Mon Carnet de bord... Suivez mes aventures, semaine après semaine!

Janvier 2007

Retour menu

Lundi 1 janvier

J moins 1

 

Mardi 2 janvier

Voilà, c'est parti pour un carnet de route, qui je l'espère durera longtemps.

Pour ceux qui débarquent sur mon portrait, une petite précision : je suis à la fois nouveau et ancien dans la profession.

J'ai en effet arrêté de rouler le 4 février 2000 pour être exploitant puis responsable de parc dans la société dans laquelle je roulais depuis près de 10 ans.

Puis suite à la fermeture de cette boite, je me suis occupé d'un parc de containers citernes chez VOS Logistics pendant presque 3 ans.

Suite à une fin de contrat entre VOS et le client chez qui j'étais, j'ai réussis à négocier mon départ et à retrouver du boulot après un mois de repos (sur le forum FDR)

Donc Me revoilà sur la route après 7 années d'absence. C'est en quelque sorte un nouveau départ dans ma vie professionnelle.

Départ de la maison à 12h00 ou mon collègue Roger (à qui j'ai filé les coordonnées de la boite il y a 18 mois) est venu me chercher.

Direction Méru (60) où l'on doit charger un complet de jeux éducatifs pour Blois où mon camion m'attend.

On en ressort à 15:30 et passons Paris avant le boxon.

Nous arrivons au dépôt à 19:15 où je perçois mes cartes, mon téléphone et les instructions. Je découvre mon ensemble, un DAF XF 95/430 Space Cab de 330 000km, tout frais lavé et nettoyé du jour et en bon état sauf ! : Le pare chocs est complètement défoncé, un chauffeur s'est payé un mouton sur la route. C'était l'Aïd el kebir et il a fallut le sacrifier.

Je dois passer chez DAF à mon retour en France pour faire changer ce pare chocs.

A 20 :00 je décolle de Blois direction L'Angleterre. J'ai une réservation pour le ferry à Dieppe où je dois embarquer demain matin à 5 :00.

Je suis chargé lourd (25 t) avec un complet de bobines de plastique sur cadre pour Bolton (au nord de Manchester) où je dois vider jeudi matin.

J'arrive à Dieppe à 0 :30 (pile 4h30 pour monter), c'est ce que mettent apparemment les autres chauffeurs, je n'ai donc pas perdu la main en 7 ans.

Je fais mes papiers d'embarquement et me met en place dans les files d'attente et commence à installer mes quelques affaires histoire de moins camper. Je m'allonge sur la couchette à 3 :00 : Il y a longtemps que je n'avais pas fait une telle journée.

Quant on est « Bureaunier », on s'habitue aux horaires « plus conventionnels ».

Je me trouve vite bercé par le rythme des rafales de vent qui secouent ma Taut.

Mercredi 3 janvier

4 :45, je me trouve réveillé par des aboiements de chien, c'est en fait la sécurité du port qui vérifie avec un appareil pour tester le CO2 s'il n'y a pas de clandestins dans ma remorque. Tout est ok, j'embarque et me retrouve sur un ferry tout neuf : Le Seven Seas.

Je retrouve un de mes anciens collègue (Jean Claude ou John Le French) que je n'ai pas vu depuis environ 15 ans. Le hasard fait que l'on bosse à nouveau dans la même boite.

Nous discutons un peu devant un breakfast et allons nous coucher, la traversée de 4h30 va nous paraître courte. Juste avant d'arriver à Newhaven, on vient nous réveiller, j'en profite pour prendre une douche avant de débarquer.

A l'arrivée, contrôle de la pièce d'identité et d'un rapide coup d'il dans la remorque par un policeman et un type de l'immigration qui semble surpris que je parle anglais comme ça et qui ne m'ont jamais vu à Newhaven. Je leur explique « ma » situation et on discute 5 minutes. Je les laisse quand même faire leur boulot et leur dit « See you again » et vais terminer ma coupure sur le port.

Départ de Newhaven à 12 :00 et premiers tours de roues du mauvais coté de la route. Je ne me sens pas dépaysé après 7 années sans venir dans ce pas. Je m'attendais à être un peu moins à l'aise mais je n'ai pas senti de différence avec le passé (c'est ça quant on est professionnel !!!)

C'est donc parti pour environ 500 km, destination Bolton. Je pensais voir plus de changements dans ce pays mais apparemment pas trop tout compte fait. Par contre, j'ai comme l'impression qu'il y a encore plus de circulation que par le passé.

J'arrive à destination vers 1930, le client se trouve au fond d'une petite zone qui est en cul de sac et pas bien grande, je vais donc voir à pied avant d'aller trop loin. Par chance, il y a encore du monde chez le destinataire et un gars me propose de me vider ce soir. Je ne refuse pas (ce n'est pas correct !). Reçu typiquement à l'anglaise avec une tasse de thé offerte avant même de s'occuper du déchargement, ce n'est pas en France que l'on voit ça.

20 :00 début du déchargement, 20 :45 fin des hostilités. Après avoir discuté avec le type, vu que je ne connais pas mon adresse de rechargement, le gars me propose de dormir à l'intérieur de l'usine ce qui est plus sur que dans la rue voisine. Je ne refuse pas, et m'empresse vite d'aller au Pub qui se trouve à 200 m et me restaurer (solidement et « liquidement »).. Une soirée bien British et retour au camion à 22 :30 pour un repos bien mérité.

La M25, « le plus grand parking du monde » passe comme une lettre à la poste

Jeudi 4 janvier

La journée commence à 8 :00 par un thé encore offert gentiment par un autre gars de l'usine où j'ai vidé la veille. C'est quand même merveilleux, sans rien demander, le type a vu que j'étais réveillé, et est venu me voir et m'indique les wc et m'offre le thé. J'en profite pour faire une petite toilette en même temps. Pour la douche on verra ça plus tard car ce n'est pas courrant d'en trouver une dans les usines dans ce pays. J'appelle ma boite qui me donne mon rechargement, ça se situe non loin de là, un peu plus au nord à Blackburn. A environ 30 km.

J'y suis en 2 tems 3 mouvements, je trouve mon client direct, une usine de papier.

Après m'être inscrit, le gardien m'indique le lieu de chargement, j'arrive juste quant un camion s'en va, je donne mon n° de commande, le type me dit d'ouvrir les deux rideaux de la Taut, il me pose vite fait 4 bobines de papier et me dit que c'est tout ! 3 mètres de plancher, 5t700 pour Yvetot (76) et le tour est joué. J'appelle ma boite qui me dit que la boite qui affrète paye un complet et que je redescends comme ça au ferry à Newhaven. Je repars donc comme ça, et m'arrête à l'Est de Manchester, à Lymm où il y a un grand truckstop (Poplar 2000). J'y prends une douche et mon petit dej : Un bon gros Breakfast à l'anglaise (plein de cholestérol, lol). Une heure après, je suis de nouveau sur le chemin du retour.

