Mon Carnet de bord... Suivez mes aventures, semaine après semaine!

Mars 2008

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Samedi 1

 

Dimanche 2

Lundi 3

Très long week end de repos, je ne rattaque qu'à 15 h. Ça fait vraiment du bien! Et encore, je pars bien en avance, histoire de rouler zen. Doudou me change une ampoule avant de partir, y'en a marre d' en griller une tout les 15 jours en moyenne. Je trouve la pluie à Beaune, puis quelques flocons sur Langres. Ce sont les giboulées de mars: à Chaumont il fait grand soleil... Gasoil à Chalons en Champagne, coupure à l'entrée de Reims ou j'en profite pour nettoyer l'intérieur de frigo qui en a grand besoin. Comme à la maison, il ne faut pas négliger l' hygiène. Repas rapide et je continue. A Cambrai je fais une courte halte pour déposer des documents et je vais chez mon client sur Lens dans une belle tempête de neige, ça fouette bien. On se croirait en plein hiver, au point que la route de la zone est bien blanche, incroyable. Deux heures d'avance sur mon rendez vous, mais je passe directement, à mon grand étonnement. Malgré qu'il faille moi même vider la marchandise sur le quai, cela me réconcilie avec la grande distribution, d'autant plus que tout le monde est bien sympathique. Je demande au chef s' il y a possibilité de stationner dans la zone, il appelle le gardien pour lui dire de m' ouvrir un parking. Décidément, je tombe des nues. Cela me conforte aussi dans mon idée qu' il faut travailler la nuit pour tomber sur des gens comme ça. Le gardien m' indique que le parking est sans confort, si je préfère il y a de quoi stationner au centre commercial voisin. Merci pour l'info! Finalement je squatte un petit parking dans la zone. Déçue de constater que ma clef internet ne veut pas fonctionner, j 'écris mon carnet de bord.

Mardi 4

Je quitte mon parking à 10 h 15, j'ai bien du mal à me réveiller. J' ai une petite heure d'avance à mon rendez vous à l'aciérie, mais manque de chance cette fois, il faut attendre l'heure pour rentrer. De plus je dois charger à une porte ou il y a deux camions en attente. Quand vient mon tour le pontier n'a pas l'air violent. Au poste de sortie c'est la cata, il y a 10 kg d' écart à la bascule... Personne ne répond au coups de fil du gardien, changement de poste oblige. Au bout d'un moment il finit par me libérer, tant mieux car il est déjà 14 h. Je me grouille de monter sur Lesquin, en parallèle je gère un souci personnel de voiture en donnant des coups de fils. Quand j'arrive pour charger mes deux palettes de complément on m' avertit q'il va falloir attendre un moment car je ne suis pas toute seule. En demandant très gentillement le chef finit par m' amener ma marchandise dehors, une sangle est basta. De retour au dépôt je vide et recharge, fait des paperasses, un café, blabla avec le boss et à 18 h je mets les voiles. Au sud de Reims je fais la pause et vu que j'ai les crocs je m' offre un méga américain maxi frites. C'est la 1 ère fois que je m' arrête à cette baraque à frites, le couple qui tient ça est adorable et on rigole bien malgré le froid. Je termine mon repas en roulant tellement la portion est énorme. Au moins ça m'occupe un moment. Je trace jusqu'à Langres, il est déjà fort tard, la station dégueule de camions mal garés sur la sortie, je vais me garer au péage de Til Chatel à 1 h du mat.

Mercredi 5

Je me la joue à la Phil26, je suis toute seule sur le grand parking quand j' émerge à presque 10 h. Ça a du bon de rouler un peu de nuit. Frayeur en ouvrant la portière, le vent s' engouffre et l' arrache presque. Moi qui m' étais donné du mal à me coiffer... Je file sur Dijon par la nationale, il y a un superbe soleil. A Chalon Doudou vient boire le café le temps que le Gros se fait bichonner au lavage, puis route vers le Mont Blanc. Il y a du vent dans les voiles, je lève le pied sur certains viaducs à découvert tellement je suis poussée. L' ami PKW est devant, trop loin pour faire route ensemble. Je descends sur Milan ou je trouve la neige, il faisait si beau en montagne, incroyable. Je continue jusqu'à Arda, l'aire de repos que j'aime bien. J'ai pile poil 9 h de conduite et je suis à une bonne demi heure de mon premier client. 22 h, au dodo.

les grandes lignes droites en Bresse, manque que les poulets sur les bord de route.

le bonhomme qui fait pipi ...

