la carte de la course (source www.dakar.com)

 

 

André Godeloup nous envoie regulierement les infos et les photos pour suivre la course.

Textes et images, signés André Godeloup.

Pour plus d'infos sur la course consultez le site www.dakar.com

 

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Du Magnum au Kerax

 

Lorsque l'on conduit toute l'année un Renault Magnum, le Dakar apparaît comme un jeu de piste au volant d'un Kerax…

Pour Arsène Mauneau, l'expérience dure depuis quatorze ans, mais c'est la première fois qu'il participera au Dakar au volant d'un Renault Kerax..

« Ce qui m'a le plus frappé lors des essais et de la route jusqu'à Lisbonne, c'est le confort de conduite. Habitué à d'autres marques, il faut reconnaître que le Kerax offre un confort inégalé pour ce type de véhicule. C'est plutôt de bon augure pour le reste du rallye », déclare Arsène, au sortir des vérifications techniques.

Son Kerax, le 843 assurera l'assistance du team moto Yamaha, en transportant des pièces pour les quinze motos engagées sur le rallye.

« Nous fourniront également l'électricité et assurerons comme sur chaque Dakar, toutes les opérations que nous pourrons effectuer sur les bivouacs. Pour ce quinzième Dakar, nous sommes rodés, et mes copilotes, Didier et Stéphane, savent que les nuits seront courtes et les journées souvent chargées ».

« J'ai fait mon premier Dakar il y a quinze ans. Depuis c'est devenu un virus et chaque année une aventure riche en expérience de tous genres, mais toujours aussi enrichissante », conclut ce jeune père de famille, qui passe le reste de l'année au volant d'un Renault Magnum de 480 chevaux DXi 12 , en tractant des semi pour la société Podiocom, spécialisée dans l'événementiel.

 

Une première étape de rodage

 

Après les formalités et les surprises des quatre jours de vérifications administratives et techniques, tous les concurrents admis à prendre le départ se sont élancés de Belem, au bord du Tage pour parcourir les 186 kilomètres qui les menaient au départ de la première spéciale du rallye.

Les 63 kilomètres de course ont permis aux concurrents de tester en grandeur réelle leurs véhicules, de faire leurs premiers essais de navigation et d'éviter les premiers pièges concoctés par l'organisation.

Pluie et bruine ont rendu les pistes de l'Alentago particulièrement glissantes, surtout après le passage des motos et des voitures. Les quelques 80 camions de course ou d'assistance course ont ainsi eu à parcourir un terrain particulièrement glissant, étroit et semé d'embûches peu prévisibles avant le départ.

Le Kerax d'Elisabete s'est ainsi trouvé coincé pendant près de 45 minutes dans une ornière… Elle n'a pas été la seule dans ce cas, et nombre de camions sont arrivés tard au parc de Portimao. Lavage, décrassage étaient au rendez vous pour enlever les tonnes de boues accumulées dans les roues et sur l'ensemble des véhicules.

Pour nos deux camions d'assistance, le Dakar a bien commencé aussi avec quelques interventions, tel un changement de relais de puissance, un injecteur… pour ne citer que les plus importantes. Un avant goût de ce qui attend nos six compères pendant les quinze jours et nuits à venir…

 

 

 

Quelques images...

De la savane aux gués

 

Après le sable du nord de l'Afrique et de la Mauritanie , les pistes de savane de Mali, le Dakar s'est engagé dans les forêts guinéennes, à quelques encablures du lac rose et de l'arrivée.

Pour cette antépénultième étape, les concurrents restant ont encore fait preuve de leur savoir faire en matière de pilotage. Pistes étroites au milieu de la forêt, pistes en latérite très roulantes mais parfois dangereuses, ont parfois donné du fil à retordre à l'ensemble des concurrents.

A l'arrivée à Labe, les camions ont encore fait preuve de leur savoir faire. Parmi ceux ci, Jean Léonard Vigne, a assumé sa mission de course et d'assistance malgré quelques problèmes de suspension, qui depuis le départ l'empêchent de figurer correctement au classement.

Jean Léonard est désormais une figure des grands rallyes raid, puisque on se souvient notamment de lui sur la première édition du Paris-Pékin, sur lequel il avait en charge de transporter et de monter un immense chapiteau de sa fabrication, qui abritait tous les concurrents chaque soir. Une performance remarquable qui est restée dans les mémoires.

