Le pourquoi du comment de Fabe sur le métier... transport.

Chez mon tonton Nanard à Rignac (12), marchand de matériaux et transporteur, ou ma passion s'est développée.

 

Petit, j'étais impressionné par la masse des camions, leurs bruits et leurs odeurs, ça me fascinnait. Je revais simplement de les conduire, pas forcement sortir de l'hexagone, seulement pouvoir, et savoir dompter ces monstres d'acier.

Plus tard j'ai commencé grâce à mes relations familiales dans le transport à cotoyer les chauffeurs, écouter leur language, et bien sûr parler à la CB.

J'ai découvert un monde à part, avec un courage immense, et des grandes qualités humaines qui a finit par me passionner : de la conduite à la manutention, tout m'interessait. Du fait que je m'interessait à eux, les chauffeurs me le rendaient bien, en me faisant monter dans leurs camions et parfois même me permettaient de m'entrainer à effectuer des manoeuvres sur les parkings. J'ai donc conduit pour la première fois à 13 ans un Scania 142 plateau (voir photo ci-contre).

C'est donc tout naturelement que je me suis orienté pour une formation CAP-BEP conduite et services à l'Ecole Pierre Boulanger de Pont du Chateau (63). J'ai suivi des cours durant 2 ans (théorie+pratique). Avec le recul de mes 25 ans, je m'aperçois que cette formation de 2 ans était bien longue pour le resultat final.

Si du point de vue théorique, les professeurs ont vraiment tiré au maximum profit des outils fournis par l'éducation nationale, il n'en n'a pas été de même pour la pratique : Le métier de chauffeur ce n'est pas QUE de la conduite, ou de la théorie.

Malgré de bons resulats à mes examens, j'ai commencé ma carrière, sans savoir débacher une savoyarde à ridelle, ou tout simplement caler des chargements un peu spéciaux tels des bobines.

 

Le W900 des transports Gaillard, je rêve de rouler un jour dans un camion Américain.

Je suis fier d'etre originaire du département 63 (Puy de Dôme) qui abrite les célèbres transports Gaillard. Or il est malheureusemnt très difficile d'approcher les camions et leurs chauffeurs.

Je remarque aussi que certains ont du mal à s'integrer avec les chauffeurs qui conduisent de classiques Actros ou Premium....

Je pense qu'on peut, et doit rester humble, même si l'on roule à bord d'un magnifique Ken.

 

Voici maintenant 7 que je roule à temps plein, j'aime encore ce métier, mais je dois avouer que les mentalités ont bien changé, en peu de temps, et, pas forcement en bien. A mon sens, ce métier doit rester en dehors des circuits classiques du monde de travail , si on décide de faire ce métier, on doit oublier les 35h, et la vie de famille. La mentalité de certains, me déçoit, me désole parfois. Certains conduisent des camions mais ne sont pas des chauffeurs, ce sont simplement des conducteurs.

Au delà de tout ça, j'ai essayé de m'entourer de gens passionnés, qui aiment et croient en ce qu'ils font en me guidant ou en me faisant partager leurs souvenirs. J'ai décidé de me creer ma vision de la chose et me fabriquer mes souvenirs futurs.

J'ai bien plus appris en écoutant les plus anciens, que mes profs, voire même certains patrons....