UNE JOURNEE EN PATATES

avec Yohann62

 

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Salut les FDRiens, autrement dit la communauté de passionnés restant qui aiment cette profession et qui essayent de faire valoir les valeurs de ce métier qui nous est chère. Salut le chevelu Ardéchois Phil26 notre Ô maitre à tous, salut Régis le philosophe solitaire gratteur de guitare, Fiflo le rigolo bon vivant qui aime les jolies Italiennes, je parle de voitures unh !! Solaris le journaliste précieux à ces heures perdues, Ferrol et Carafon tous les deux à mettre dans la même carafe d'humeur joyeuse et blagueuse du forum, Bibi07 l'âme conseillère d'FDR et les autres ...

J'ai décidé après maintes demandes de faire un petit reportage sur une journée en transport de pommes de terres afin de renseigner les gens sur ce transport mal connu.

Après avoir fait du frigo, de la benne céréalière me voilà en benne à paroi isotherme et son tapis roulant et non volant je ne suis pas encore Aladin.

J'ai commencé il y a un peu plus d'une semaine je suis en contrat saisonnier, j'ai déjà travaillé pour cette boite en campagne de betteraves l'automne et hiver dernier. Je suis en régional voir grand régional (mes limites étant Châlons-en-Champagne, Orléans, Chartres, Rouen et le Nord de la Belgique). Je roule en MAN 480 qui appartient à un collègue qui lui tourne actuellement en double poste en campagne de petits pois sur un autre bahut.

 

 

4h30 du matin le réveil sonne, ouille dur dur un café et ça va déjà beaucoup mieux. Le temps lui a plus de mal que moi à se lever, il fait la gueule. Je démarre d'Hazebrouck avec la Peugeot de fonction à 5h15 pour récupérer mon camion à Harnes à l'usine de frites la plus connue du monde, de temps en temps je rentre avec chez moi mais tout dépend où se trouve le premier chargement du lendemain.

 

Heure matinale

Voiture de fonction

Terril

Le badge

Mon camion avant de mettre en route

 

On fait le tour

 

C'est parti !

 

 

Party fun dans les oreilles pour bien mettre d'aplomb, traversée de Lille à cette heure-ci comme une lettre à la poste, j'arrive dans le bassin minier à 6h. Il me faut badger pour entrer dans l'usine afin d'accéder au camion. Je fais le tour pas de soucis, je met en route par ce sale temps cracheux, on se demande si l'Été n'est pas parti chez le voisin dur dur. Moteur chaud c'est bon on décolle je passe le poste de garde et c'est parti mon kiki. Au programme musical Rammstein, Nightwish (qu'adore par ailleurs Lagaffe), Within Temptation (clin d'il à Cherokee) et Jean Jacques Bourdin sur RMC, il faut bien s'informer un peu.. C'est parti direction une ferme enfin plutôt un hangar à patates perdu en pleine campagne prêt de Le Quesnoy, entre Valenciennes et Maubeuge, aaahh Maubeuge la ville préférée de Régis !

 

 

Feuille de pointage

L'Usine à Frites

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Valenciennois

 

C'est par là

 

Et par là !

 

Ça roule plutôt bien les vacanciers sont partis chasser sur d'autres territoires au sud de la capitale des Gaules chère à Tophe69. Le soleil se montre toujours aussi discret, il essaye de percer mais en vain.
Je croise le frère jumeau de Solaris suivi de celui Véolia de Bata, j'aperçois également un superbe Rémi Dolez. Traversée de Valenciennes tout debout et j'arrive à ma fermette par de petites routes à 7h. Je charge pour un grossiste qui lui va trier, laver, emballer et conditionner les patates, les mettre sur palettes pour les faire réexpédier par frigo pour les grandes surfaces, restaurations etc ...

 

 

 

 

 

 

Chemin menant à la fermette

 

 

 

On tourne à droite

 

 

 

 

 

c'est juste !

 

Pour charger alors il faut commencer par débâcher ensuite reculer sous la sauterelle (tapis) qui elle est alimentée par une trémie dans laquelle le fermier déverse ses patates à l'aide d'un télescopique ; les pommes de terre passent sur des vibreurs afin de leur enlever leur surplus de terre. Certains agriculteurs chargent directement au télescopique sans passer par ces étapes. Alors il s'agit maintenant de juger le poids à l'il et avancer au fur et à mesure pour faire plusieurs tas. Moi avec cette benne je fait 8 tas un peu au dessus des arceaux et j'ai généralement mes 44 tonnes. J'adore charger dans des endroits pareils en campagne profonde. A la fin le type viens me voir et me dit qu'il manque un bout de sa sauterelle, une barre qui a du finir dans mon chargement, mince que faire !! bah tant pis je regarderais en déchargeant et il ira la récupérer un de ces quatre.
Chargement fini, CMR et bâchage obligatoire. 1h10 pour charger, à 8h10 Go !