Je roule impeccable, je passe Birmingham puis Londres sans ralentissement (ce qui est rare) jusqu'à Newhaven où j'arrive à 18 :00.

Je fais mes formalités d'embarquement et vais me mettre dans les files d'attente, le ferry ne part qu'à 23 :00 (heure locale, ce qui fait minuit à l'heure française). Je dois y retrouver 2 collègues (Sylvianne et Bénédicte) avec qui je dois changer de semi afin de descendre directement à Blois et aller chez DAF afin de faire changer mon pare choc.

23 :00, j'embarque, prend une douche dans ma cabine, et vais manger avec mes collègues et « entamer » ma nuit. A 4 :00 (heure française), on débarque, on change de semi et vais finir ma nuit.

Vendredi 5 janvier

Je pars de Dieppe et me dirige vers Blois via Rouen, Evreux, Chartres et Châteaudun. Je reçois un appel de Lagaffe, en donne un à mon beauf, mon pote Claude, ma petite femme et un ancien fournisseur qui m'a présenté ses voeux.

Je ne vais pas tarder à devenir comme Turbo ou Lagaffe, un fondu de téléphone.

Arrivé au dépôt, je décroche ma semi et vais déposer mon camion chez DAF. Je reviens au bureau après le déjeuner où je passe une après midi en tant qu'observateur d'exploitant. Ca me rappelle des souvenirs. Après multe changement de plans, je récupère mon tracteur (entretenu et réparé) reviens au dépôt prendre une semi chargée et prends la direction de la maison.

Je n'y arriverais pas ce soir ! En effet, à peine arrivé sur l'A86, un témoin d'alerte (pression d'huile) ainsi qu'une sonnerie aigue m'oblige à stopper net sur la bande d'arrêt d'urgence. Je vais jeter un il sous le camion, ça pisse l'huile à tout va. Mon chef me dit d'appeler DAF ITS qui ne peut rien faire pour moi car en panne d'informatique et que je suis sur autoroute. Je me rends à la borne de secours (à 150 m, ouf !) et lance un SOS.

Mon camion réparé mais en panne !!!

Samedi 6 janvier

A minuit, le magnifique Scania 500 8x4 de Depann 2000 arrive sur place. Le dépanneur Jean Pierre se coule dessous et m'annonce le résultat : j'ai perdu le bouchon de vidange du carter d'huile et plus une goutte à l'intérieur quand au dessous, il n'est pas près de rouiller.

Je me fais remorquer jusqu'à la concession la plus proche qui est à Limeil-Brévannes soit 13 km, le tout pour 1460 € (ht). C'est DAF Bois qui a bien gagné sa journée. Après avoir re-contacté DAF ITS pour la prise en charge de la réparation et du remorquage, ils m'envoient un mécano qui remets un bouchon de vidange et prends soin de bien le serrer, remets de l'huile et me voilà libre.

Je suis de retour sur le matin à la maison après une première semaine qui se termine dans le chaos.

Et comme on le dit souvent dans les carnets de bords, je m'en fous, je suis en week-end.

Le Scania qui m'a dépanné, du matos et du boulot de pro.

Dimanche 7 janvier

22 :45, je quitte la maison, j'avoue que j'y serais bien resté mais ce sont les impératifs qui priment. J'ai quand même le temps, je n'ai pas à courir, j'ai une réservation sur le ferry de Dieppe de 2 :30. Habitant à 120 km de là, ça laisse le temps de voir venir. A 23 :15, mon collègue Roger me rejoint à Beauvais et faisons la route ensemble. Nous arrivons à Dieppe à 1 :30 et apprenons la nouvelle : le ferry aura du retard et partira à 4 :00. Ca laisse le temps de « tailler une bavette » devant un café. A 2 :45, un maître chien vient me voir et m'annonce que son compagnon à senti une présence dans ma semi. Je prends ma torche et vais vérifier dans la semi : il y a deux clandestins qui sont montés dans la remorque pendant que l'on avait quitté le camion. De toute façon, pas besoin d'avoir un flair de berger allemand pour sentir qu'il y a du monde dans ma semi. L'odeur est plus proche du fauve ou vieux renard que de l'humain qui ne s'est pas lavé depuis une paire de semaines.

Par sécurité, je vais quand même jeter un il à l'avant de mon chargement (des emballages vides) et je découvre qu'un troisième type était caché dans un des casiers qui se trouvait à l'avant et en dessous. Il parle anglais et me dit qu'il est désolé,  et quand je lui demande sa nationalité, bizarrement, il ne comprend plus l'anglais! Je lui fais comprendre que si je m'occupe de son cas il ne va pas être désolé longtemps. A 3 :30, nous embarquons enfin et vais me prendre une cabine et me coucher.

 

 

Lundi 8 janvier

A 10 :45, mon collègue Roger me réveille et me dit que l'on ne va pas tarder à arriver et que l'on peut encore se taper un breakfast. Ni une ni deux, je me sors de la couchette et me paye une bonne grosse assiette. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le genre de petit dej qui vous cale bien l'estomac (Du lard fumé, saucisses, ufs au plat, champignons, tomates pelées, haricots en grains sauce tomate un peu sucrée et des espèces de croquettes de pommes de terres et des toasts.)

Pour avaler tout ça, un bon thé ou un café et un jus d'orange. A 11 :45 (10 :45 heure locale), on débarque enfin. Pour que ce soit facile pour votre lecture, je préfère parler en heures locales. Quand vous donne l'heure anglaise, ça équivaut à notre heure 1 heure). Je ne vais pas loin en Angleterre, je me rends à Chichester qui se trouve à 80km de Newhaven. J'y arrive à 12 :00 et doit attendre car il y a un camion devant moi. A 14 :30, je commence à vider, à 15 :00 je suis vide et ai appelé ma boite pour mon programme : je recharge à Swansea au Pays de Galles demain. Je ressors de l'usine car il m'est impossible d'y dormir ni à proximité, à 15 :15, je trouve un parking et me gare pour la nuit.

L'amplitude est largement grillée, mais comment faire ? M'arrêter à la sortie du ferry ? P***** de RSE . Dormir quant on a pas envie et pas forcément où l'on a envie. Je dois malheureusement faire avec. Soirée repas dans la cabine et Divx .

