Mon Carnet de bord... Suivez mes aventures, semaine après semaine!

Fevrier 2011

Retour menu

Mardi 1

Comme hier et comme toute la nuit, il fait froid, en fait, le thermomètre ne bouge pas de – 3° de jour comme de nuit, au moins, on peut s’habituer. Même punition qu’hier pour le chargement, donc, je retourne à Thiers pour arriver à l’ouverture. Pas trop de monde non plus, je suis donc reparti encore plus tôt qu’hier, tellement tôt que je ne pense même pas à manger à la cantine, ils doivent en être à seulement éplucher les légumes. La mauvaise surprise, c’est en repartant, il tombe une espèce de crachin et, avec la température, les rétros sont vite recouverts d’une fine couche de glace. Pour l’instant, ça semble continuer à adhérer sur la route mais, je reste prudent. Je croise une saleuse un peu après Vichy, je dois avouer que je béni le passage de cet engin et, à partir de Moulin, il ne tombe plus rien. Une fois ma petite vaisselle bien rangée dans le coffre, je roule un peu jusqu’à Bourges. Là, c’est un peu plus compliqué, le client est en plein centre ville et, le GPS me calcule un itinéraire pour voiture. Merci à un certain Daniel 04 pour ses explications, sans lui, je crois que je serai encore entrain de tourner. Bon, il m’a envoyé à l’entrée principale mais, on m’aiguille tout de suite sur le côté réception qui de trouve dans une rue voisine. Un vrai bonheur, il faut rentrer en arche arrière. Les gens du coin semblent habitués, pas un seul coup de klaxon. Une vieille dame qui s’ne va faire ses courses me regarde manœuvrer. Nous échangeons quelques mots et, je continue ma rentrée hasardeuse. Le cariste est plein d’humour, il me vide sans coup férir, je discute un peu avec une voisine de l’usine, la vieille dame de tout à l’heure revient de ses courses en me faisant un petit salut, j’aime bien ses moments de convivialité. J’ai même eu droit à un petit coin de ciel bleu, je vous rassure, ce fut assez fugace mais, ça fait du bien. Voyant mon optimisme, le thermomètre se décide à remonter un peu, -1°. Téléphone à la boite. Devinez où je vais charger demain ? Même chose qu’hier et avant-hier, donc, je vais redescendre un peu, vu que je connais la route, pas besoin de brancher le GPS. Ce soir, je me délecte du bonheur de la douche chaude à Moulin.

Pas large pour entrer

Pas loin de la cathédrale

Mercredi 2

Je suis donc à l’ouverture, la routine s’installe, un café à la machine le temps de s’inscrire et, on va débâcher dans le froid parce que, au niveau météo, pas de changement non plus, il fait le même temps depuis lundi. Aujourd’hui par contre, je ne charge pas un tour de régional, je vais aller un peu plus loin en Normandie pour ne vider que demain. Comme hier, un peu de bruine verglaçante et, comme hier, les routes sont traitées et ça passe sans bobo. Sans bob, presque parce que la RCEA est bouchée au sud de Moulin, je ne sais pas si c’est un carton ou une mesure préfectorale mais, c’est un joli bazar à l’échangeur. J’ai la chance de filer tout droit et de ne pas perdre de temps. Petite coupure dinatoire vers Sancoins et, surprise, le thermomètre passe au dessus de 0°, on avait perdu l’habitude. Le reste de la journée, c’est la route, Orléans, Chartres, Evreux et, la RN 13 jusqu’à Moult, petit pays sans importance si ce n’est que j’ai passé mon enfance pas loin de là. La température est bien remontée, il fait 9°, une vraie fournaise, un coup à dormi sans le chauffage. Cyril est venu me rejoindre un peu plus tard, un véritable exploit de sa part, il a passé la moitié de la journée pour charger, un client avec une organisation digne d’Amédée. Ce soir, c’est le nouvel an chinois, nous entrons dans l’année du lapin. Pour les politiques de tous bords, c’est tous les ans l’année du lapin. L’année du lapin crétin bien sur.

