Je suis chez mon 1er vrai patron ! Cela fait quelques mois que je suis là et je tourne pratiquement que sur l'Allemagne à ce moment là.
On roule encore pas mal avec des savoyardes d'un autre âge pour faire de la ferraille. Je finis de vider sur KASSEL je crois, et me dit de remonter à SALZGITTER pour recharger des tôles d'acier en précisant que c'est du 2m70, et donc qu'il faudra démonter les côtés.
J'avais appris beaucoup de choses avec les années à traîner avec mon papa, sûrement plus qu'à l'école, mais là, plier une bâche pour pouvoir démonter les ridelles d'un côté, j'étais bien embêté.
J'arrive chez mon client en début d'après-midi, on me dit d'attendre pour charger. Je commencerai bien à débâcher mais il fait un vent à décorner les boeufs, donc mauvaise idée. J'attendrai le dernier moment pour le faire, mais "P… , quelles sont lourdes ses satanées bâches de MER..."
Je démonte les poteaux, les ridelles, tant bien que mal, je charge et m'en vais au milieu de la nuit direction LA FRANCE. Je roule depuis 2 h environ dans les montagnes russes entre KASSEL et FRANCFORT quand j'entends un pneu qui éclate. Une de mes sangles s'est enroulée autour d'une roue après s'être détachée. J'arrive sur un parking, admire le travail et décide d'aller dormir (d'où « DEMAIN, IL FERA JOUR » ). Je dors quelques heures et me réveille avec le soleil qui chauffe la cabine, me lève et décide de changer cette roue sauf que là, pas moyen, les écrous sont presque tous grippés. C'est un peu dépité et me demandant ce que je fous là à l'heure qu'il est, il fait froid, je suis fatigué. Je n'ai qu'une envie, celle de tout laisser sur place. Quand malgrè tout, une lueur se présente sous la forme d'une dépanneuse qui arrive sur le parking pour remorquer un ensemble en panne certainement depuis la veille. Je laisse le gars descendre et prendre la température du camion à ramener. Je me paye le culot d'aller le voir et lui demande s'il peut me donner le coup de main qui me fait tant défaut. Le mec accepte sans condition, sort le pistolet pneumatique et de défait vite ces satanés écrous.
Après ça, j'aurais vite fait de changer ma roue et me de me remettre en route pour enfin rentrer chez moi.