(Sortie du ferry à Newhaven, la pluie est au programme)

Mardi 9 janvier

J'avais réglé mon réveil à 4h30 mais je me lève sans. Brève toilette et café puis je décolle à 5 :00. Le temps était au sec mais 15 minutes après être parti, la pluie commence à me tenir compagnie. Le temps vraiment à l'anglaise ! Cette pluie m'accompagnera toute la journée. Après m'être arrêté 15 minutes pour me faire une petite pause café, j'arrive sur à Swansea à 9 :45 en ayant pile poil 4h30 de volant. Le gardien me demande d'attendre environ ½ heure , ça tombe bien, je me met en coupure et vais prendre une douche. Quand je reviens, je procède à l'inscription pour entrer sur le site, et là, les consignes de sécurité me rappellent des souvenirs : Casque, lunette, chaussures de sécurité et boules qui sont obligatoires. J'ai bien fait de mettre tout mon équipement dans le coffre le week-end dernier. Je charge après avoir attendu un peu qu'un cariste vienne s'occuper de moi. Je charge 4 grosses bobines d'aluminium (20T) pour La Flèche (72), je sangle et repars papiers en main à 12 :15 direction le ferry à Newhaven. Le temps est toujours aussi mauvais, pluie et vent sont au programme et lorsque je passe le Severn Bridge, le pont qui sépare le Pays de Galle et l'Angleterre, je dois bien cramponner le volant car il y a un sacré vent de coté. L'ancien Severn Bridge est d'ailleurs fermé à cause du vent. Après avoir passé Londres comme une lettre à la poste, j'arrive à Newhaven à 18 :15, je m'enregistre, le ferry est annoncé à 3h00 du matin (s'il est à l'heure) et me mets en coupure dans les files d'embarquement. La journée est terminée et j'ai bien mérité d'aller au Pub voisin me jeter une pinte derrière la cravate et manger un bon repas à l'anglaise (il n'y a pas que de la mauvaise bouffe !). A 21 :30, je sui dans la couchette bercée par les rafales de vent du bord de mer.

(La campagne anglaise, il ne manque que le soleil)

Mercredi 10 janvier

Il est 4 :00 et je me trouve réveillé par « John the French » qui débarque. On discute 5 minutes et je pense que je vais bientôt monter à bord : Et bien non, le ferry rencontrant des problèmes techniques ne partira qu'à 14 :00 !!!

C'est le genre de nouvelles dont on se passerait bien, je sens que mon programme va se retrouver sérieusement modifié. Etant en compagnie de deux autres collègues (Sylviane et Fabrice ) , on attend une réponse pour savoir si l'on ressors du port et que l'on se rende à Folkestone pour prendre le Shuttle . Je passe le temps comme je peux, je commence par me regarder un Divx , puis nous avons la réponse : on reste sur place et je changerais de remorque avec Fabrice pour faire un A R Dieppe Blois et lui rapporter une remorque chargée en express pour le Pays de Galles, quant à moi, je reprendrais la mienne pour aller vider à La Flèche (72). Dans la matinée, nous allons faire un tour en ville avec Sylviane et Fabrice et nous restaurer. A 12 :30, ça commence à bouger un peu (dans les 2 sens tu terme), le vent se lève à nouveau et l'on nous fait monter tout doucement à bord. Au programme, douche, rasage. Me voilà frais comme un gardon. Après un repas léger, on débarque à Dieppe à 19 :30 et taille direction Blois. J'y arrive un peu avant minuit.

(Au Pays de Gales, les panneaux sont indiqués en deux langues : Anglais et Gaëlique)

Jeudi 11 janvier

Le temps de faire le plein de GO, changer de remorque et que Sylvianne et moi nous souhaitions un bon anniversaire (le hasard fait surprend quelques fois), me voilà reparti pour Dieppe où Fabrice dort et attend la remorque. Le début du trajet est un peu difficile car en 1 heure, le brouillard est tombé, heureusement, je n'aurais pas sa compagnie tout le long du trajet. Par contre, j'ai sur la fin de ce trajet, la compagnie d'un Ami au téléphone qui discutera assez longtemps avec moi et qui m'empêchera de trouver les derniers kilomètres un peu longs. A 5 :00, je dois le quitter (et je le remercie) car j'arrive au port de Dieppe. Fabrice est déjà prêt, je l'avais prévenu par texto lorsque j'étais à la sortie de Rouen. Le changement de semi est rapide et je vais me garer dans Dieppe, sur le parking d'un resto afin d'y faire ma coupure (bien méritée !).

Je me réveille à 12 :00 et vais manger. Au petit dej , je me tape une côte de porc frite qui n'est pas pire qu'un breakfast à l'anglaise. Je pars à 14 :30 direction La Flèche (72). Vu que j'ai le temps, je me fais tout tranquille par les nationales et en me limitant à 80 km /h. Je dois vous avouer que l'électronique m'a bien aidé car j'étais incapable de me limiter seul et comme j'ai signé la charte de fierdetreroutier , je facilite le dépassement de ceux qui n'ont pas forcément le temps comme moi. D'ailleurs, un voisin d'Eve (de Moissac) me le fera gentiment remarquer, il avait l'air étonné et réjouis à la fois. J'arrive tranquille à La Flèche après m'être restauré dans un resto qui mériterait d'être dans les restos FDR et vais me coucher après que Lagaffe m'ai souhaité mon anniversaire au tel.

Le soin du chauffeur est important pour l'image de marque de la société.

Vendredi 12 janvier

Il est 7 :30 lorsque mon réveil (celui du DAF) retenti. Je me fais un café et me présente chez mon client. Il m'annonce ½ heure d'attente. Juste le temps d'ouvrir un coté, de dessangler et de me rendre à la douche. Quand je reviens, la dernière bobine est sortie. J'appelle ma boite qui m'annonce mon programme. Je crains toujours les vendredi, j'ai tellement vécu de mauvaises expériences par le passé, que je me méfie maintenant, mais je pense que c'est mon coté pessimiste !

Je dois recharger à Vendôme, déposer une partie à Blois et recharger un petit lot à la place et retour à la maison.

Ca c'est la partie « théorique » mais la partie pratique se passera aussi bien.

J'emprunte la RN 10 pour quelques kilomètres et là, je me dis que la vie est belle. A chaque fois que je l'emprunte, j'ai un petit pincement au cur et me dis que c'est ce genre de route mythique qui m'a donné envie de rouler quand j'étais gamin.

J'y croise deux camions de paille qui s'ils sont pesés à leur destination vont avoir des réserves pour manque de marchandise !