Ca bouche sur la RCEA

Jeudi 3

Temps humide et doux ce matin, un vrai temps de normand, on ne peut pas dire qu’il pleut mais, les routes sont suffisamment humides pour que la crasse colle bien aux bâches et aux châssis. Jusqu’à Bayeux, ça va, c’est de la voie express mais, pour aller chez le client, il faut bien prendre des petites routes et, les paysans du coin oublient de s’essuyer les pneus avant de sortir des champs. Résultat, le camion est recouvert d’une belle couche brunâtre du plus bel effet. Je commence à débâcher alors qu’il ne fait pas encore jour, ça se voit moins mais, une fois le jour arrivé, je constate que, Tarja et Jimmy sont vraiment crades. Direction le Havre pour charger, une traversée de la basse Normandie histoire de bien respirer l’air du pays et, je passe le pont de Normandie pour arriver au chargement bien avant midi et, comme il n’y a personne, je suis reparti aussi avant midi. Je roule un peu en direction de Beauvais avec, bien sur, un petit miam en route. En début d’après midi alors que je suis presque arrivé chez le client, un monsieur en bleu se met au milieu de la route en m’invitant gentiment à me garer sur le parking. Je sens que je vais avoir droit à une visite en règle mais non, seulement l’alcootest. Là, je dois avouer que mon score est assez minable, 0.0°, j’ai toujours été nul au jeu. Poursuite peinarde, je vide est recharge sur place, juste un peu d’attente parce que je ne suis pas tout seul. Le chargement est vraiment sympa, 18 T sur 80 cm de hauteur, le tout parfaitement étalé sur toute la surface du plancher Une fois chargé, je fais un chantage au bureau : « soit vous le faites les papiers dans les deux secondes, soit je vais prendre une douche ». Le chantage a échoué, j’ai été obligé d’aller me laver. Une fois tout propre avec mes papiers terminés, je descends un peu en direction de la maison. Il me reste de quoi passer Paris, je fais des plans savants pour savoir où je vais finir et, surtout, à quel resto. Fin du parcours à Courtenay.

Pont levant levé

Vendredi 4

Mission la plus importante, aller au dépôt parce que, je dois poser tout ça. Dommage, je serai bien descendu à Parme avec tout ça mais, un mauriennais va reprendre tout ça tantôt, ça va le faire rentrer chez lui ce soir. Le temps d’arriver à Lyon, il est presque midi, le temps de vider, il est vraiment midi et, je vais manger un morceau à la cabane à frite avec un copain. Ca fait un moment que je le connais Jacques, nous avons travaillé ensemble chez barbier et, nous nous sommes retrouvés un peu avant qu’il ne me rejoigne ici. Bon, je recharge à Saint Etienne, deux points de chargement pour 4 livraisons. Jésus multipliait les pains, moi, je vais multiplier les livraisons lundi. Moi qui pensais y passer une bonne partie de l’après midi, j’ai la bonne surprise d’envoyer tout en moins de deux heure et, je retourne à la case dépôt. Un IVECO me fait des appels de phare frénétiques (les appels pas les phares) dans la descente avant saint Chamond, c’est Flo 42. Vite un café et une photo, je n’ai pas trop de temps, j’ai encore une bricole à faire au dépôt, dommage parce que Flo est vraiment un gars professionnel qui a une bonne vision de ce que devrait être ce métier. Au dépôt, je mets le camion de Brad à quai pour le charger, il aurait pu le faire lui-même mais, il fallait qu’il rentre de bonne heure chez lui. Pas de problème, ce sera fait aux petits oignons, Brad n’est pas un ingrat. Jacques m’a même filé un coup de main pour que je puisse partir u peu plus tôt, il y a quand même encore de l’entraide dans ce boulôt.

tendance météo du jour : « BEURK »

