Je vais vous narrer ici comment l'ont arrondissé nos salaires sans léser nos employeurs. C'était les années folles du Moyen Orient, celles ou chacun souhaitait de concrétiser un rêve, faire du long cours.
Arrivée en Turquie, une fois passé le Bosphore commençait la galère du gasoil, les pistolets déposés a même le sol, surplombés d'un petit panneau de carton accroché aux colonnes des stations services affichaient « YOK » pas de gasoil, de longues files de voitures attendaient une hypothétique livraison, qui ne venait jamais. Les autobus de lignes vous stoppaient gentiment pour vous quémander du gasoil 10-20 parfois 30 litres, leurs permettaient de poursuivre leurs itinéraires, mais plus leurs horaires. A la dissemblance des paysans, ces chauffeurs de bus vous payaient le gasoil, par contre les campagnards positionnaient leurs tracteurs au travers de la route, et le péage se réduisait lui, à 5 litres de gasoil. Ainsi l'on arrivait en frontière de Bazargan, avec une réserve de gasoil calculée, car par économie, on faisait le plein après 16 kms sur le sol Iranien a Maku précisemment.
Mais maintenant que le décor est planté, entrons dans le vif du sujet et parlons du retour.
Sachant que l'on ne trouvait pas de gasoil en Turquie, l'entreprise avait eu soin d'équiper nos semis remorques et remorques de réservoirs, qui allaient de 3500 litres a 5'500 litres de gasoil, cela dépendait du modèle de chaque remorque, une surbaissée ne contenait que 1'500 litres, un col de cygne un peu plus etc. Ajoutez à cela 900 litres, deux fois 450 l pour les Kenworth et de 400 à 600 litres pour les autres Mercédès/Henchel, tout cette quantité vous mettait à l'abri concernant le précieux combustible. Arrivée a Baku au retour, je faisais donc le plein complet disons 6'000 litres, à (Calcul Frs en Euro d'aujourd'hui) 0.252 centimes d'€uros fois 6'000 litres égal, 150 €uros. Je vais donc me présenter a la douane proche de 16 km, Bazargan nanti de 6'000 litres d'or noir. Là je sais que m'attendent des routiers Turques qui ne possèdent que 100 litres de gasoil, car pour eux il est proscrit d'en exporter d'avantage, et comme leur parcours va, (Traversée de la Turquie) de 0 km à 1'880 Km il n'ont d'autres choix que d'attendre du carburant sur place. Puis vient le tour de nombreux indigènes qui se présentent avec des jerricans, ou autres récipients, car ne l'oublions pas, nous sommes au pied du Mont Arara, et les températures chutent a moins de 40° sous zéro. Mais avec l'habitude, ont ne fait plus dans la dentelle, on vend le précieux liquide au plus malin, les revendeurs qui ont dans l'intervalle débarqué en nombres, avec des fûts en pagaille, alors on négocie, prix et quantité, puis comme nos réservoirs sont pourvus de valves permettant de s'alimenter en air, (200 g maximum) on propulse rapidement la quantité négociée en très peu de temps. Je vais donc pour ce qui me concerne garder en réserve au total 1000 litres, qui me permettrons de traverser le pays sans problème, et j'encaisse 5'000 litres de gasoil ( Frs / €uros) a maximum que j'ai négocié 1 € 15 le litre soit au total 5750 €uros. Quittons la frontière et présentons nous en Grèce à Ipsala) là je fais un plein de 5'000 litres à 0,1688 € euros ( Frs / €uros) 844 €uros, bénéfice net 4'906. €uros. Ainsi je n'ai pas lésé mon employeur, et rempli mes engagement contractuels.
Les initiés ne serons point ébahis.