A 15 :30 je repars du dépôt, passe par St Germain en Laye, Pontoise et arrive à la maison en même temps que ma femme qui rentre du supermarché. Il est 19 :15 et je suis en week-end.

(Le ferry est là mais que c'est difficile d'embarquer !)

Je ne savais pas que l'on « paillait » les routes.

Samedi 13 janvier Repos

 

Dimanche 14 janvier Repos
Lundi 15 janvier

C'est un lundi matin plutôt tranquille qui se présente. Je pars de la maison à 10 :45 et prends la direction du nord par l'A16. Cette autoroute est déserte et je trouve le temps long. Il est 13 :30 lorsque j'arrive au Terminal du Shuttle. 1 er contrôle entre deux camions qui détectent je ne sais trop quoi (je me renseignerais), puis 2 ème contrôle, le CO2 toujours pour repérer si des passagers clandestins ne se trouvent pas dans ma semi. C'est ok, j'ai même droit à un coup de tampon sur les CMR. Vient alors le péage, tout est automatique, je passe ma carte et je donne diverses informations grâce à un écran tactile. Lorsque je passais il y a quelques années, il y avait encore des personnes à une cabine de péage. C'est le modernisme qui veut ça !!!

Puis, je dois m'arrêter auprès des douanes Françaises qui me passent une sorte de tampon au bout d'un bâton sur les poignées de porte et d'accès à la cabine, sur le volant et le levier de vitesse afin de vérifier si je n'ai pas touché de substances chimiques qui pourraient servir à faire exploser une bombe. Tout est ok, puis autre contrôle, cette fois par nos amis anglais : Carte d'identité puis passage dans un tunnel ou je dois descendre de la cabine et où l'on teste s'ils n'entendent pas des battements de cur dans la semi. Tout est en ordre et je peux me rendre directement sur la rame qui m'attend pour embarquer. Je serais d'ailleurs le dernier à monter sur cette rame. A 14 :00 nous démarrons et arriverons à 14 :30. A bord du train, dans le passé on nous servait gratuitement un repas chaud, c'est maintenant terminé et c'est café et viennoiseries payants !

Je suis sur la M20 coté anglais une heure après avoir quitté l'A16 coté français. Je roule bien à cette heure là, je passe la M25 sans encombres et ferais une coupure une fois passé Londres. Je ne m'affole pas, j'ai rendez-vous pour vider à Birmingham à 21 :30. J'y suis à 19 :15, attends un peu, vide recharge des emballages vides et me rends à Halesowen qui se trouve à l'opposé de Birmingham afin de ne pas me payer la circulation du matin. Il est 23 :00 quand je termine ma journée.

L'arrivée à Dartford (passage de la Tamise : A gauche le tunnel, à droite le pont.

Mardi 16 janvier

Après une nuit dans un quartier calme, je me lève à 8 :00 (heure locale). C'est un avantage en Angleterre, on a l'impression de faire des grasses matinées. Je vais voir chez mon client à pied car la petite zone industrielle se trouvera bloquée une fois que j'aurais reculé dedans. La palette que je dois charger n'est pas tout à fait prête, j'ai le temps de me faire offrir un thé et de prendre une douche. Vu l'état des douches, c'est dans ces moments que l'on apprécie de mettre des claquettes pour prendre une douche. Une fois propre, on me demande d'amener ma semi devant l'usine, ma palette est prête.

Stupéfaction au moment de rédiger le CMR !!! Vous n'allez pas me croire mais je viens de charger une palette de bouchons de vidange pour un fabriquant de tracteurs d'Orléans.

Je sens que cette histoire de bouchon de vidange n'est pas prête de me lâcher.

Une fois chargé, je commence à amorcer ma décente vers le sud mais il me faudra avant livrer mon deuxième client à Northampton et recharger à Wellingborough qui est environ 20 kilomètres plus loin. Une fois tout cela fait, il me reste à charger un autre lot à St Albans au nord de Londres. Les 4 palettes que je dois charger sont dans la semi en moins de deux. Un thé offert par le client le temps de faire les papiers et me voilà reparti. Je redescends en direction de Newhaven ou le ferry part à 22 :00. J'y arrive à 18 :00, fais mes papiers d'embarquements et réussis quelques minutes à « m'attraper » une connexion Internet et à poster sur le forum. Cette connexion ne sera pas longue malheureusement. Il ne me reste plus qu'à aller faire un tour en ville où je me rends dans un Pub pour manger un plat typique anglais et le faire couler avec une bière. Beaucoup n'aimerait pas mais je reconnais que ces moments me plaisent bien, je ne mange pas si mal que ça et à chaque fois je me retrouve à discuter avec un type qui veut refaire le monde.

Une fois la « discute » terminée, je rentre a port et embarque à 22 :10, la traversée se fera assez calmement et finirais ma nuit sur le port de Dieppe bercé par le cri des mouettes.

L'entrée du tunnel.

Mercredi 17 janvier

Je me lève à 6 :00, après une petite toilette et un caf é, j'amorce une décente sur Blois. Mon programme est assez cool : aller retour Dieppe Blois retour Dieppe avant 18 :00.

Arrivé à Blois, surprise et changement de programme : le ferry de 18 :00 étant annulé à cause de la tempête, il me faudrait passer par Calais pour remonter en GB mais ayant déjà 4h30 de conduite en arrivant au dépôt, je ne pourrais pas rallier Calais sur le même disque. Résultat, une journée de ramasse. Même si ce n'est pas ma tasse de thé, je me dis que lorsque j'accroche une semi au dépôt, d'autres l'ont fait pour moi !

C'est parti pour une journée de « little routeman ». Au dépôt, changement de remorque puis livraison Romorantin. A un moment, je suis un gars de chez Jaquemoz et pense à Thomas : Et si c'était lui ? Ma CB est installée mais pas l'antenne, on aura la réponse ce WE sur le forum. Livraison en un temps record (d'après les dires) puis retour au dépôt pour un changement de remorque. Destination Vendôme. Arrivé sur place, je décroche et dois attendre la fin d'un chargement d'une autre semi pour l'Espagne. Les « bourrins » doivent me laisser un petit 6 mètres de plancher, quand je repars avec à peine 2 mètres. Pas de problème, je repasse au dépôt pour « tasser » avant de déposer ma semi chez un transporteur qui doit la compléter le soir même pour un autre chauffeur.

Je retourne au dépôt à ¼ d'heure de là afin de prendre une semi vide et de faire des ramasses demain. On me dit tout de même que pour un « débutant », je ne me suis pas si mal débrouillé que ça !

Sans vouloir me vanter, même si je ne connais pas bien cette région (magnifique aux paysages divers), s'ils savaient exactement ce que j'ai fait dans le passé, ils comprendraient un peu mieux.