Jeudi 6

J' arrive à l'ouverture du 1er client, il me faut plus de temps pour mettre le camion à quai que pour vider les 5 palettes. Je m' arrête à Reggio Emilia mettre du carburant et boire un café, les gens qui tiennent cette station sont très gentils et me reconnaissent. Je fais un crochet à Modena poser une palette. J' ai fait tirer cette dernière aux portes, il y en a pour un clin d'oeil à la descendre sur le bas coté de la route. Mon chef me donne mes ramasses, si je vide ma bobine assez vite ça le fait bien. A l'usine à ferraille c'est un peu le brin quand on connaît pas. Je m' en tire pas trop mal, le plus dur étant de réussir à grimper sur la bascule entre deux italiens qui viennent charger. Sans attendre je descends sur Rimini prendre une machine. Je connais le bled car je chargeais du congelé ici. Je me fais du souci quand je vois le nombre de camions sur le parking, en fait une heure plus tard je suis de nouveau en route. Je calcule l' itinéraire du client suivant sur Reggio Emilia, avec la petite route je ne serai pas assez tôt pour faire l'enlèvement ce soir. De plus je n'ai pas envie de bourrer. Je décide donc de voir ça demain. L' ami PKW est sur la remontée, je vais l'attendre à Modena. Ayant une bonne heure devant moi je vais à la douche. 3 Euros! Un luxe! A ce prix là je fais la totale: prélavage, lavage, rinçage, essorage. Autant dire que je prends mon temps. Je passe un super moment avec pkw, tellement on discute que l'heure tourne. 21 h, vite, je vais me rapprocher de mon chargement pour demain, histoire d' essayer de rentrer. A l' entrée du bled je n'ose pas m' engager dans une rue et je continue plus loin, mais il n'y a plus de parkings, je dois faire une bonne vingtaine de km avant de trouver une petite zone disponible.

le portail d'une usine d'inox, il ne craint pas la corrosion. Y' en a pour une fortune

la rencontre du siècle avec pkw

Vendredi 7

Je vais pour 8 h au chargement, en pestant contre moi. Il va me manquer du temps pour rentrer ce soir à cause du détour. Dans la petite boite on me charge de suite, avec café et toilettes en prime. Le dernier lot est à prendre sur Parme, je connais l' adresse. Les petites routes me font encore perdre du temps, pas cool. Sur place il y a déjà un français au chargement, j' attends patiemment. Le chauffeur n'est pas un foudre de guerre. Il se barre même à la boutique de l'usine, si bien que son camion est terminé quand il revient. Au bout d'un moment il finit quand même par se pousser pour refermer ses bâches plus loin. A 11 h 30 je mets les voiles, cap sur le Mont Blanc. Je ne sors pas de l'autoroute coté français, je rentre à la maison tout juste mais ça le fait.

Samedi 8
Dimanche 9

Lundi 10

2 h du mat, Driiiin fait le réveil: et merde je me suis plantée d'une heure en le réglant. Il faut courir pour ne pas perdre de temps supplémentaire. A 3 h je suis déjà partie mais il faut passer par la pompe à Beaune. Vu que j' étais juste en heures vendredi soir pour rentrer je n'ai pas fait le plein. J'en profite pour faire 15 minutes de coupure, c'est toujours ça de pris. Sur l'autoroute, le nez dans l'atlas je fais des comptes d' apothicaire: aucun itinéraire n'est meilleur que l'autre. Mais j'avais prévu large donc ça devrait le faire. En effet je suis à 9 h chez mon premier client, un artisan dans un minuscule patelin du 02. Il décharge minutieusement sa machine. Il était prévu que j' en reprenne une autre à déposer à une cinquantaine de km, cela est annulé. Quelque part ça m' arrange bien vu que je ne suis pas trop en avance. Je recale tant bien que mal mes palettes restantes puis me bat avec ma bâche car le vent s'est mis à souffler. Pour couronner le tout j'ai une vieille remorque dont les tendeurs ont bien vécus. Vu que ça coince à l'avant il faut détendre l'arrière. Mais le temps que j' attache l'avant, le vent déloge la fermeture arrière. Dur de la remettre en place vu que ça vole. Une fois fait l'avant à bouger, il faut recommencer... Puis il faut ressortir de la cour de l'artisan en marche arrière. La rue est assez large mais fraîchement gravillonnée et en pente. Forcément je n'ai plus de poids sur le cul du tracteur et je patine, je patine. Je dois me laisser glisser en vrac en arrière pour trouver de l' adhérence et reprendre ma manoeuvre. Entre temps le vent a traîner une poubelle sous la remorque. Calme, restons zen. Le facteur qui passe par là surveille que je n'accroche rien  avec le porte à faux de la remorque. Merci Monsieur! Soulagée de reprendre ma route, mais ça glisse dans la route ornièrée. Je lève donc le pied, je suis souvent aux alentour de 70. Les voitures dans les turbulences derrière doublent un peu au hasard, et une fois devant elles n'avancent pas plus vite, misère. Les derniers kilomètres avant Péronne sont périlleux, à découvert le vent est violent, je crispe et ralentit à 60. Dés lors que je croise un autre camion la remorque se balance grave. Arrive un porteur en face de moi qui glisse tout en travers. Je freine en douceur pour éviter l' aquaplanning sur la route détrempée, ma remorque se balade, et le porteur roule toujours en crabe, je le vois venir se mettre en travers devant moi. Sur le point de m' arrêter je suis prête à tout lâcher pour mettre les mains devant mon visage au moment de l'impact. A moins de 10 mètres devant moi, il retrouve enfin sa voie, et nous nous croisons par miracle sans casse. J' en ai les jambes qui tremblent, je continue à 50, du coup derrière ça colle au cul: bande d'inconscients! Juste avant d'arriver chez mon client c'est un véhicule de pompiers qui me fait une belle embardée devant le nez. C'est stupide, mais je préférerai qu'il neige. Bien sur mon client ne vide qu'à 14 h. Il n'y en a pas pour long, mais c'est à nouveau la crise avec les bâches. Je suis trippée, j'ai froid aux mains et au visage mais je transpire sous mon blouson. Pour ressortir de la cour du client c'est coton: je n'ai plus du tout de poids à l'avant, un peu trop au cul, donc plus aucune accroche sur le bitume détrempé bien pentu. J' essaie tout ce que je peux, il me faudra une bonne vingtaine d'essai avant de sortir de là. Je m' aperçois que je glisse dans toutes les moindres cotes, ça patine comme sur du verglas. Je roule en warning à 40/50, grille en douceur tout les stop que je trouve pour ne pas rester plantée. Je flippe à mort de voir la remorque me doubler dés que ça descend un peu. Jusqu'ou ira le cauchemar? Seule consolation: le vent s'est calmé. Je n'ai que 30 km à faire pour vider mon dernier lot, encore heureux. Je n'arrive même pas à reculer dans le hangar que l'on  m'indique. Le cariste n'est pas trop bête et me vide dehors. Je recharge dans le même village avant de rentrer au dépôt, je vois enfin le bout de cette journée pourrie. Même la bonne heure de manutention sur le quai me ravie, malgré la fatigue générale. Il est 19 h, je me cale dans le fond de la cour: une soupe, une douche et .... que ma couette est douce!   