Samedi 5
Dimanche 6

Lundi 7

1 h 00, grattage du givre sur le pare brise de la voiture, inutile de préciser que ce n'est pas mon heure de départ préférée mais, j'ai réussi à m'endormir de bonne heure et, on peut dire que j'ai relativement la forme. 1 h 30, ça roule dans la nuit d'un noir nocturne et, ma fois, assez foncé. Vroum vroum fait le camion, les phares ne font aucun bruit mais, ils éclairent la route, ce qui, de nuit, est quand même assez utile. Personne pour me tenir compagnie, Philou est déjà en Espagne et mes collègues ne vont partir que plus tard. Heureusement que je suis là pour faire tourner la boutique. Pas grand monde sue l'autoroute, je sais bien que c'est la saison creuse mais, j'espère que ça ne va pas durer. Route de nuit jusqu'à l'entrée de Montpelier, une petite sieste et un café plus tard, je suis reparti pour vider pas loin de Sigean dans les Corbières. La nuit s'est vraiment bien passée, et, comme j'ai un petit peu d'avance, je vais prendre un café chez Béa, depuis que je ne vais plus en Espagne, je ne m'étais pas arrêté chez elle, on a un peu discuté de l'ancien temps et, je vais cueillir les gars du premier client au sortir de leur voiture. 10 minutes plus tard, les 4 palettes sont sorties de la remorque et, je vais vider dans la campagne du côté de Narbonne. Là, ça na ne va pas aussi vite, il y a déjà 4 camions devant moi mais, je suis quand même reparti une heure plus tard. La remorque est vide, je vais essayer de vider un partie du camion avant midi à Béziers, ça doit passer s'il n'y a pas trop de monde. Quelques camions mais, pas trop et, vu que je ne suis pas complet, je suis vidé presque aussitôt arrivé, ça me laisse plus de marge que prévu pour aller vider le reste, je vais finir ma boucle pas loin de Clermont l'Héraut en prenant le temps de manger et de dormir un petit quart d'heure. Pour le dernier client, je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose me dite que ça ne doit pas être bien large. J'ai trouvé un petit coin de parking pour poser Tarja, elle va m'attendre à l'ombre le temps que je visite la campagne héraultaise avec Jimmy. Je crois que j'ai bien fait de venir sans la remorque, je fini dans des chemins vicinaux qui font juste la largeur du camion, si jamais je dois faire demi tour, je suis foutu. Bon, c'est peut être pas large mais, le coup d'il vaut vraiment la peine, j'ai l'impression d'être en plein Far West. Je finis dans un domaine viticole perdu dans la campagne, ça doit être génial d'habiter un coin pareil mais, en hiver, il y a intérêt à avoir des provisions d'avance, je ne suis pas sur que le chasse neige passe trois fois par jour. 4 clients, c'est le milieu de l'après midi, je crois que j'ai bien travaillé aujourd'hui, je m'auto congratule en allant récupérer Tarja et, je vais faire un bout de route en direction de Marvejols. Je pose mes roues à Séverac le Château avec un léger dépassement de temps de conduite, tant pi. En attendant l'heure du repas, je m'écroule dans la couchette histoire de récupérer un peu.

La route d'accès n'est pas bien large

Mais, voir de tels paysages, ça se mérite

Mardi 8

La nuit m'a permis de bien récupérer et, surtout, de repartir à des horaires normaux. Je suis tellement en forme que j'arrive en avance au chargement, j'ai bien fait parce que, ce n'est pas prêt et, j'ai la joie de voir entrer tous les autres camions pendant que j'attends au bureau. Faut pas pousser non plus, ça n'a pas pris une demi-heure et, je suis le seul à charger ce genre de marchandise donc, pas d'attente au chargement. IL gèle, -3° mais, il y a un beau soleil qui va bien nous réchauffer cet après midi. Pour l'instant, le débâchage me réchauffe tout aussi bien. Ca a été long à charger mais, je suis reparti en milieu de matinée pour vider demain à Longjumeau, une journée de route peinarde en vue, ça va me changer d'hier. Vu le temps dont je dispose, je coupe par les chemins de traverse, RN7 et, traversée du Gâtinais par Puiseaux, une douche en passant au dépôt et, j'en profite pour me faire offrir le café par mon ancien chef, je finis à Etampes avec deux collègues. Cette journée de vacances fait donc une moyenne avec celle d'hier.

En avant pour une traversée du Larzac

Mercredi 9

Encore plus fou qu'hier, j'ai rendez vous à 10 h 30 à Longjumeau, du coup, je suis réveillé bien avant et, j'en profite pour rédiger mon carnet de bord. Il est 9 h 00 quand je me mets en route, la RN 20 a retrouvé son calme, ça me permet d'arriver après les embouteillages mais, pas après le brouillard qui fait des heures supplémentaires ce matin. Pas mal de camions mais, les rendez vous s'enchainent sans retard et je suis vide une demi heure après mon rendez vous. Rechargement sur place, il est midi quand je repars. Je roule jusqu'à Puiseaux, gamelle et plein du camion avant de me faire offrir le café. Juste à côté du dépôt, il y a quelques vieux camions, je fais des photos pour la rubrique des vieux machins et, je roule sous un ciel qui s'est enfin dégagé. Aujourd'hui, c'est encore plus calme qu'hier, je vide demain à Vichy. Quelques heures de route plus tard, je suis à La palisse, on ne pourra pas dire que je me fatigue beaucoup ces derniers temps.