A 20 :45, je m'arrête à Suèvres (41) sur la RN 152 pour me taper une bonne soirée de repos avant d'entamer une nouvelle journée de ramasses.

 

Une petite idée de la hauteur et de la façon de charger les portes voitures en GB.

Jeudi 18 janvier

Après avoir entendu le vent et la pluie toute la nuit, je commence ma journée à 8 :00. Je me rends sur Orléans où je dois faire deux ramasses (Jargeau et St Denis de l'Hôtel). La deuxième ramasse sera un peu plus longue : Une grosse laiterie avec pas mal d'attente apparemment. Je ne m'en sors pas trop mal, je quitte les lieux à 11 :30. Mon troisième enlèvement se situe à Sancheville (28) et j'y arrive après déjeuner. Puis retour sur Blois où je dois changer de semi au dépôt. Je suis bien content d'être charger vu le vent qui souffle sur la Beauce aujourd'hui. Une fois la décroche -raccroche effectuée, je dois me rendre à Vendôme comme hier. Et là, c'est la même sinécure !!! Cette boite est vraiment à c***r ! Je suis de retour à Blois à 19 :15 et en repars à 20 :00, je me rends à Chartres où je dois charger demain matin.

Je ne suis pas dépaysé car le client où je dois charger était un client de mon ancienne boite. Si ça n'a pas changé, la cour ressemble plus à un champ de bataille qu'à une cour d'usine.

Je m'arrête à la sortie de Chartres à 21 :45 et vais me taper un repas et un repos bien mérité et je me fais ensuite une petite soirée Divx.

Un système de calage automatique que je ne connaissais pas. Et oui, je suis un « bleu » dans le transport !

Vendredi 19 janvier

Je me présente à 8 :00 chez mon client et n'en ressortirais qu'à 11 :15. Rien n'a changé !!! 9 ans après, ils sont toujours aussi aimables, la cour toujours aussi crade. Ah si, un changement tout de même : Ils ont construit un rond point dans la cour qui oblige à monter dessus lors de la mise à quai ! Amédée serait-il passé par Chartres ?

Je repars à Blois où l'on doit m'avoir chargé une semi pour rentrer à la maison. Lorsque j'arrive, la semi est en fait chargée mais je dois attendre deux caisses. Je repars de Blois à 17 :15 et passe la région parisienne sans trop de tracas. Je suis de retour à la maison à 21 :15 ce qui est assez raisonnable. Le week-end va être assez long car je ne repars que lundi matin.

Un ingénieur bien pensant à implanté un rond point sur un champ de bataille, un des deux panneaux n'a pas survécu.

Samedi 20 janvier Repos
Dimanche 21 janvier Repos
Lundi 22 janvier

Il est 5 :45 et c'est reparti pour une nouvelle semaine. Je n'y crois pas, j'attaque déjà ma quatrième semaine sur la route. Je ne suis toujours pas lassé et n'ai toujours pas pissé dans une bouteille.

Direction plein nord et le Shuttle. J'y arrive à 8 :15 et commence à passer les divers contrôles. Lundi dernier, je n'ai pas su vous expliqué quel était le premier contrôle, c'est en fait un scanner, et on m'a annoncé que l' Euroscan (qui est plus précis est en panne. Une fois toutes les formalités effectuées, on m'annonce qu'il y a un peu d'attente et que le départ sera à 9 :54.

J'ai tout de même bien fait de partir de bonne heure si je veux faire 3 de mes 4 clients ce lundi. On partira à l'heure et à 9 :30 (locale) je quitte la navette. Mon premier point de livraison se trouve à Folkestone et ne roule qu'1/4 d'heure avant d'y arriver et à peine ½ heure plus tard me voilà reparti. Ma deuxième livraison se trouve à Milton Keynes qui est une immense Zone Industrielle au Nord de Londres le long de la M1. J'y arrive à 14 :15 après avoir été un petit peu ralenti au niveau du Dartford Tunnel mais rien de bien méchant. Juste deux caisses et une palette dessus à poser que j'avais eut soin de mettre à ras des portes lors de ma première livraison et 10 minutes plus tard me revoilà en train de rouler. Une fois repartis de Milton Keynes, je m'accorde une coupure de 45 minutes pour me faire une pause déjeuner. Puis, j'arrive à ma troisième livraison à coté de Nottingham à 16 :00 et une fois vidé, on me demande si je veux un thé ou un café. Pas de refus, j'accepte bien volontiers une tasse de thé. C'est un des bons cotés de l'accueil Britannique ! Ce n'est pas grand-chose mais c'est tout de même sympathique. Je ne suis plus pressé maintenant, je ne pourrais pas faire mon quatrième client qui se trouve à Boston. Je roule jusqu'à 18 :45 où je trouve un parking retiré de la route (un ancien virage) ou je serais au calme pour me faire une petite soirée où j'ai un programme bien défini : Paperasses, Carnet de Bord (et oui, c'est du boulot) et après le dîner (dans la cabine), je me fais une soirée Divx

C'est le mieux que l'on puisse faire, j'ai essayé, ça marche !

Mardi 23 janvier

J'ai mis sonner mon réveil à 7 :00 (locale, vive la grasse matinée) et quitte mon parking à 8 :00 après le petit dej et la toilette. Même en passant Boston assez tard, je me paye un peu de bouchon. Ce n'est pourtant pas une grande ville mais la circulation y a toujours été chargée. Il n'y a d'ailleurs toujours pas de rocade de construite. Une fois passé Boston, je commence à rencontrer des routes verglacées et lorsque j'arrive chez mon client, la neige fait son apparition. J'étais pourtant bien comme j'étais car j'avais 1.5 tonne à ras du tablier. Je repars aussi vite que je suis arrivé et « redécouvre » les joies de la conduite sur neige mais pas bien longtemps car ce n'était apparemment qu'un nuage. Je retrouve vite le soleil. Je dois remonter sur Doncaster où se trouve mon rechargement. J'ai l'adresse depuis la veille et ne serais pas dépaysé, j'ai déjà chargé là bas il y a longtemps.