La qualité principale de Jean Léonard est de toujours bien gérer sa course. L'avenir nous donnera sans doute la preuve qu'il est digne de figurer parmi les plus grands pilotes de camion.

« J'aimerais avoir la possibilité de disposer pendant plusieurs semaines à l'avance de ce camion afin de pouvoir opérer les réglages appropriés » nous dit-il. Il ajoute « j'aimerais pouvoir exploiter au maximum les performances de ce Kerax, notamment au niveau de la puissance moteur. Il est dommage pour une simple question de suspension et d'amortissement de ne pouvoir profiter du potentiel exceptionnel de cette machine ».

jean Léonard fait partie des passionnés des grands rallyes, qui donnent au camion ses lettres de noblesse.

 

 

 

Quelques images ...

Des médicaments et du matériel médical

 

Cette année, le succès grandissant du Dakar a fait des victimes. En effet, Philippe Jacquot, concurrent habituel du grand rallye, et vainqueur du Master Rallye, n'a pu inscrire en course ses quatre camions, pour cause de bouclage des engagements dès le mois de juillet.

Très déçu, il a réussi à participer en transportant et en distribuant sur tout le parcours des médicaments et du matériel hospitalier. Voilà un Kerax qui loin de la recherche de performance a assumé une mission purement humanitaire.

Loin d'être une première, cette action s'inscrit dans la continuité, puisque le team Lurodakar, apporte depuis 2002 des médicaments et du matériel à l'hôpital de Dakar, via l'association Distri Santé Afrique du docteur Maillot, qui n'est autre que le copilote habituel de Philippe Jacquot.

A l'étape d'Atar, l'ensemble des médicaments apportés de France était épuisé. Giovani Sala, un des concurrent moto du rallye, était présent pour une distribution dans un des dispensaires qu'il soutient dans le cadre de son association. Un avion cargo a apporté à Nouakchott une seconde livraison de matériel qui a été livrée directement dans deux hôpitaux de Mauritanie, via l'association d'un autre motard, Jordi Arilia, qui s'investit pleinement dans son projet.

Ce type de mission n'a rien de reposant puisqu'il fait partie intégrante du rallye avec toutes les difficultés inhérentes à l'épreuve. Plusieurs tonnes de médicaments ont été ainsi distribuées bénévolement.

Ces actions s'inscrivent dans le cadre des « Actions Dakar-Projets pour l'Afrique » dans lequel ASO, mais aussi les grandes et les plus petites marques participantes au rallyen s'investissent chaque année.

L'amour de la piste et de l'Afrique ont permis à Philippe Jacquot, malgré la grande déception de laisser trois camions en France, de participer honorablement au Dakar. On espère l'an prochain retrouver le team Philippe Jacquot au complet en course et en assistance tel que il l'avait envisagé pour cette année.

 

Quelques photos...

Dakar, le Lac Rose…

 

Quelque 93 motos, 68 voitures et 33 camions étaient présent au rendez vous du Lac Rose à Dakar, après 9043 kilomètres parcourus depuis le départ de Lisbonne…

Près de 250 motos, quelque 180 voitures et 74 camions ont participé à ce rallye de plus en plus mythique, avec cette année une hécatombe d'abandons et de problèmes techniques pour l'ensemble des concurrents, quelque soit leur catégorie.

Fiers de leur exploit, les rescapés se sont retrouvés sur le podium du Lac Rose, sans assistance lourde. Il faut dire que les 31 kilomètres de cette dernière spéciale n'offraient pas de difficultés majeures, même si le sable de la plage de Dakar était ce matin particulièrement mou !

Les cent voitures d'assistance et le nombre équivalent de camions sont restés parqués à l'arrivée d'hier. Du repos bien mérité pour toutes les équipes qui pendant près de trois semaines ont travaillé jour et nuit pour réparer les dégâts causés par des pistes de plus en plus longues et difficiles.

Pour les deux équipes de Renault Trucks, l'aventure se termine avec des heures et des heures de sommeil à rattraper, mais des souvenirs plein la tête, et des histoires à n'en plus finir à raconter.

Un 28 ème Dakar fidèle à la tradition d'aventure, de joie et de déboires. Le mythe du Dakar une fois de plus renouvelé.