Un Berliet

I Un SM

Jeudi 10

Bonne nuit peinarde, un café et, direction Vichy enfin, la banlieue et, ce que j'aime dans ce pays, c'est que la majorité des routes sont interdites au camions, ce qui occasionne pas mal de détours inutiles mais, j'arrive quand même à trouver mon client. Sympa cette usine, il est strictement interdit de pénétrer sur le quai donc, on ne touche à rien et, il y a même une caméra braquée sur la semi pour que nous puissions suivre les opérations sur un écran dans la salle d'attente. Le soleil se lève pour nous dégeler la campagne, nous sommes encore en hiver, faudrait pas oublier. Je recharge à mon usine habituelle pas loin de Thiers, ça me change un peu. Débâchage dans une atmosphère que je qualifierai de vivifiante, il gèle encore quand on est à l'ombre. Je recharge pour la Normandie, je vais donc reprendre le même chemin qu'hier, au moins jusqu'à Evreux. Le soleil nous a bien réchauffés, on se croirait même au printemps, 19°. Un café le temps de la coupure à Bourges, je retrouve Jacques sur le parking et, je fini mon périple. Je vais trouver le courage d'aller jusqu'à l'entrée d'Evreux, j'aurai pu aller un peu plus loin mais, vu le programme de demain, je peux me permettre quelques privautés.

Le château de Billy

Vendredi 11

Comme mercredi, je vais faire la grasse matinée, rendez vous à Dieppe pour 13 h 00, ce qui ne m'arrange pas tant que ça. C'est sur, je fait de belles coupures mais, commencer tard implique aussi de finir tard et, surtout, de rentrer tard le samedi. Enfin, le temps est doux, je vais boire le café tranquillement avant de me mettre en route à 9 h 00. Pour être clair, le rendez vous est à 13 h 00 à Dieppe mais, je vais tenter de me présenter un peu avant au cas où. J'ai bien fait, les camions s'enchainent pile poil à leurs heure est, je vais me mettre en place à 13 h 00 comme prévu. Au moins, j'ai eu le temps de manger. Bon, je ne suis pas resté deux heures sur place décrochage compris, je vais recharger à Rouen avec un rendez vous à 16 h 00 donc, je suis dans les clous, je suis même un peu en avance. Comme pour la livraison, les rendez vous se sont enchaînés dans les temps si bien qu'il n'y a pas de retard. Le cariste est sympa et nous blaguons un peu en attendant l'arrivée des palettes. Il faut dire que, la fin de la semaine arrivant, l'ambiance est détendue surtout que, dans cette boutique, quand les retards s'accumulent, c'est un beau bordel. Rien de tout cela aujourd'hui et, je n'ai plus qu'à rentrer à la maison. Vu l'huer, je pense que ce ne sera pas pour ce soir, j'ai bien de l'amplitude et des heures pour descendre un maximum mais, ça ne va pas me servir à grand-chose si ce n'est qu'à finir sur un parking en plein milieu de la nuit. Je fini à Orléans à 21 h 00, demain sera un autre jour.

Je me demande si je ne suis pas un peu long

Samedi 12

Si j'avais eu le courage d'aller plus loin hier et, si j'étais parti plus tôt et si ma tante en avait. ; je serai à moins de 4 h 30 de la maison mais, mon ventre en avait décidé autrement hier donc, je n'ai plus qu'à finir tout ça ce matin. C'est le premier grand départ pour le ski et, quelque chose me dit qu'il vaut mieux éviter l'A6. Descente par la RN7 (pipoum pipoum comme dirait Yves Montand. Un peu de brume en route mais, un joli soleil printanier à l'arrivée. Pourvu que ça dure au moins ce week end), petite coupure à Moulin, deuxième coupure à La Palisse et, arrivée à Corbas en évitant toute cette transhumance. Un peu tard l'arrivée, trop tard pour l'apéro mais, j'ai quand même les crocs.

