Histoires...

J'avais environ dix ans, quand ceci est arrivé.

J'étais avec mon père dans son DAF 2100 ATI en camion remorque.

A l'époque, la cibie marchait à fond.

Cette nuit là, nous étions trois ou quatre camions tous de boites différentes à se diriger vers le Nord de la France.

Devant nous, une semi se trainait.

Un pote à mon père dit à la cibie:

- Tu peux y aller Dafy (QRZ de mon père) vas-y ya personne !

Nous étions sur une trois voie .

Donc clignotant et go c'est parti !

Tout à coup, un DAF déboite dans le sens inverse, pleins phares à environ 400 mètres devant nous !

Nous, nous étions à peu près à la moitié de notre dépassement.

Mon père pile tout et moi j'embrasse le pare-brise !

La semi que l'on doublait pile aussi donc impossible de se rabattre et, en voyant cela , le gars de la semi a ré accéléré et mon père s'est rabattu in extrémiste!!!

A la cibie, ça s'affolait car le pote de mon père avait vu déboiter le DAF dans son rétro.

-DAFY DAFY ! Putain c'est pas vrai !!

Après un petit laps de temps, mon père a répondu :

- C'est bon, on a rien !

Je m'en suis sorti avec un beau coquard !

Cette anecdote peut paraître sans intérêt pour vous mais pour moi elle est toujours présente dans ma tête.

 

RTMD : Premier week-end sur la route.

Vendredi, départ de Parcay Meslay avec le DAF 95 ATI 350, toit plat et sans chauffage et des rideaux avec des crochets tous les trois mètres, prêté gracieusement par le concessionnaire pour aller livrer samedi à Pamplona (Navarra) un magasin Décathlon en construction.

Je devais livrer de l'agencement c'est a dire tout ce qui est étagère.

A l'époque , il fallait passer par le col du Belate entre Irun et Pamplona.

Dans ce col , tous les voyants du tableau de bort se sont allumés, il avait attrapé chaud le pauvre : vu les 25 tonnes et ses 350 chevaux fatigués.

Je me suis arrête trois fois dans ce col pour le laisser reprendre ses esprits.

Arrivé à Pamplona, j'ai cherché un moment avant de trouver le client et surtout je ne parlais pas un mot d'espagnole donc cela a été assez difficile pour moi.

Une fois arrivé sur le chantier, les monteurs ont déchargé le camion avec quelques intérims .

Ces mêmes intérims me regardaient bizarrement.

Ça m'a intrigué alors j'ai demandé ce qu'il se passait au chef monteur.

- Ba en fait ils se demandent quel age tu peux avoir car pour eux tu fais très jeune !

- Ba 18 ans pourquoi ?

Ils étaient surpris car apparemment en Espagne , il est interdit de conduire un camion avant 21 ans !

Le déchargement se passe bien et le samedi se termine.

Je laisse le camion sur place pour le week-end et part à la recherche d'un resto.

Je vous passe les détails pour comprendre ce qu'il y avait a mangé...

Retour au camion il caille ! Et pas de chauffage bien sur !

J'ai rechargé le lundi dans la région pour le Maine et Loire.

Voilà mon premier week-end passé sur la route.

C'est bizarre la vie car qui aurait su que j'allais travailler cinq ans plus tard pour une société de cette même ville et pour cinq ans aussi...

RTMD toujours :

Dimanche 22heures, j'embauche pour partir direction Toulouse.

Je fais le tour du camion, le fais chauffer , tout va bien .

Tout à coup, un gars d'une quarantaine d'année surgit dans le noir :

- Salut ! C'est toi David ?

- Oui!
- Je suis Michel le nouveau chauffeur.

J'étais même pas au courant qu'il y en avait un nouveau...

- Stéphane (Notre chef) m'a dit de voir avec toi car je dois prendre le tracteur X et prendre la remorque Y !

- OK ba le tracteur c'est celui -ci et la semi c'est celle-la là-bas !

- Heu... tu pourrais m'expliquer comment on fait car je n'ai jamais décroché ni accroché de semi, j'ai conduit pendant 25 ans un porteur et j'ai eu mes permis à l'armée!

Donc je lui ai montré comment faire et voilà (Ah les permis à l'armée!)

Quelques mois plus tard, nous étions au centre routier de Toulouse à table tous les deux avec d'autres chauffeurs que nous ne connaissions pas.

Ces mêmes chauffeurs vantaient les mérites des jeunes.

- C'est des jeunes cons , ils ne savent pas bosser et en plus c'est des frimeurs!

Je ne disais rien car je voyais bien qu'ils se défoulaient sur ma gueule.

Mais Michel , lui l'a ouverte :

- Eh les gars vous voyez le jeune là ? C'est lui qui m'a appris comment décrocher une semi et c'est lui qui m'a expliqué le boulot car avant je ne faisais que du porteur en privé alors vos gueules car il y a des jeunes qui sont bien moins cons que vous !

Du coup grand silence ...

Franchement je ne m'attendais pas du tout à ça !

Michel m'a défendu !

Je vous l'avoue je me suis senti fier d'être routier !

Aujourd'hui Michel est à la retraite et bien heureux d'y être...

Nous avons toujours gardé contact et à chaque fois que l'on se voit nous en reparlons

J'adore ce Monsieur .

AME SENSIBLE NE LISEZ PAS CE QUI SUIT

Saint Étienne quartier de l'hôpital

J'avais des lits d'hôpitaux à livrer mais pas pour l'hôpital, c'était pour un autre client mais aux alentours.

Je ne trouvais pas le client donc au bout d'un bon quart d'heure je me suis arrêté devant une porte électrique en verre blanc pour demander mon chemin.

Je rentre et j'attends sur le seuil de la porte car il n'y a personne.

J'entends de la musique mais c'est tout.

Je me dirige vers cette même musique et tout à coup une dame en blouse blanche surgit de je ne sais où !

- Hé ! Vous allez où comme ça ? Non non non n'allez pas par là !

- Heu excusez-moi , je cherche cette adresse car je dois livrer des lits d'hôpitaux !

- Ba déjà c'est pas ici car vous êtes à la morgue là !

(Oups !)

Dans la seconde qui a suivi, je me suis senti mal.

Pas parce que je venais d'apprendre que j'étais à la morgue (Enfin si un peu !) mais parce qu'un type venait de surgir de l'endroit d'où venait cette musique.

Ce type était vêtu d'une espèce de blouse verte avec des protèges chaussures, une charlotte et surtout des gants plein de sang noirci.

Je vous laisse imaginer ce qu'il devait faire...

- Que-ce- passe t-il ? Dit-il

la dame:

Vas-t'en ! Lui dit -elle toute gênée.

Du coup, j'ai remercié la dame et lui est dit que je me renseignerai plus loin.