Lorsque j'arrive sur place, on me dirige sur la bascule puis au poste de chargement n°2. J'y arrive, demande et on me dit que c'est au n°3 et que là bas, je dois m'adresser au bureau des expéditions. J'y vais, et une espèce de petit chef qui est en train de surfer sur le net et qui je dérange apparemment m'envoie me mettre à quai au poste de chargement n°1 et me dit qu'une fois à quai je dois revenir le voir tout en étant équipé de la tenue suivante : Chaussures de sécurité, gilet fluo, lunettes de sécurité et protections auditives. Je m'équipe donc et retourne le voir. Il m'annonce que c'est ok et que je dois retourner à mon camion et qu'il va m'envoyer un cariste. Pour se foutre ainsi de ma tronche, il aurait pu me dire que je me mette à quai et qu'il m'envoyait quelqu'un. 2 heures et demi après, je repars chargé et sanglé. Ce sont des grosses couronnes d'acier d'un peu plus de 2 mètres de diamètre et je ne tiens pas à les retrouver dans les ridelles. De plus, elles ont été calées lors du chargement. La circulation est chargée mais tout se passe bien et 4 h30 plus tard je retrouve mon pote et collègue Roger à Clakett Lane Services au Sud de Londres où il doit me filer une antenne pour ma CB (ça fonctionne mieux avec). Nous prenons le temps de faire une coupure et de boire un verre. On ne s'affole pas car on est plus qu'à une heure de route du Shuttle et qu'à cet endroit on ne risque plus de trouver de bouchons. Lorsque nous arrivons au Shuttle : Ô surprise !!! Il y a de l'attente et le problème c'est que l'on ne sait pas combien de temps exactement ni pourquoi. Tant pis, il n'y a plus qu'a faire la queue. En arrivant à la cabine de péage (2 h1/2 plus tard) que l'on nous annonce que c'est à cause d'une grève des «poseurs de calles » coté français et qu'ils ont du envoyer des navettes à vide dans un premier temps puis envoyer du personnel anglais au terminal français !!! Vive la France et ses grèves sauvages à répétition !!!

Ce sera à 1 :15 (locale) que l'on montera sur la navette et arriverons à Coquelles à 3 :15 où le parking est blindé. Ne reste plus qu'à rouler jusqu'à l'aire des 2 caps sur l'A16 qui se situe à environ 12 km. A 3 :30, nous arrivons sur le parking qui est lui aussi blindé, même les parkings tourisme sont occupés par des camions. Nous nous y risquons et nous faisons accueillir par une employée de la station qui tenait plutôt du chien de garde que d'une employée de chez Total (Vous ne viendrez plus chez nous que par obligation !). Elle menace d'appeler les képis, je lui réponds qu'elle ne se gène pas et je tire mes rideaux, la journée est terminée.

La traversée de Boston aux heures de pointes est toujours un cauchemar et pas de rocade.

Mercredi 24 janvier

J'émerge tranquillement à 11 :00 et vais réveiller mon collègue Roger qui a bien du mal à se sortir de sa couchette. Je vais pendant le temps qu'il fait surface prendre une douche. Par chance, le chien de garde de ce matin n'est plus là. Je suis bien gentil mais le matin lorsque je me lève, je préfère le calme. Une fois sorti de la douche, j'opte pour un repas complet plutôt qu'un petit dej . En effet, devant faire un relais avec un collègue, je ne sais pas à quelle heure je pourrais manger et puis comme j'ai faim, ça tombe bien. En cours de repas, je reçois un message de David (mon relais) qui me dit qu'il sera à Calais vers 14 :00. Je lui indique où je suis pour lui éviter que l'on se rate.

David arrive peu avant 14 :00 et m'aperçois que je ne pourrais pas prendre le Shuttle pour remonter en Angleterre car c'est une grande semi. Elle fait 4m30 et la limite pour prendre le tunnel est de 4m20.

Ce n'est pas grave, j'ai tout mon temps, je remonte avec 5 clients et ne pourrais en faire aucun aujourd'hui. Je quitte mes collègues après un café à 15 :00, le temps de faire le plein de gasoil, je suis au terminal ferry à 15 :30 et m'aperçois qu'en 7 ans, il y a eu pas mal de changements. A causes des clandestins, les procédures d'embarquement ressemblent à un vrai parcours du combattant. Lorsque j'arrive au guichet fret de la Seafrance , on m'annonce que le départ est à 16 :00. Il n'y a pas une minute à perdre. Je ne perds d'ailleurs pas de temps, passe le contrôle des douanes Françaises sans encombre et me retrouve directement sur le ferry : Le Seafrance Manet. C'est un ancien ferry pour passagers qui a été « auto reconverti » en fréteur. On ne va pas jouer les mecs jamais contents, mais la qualité et la propreté laissent à désirer. Tout ce qu'il y avait du temps glorieux de ce ferry est fermé : La boutique hors taxe, le bureau de change, les restaurants (sauf le resto « fret » et le bar qui restent ouverts) et les salles de jeux. C'est bien triste, de voir ce fantôme flottant. Après avoir contemplé le mélange dans le ciel de nuages de mauvais temps (neige) et une partie de ciel dégagé où le soleil allait se coucher, nous débarquons à Dover à 16 :45 (heure locale). Le fait de voir le port de Douvres et de traverser la ville réveille les souvenirs qui sont en moi. J'ai tellement fais de traversées, de décroches de remorques et d'heures d'attentes en douanes et lors de tempêtes que je ne peux oublier ces souvenirs comme ça. Je n'ai pas mis les pieds sur ce port depuis le 3 février 2000 mais c'est comme si c'était hier. Souvenirs, souvenirs !!!

Je prends la direction de Londres par la M20 et me dirige vers mon premier client qui se trouve à Newbury qui se situe à l'Ouest de Londres. J'y arrive à 20 :00, me prends en passant en ville un «  Chinese take away  » (repas chinois à emporter) et ma journée est déjà terminée. Avec celle d'hier, ça fera la moyenne.

La hauteur n'est pas un problème majeur en Grande Bretagne

Jeudi 25 janvier

J'ai réglé mon réveil à 7 :00 car je ne sais pas à quelle heure ce client commence, il n'y a rien d'indiqué sur la porte. De toute façon, je « gène » un peu car je suis garé devant le quai. A 8 :00, un chauffeur TNT qui livre un colis à coté me dit que ça commence à 8 :30 mais entre temps un réceptionnaire vient d'arriver et m'a demandé mes papiers. Je n'ai que 2 palettes à vider, il me propose de me les enlever de suite. C'est le genre de choses que l'on ne refuse pas. 5 minutes plus tard, je suis en route pour ma seconde livraison à Aylesbury et goutte aux joies des travaux et des bouchons anglais entre Newbury et Oxford.

Le client chez qui je vais, est une usine qui est en pleine campagne et où il y a un petit pont à franchir, c'est sympa mais déconseillé pour ceux qui conduisent après avoir bu quelques canons. J'y vide mes deux palettes et me mets en route pour Bedford (tout en visant à nouveau pour passer le petit pont ) .