Lever de soleil brumeux

Dimanche 13

Lundi 14

Il y a du retard dans le carnet de bord, mais, j’ai passé une semaine sans inspiration, l’angoisse de la page blanche, le genre de truc qui n’arrive pas qu’aux grands écrivains, la preuve, moi aussi je fais connaissance avec le truc alors que je n’ai aucun talent (plus que Mazarine quand même faut pas exagérer)... Voici donc ce carnet de bord avec une semaine de retard, je vais essayer de fouiller mes souvenirs. Donc, j’ai commencé le lundi par une mise à quai au dépôt. Je transfère le chargement dans une semi, semi que j’ai du mettre à Quai, j’ai eu un peu de mal mais, j’ai réussi à poser ça tout droit, je n’ai donc pas perdu la main et, je pourrai me reclasser en conducteur de semi un jour si Phil veut bien me pistonner pour rentrer dans sa merveilleuse société. En attendant, je reste ici avec Jimmy et Tarja parce qu’ils le valent bien. Je joue donc du transpal et, je file direct à l’atelier (15 secondes de route) pour faire l’entretien, faire réparer mes prises électrique parce que, le camion remorque, c’est bien pour ramasser le sel sur les cordons et, au bout d’un moment, le sel bouffe tout. Rendez vous au contrôle technique cet après midi, une formalité mais, ça prend du temps même si c’est au coin de la rue. Jimmy est reçu sans problème, il pète de santé, je récupère Tarja et, nous filons tout les trois à Chalon sur Saône pour charger. L’avantage d’arriver en fin d’après midi, c’est que je suis dans les derniers et, que je n’ai presque pas d’attente. Il me reste de quoi rouler un bon bout de temps, alors, je vais aller le plus au sud possible, pas tout à fait au sud du sud, mais, au sud de Lyon et au nord de Montélimar. Il n’y a pas beaucoup de monde sur le parking du resto, il n’y a pas beaucoup sur les autres parkings non plus, j’espère que ce n’est que l’accalmie saisonnière et pas un début d’une nouvelle crise.

Je suis concentré

Mardi 15

Je suis parti un peu tôt mais, je vais essayer de vider le plus tôt possible ce matin, surtout que le client est en plein centre ville de Sète, un vrai bonheur surtout quand une voiture est mal garée. Justement, le garage du coin a un client garé en plein dans la petite rue, je suis comme un con en travers du rond point, je cours demander qu’on me déplace la voiture et, tout est fait en très peu de temps et, sans un coup de Klaxon, visiblement, les gens du coin sont habituées. On me laisse le temps de boire un café et, on vide. Vite, je cours pour débâcher tant et si bien que, je suis vide largement avant midi. Direction la sortie, je me pose au centre routier en attendant la suite du programme. Elle ne vient pas vite la suite, j’ai le temps de manger tranquillement, avant d’aller charger à Béziers. Il y a pas mal de monde quand j’arrive, ils ont même renforcé l’équipe des chargeurs pour faire face si bien que, bien que je sois arrivé dans les derniers, je vais attendre relativement peu de temps. Je calcule ce qu’il me reste à conduire et, ça doit coller si les puissances occultes du bitume veulent bien me donner un coup de main. Direction Lyon ou, plutôt Corbas. Montée calme sans rien à signaler et, en 4 h 33 je suis garé au dépôt ; Au lieu e passer ma nuit dans les bras de Morphée, je vais la passer dans les bras de madame Lagaffe.

Arrivée à Sète

Mercredi 16

Après une bonne nuit dans le lit conjugal, je me pose à quai pour vider tout ce qu’il y a dans le camion et, aussi, dans la remorque. Cette petite formalité accomplie, je fais le plein et je vais illico presto en direction Saint Etienne. En cours de route, coup de téléphone, une commande urgente à prendre à Thiers, le truc du style : « A charger hier pour vider la semaine dernière ». Je continue donc sans passer par la case dépôt et, juste avant midi, j’arrive sur place avec la ferme intention de passer devant tout le monde tellement c’est urgent que je devrai déjà être reparti voire même déjà en train de livrer. Donc, tout ce passe comme prévu à un petit détail près, il y a eu comme qui dirait un petit problème de fabrication et, je vais attendre un petit peu. Un petit peu qui me laisse largement le temps de manger, de faire une bonne sieste jusqu’à ce que la commande soit carrément annulée. Encore un peu d’attente et, finalement, on me charge un truc pour aller à Libourne parce que, si j’ai bien compris, la commande urgente de chez urgence est devenue nettement moins urgente. Départ en fin d’après midi pour aller tranquillement pas loin du client, un coup à manger à Bergerac. Le patron n’aurait jamais du me brancher sur la musique, j’ai du remettre quelques détails de l’histoire de Led Zeppelin au point et, ce gars n’avais jamais entendu parler de Tarja, j’ai du sévir, les hauts parleurs du resto on craché un peu fort à la fermeture, j’ai encore fait un adepte.

