Je devais livrer une usine Renault dans la nuit (Arrêt de chaîne). J'arrive à la barrière et là, je réveille le cerbère, d'une société de gardiennage, qui roupille profondément. J'explique mon cas. Il me répond agressivement :
-« Non, tu rentres pas. Il faut attendre l'ouverture demain à 6h00 ! »
Je lui explique que c'est urgent, je lui donne même le numéro de téléphone de la personne à prévenir dès mon arrivée.
-« Non tu passes pas. C'est le règlement ! Et c'est pas à moi de téléphoner. »
-« Et tu dégages ta camionnette de là ! »
Voyant que j'avais affaire à un primate. Je ne cherche pas à discuter. Je me gare correctement au parking. Je compose le numéro de mon contact :
-« Allô, c'est le chauffeur pour les pièces urgentes ! »
-« Rentrez, c'est au bâtiment 4 »
-« Rentrer, moi je veux bien mais le garde, lui, n'est pas d'accord »
-« Un silence…J'arrive ! »
Entre temps, le vigile était sorti de sa guérite et venait vers moi en gueulant :
-« Ouais les taxis, vous nous faites toujours chi… tu rentreras quand je te donnerai l'ordre ! C'est moi qui donne les ordres ici ! »
Oh ! Le beau cas.
Je subissais la colère de cet abruti sans broncher, quand une Clio marquée « usage interne » fait un demi-tour au frein à main derrière la grille.
Un gars en costume en descend passe le portillon et s'adresse à moi après une poignée de main rapide.
-« Allez tu me suis, on n'a pas de temps à perdre avec ce connard ! »
-« Ouvres ta barrière et magne toi ! Je m'occuperai de ton cas après ! »
Nous avons traversé l'usine à un train d'enfer. A peine j'avais garé mon fourgon que les gars m'avaient déjà ouvert les portes et prenaient les pièces pour approvisionner la chaîne. Je n'ai jamais été vidé aussi vite !
Je fais signer mes papiers et je repars direction la grille…
Là tout penaud, le garde ouvre la barrière, et tente un salut de la main.
Je descends ma vitre, et lui dis :
-« Ah! au fait, il m ‘a dit de te dire qu'il arrivait. Bonne chance ! Mais tu verras, les parkings de supermarché c'est bien aussi ! » Et je suis parti.
La vengeance est un plat qui se mange froid…
L'Angleterre en couple.
Tout débuta comme d'habitude par un coup de fil.
-« Salut, il me faudrait deux fourgons pour l'Angleterre ? Dans les environs de Maidstone ! »
J'étais à la maison, un coup d'œil interrogateur à Séverine. Maidstone ce n'est pas bien loin après Douvres.
-« C'est bon, on y va les deux ! »
Il fallait charger à Belfort et monter dans la foulée du coté de Maidstone. C'était la course tranquille.
Elle s'inquiétait déjà pour la conduite à gauche. Je la rassure en lui disant qu'il n'y avait que 60 kilomètres à faire en Angleterre.
Le voyage jusqu'à Calais se passe sans problème. A l'arrivée au Shuttle, elle me dit :
-« j'espère qu'on va être les deux sur le même train ! »
Là aussi, pas de problème ! Les deux fourgons sont sur le même wagon et nous rejoignons le club car. Pendant la traversée elle me pose toutes les questions possibles sur la conduite en Angleterre. Je lui explique comment ça se passe (surtout pour doubler et pour les ronds points) et je lui dis :
-« C'est simple, tu n'as qu'à me suivre.»
Nous arrivons à Maidstone, nous vidons et pendant qu'elle déchargeait son fourgon, mon téléphone sonne…
-« Alors les amoureux, vous avez vidé ? »
-« C'est en cours … »
-« Ok, après, il faut que vous soyez à Liverpool demain matin pour recharger ! »
-« Silence… »
-« Allô, t'es tombé ou quoi ? »
-« Non, non ! C'est à livrer quand et où ? »
-« Pas avant lundi matin à Belfort ! Vous avez largement le temps sacrés veinards ! »
-« Bon, ben d'accord ! »
Je raccroche. Séverine me demande qui était à l'appareil et je lui dis qu'il faut que l'on monte à Liverpool…
-« Mais c'est loin ? » Me demande-t-elle.
Je lui mens en lui disant à peu près 300 kms.
-« Bon d'accord, en fait ce n'est pas si difficile de rouler ici. »
Et nous sommes partis pour Liverpool. Le lendemain, nous avons chargé et nous sommes redescendus par Londres. Nous avons garé nos fourgons en ville (pas de péage à cette époque) et nous sommes allés nous promener comme les touristes. Buckingham, Big Ben, Oxford street, etc… La photo où je suis avec le Horse Guard à été prise à ce moment là.
Maintenant, avec le recul, elle me dit souvent :
-« Si tu vas en Angleterre pendant mes vacances, je viens avec toi ! ».