Quand j'étais tout petit, je revais d'être routier. Je ne connaissais rien aux camions, mais j'avais sans doute le goût des voyages par mon père qui était marin sur les pétroliers de la Shell.
en 1971, je rentre enfin dans une école de routiers à Poitiers, pour faire un CAP conducteur routier mécanicien en deux années. En juin 1973 avec le CAP et les permis en poche, je pensais commencer à rouler. mais une "magouille" entre ma mère et le sous directeur a fait que j'ai rempilé pour faire une quatrième transport. En fait c'était du bourrage de crâne pour les fils de transporteurs, et je n'étais pas motivé du tout. Donc je laisse tombé et le 02.01.1974, je trouve mon premier volant. un Berliet GR200 en porteur, caisse ridelles bachée avec capucine, pour faire de la France. C'était chez les Transports René Philippe de Janzé 35, très connus à cette époque.
Dans le boite il y avait des camions remorques qui faisaient de l'inter, Espagne Allemagne et beaucoup d'Italie, poudre de lait et peaux de vaches à l'aller et carrelages au retour. Le jeune que j'étais avais envie. Au bout d'un an j'ai eu droit à un Berliet GR260 toujours en porteur; Puis à force de persuasion j'ai pu enfin avoir mon camion-remorque et faire de l'Italie, c'était un Berlier GR 320 avec un porteur de 11 m et une petite remorque à deux essieux derrière, le tout sur 4.20m de haut, bonjour le balan.
A force de faire l'Italie, je voyais des camions faire du Moyen Orient, Stouff, VIT, Carry, etc ça me tentait, prenant mon courage à deux mains, je vais à la Stouff à Annemasse, banco quelques semaines après j'avais un télégramme pour embaucher.
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Un Saviem de la STOUFF
J'ai eu le droit à quelques tours d'Irak, dont le dernier qui a failli mal tourné, d'autant plus qu'en arrivant la boite avait déposée le bilan.
Retour aux sources et donc chez Philippe, mais là j'étais en punition, j'ai eu un Daf 250 toujours en camion remorque et toujours sur l'Italie, et toujours un tour par semaine Bretagne Santa Croce près de Pise, quand il n'y avait pas de grèves.
Durant cette période je passe l'attestation de capacité par correspondance, malgréles heures que l'on faisaient à l'époque. Un collègue qui avait un Daf 340 partait le dimanche soir de Rennes pour Rome, puis de Rome montait à Paris pour vider et recharger le vendredi chez nous. Ce serait maintenant...........
1978, je change de boite, je suis aux transports Nivès de Vannes, avec un Saviem SM 240, j'envoie des cheminées sur Cologne en Allemagne. Au bout de quelques mois je me trouve chez Schambourg à Vannes, avec un Volvo F89, pour faire de l'Allemange, Hollande.
1979, je me marie et logiquement, je cherche à faire de la zone courte, je vais chez Ridel à Questembert, puis le Gal à Vannes, ho là, j'ai tenu deux mois, et c'est un exploit, et j'attends encore mon certificat de travail.
Enfin en 1982, j'embauche dans une vraie boite de transports, Le Roy à Rennes, avec du matériel en bon état et suivi par un chef d'atelier hors pair, Mr Gendrot et des mécanos supers.Des bons dirigeants et des succursales organisées.C'est donc là que j'ai commencé comme tractionnaire, je louais mon tracteur, un Daf 3600 et mes cartes de gas oil et d'autoroutes puis en fin de mois on faisais le décompte et hop.Mon premier tour c'était en juillet 1985. Avec le bilan de fin d'année, j'ai pu acheter un Renault R340, j'avais mis un chauffeur chez Le Roy, moi j'avais trouvé un contrat de traction chez Hautière pour les usines Renault.
Puis la connerire, étant juste en trésorerie, j'ai pris le risque de prendre deux autres tracteurs, avec hélas des brêles comme chauffeurs. Dont un qui m'a viandé un ensemble frigo à Usseau sur la route Niort La Rochelle. J'ai donc déposé le bilan et je suis reparti seul avec un Ivéco turbo star. Le hasard d'une rencontre dans une usine, a fait que j'ais commencé à transporter de la ferraille sur l'Espagne à partir de 1987. Descente en ferraille et retour à vide au début puis avec des ardoises. En 1995, j'ai un accident avec mon Magnum, et ma benne neuve. J'achète une Daf 500 SSC, super génial.et je continu ma ferraille. Voulant gagner plus ce qui est logique, je supprime les intermédiaires, je monte ma société d'import export, j'achète et je revends ma ferraille directement. Puis encore plus fort, je monte une autre société au Luxembourg. La première vends la ferraille au Luxembourg avec le minimum de bénef et la seconde la revends en Espagne avec le maximum de bénef. le tour est joué.
Mon DAF 500 et sa benne
Mais un beau jour de 1999, contrôle fiscal, quand le fisc s'est aperçu du manège, ils ont considérés que toutes les factures de la société francaise était fausses, donc trois ans de fausses factures, avec escroquerie à la TVA, etc.. saisie des camions de la grue des voitures de la maison , tout quoi, et Le Brec en prison préventive. Deux mois de tole, avec des doutes des peurs, sans savoir de quoi l'avenir sera fait. Puis en sortant on recommence à zéro en attendant le procès, sans savoir le résultat. J'ai racheté un petit Daily et j'ai fais des petits lots, je gagnais bien ma croute, mais au bout de deux années, le daily etait à bout de souffle, 300 000 km, et toujours pas de procès en vue, que faire? J'ai donc décidé avec mon épouse d'arrêter et de prendre une place chauffeur, chez Dejan à Vannes, qui fait partit maintenant du groupe Rouxel. Le lendemain de mon embauche, je passe au tribunal, là sur le cul, 48 mois de prison don 15 mois fermes et le reste en sursit. J'ai quand même gardé ma place car j'ai eu la possibilité d'avoir un aménagement de peine, je n'ai fait que 9 mois en y allant que le week end, du samidi 7h au dimanche soir 18h30. Maintenant c'est fini, c'est de l'histoire ancienne tout ça, mais quand on y repense....
Durant mes fameux week end, j'ai commis mon livre " Patrick Le Brec la légende", c'est un bouquin qui retrace toute ma vie, mais la fin du livre a été baclée je l'avoue. J'ai au moins le mérite d'avoir éssayer.