Il y a de la neige sur les volcans d’Auvergne

Jeudi 17

8 h Pétante, je suis à l’entrée de l’usine à Libourne. Entrée, inscription, je me mets en place et j’attends un peu le cariste mais pas trop longtemps et, une fois vide, je vais à Cognac pour recharger. J’arrive juste à midi (ça devient une habitude chez moi), il y a une grève et, un peu d’attente mais, comme je suis en pleine heure creuse, je ne m’en sors pas trop mal. La cariste est une débutante alors, bien sur, c’est un peu plus long mais, elle assure et, vaut mieux prendre un peu de temps plutôt que de faire tomber une palette et, quand on sait mes débuts en camion remorque, je suis mal placé pour critiquer les débutants. Bon j e repars de là en début d’après midi pour aller faire un tour en Alsace. Le reste de la journée, je roule tout ce que je peux avec une coupure à Parsac où je retrouve un Goubet, un des rares avec qui j’ai encore des contacts. Le parking de Parsac, un des rares de la RCEA à la particularité (à part d’être minuscule) d’avoir un stationnement en épi et, je mets un point d’honneur à me garer du premier coup devant le collègue (l’honneur n’appartient qu’aux imbéciles je sais). Il me reste encore un poil de temps et, je vais finir à l’Euroscar où un collègue doit me rejoindre. J’aurai pu aller un peu plus loin en utilisant mes heures au maximum mais, je suis content de manger avec ce copain alors, ça vaut bien un petit sacrifice. J’ai bien fait d’ailleurs, ce con à décidé que, comme il lui reste pas loin d’une demi-heure, d’aller dormir le long d’une bande d’accélération, merci pour le lapin, ça fait toujours plaisir.

Clair de lune

Vendredi 18

Départ le plus tôt possible pour vider avant midi à Colmar, un café en route et, une petite coupure juste avant d’arriver, je suis vraiment trop juste pour y aller en une seule fois. Depuis ce matin, le téléphone sonne, c’est mon lapin d’hier qui essaye de s’excuser, il n’a pas fini d’essayer d’appeler celui là, je suis du genre rancunier. J’ai bien fait de couper avant le client, j’ai raté la petite route pour aller chez lui et, j’ai perdu un bon quart d’heure pour trouver un coin où faire demi tour dans le vignoble alsacien, déjà que je suis en retard… Bon, ça va, je suis tout seul pour vider et, il faut se couler dans un trou entre deux bâtiments en marche arrière bien sur. Je rame un peu parce que c’est assez étroit mais, je fini par me mettre en place et, le cariste m’avoue qu’il voulait faire un essai parce que c’est plus pratique pour lui, il n’a pas à faire un chemin immense à chaque palette. Je suis assez content de m’en être sorti mais, je lui demande gentiment de faire ses essais avec d’autres gars, je ne voudrais pas devenir le pilote d’essai officiel du coin. Pour se faire pardonner, il s’arrange pour tout vider d’un seul côté, ça ne me fait qu’un demi-débâchage. Rechargement à Nancy donc, passage par le col du Bonhomme, ça fait deux fois que je passe par là depuis le début de l’année alors que j’ai passé pas loin de 30 ans de route sans y mettre les pieds. Je vais recharger de la ferraille, des bobines de fil de fer plus précisément, je n’ai jamais chargé ce genre de truc mais, comme il y a une queue phénoménale, j’ai le temps de demander aux habitués comment on sangle tout ce bazar. C’est le genre de chose très bête mais, quand on ne sait pas comment marche un truc, il suffit de demander des explications à un gars qui connaît, ça évite pas mal de mauvaises surprises. Pour sangler, deux méthodes, attacher la première et la dernière bobine les sangles tirant vers le centre du chargement, rien ne bouge, c’est le sanglage « à l’allemande ». Deuxième solution, attacher les bobines entre elles, ça fait une masse qui ne bougera pas. Le Lagaffe se la joue prudente, il a utilisé les deux techniques, je suis du genre ceinture ET bretelles. Malgré la queue impressionnante, je ne reste même pas deux heures, il faut dire que c’est chargé en 10 mn, et, même si j’ai perdu du temps à sangler, je suis ressorti bien avant l’horaire que je m’étais fixé et surtout, bien avant la fin de mon amplitude. Je suis crade, j’ai transpiré, je suis crevé, une vraie épave de la route s’en va faire ses derniers kilomètres pour finir à Bulgnéville. D’abord la douche puis, l’apéro. Faut pas se tromper dans l’ordre des priorités.

J’ai tout sanglé

Samedi 19

Gros départ en vacances ce matin, autant dire que j’ai intérêt à partir le plus tôt possible pour éviter le gros du bataillon qui va se présenter au péage de Villefranche en milieu de matinée. Réveil à 4 h 00 et, mise en route sitôt le café avalé. Il a gelé cette nuit, la route est calme, profitons en vite. Au lever du jour, ça se charge un peu et, vers Beaune, je rejoins le fil des parisiens, ça deviens bien chargé mais, le gros est encore derrière moi. Selon 107.7, il y a déjà des bouchons à Auxerre. UN petit café en route parce que j’ai un peu les crocs et, j’arrive à Lyon un peu après 8 h 00 donc, avant les gros ennuis. Je ne perds pas de temps au dépôt, je suis vraiment crevé, vite à la maison, je vais me recoucher.

