Mon Point de vue sur le transport...

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Ce métier est pour moi un rêve de gosse. Je revais quand j'avais 8/10 ans de conduire des Berliet ou des Volvo F88. J'habitais une usine près de la RN7 à Valence. Les chauffeurs Debeaux me faisaient monter dans leurs TR250 et m'expliquaient comment on se mettait à quai, et à quoi correspondaient chacun des instruments de bord.

Il m'ont expliqué aussi qu'on ne pouvait pas" faire la route" si on aimait pas ça. L'amitié et la solidarité n'étaient pas des mots vains.

Je revais des aventures que connaissaient les chauffeurs de Iochum ou de Chapuis sur la ligne du Moyen Orient, si bien décrites dans les France- Routiers de l'époque.

Dès que j'ai finit mes études (BAC secrétariat!) j'ai passé mon permis 19t pour rouler un peu en porteur, puis ensuite l'armée au 516RT à Toul (54).

J'ai commencé en tant que chauffeur international en 1991 chez Michel Comte. J'ai vite compris que des choses avaient changé, j'étais loin d'imaginer que les choses en arriveraient au point ou elles en sont aujourd'hui.

Le début des serieux ennuis a commencé en 1992 avec le permis à points. l'image de "Tarzan" le leader et porte parole de cette grève, a donné de l'eau au moulin des anti-camions de tous poils.

De plus en plus les revendications des syndicats sont allées à l'encontre du conforts des "grands routiers"

 

 

Le camion de mes rêves à 9ans.

On ne rigole pas, un TR260 c'est du sérieux.

Mon premier voyage dans un camion: un Daf Camion-Remorque de chez Philibert et Sylvestre à Bourg en Bresse (01).

 

On a toujours voyagé en famille... Le camion fait parti de notre vie.

Alicante. (E)

 

Je constate qu'à chaque ( avancée sociale?) c'est un peu de liberté en moins : La fracture s'aggrandit entre les routiers longue distance et ceux qui font du régional.

  • Pour limiter le transit des étrangers en France, il a été décidé en 1997 les dimanches et jours fériés une interdiction de circuler. Du coup, même les chauffeurs français se retrouvent bloqués en frontière et ne peuvent rejoindre leurs familles. Avancée sociale?
  • Le limiteur de vitesse pour les PL est à mon avis un danger sur la route, pire que ceux qui roulent encore à plus de 90 : Les dépassements sont pénibles pour les chauffeurs et aussi pour les automobilistes qui suivent. Du coup, nombreux sont ceux qui restent les uns derrière les autres, ou qui attendent le dernier moment pour doubler, en réduisant considérablement leurs distances de sécurité. Les collisions en chaine sont de plus en plus fréquentes. Avancée sociales?
  • Le strict respect des heures de conduite est souvent pénible : On doit rouler aujourd'hui en fonction du disque, de la législation, et on oublie que le chauffeur n'est pas une machine. Il n'est souvent pas possible de s'octroyer une sièste, sans quoi on décale d'autant nos heures de travail. Avancée sociale?
  • Les petites coupures obligatoires de 45 min qui sont à la fois trop longues pour boire un café, et trop courtes pour manger ou faire une vraie sièste.
  • Les interdictions de circuler les samedis de départs en vacances, sont pénibles, et surtout de plus en plus nombreuses. Encore une fois se sont les chauffeurs régionaux qui sont gagnants. on oublie systématiquement ceux qui doivent patienter pratiquement 48h sur un parking pour cause de "touristes pressés".... Curieux pays que le notre ou se sont toujours ceux qui travaillent qui doivent s'effacer face aux vacanciers. Avancée sociale?
  • Boucler sa ceinture en PL est desormais obligatoire. Je voudrais avoir avec moi le législateur toute une semaine.... avec moi, (on mangera des Bolinos :-))) Libre à nous de la porter ou pas! Avancée sociale?
  • Dès qu'il y a 1 ou 2cm de neige, même annoncée la veille par Météo France, les autorités bloquent les autoroutes de peur d'être prises de court...Planter sur la bande d'urgence, sans autres infos que celles souvent fausses de 107.7!!! Comment font les Finlandais chez eux? Ils arretent de rouler en octobre, et reprennent en avril? Je me souviens d'une époque pas si éloignée ou l'on roulait par tous les temps. Encore un peu et ne roulera plus les jours de pluie. Je plains les Bretons et les Normands!

 

Gap (05)

 

Marmande (47)

Avec tout ce "progrès social", l'esprit routier a disparu. Recement j'ai dû changer une roue sur ma semi sur le MIN de Perpignan, pas un seul des "collègues" présents ce jour là n'est venu me filer un coup de main.

Ils étaient en coupure sans doute!

C'est pas grave, il faisait beau, et puis ça fait un peu d'exercice!

Je remarque aussi qu'il y a de plus en plus de chauffeurs qui refusent le travail qu'on leur donne :

Ceux qui acceptent une tournée "longue" en début de semaine, mais dès qu'arrive le mercredi ou le jeudi les refusent et s'arrangent pour les refiler aux copains, toujours les mêmes!!!

Même s'il faut de tout pour faire un monde, je dirais que le profil du chauffeur de l'an 2000 c'est souvent quelqu'un de bien intentionné, qui connait la legislation sur le bout des doigts, mais qui est souvent incapable de lire un carte (s'il en a une!) ou de se dépanner.

Il est clair que si je devais faire tous les jours la même chose, je deviendrais fou. Je me suis gardé mon petit monde à moi. Rien a changé, ni dans ma manière de travailler, ni de penser. Je refuse toujours d'obeir à certains reglements à la noix, souvent défendus par la presse "routière(?)"

On a trop perdu de vue le fait qu'un routier doit avant tout être un homme libre et fier.

 

ça va, les palettes ont pas bougé.

Le jour ou je ne me salirait pas n'est encore pas arrivé.

J'ai encore oublié la ceinture, pff.