En tant que chauffeur qui a tout de même une assez grande expérience de l'Angleterre, je n'ai jamais aimé faire de grands détours par les autoroutes quant il y a possibilité de prendre des routes de traverses. Par contre, ce matin, je me suis fait avoir ! Pour rejoindre la M1 depuis Aylesbury , il y a une route que j'ai déjà empruntée, mais au bout d'une dizaine de kilomètres, un joli panneau m'indique un pont en « mauvais état » et qui est désormais limité à 17 tonnes !!!! Tout faux, je dois faire demi tour, et ça, c'est l'avantage en Angleterre, il y a toujours un rond point pour faire demi tour (et pour em ****** le monde !)

Mon collègue David avec qui j'ai fais le relais hier m'a indiqué la direction à suivre dans Bedford pour trouver mon client qui se trouve derrière une voie de chemin de fer et d'un pont à 3.80 m. J'y dépose10 palettes et fais une coupure et en profite pour aller manger.

Je repars à 13 :00 et prends la direction de Droitwich (Sud Ouest de Birmingham) où je dois livrer une palette. J'y arrive à 16 :00 et on me fait poireauter ½ sans raison. Au bout de cette demie heure, un « petit chef » qui a du apprendre a s'exprimer en suivant la même formation que le « chien de garde » de la Total de l'Aire des deux caps » me prends le chou car je n'ai pas de gilet jaune fluorescent. Je ne préfère rien répondre et fais celui qui ne comprend rien. Il me prends ma palette et me signe ma CMR en me disant que si j'ai un accident sans gilet fluo, j'ai tout dans le dos ! mais vu que je ne comprends rien, je lui réponds en Français que je me tape de son gilet et de ses règles à la con comme de l'an 40 le tout en lui faisant bien voir que je n'ai rien compris de ce qu'il ma expliqué. Il me répond en Anglais que de toute façon, je peux lui dire ce que je veux, il ne comprend rien à mon langage.

Il ne me reste plus qu'un client à faire où je dois vider et recharger des emballages vides. Par contre, pas besoin de courir, j'ai rendez vous à 21 :30. Je m'octroie une petite pause café puis vais faire mes courses dans un supermarché afin de me ravitailler de quelques produits anglais qui m'ont manqué pendant quelques années.

J'arrive à Solihull (berceau des Land et Ranger Rover) à 19 :00, où j'ai tout mon temps pour manger et me regarder un Divx . Un peu avant 21 :00, le type me fait signe de me mettre en place, j'ouvre un coté et à 21 :45, je repars avec un complet d'emballages vides. Je roule une heure à peine jusqu'à Banbury ou je fais ma coupure. La journée peut paraître impressionnante sur le papier mais s'est passée comme sur des roulettes.

Du coté de Boston, au milieu des champs de choux et dans la neige.

 

 

Passera ? Passera pas ? Je dois passer, le client est de l'autre coté du pont et c'est le seul chemin.

Vendredi 26 janvier

J'ai un peu galèré pour trouver une place dans une zone industrielle de Banbury hier soir mais le jeu en valait la chandelle. J'ai dormi au calme dans une impasse et personne n'est venu perturbé mon sommeil durant la nuit. Il y avait bien une aire de service avant Banbury mais à 17.50 £ (28 €) de parking, ça refroidit quand on ne transporte que des emballages vides.

A 8 :00, je mets en route, la M40 est très fluide et la M25 autours de Londres ne m'obligera pas à lever le pied. Je mettrais 3 h10' pour faire 270 km. Arrivé à Douvres, je ne me sens pas perdu, même si quelques changements ont eu lieu en 7 ans, ce n'est pas de grands bouleversements pour autant. Je me mets dans les files d'attente, mon ferry (le Seafrance Rodin) est prévu à 12 :15. La traversée est tranquille à part quelques chauffeurs Flamands à la table à coté de la mienne qui ne savent pas parler entre eux sans gueuler et en faire profiter tout le restaurant.

La descente par l'A16 se fera tranquille également, il faut dire qu'avec 4 tonnes dans la semi, les 430 chevaux s'amusent !

Il est 17 :45, je décroche ma remorque et rentre à la maison et mon programme de lundi m'est envoyé par mail sur mon «  Blackberry  »

C'est une journée tranquille comme je les ai rarement (même jamais je pense) vécu lors de ma carrière professionnelle.

Comme il est coutume de dire : Je suis en week-end.

L'homonyme d'une connaissance sur la M25

Samedi 27 janvier repos
Dimanche 28 janvier repos
Lundi 29 janvier

Il est quand même 8 :00 quand je me décide à partir. En fait, on m'a demandé de partir à cette heure là, c'est bien et mauvais à la fois. Je vais me taper le boxon sur la région Parisienne. Je dois me rendre au dépôt à Blois et avant ça compléter les 3 mètres de plancher me restant à coté d'Orléans. Tout va bien jusqu'à Conflans Ste Honorine où je perds une bonne heure à cause d'un accident qui vient de se passer au niveau d'Achères. Vu que ma semi fait 4m30, je dois éviter le pont de St Germain en Laye, je perds encore une dizaine de minutes. J'arrive à Neuville aux Bois pour charger à 12 :10, je n'ai plus qu'à aller manger au resto d'à coté. Heureusement d'ailleurs que j'avais faim, car ce n'est pas le genre de resto que je conseillerais sur FDR . Accueil froid, pas de choix et la bouffe pas terrible, on doit payer avant et les cartes de crédit ne sont pas acceptées. Tout ce que j'adore.

J'en ressors à 13 :00 et me retrouve chargé à 13 :45, direction le dépôt à Blois. J'y arrive à 15 :00 et ne pose que le temps de dire bonjour, de donner mes papiers et mes disques et de changer de semi pour remonter en GB. Peu après 16 :00, je repars direction la GB avec un complet pour Aylesbury . Je ne sais pas encore où je vais embarquer car je ne vais certainement pas avoir assez d'heures pour monter à Dieppe pour prendre le ferry. Je verrais au niveau de Rouen si ça le fait où non. Au niveau de Chartres, je fais une « rencontre téléphonique » avec Hakim et on repousse notre rencontre à la prochaine fois car le temps me manque un peu. Arrivé à Rouen, je me rends compte qu'il va me manquer ½ heure pour arriver à Dieppe dans le respect des heures. Il y a encore quelques années, on ne se serait pas gêné, mais autre époque, autres murs. Je « pousse » donc direction Calais et embarquerais via le Shuttle. J'arrive à monter jusqu'au Hayons où il y a un resto qui figure sur le site (conseillé par Jack Selere ) et où je suis certain de mieux manger que ce midi. Il y a bien longtemps que je n'y ai pas mangé. J'y arrive Juste un peu après 21 :00 et les parkings sont blindés. Par chance, une place se libère juste devant la vitrine du resto, je m'y mets et stoppe la cavalerie comme par coïncidence à coté d'un Depaeuw mais ce n'est malheureusement pas Jack !