Dimanche 20

Lundi 21

Vu que mes rouleau de ferraille n’ont pas bougé, il n’y a plus qu’à aller les vider de l’autre côté de Grenoble donc, je dois absolument traverser avant 7 h 00 sinon, c’est toit bouché, comme toutes les grandes villes, Grenoble est asphyxiée par la circulation. J’arrive en avance pour vider mais, ça me donne le temps débâcher et de ranger mes sangles et, même, de boire un café avec les 4 autres gars qui sont arrivés entre temps. Retour vers la vallée du Rhône, retraversée de Grenoble, depuis que je travaille chez Jacquemmoz, je n’y viens plus souvent alors que j’y étais toutes les semaines il y pas si longtemps. AU moment d’arriver à Lyon, le programme me tombe dessus par l’intermédiaire du téléphone et de la voix de ma chef, je vais charger à Saint Etienne. C’est bien bouché de Givors à Saint Chamond et, moi qui me voyais arriver avant midi, j’arrive juste pour vois le cariste s’en aller manger. Qu’à cela ne tienne, je me mets à quai, un quai pour Tarja et, un pour Jimmy et, je me fais réchauffer une petite blanquette en attendant son retour. Vite chargé, vite parti, je n’ai plus qu’à aller le plus loin possible c'est-à-dire, Vergèze vu que c’est là que je vais vider demain. Journée assez calme quoique, ce soir, en vérifiant mes heures, j’en trouve pas loin de 10, je n’ai pas si mal bossé aujourd’hui.

Faut l’fer (gag éculé généreusement prêté par Chouchen)

Mardi 22

Réveil au son des gouttes sur le toit. Rendez vous à 10 h 00 pour vider à côté, ça me donne un peu de temps pour essayer de rattraper mon retard carnetdeboresque en regardant tomber la pluie. Je vais quand même me présenter à l’usine, je suis un peu en avance mais, c’est mieux qu’en retard et, sur le parking, je retrouve un copain avec qui je travaillais chez Lurit, une boite qui a aussi disparu de la circulation, rachetée par un gros groupe. Nous passons un moment à évoquer les souvenirs quand un ND Luxembourg nous rejoint. Il nous explique qu’il va emmener son camion tout neuf en Espagne pour remonter en train. Le camion va être repris par un chauffeur low cost et il va toucher un vieil ensemble en attendant la prochaine vague de licenciement. Après les Belges et hollandais qui ont pratiquement disparus de la circulation, je sens que le routier français va devenir une rareté. Rechargement à Aubenas, j’aime bien aller dans cette usine, ça charge toujours vite avec peu d’attente et je suis reparti en début d’après midi. Comme la semaine dernière, je vais aller passer ma nuit à la maison, je deviens un vrai régional moi. A l’arrivée à Vienne, le gros nuage noir, qui me nargue depuis pas mal de temps, se décide à déverser tout son trop plein sur nos pauvres petites vies terriennes et, c’est sous un véritable déluge que j’arrive à Lyon. Inutile de préciser que ça arrange bien les choses au niveau de la sortie du boulot surtout que, cerise sur le gâteau, il y a un match de coupe d’Europe ce soir, ce qui n’arrange pas les choses au niveau de Gerland. Bon, je bifurque avant et je me pose sur le parking de Corbas et sous la pluie qui se calme enfin.