Mardi 11

Je commence par me débarrasser de ma vieille remorque pour une autre, toute propre et toute pleine. Je monte tranquillement la vider à Dourges. J'ai rendez vous à 9 h, ressorts à 10 h, parfait. Je vais à la station voisine pour attendre la suite. J' entame le ménage de printemps: pare brise, coffres intérieurs, toit ouvrant et tout les plastiques supérieurs. Une bonne partie du tableau de bord, et la moquette centrale. Le reste (sièges, sol et portes) attendra un peu. Cela m' occupe jusqu'à midi. Entre temps j'ai aperçu Patoche de loin. Les ordres arrivent vers 14 h: une bobine. Chouette je vais enfin coller à la route. Mais je n'ai pas le temps de sortir du parking qu' arrive le contre ordre: un complet , 4 tonnes à tout casser. Me voila donc partie sur Hesdin, la route détrempée est glissante, cette nationale est affreuse. Sur place il n'y a pas d'attente, tant mieux. Le vent souffle en rafale et la pluie fouette. En moins de deux je suis trempée jusqu'aux os. Le cariste me conseille d' ouvrir les bâches l'une après l'autre quitte à perdre un peu de temps. En effet il n'a pas tord, même avec cette précaution je me fais les muscles. 17 h je me mets enfin au sec dans la cabine, mais faut dire qu'avec un temps pareil il n'est pas simple de garder une cabine propre. Je prends soin de me changer et de mettre blouson et pantalon devant le chauffage pour tout faire sécher. En route vers le sud, je tire d'une traite vers Amiens, Paris et file jusqu'à Montereau pour la nuit. 21 h 30 dodo sans berceuse.

Mercredi 12

Ce n'est pas parce que je ne suis pas bousculée que je traîne sous la couette. A 7 h je mets en route. La descente sur Chalon est tranquille bien que ventée. La tempête de ces derniers jours a rendu mon camion boueux, je le mets au lavage et vais mangé au resto pendant ce temps. J'ai demandé une table donnant sur la piste pour aller avancer le camion si besoin. Descente sur Lyon, vu qu'il n'est pas tard je bois le café avec Bill, que le temps tourne vite! De plus j'ai promis à Kino d'aller lui faire la bise sur Valence. Je me gare au péage et grimpe dans sa titine pour aller prendre un verre en ville. Au moment de sortir du parking un chauffard nous coupe l'élan avec sa Twingo. Je suis sur le point de le traiter de tout les noms quand je percute qu'il s' agit de notre Phil. Du coup c'est lui qui paye la tournée sans s' éterniser. De retour au parking c'est un énorme fourgon du 13 qui nous enfume en arrivant en trombes. Les nouvelles vont vite, c'est l'ami Chouchen qui vient nous dire bonjour malgré qu'il soit pressé. Après ce moment vraiment sympa je reprends mon petit bonhomme de chemin, du baume au coeur. FDR, vous êtes formidables!!! Je termine ma journée à 20 h 30 à une demi heure de mon point de chute tant qu'il y a de la place sur les parkings.