J'ai enfin trouvé où les bouchons des grandes villes d'Europe étaient fabriqués !

Mardi 30 janvier

J'ai réglé mon réveil sur 5 :30, le temps de me refaire une beauté et de m'envoyer un café et un croissant, j'entame ma journée un peu après 6 :00et il me faudra deux heures pour rejoindre le terminal du Shuttle. Je passe les différents contrôles sans problème car il n'y a personne. 15 minutes plus tard je suis dans ma file d'attente, la navette partira à 8 :45. C'est vraiment le pied quand il n'y a pas d'attente comme c'est le cas ce matin, et 50 minutes et un breakfast plus tard, je suis sur l'A20 direction Aylesbury qui se situe au Nord de Londres. La M25 passe bien et à aucun moment je n'aurais besoin de lever le pied. A 11 :00 je suis en place pour vider le réceptionnaire m'annonce qu'il y aura un peu d'attente le temps qu'il fasse de la place dans son entrepôt. Je me mets en place et ouvre un coté. Une heure après, je repars !!! Si ça c'est de l'attente, j'en veux bien tous les jours. Ayant déjà mon retour, j'en prends la direction : c'est à West Thurrock chez un gros fabriquant de lessive, je recharge un complet d'emballages vides pour Montargis. J'y arrive à 14 :15 après m'être fais une coupure à South Mimms Truckstop . Quand je dis j'arrive chez le client, je devrais dire dans la rue. Il y a deux voies, celle de gauche (où il y a le plus de camion) pour les chargements et livraisons et celle de droite pour les matières premières (citernes et containers) et les camions en location. Je fais gentiment la queue dans la file de gauche et arrive enfin à 15 :00 devant un interphone et lorsque je m'annonce et précise ce que je viens charger, le type au bout du fil me dit que j'ai fais la queue dans la mauvaise file et que je dois venir au poste de sécurité !!!! Grrrrrrrrrrrr , je suis heureux !!! Je lui fais d'ailleurs voir mais Monsieur le gardien, n'en a rien à faire, c'est le cadet de ses soucis. Le même fabriquant de lessive se trouve à Amiens et j'ai toujours eu une sainte horreur d'y aller. Cette usine est une vraie ville et je suis bien content d'avoir le plan. Il y a des camions garés dans tous les sens et des postes de chargements et de déchargements se trouvent un peu partout. Lorsque j'arrive au lieu que l'on m'a indiqué, il y a déjà deux camions en place, les deux cotés ouverts et qui sont apparemment en attente de déchargement. Je me présente à un type qui au départ ne sait pas trop ce que je viens charger puis lorsqu'il demande à son collègue, il a comme une lueur ! Il m'indique où me garer et d'ouvrir un coté. C'est en fait un complet de cartons vides sur palettes, au bout de 44, ça lui suffit, il y en a assez me dit-il, et comme je ne suis pas contrariant, je lui dis que ça me va.

A 16 :00, j'ai mes papiers en main, et me sauve de cet endroit qui m'avait l'air d'être un piège au départ mais duquel je ne m'en sors pas trop mal. Je prends la direction de Newhaven où je dois embarquer à 23 :00. Je me dis qu'en me dépêchant un peu et avec un peu de chance également, je pourrais « attraper » celui de 18 :00. Des travaux et un bouchon à une quinzaine de kilomètres du port me font un peu perdre espoir. Lorsque j'arrive à 17 :45, la charmante jeune fille qui enregistre les embarquements m'annonce que le ferry est encore là et que si je veux embarquer maintenant c'est tout à fait possible car il y a un peu de retard. Je ne me fais pas prier, la nuit ne pourra être que meilleur. J'ai même le temps de me connecter à Internet juste avant de monter sur le ferry et de poster sur le forum pour annoncer la suite de la semaine. Je n'aurais pas le temps d'en écrire plus. La traversée sera très calme nous ne sommes que 15 chauffeurs sur ce ferry, j'ai même la chance d'avoir une cabine pour moi tout seul ce qui me laisse tout le temps que je veux pour prendre ma douche et me raser après avoir été manger. Je débarque à Dieppe à 23 :30, il est temps de tirer les rideaux et d'écrire un peu mon carnet de bord.

La Tamise et Londres vu du pont Elisabeth 2 mais dans la brume anglaise.

Ca c'est de la régule anglaise.

Mercredi 31 janvier Lever à 5 :30 (ça devient une habitude), toilette et café d'une machine qui est infecte puis départ 6 :00. Je traverse Rouen juste avant les bouchons et je ne vois d'ailleurs pas cette traversée passer car je suis avec Lagaffe au téléphone. Avec 3 tonnes dans la semi, la descente se fait facilement mise à part par 3 fois, je me trouve derrière des tordus qui roulent à 80 km /h (ce qui est logique et tout à fait légal sur nationale) mais qui roulent à la régule lorsqu'ils arrivent sur un bout de voie rapide (ce qui n'est pas logique et encore moins légal). C'st une peu la méthode du «  j'temmerde  », c'est une chose que je n'apprécie absolument pas. Que le type roule à 80 km /h, c'est son droit, à la rigueur il a raison, mais lorsque l'on veut doubler, il se fait un malin plaisir à ré accélérer. Il y a des baffes qui se perdent parfois ! J'arrive pour vider à coté de Montargis à 11 :35 mais un type m'annonce que ce ne sera pas avant 13 :00. Vu que je dois recharger sur place pour Neuville aux Bois (45), il n'y a pas le feu au lac. Il m'indique où décrocher ma semi et m'indique un resto dans le village d'à coté et qu'ils attaqueraient ma semi pendant ce temps. Lorsque je reviens à 13 :30, le boulot est déjà bien avancé. Je repartirais de là à 14 :15 et viderais à Neuville aux Bois dans la foulée. Une fois vide, j'ai la suite de mon programme : Je charge du groupage chez un messager à Orléans pour vider à Blois, c'est apparemment un boulot que l'on fait régulièrement. Départ de Semoy (Orléans) annoncé à 19 :00. Je ne partirais qu'à 19 :30 et arriverais à Blois une heure après, je serais vidé en 20 minutes et me dirige vers un resto non loin de là où je stoppe à 21 :00.

Autre pays même coutumes mais les ambitions sont différentes