Mercredi 23

Hier il pleuvait, ce matin, il gèle et, je gratte le givre sur le pare brise de la voiture avant d’aller au boulot. Je vide dans le Beaujolais, région viticole dont je boycotte la production mais, faut bien vivre alors, je veux bien aller y vider. Ce n’est pas la première fois que je viens ici mais, j’avais oublié que le cariste est un vrai pro, je n’en connais qu’autre aussi doué, il officie à Sorgues (salut Thierry) Un seul côté à démonter et, un quart d’heure plus tard c’est fini, les 30 palettes sont à terre. Un petit tour de régional à recharger à la Verpillière, vu l’heure, je m’autorise la nouvelle autoroute de contournement, ça me fait gagner pas mal de temps. D’habitude, il y a de l’attente mais là, c’est déjà prêt et, je suis tout de suit à quai si bien que je suis reparti bien avant mes prévisions ; Vu que ça ne sera pas ouvert avant 13 h 30 à saint Etienne, j’ai le temps de manger peinard en route. Je vide à l’heure dite, passage au dépôt qui est à trois minutes, les camions miniatures sont arrivés, il y aura donc un petit camion remorque pour tenir compagnie aux camions ND qui sont déjà sur mon étagère. Rechargement à quatre minutes du dépôt et, je vais faire un tour au sud ouest. Une bonne perte de temps d’une demi-heure pour contourner le Puy, je ne suis pas très lourd mais, la consommation doit être balaise, c’est tout en montée et en virages, on n’est pas très écolo dans le coin. Sur le parcours, les pancartes contre une décharge fleurissent, ils ne savent vraiment pas ce qu’ils veulent. Traversée du Gévaudan avec de la neige sur les hauteurs et, fin du parcours un peu avant Séverac le Château.

C’est parti pour une demi-heure de détour et 20 l de consommation en plus

Jeudi 24

Réveil sous la pluie, un coup il gèle, un coup il pleut, c’est gavant ces fins d’hiver. Pas de quoi être stressé, le rendez vous est pour cet après midi à Lacq, ça me laisse pas mal de marge. La pluie est remplacée par la bruine puis, par la brume, jusqu’à Albi, les essuies glace ne vont pas se reposer. Un petit bonjour à Malibu vu que je passe devant chez lui. Il voulait m’offrir le café mais, j’ai raté la rue, tant pi, je continue. La pluie disparaît complètement à partir de Toulouse et, malgré les nuages bien bas, il ne va plus rien tomber de la journée. En début d’près midi, je suis à l’accueil, je commence à connaître donc je file direct au poste de déchargement ; D’habitude, ça va bien mais, aujourd’hui, le cariste est débordé et, il court de partout. Je vais l’attendre une heure mais, il est toujours aussi accueillant et ironique, un humour comme j’aime. Comme prévu, je ne pourrai pas charger aujourd’hui et, j’ai tout le reste de l’après midi pour aller à Hendaye. L’affréteur nous a prévenus qu’il y aura pas mal de monde demain et, il me conseille de dormir devant. Je pose le camion devant la grille et, je fais ma vie dans la cabine. L’Espagne n’est pas loin mais, je n’ai pas trop de courage, il y a une pizzeria pas loin, ça fera le repas de ce soir.

Petit camion deviendra grand

Vendredi 25

Je me réveille tranquillement en entendant les premiers camions arriver, à 8 h 00 ils sont déjà une dizaine, je sens qu’il va y avoir pas mal d’attente pour les derniers. En tout cas, je salue la courtoisie des chauffeurs de chez Barcos, ils ont été corrects et, hormis deux navettes prioritaires, je suis tout de suite quai. On m’explique le déroulement des inscriptions et, je vais prendre la douche le temps du chargement. Milieu de matinée, je suis parti en direction de la maison. Selon les conseils des collègues, j’évite de passer par Bordeaux, depuis la nouvelle interdiction, on perd plus d’une demi-heure les jours calmes. Je coupe à travers les Landes pour rejoindre Périgueux en passant par Marmande. Je ne suis pas très lourd, la consommation ne va pas trop s’en ressentir par contre, mon niveau de stress va rester dans des imites raisonnables. Coupure soupe en sachet à Marmande, sieste un peu avant Périgueux et, café sur le plateau des Millevaches. Ce soir, la grosse question est : « Où vais-je manger ? » parce que, des restos, il n’y ne a pas beaucoup en Auvergne mais, des ouverts le vendredi, je n’en connais pas. Le salut va venir d’un copain qui connais un truc pas routier du tout mais, ouvert le vendredi et, aussi et surtout, accueillant entre Clermont et Thiers. UN petit dodo sur place bien sur, vivement demain.

Samedi 26

Même pas trois heures de route pour aller au dépôt, ce samedi est annoncé noir par Bison Futé mais, je suis parti à 5 h 00, il n’y a pas encore trop de monde. Le jour se lève un sur Saint Etienne, un jour gris qui n’encourage pas à trainer en route. Je fais le plein tout prêt pour lundi mais, ce n,’est pas pour moi. En effet, c’est René qui va prendre mon camion lundi, moi, j’enlève mes affaires enfin, tout ce qui est couchage et perso parce que, les atlas et mes outils restent en place, René, qui m’a déjà remplacé pour mon accident, est un gars vraiment bien.

Dimanche 27
Lundi 28

Retour menu