Jeudi 13

Après cette coupure de 11 h je finis mon petit bout de route jusqu'à Vitrolles. Je suis seule à vider chez le transporteur mais j' attends tout de même car il n'y a pas de place. Pendant ce temps je papotte avec le manut. Vu que je suis sympa et que j'ai fini par lui faire comprendre que j' étais pressée, il décide de me vider et empile la marchandise dans un coin en attente. La méthode PKW a marché: passer la pommade au cariste comme quoi il est le meilleur de toute la région! Bref à 9 h 15 je suis sur le parking d' à coté. Café pipi téléphone, me voila partie à l' aciérie de Fos. Bien qu'il ne soit que 10 h 30 le parking est presque plein. A 11 h 30 on nous laisse rentrer. Évidemment il faut quand même attendre 13 h 30 l'ouverture officielle pour commencer à charger. Il y a là 2 tchèques plantés depuis la veille, on nous annonce qu'ils chargeront les premiers. Cela fait gueuler un collègue, ces paroles sont limites odieuses. Dans la file il y a aussi deux grandes gueules qui critiquent l'Italie, apparemment il n'y ont pas mis les pieds depuis une vingtaine d'année. Ils expliquent à qui veut bien l'entendre les ramasses de carrelage avec cette phrase de conclusion qui me fait doucement rire "quand tu as fait ça tu sais tout faire". Dés que j'ai le feu vert je rentre dans l' entrepôt et profite de l'heure creuse pour manger dans ma cabine. Le chargement au pont est rapide, je termine de sangler à l'extérieur. Par contre je plante une bonne demi heure devant le guichet pour avoir mes documents de sortie: c'est le changement d'équipe et il faut "le temps de se mettre en place". Je piaffe d'impatience de me tirer de là, c'est chose faite à 15 h. Roule vers Nice, je m'y tape les rituels bouchons de fin de journée. Ça tire dur dans la Turbie, faut dire que je suis au maxi de la charge. J' indique à mon chef qu'en mettant la gomme je viderai en fin de matinée à Reggio Emilia, au passage je note mes ramasses en comprenant bien que fin de matinée = trop tard. Alors je mettrais les bouchées triples, on verra bien, mais je ne promet rien. Faut pas déconner non plus. J' arrive à grimper jusqu' à l'entrée de Piacenza, je devrai avoir une large avance demain sur l'horaire prévu. Je m 'endors bien vite, avec un oeil gonflé à la limite de la conjonctivite.  

Vendredi 14

Je me pointe à 9 h 30 chez mon client, le déchargement ne se fait pas attendre. 10 h 15 je peux filer vers mon enlèvement de carrelage. Le complément initialement prévu sur Turin a été changé par autre chose dans la région, tant mieux. Je suis à 11 h à l'usine de céramique, je charge aussitôt, à ma grande joie. Le cariste se débrouille pas mal en français, il me dit profiter de chaque occasion pour le parler. A peine midi le tour est joué, je me dirige vers un village à une vingtaine de km. Je me parque tranquille devant l'entrée de la petite boite et remplis mon ventre qui crie famine. Peu avant l' ouverture arrive un danois. Avec les deux manutentionnaires arrivés en avance la conversation s' engage autour des camions. Je me lance dans l' exercice périlleux de faire l'interprète anglais/italien. Le danois me fait comprendre qu' il est heureux qu'on le fasse participer. Puis nous chargeons en coeur, l' ambiance est vraiment bonne. Les deux gars qui empilent les colis en vrac sur mon carrelage font les pitres. A la sortie du bureau j'ai droit au café, c'est pas tout ça mais j'ai encore du boulot. Direction l' est de Modena, la route est longue, pas mal de monde. Dans la grande usine ou j' arrive on me dit de faire la queue au quai. Ici l' accueil est exécrable. Une heure d' attente, mon responsable intervient, effet immédiat quand il menace de partir: le chef accourt et me passe un semblant de savon. Il me charge mes 4 palettes dehors au cul de la semi en 2 mouvements et me jette les documents. C' était pas compliquer pourtant, non? 17 h 30 je peux enfin rentrer. Halte pipi à la première station trouvée puis complément de gasoil pour être tranquille. Je traîne mon embonpoint aussi vite que je le peux (quelques kilos en trop, mais bien répartit ça ne se sent pas trop). Calcul des temps de route, pas avant 14/15 h demain à la casa. Je stoppe vers Alessandria vers 21 h, j'en ai marre de la circulation et les yeux me brûlent.

Samedi 15

Je décolle vers 6 h, en route vers la France. Au tunnel du Fréjus un gars de la sécurité vient à mes devant en agitant les bras, je comprends que je dois stopper avant de passer dans le couloir de contrôle. " On ferme à cause d'une voiture en panne" Youpi! Le chauffeur d' à coté vient aux nouvelles, ça ne le réjouit pas plus que moi. Ce dernier m' offre le café au bar, c'est l'occasion de discuter en attendant. Entre temps on a laisser les voitures s'accumuler devant les péages: pour une coupure de 20 minutes, il faut plus d'une demi heure pour redémarrer, bravo. Coté français c'est le souk à partir de la jonction de l'autoroute d' Albertville jusqu'à Lyon. Cumulés j' en arrive à une vingtaine de km  bouchons, ma hantise. Heureusement mon amie Viviane ( rencontrée il y a quelques semaines lors d'une fermeture au Mt Blanc) me tient au téléphone pendant un bon moment. J' accuse la fatigue après Lyon, les derniers km sont pénible. Il est pas loin de 16 h quand je vois le bout de la route. Enfin.               

