça fonctionne par journée (du lever au coucher, pas des journées calendaires) donc ça va le faire c’est obligé ! 1h30 plus tard je reprends l’A1 et une vitesse acceptable.

    20h30 je gare l’ensemble où il doit être garé, 21h tout mon bazar est chargé dans la voiture. On dirait que ma décision est prise : je rentre ce soir ! Je vous raconte pas le retour en bagnole parce que c’était pénible et pas très intéressant. J’ai atterri à la maison à 2h du mat et j’étais au fond de mon lit à 2h10.

     

    Bon week-end à tous !