Dimanche 16

Lundi 17

Aujourd'hui c'est un départ à 4 h passé, histoire de la jouer tranquille. Dijon, Chaumont, Chalons, gasoil, coupure, Reims, 1er client à 10 h 30. Ça fait la moue devant les 169 colis en vrac. Gros soupirs mais on finit par s' y mettre et en 3/4 h c'est bâclé. Je file vers le second, client, avec un pu de chance je poserai mes 4 palettes avant midi. L' adresse est aux abords du centre ville. Je tique devant ce qui est indiqué être l'entrée des livraison. Un camion qui en sort m' indique que c'est bien là bas au fond. On m'indique un quai mais je ne suis pas dans le bon sens pour manoeuvrer, je dois aller faire demi tour dans un coin de l'usine. De retour je m' engage dans l 'entrepôt, mais je dois ressortir pour laisser passer un collègue qui sort. Je reprends la manoeuvre en douceur, reculer dans un trou noir, rien de plus désagréable. Au final, une petite heure rien que pour me mettre en place. Je vais me garer à la sortie de la ville pour le pique nique de midi. 13 h 30 je m'informe de savoir si je passe au garage faire ma vidange. On me rappelle lorsque j' arrive sur St Quentin: le mécano n'a pas le temps, tant pis. Je passe poser des documents au dépôt puis je monte à Dourges en compagnie d'un ami au téléphone. Il n'y a pas que pour moi que le lundi est raide. 17 h j' installe le campement pour la nuit. Si j' étais motivée je décrasserai la cabine, mais un coup de soufflette suffira, je suis trop naze. Je rédige tout du moins le début du carnet de bord, à la main comme au bon vieux temps, Doudou m' a taxé le portable pour la semaine. Mes paupières sont lourdes, lourdes, lourdes...

accès d' usine en ville.

Mardi 18

Tout comme je me rends à mon rendez vous je reçois déjà mes ordres de chargement. Une fois vide je descends sans attendre sur Valenciennes ou les choses sont rapides, puis Royes. Je profite de la pause de Midi pour manger dans la cour du client, un centre de travailleurs handicapés. Pour le jeune cariste c'est un défi de s' occuper de mon chargement. Je lui rassure en lui expliquant dans quel ordre rentrer les palettes, d' autant plus qu'il faut en gerber une grande partie. Il s' applique, je surveille discrètement en lui donnant quelques astuces calage au fur et à mesure. Ça fait vraiment plaisir de voir quelqu'un se donner autant de mal pour faire bien ce qu'on lui a confié. Il m' emmène voir le chef poules papiers, celui ci me demande si je suis satisfaite du chargement, je glisse un compliment pour le jeune, on manque de caristes aussi minutieux. Autant dire que le jeune est tout fier. Les papiers en poche je file sur Paris que je passe juste avant le rush de la sortie des bureaux. J' ai 9 h de conduite du coté de chez moi, je me gare à mon parking du week end pour dormir dans plus profond des calmes.

la route m' appartient

Mercredi 19

Je pars à 6 h 30 et fais du gasoil à Chalon. Le parking étant plein je vais à Boyer prendre mon ptit dèj. Un collègue juste derrière moi s' arrête également. Grand crème et pain grillé beurrée, de quoi bien attaqué une journée tranquille. Il fait froid, mais beau. Je trace mes 4 h 30, ce qui m' amène à midi à Mornas ou je me fait un hamburger coca vite fait. J' arrive à 14 h à Marignane chez un transporteur. Comme je recule pour me garer proprement à l' entrée, une gonzesse qui arrive en voiture me jette sèchement de là. Quel accueil! Sur le quai je vais me présenter au chef, la même femme déboule et me dit de dégager, les chauffeurs n'ont rien à faire sur le quai. Vu qu'il n'y a pas de bureau d' accueil nul part, dur de faire autrement! Le chef débordé me fait patienter un peu. Arrivent deux gars en grosse voiture allemande, type mafieux, qui me demandent si je parle français????? Ils cherchent une clef à molette. J'ai pas envie de fouiller mes coffres, pis je sais pas ce qu'ils font là, basta. Ensuite arrive un gros porteur breton qui se met à quai avec du mal bien qu' il y ait largement la place. Le personnage qui en descend semble sorti d' ailleurs: un vieillard, je vous jure qu'il a pas loin des 70 ans. Il s' est arrêté à plus d' un mètre du quai, le chef est mort de rire. Je souris et me dit que je suis chez les fous. Revient la pimbêche qui ouvre écarquille les yeux devant mes énormes palettes (j'ai ouvert un coté de ma bâche en attendant, ne pouvant pas vider à quai). Mais qu' es ce que c'est? D'ou ça vient? Ou ça peut bien aller? Et qu' es ce qu'on va en faire? Heureusement qu' aujourd'hui j'ai du temps à perdre. Ce que je crains c'est que l'on m 'envoit vider ailleurs. Au bout d' un bon moment on finit par m' envoyer un chariot pour tout poser dans la cour. Je cale le reste de ma marchandise, récupère mes documents. Il est tout de même 16 h passé, direction le centre routier de Vitrolles pour la douche et la coupure. Petite journée, mais ça fait du bien.

un sandwich digne de ce nom, un bonne adresse de l' ami Phil

Jeudi 20

Décollage à 7 h, mon adresse de livraison est plutôt vague. Je visite un magasin de l'enseigne que je livre, un gars très sympa me donne le plan pour aller à la base. En effet ce n'est pas évident à trouver, de plus il faut viser juste sous un pont à 3 m 80 en arche. C'est la misère à trouver la bonne porte pour décharger puis il faut y faire la queue. En tirant mes palettes je m' aperçois que 2 d' entre elles sont étiquetées pour un magasin du nord, il y a une erreur d' aiguillage. Je présente les palettes au cariste de façon à ce qu'il ne voit rien. Dés que j'ai le feu vert je plie bagage en vitesse. 10 h 00 je mets les voiles sur Avignon. Le vent me pousse pas mal, il faut se cramponner au volant. L' accès de ma zone est en déviation, je vis donc me balader dans la campagne. A midi au chargement, on m' annonce que mon div est à 16 h. Devant ma mine déconfite la gentille dame me dit que j'ai de la chance: la commande est prête et le camion devant moi vient de se faire refuser à cause d'un souci de poids, je prends donc sa place. La cerise sur le gâteau: 2 caristes sont deux pour enfiler mes palettes, si bien qu'en moins d'une heure je suis prête à prendre la route. La déviation n' étant pas signalée, je prends la route normale pour ressortir. Manque de bol à la sorti du village une rue est barrée, je retourne dans la pampa sur des voies vraiment très étroites. Il fait tellement beau que je tombe le pull. Je tire mes 25 t de charge sur Nice puis l' Italie. J' assiste à un magnifique reflet de pleine lune sur la Méditerranée. Les 15 km avant Gênes me stresse toujours autant, sans compter les quelques slovaques qui me frôlent en doublant alors que je suis à ras des glissières. J' arrive à grimper jusqu' à Alessandria pour la nuit. Le plus dur est fait, il ne reste que du plat. 21 h 15 je tire les rideaux.

la route des container (genova- milano)

Vendredi 21

6 h 15 il faut repartir. Milan passe à merveille dans mon sens de circulation, une aubaine; si bien que je pointe à 8 h chez mon client, un petit transporteur, pour vider. Sur le quai je chope un transpale qui ne sait pas quoi faire pour donner la main au cariste. Ainsi à 10 h je suis chez un autre transporteur de la région pour recharger. Il ne faut pas que ça traîne trop car à 16 h il y a une restriction cause du grand week end en Italie. Il faut dire qu' ici cette fête est quasi aussi importante que Noël. Contre toute attente à 10 h 50 on me fait signe d' avancer, 11 h 15 je suis chargée, débachage compris. Ne reste plus qu' à attendre le contrôle des références et faire les papiers. La chance est encore de mon coté car un chauffeur italien fait accélérer le processus en me laissant gracieusement sa place. Midi, il ne faut pas perdre de temps pour remonter, d' autant plus que l'on annonce du mauvais temps en haut, et je dois changer de remorque avec un collègue. Même si cela me retardera forcément un peu, j'en suis soulagée de ne pas me taper Paris 19 ème lundi matin. Je ne plante que 35 minutes en régulation à Aoste malgré le peuple. La montée se fait en accordéon sur les derniers km, ce n'est pas trop les camions, mais le nombre inhabituel de voitures qui empêche toute fluidité. En effet il a bien neiger, et il neige encore. Les chasses neiges sont en pleine action, ça s' accumule vite à nouveau derrière. Je stoppe à Bonneville, mon collègue n' était pas loin derrière moi, mais le passage du tunnel à été moins facile, je l' attends 2 petites heures. Vue que l'on annonce encore de sérieux bouchons sur l' A 40 je décide dormir sur place.

riquiqui la cour du transporteur

mais on dirait qu'il neige!

Samedi 22

En route dès 5 h pour éviter tout ennuis de circulation. Je m' étonne que l' autoroute ne soit pas si propre que ça partout, surtout en cote sur la file de gauche. 8 h 30 je me range sur le parking.
Joyeuses Pâques!

Dimache 23
Lundi 24

Mardi 25

Je pars tard, à 6 h 45, et en direction du sud. Pas le grand sud, seulement à une heure de la maison, du coté de Tournus. Dés mon arrivée on me donne un quai, mais il faut attendre 9 h que le personnel embauche. Une heure foutue en l' air. Il ne me reste plus qu' à courir pour charger à Digoin un premier lot. J' arrive à 11 h 30 dans une vieille fabrique de faïence, à la limite du centre ville. Les bureaux est une maison bourgeoise, les ateliers sont autour, et les quais de chargement tout au fond. Ces derniers sont restés, pour certains, dans leur jus. Le bâtiment bas est en briquettes, les portes de quai en arche fermés par de grosses portes coulissantes en bois. Le pont qui se déplie au cul de ma remorque est d'un modèle ancien, je ne me souvient pas en avoir vu de si vieux et peu large. L' accueil est excellent, je n'ai pas le temps de descendre de la cabine que ça charge déjà. Les papiers m' attendent déjà. A midi je suis en route pour ... Chagny! pour prendre un second lot. Autant dire que je ne vais pas galèrer à trouver l' adresse. En route je tombe sur un bouchon: un orage de grêle à fait des dégâts, il y a plusieurs centimètres de grêlons sur le coté, et des voitures dans les glissières. Dés l'ouverture je charge mon complément, 15 h, il ne reste plus qu'à faire chauffer la gomme en direction du nord par la route habituelle. Je termine à 21 h 30 peu avant St Quentin.

suite à un orage de grêle

Mercredi 26

J' arrive à 7 h 30 à St Quentin chez un marchand de matériaux pour vider un lot. D' habitude ce genre d' endroit ouvre de bonne heure, manque de bol ici c'est à 8 h. Dans la rue pas bien large les camions s'empilent. De plus il y a un chantier en face, et des portes chars qui veulent passer. C'est l' anarchie totale. Je ne suis que la deuxième de la file d' attente mais ne passe qu' à 8 h 45. En effet il a encore fallut attendre que les camions de la boite sortent, et que les clients se poussent. 9 h 30, je mets enfin les voiles. Bonne nouvelle, le Gros va voir le mécano pour sa vidange. En attendant je prends le Mulet, un Iveco Eurotech petite cabine de seconde jeunesse mais néanmoins en bon état. Après avoir eu une rapide démo de la boite automatique, je ratèle ma remorque et le voila partie. Ouillouillouille sur les premiers kilomètres, dur dur. Le compte tour ne marche plus et j'ai du mal à sélectionner les vitesses. Les rétros sont petits et surtout pas très écartés. J' en bave sur les premiers rond point puis finit par trouver mon allure en ville. A un feu un motard frappe à la portière: j'ai le pot d' échappement qui se barre. Je m' arrête plus loin pour constater que le bout de sortie, rongé par la corrosion, est cassé et menace de traîner par terre. Bien sur je n'ai rien pour l' accrocher, pas même un bout de ficelle. Croisons les doigts. Je me fait assez bien à la boite, c'est même sympa à manipuler. J' apprécie la tenue de route, chose que je reproche à mon Gros. Dans le bled de Luc, en démarrant d'un feu j' entends un bruit de boite de conserve et que je roule sur quelque chose... plus besoin de chercher de ficelle! J' entends une petite heure que mon client ouvre à Béthune. Je redoute la marche arrière, n' ayant pas de pédale d' embrayage. Par chance il faut juste reculer au fond de la cour. Ensuite je vais sur Valenciennes dans une boutique ou je n' aime pas la mise à quai. J'y vais tout doux, mais le quai est en pente vers l' avant et j'ai du mal à reculer bien contre. Je m'excuse auprès du cariste. Pour retourner au garage je prends de petites routes, je commence à sérieusement m' éclater avec ce camion, même si ce n'est pas la frime, je le trouve même presque confortable. Passé le stress du début j'ai trouvé une bonne position de conduite sans prendre mal aux épaules. Je suis tout de même heureuse de retrouver mon Gros, il est tout beau avec ses nouvelles coques de rétro peintes. Cette fois je demanderai à Doudou de les clouer (non, les visser, je rigole) pour plus les perdre. Direction Douai ou je finit de charger demain matin. Mais au fait on est déjà mercredi soir... avec comme destinations Turin et Milan je ne suis pas rentrée. Pour consolation je me paie un steak frite dessert café au Buffalo du coin. Je veux pas dire, mais à 8 E 70 ça défie toute concurrence.

y' a du bouffeur de pomme dans le coin...

Jeudi 27

Je suis à 7 h 20 au chargement à Douai mais il y a déjà un camion débaché dans la cour. Après maintes manoeuvre j' arrive à me caler à coté pour faire de même. Il pleut comme vache qui pisse. Finalement heureusement qu'il y a un peu d' attente, sinon je n' aurait pas pris la bonne commande. Il s' agit de big bag et pour aller plus vite j' aide le cariste à passer les anses dans les fourches du chariot. Trippée jusqu' aux os je quitte l 'endroit peut avant 9 h 00 avec pour seule idée de prendre une douche bien chaude. Mais pas question de perdre du temps pour autant, la route est longue vers Turin et Milan. Je fais la pause obligatoire pour manger sur Reims, puis une seconde à Chaumont ou je prends ma douche tant espérée. Je file vers Chalon pour faire le plein, je perds un peu de temps car c'est l' heure du coup de feu de la sorte des bureaux. Même à la pompe ça fait la queue. Je termine peu après le col de Ceigne sur l' A40.

Douai:j' ai rien contre le tram, mais qu'il me laisse un peu de place, cette avenue dessert une zone industrielle.

Vendredi 28

C'est dur de partir à 5 h 15, la journée est chargée. Je suis à 9 h 30 chez mon premier client, dommage il y a un camion devant moi. Je préviens l 'exploitation que je ne serai pas vide avant midi sur Milan. On me presse un peu aux fesses. Mais que puis je faire?? Je m' active à poser mes big bags, mais c'est une opération qui ne se fait pas en 30 secondes. Presque 11 h, j' enquille direction Milan, c'est perdu d' avance. Re téléphone, on me donne les ordres de rechargement, finalement il n'y a rien de dramatique dans l' histoire puisse tout se passe dans un périmètre de 10 km. Lorsque j' arrive à 12 h 30 devant mon dernier déchargement il y a encore de la vie dans la cour de la petite boite. Vite je tourne à gauche entre deux files de voitures pressées pour prendre l' entrée de cour un peu défoncée. Je tourne dans une immense flaque d'eau, plus profonde que prévue et ça craque. Je viens de casser une sangle de réservoir avec le tendeur de bâche qui passe sous l' angle avant de la remorque. Merde! Le temps de démonter la sangle qui traîne à terre, le client me dit qu'il va manger et me prendra à 13 h 30. Je colère grave, je n' ai même pas faim et j'attends tristement la réouverture. Ensuite je vais charger un premier lot chez un petit transporteur que je connais bien. Le patron m' offre le café, il est toujours aussi survolté. Ce gars va finir par péter un câble. Il ne faut pas longtemps pour charger à quai, si bien qu' à 15 h je suis au dernier chargement. Celui ci n' était donné pour prêt qu' à partir de 16 h, en fait mais palettes sont déjà alignées sur le quai et c'est temps mieux. Par contre le papy qui charge n'a aucune logique dans la façon de faire, je cale les palettes avec mes barres. Ne reste plus qu'à prendre la route du retour via le Mont Blanc. Je n' ai que 6 tonnes de charge et j' avale la montée. 20 h, je m 'installe sur un parking de la descente pour la nuit, un poil stressée par je ne sais pas quoi.

un petit clocher italien

Samedi 29

Le réveil sonne à 5 h mais j'ai trop de mal à descendre la couchette. Une demi heure plus tard je suis tut de même en route, avec comme consolation une descente tranquille vu que je suis seule. Arrêt petit déjeuner à Bonneville. Ça fait bien longtemps que la station n' a pas été aussi pleine de camion un samedi matin. Je trainasse devant la machine à café et discuter 3 mots avec la caissière, une femme proche de la cinquantaine mais toujours bien agréable. Si j' avais moins traîner j' aurai fait la bise à Fly 57, dommage, cela m' aurait bien changé les idées. Sans dire que j'ai le cafard mais j' ai pas la pêche, peut être un peu de lassitude et trop de remise en question personnelle. 10 h 15 je boucle le camion, avant de rentrer il faut encore courir au supermarché bondé faire les courses, pffff....

une immat anglaise comme je les aime

Dimanche 30

Lundi 31

Pour des raisons logistique personnelle, je me suis levée à 2 h 30 pour aller me recoucher une heure plus tard dans le camion. Je ne suis donc pas bien en forme quand je pars à 7 h 30. Bref, je roule sans escale jusqu' au sud de la région parisienne, sans en avoir trop le goût. Je ne décoince même pas de ma cabine pendant ma pause, me forçant à grignoter quelque chose histoire de tenir le choc. Si bien que j' arrive avant l'heure chez mon client au nord de Paris, on me vide quasiemment de suite et c'est tant mieux. Le cariste bien gracieux me fait oublier quelques minutes ma fatigue et ma morosité. Cap vers le nord avec tout de même 10 minutes d' arrêt sur une aire de repos pour prendre un café. Au dépôt c'est l' heure du coup de feu, il y a la queue jusque dans la rue. Peu importe, je ne fais que poser mes papiers. Quelques poignées de mains au passage sans m' éterniser et je vais dans une zone voisine chercher mon client à livrer demain. Le premier tour d' horizon n'a rien donné, un chauffeur du coin m' envoie à l' accueil d'une grande plateforme. Le gardien prend le temps d' examiner mon adresse et téléphone à son chef. Il m' indique une autre petite zone non loin de là. Sur place je désespère de ne rien trouver, d' autant plus que je ne sais pas trop ce que je cherche tellement l' adresse est claire et le nom porte à confusion. J' appelle mon chef qui cherche dans l' annuaire: rien! Me voila bien. Je décide d' aller, malgré la pluie, faire le tour du pâté de maison à pied, avec l' espoir de me renseigner. La seule dame que je rencontre ne connaît pas. Alors que je m' éloigne elle me rappelle, ça lui est revenu, c'est l' ancien nom d'une nouvelle boite qui vient d'ouvrir un peu plus haut. Je suis passée une vingtaine de fois devant sans pouvoir faire aucun rapprochement, y' a de quoi être verte de rage. Comme je m' installe devant l' entrée pour la nuit un gars vient m' indiquer un emplacement sous surveillance, impeccable. J' ai quand même tourné presque deux heures en rond, il est 19 h 30. Cette fois je vais essayer de manger correctement, mais c'est vite dit quand même. Pour passer le temps il y a bien l'ordi, mais ayant du sacrifier ma connection internet je me contente d' écrire ces quelques lignes. Ca parait pas, mis ça occupe un moment.

c'est moche mais je vais dormir tranquille