 

 

 

Ça sert à amortir le choc des pommes de terre, on commence toujours à charger à cet endroit.

On se place sous la sauterelle

Début de chargement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1er tas

 

L'agriculteur verse ses pommes de terre dans la trémie

 

 

 

La sauterelle

 

 

 

2éme tas

 

Disjoncteur pour mettre en route le tapis

 

Moteur du tapis

 

Molette pour régler la vitesse de rotations du tapis

 

La prise

 

 

 

 

 

 

 

Résidence du fermier

 

Raccord pour le système hydraulique

 

Réservoir hydraulique

Ça fait du bruit :)

réservoir hydraulique

 

Manette pour actionner le tapis en système hydraulique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chargement terminé et bâché

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant direction les Flandres Françaises à Steenwerck. Je prends l'A2 suivi de l'A23, traversée de Lille nickel on voit que c'est les vacances, ça fait du bien de rouler un peu "No stress, No fun" comme dirait la star de chez Duarig qui vieilli d'un an.

 

 

 

 

 

Valenciennois

 

Usine de ferraille très connue sur Valenciennes

 

eh oui en chaussettes !

 

La campagne Flamande

 

 

 

 

 

 

Bailleul

 

 

 

Arrivé chez mon client à 9h40 au lieu de 10h elle n'est pas belle la vie ! c'est l'avantage de ce boulot quasi jamais d'attente, petit appel de phares au Berger Allemand en cages comme à mon habitude et passage sur la bascule, 43 T 120 ça ira comme ça. Je recule dans la trémie pour vider, c'est comme une mise à quai sauf que là c'est un tapis roulant prêt à recevoir les pauvres pommes qui vont finir en frites, pour certaines dans nos baraques à frites d'euch Nord. Donc pour vider il suffit de se brancher au courant de l'usine, d'actionner le disjoncteur et le tapis de la benne se met en marche, ne pas oublier de lever la trappe au cul. Et voilà c'est parti 1h20 pour vider. Le tapis une fois branché est synchronisé avec ceux de l'usine donc quand tout s'arrête le miens aussi car des fois cela va trop vite pour les ouvriers, c'est fait pour. J'ai oublié de préciser qu'il y a une molette pour régler la vitesse de rotation du tapis de la benne ( la vitesse n'est pas synchro elle) pour éviter que la fosse déborde. Il y a deux systèmes pour le tapis, l'électrique que je viens d'expliquer et le système hydraulique au cas où il n' y aurait pas de prise chez le client ou panne ou autre, pour cela le tracteur est équipé d'un réservoir d'huile hydraulique comme en benne basculante, il faut raccorder le tuyau du réservoir au tapis, et pour actionner le tout il faut se servir de la manette (toujours la même que sur un système de benne basculante) vers le haut pour mettre en marche et vers le bas pour stopper, et c'est la même molette pour varier la vitesse de rotation du tapis. J'ai bien retrouvé le morceau de sa sauterelle tombé au cours du chargement.

 

Gare de Steenwerck

 

 

 

Entrée de mon client.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il a le droit à son appel de phare traditionnel

 

 

 

 

 

Tapis branché

 

 

 

déchargement dans la trémie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ça commence à descendre

 

 

 

 

 

 

 

Le voilà l'objet de la sauterelle perdu dans le chargement

 

Ch'Flamand !! c'est pas moi c'est mon collègue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tapis roulant sous le cône

La poussière de terre s'accumule et il faut gratter

Pesage à vide

 

 

Je suis enfin vide, coupure faite en même temps, je monte dans la benne enlever les patates restantes coincées à la main. Je repasse sur la bascule à vide et c'est parti pour aller charger en plein coeur des Flandres à Bollezeele pour la grande usine de frites. A25 puis sortie Wormhout hélas centre ville fermé, déviation en place, reprendre l'autoroute de Dunkerque puis sortir à la prochaine. Quelques villages Flamands plus loin et j'arrive à Bollezeele. Je tombe sur une grande allée de terre qui conduit à une petite fermette typique Flamande je n'ose pas m' y aventurer par expérience et je me gare sur la grande route en feux de détresse et court un sprint de 400 mètres et là je tombe sur des fermiers "old school" bien sympas avec un fort accent Flamand, très bon accueil mais qui a dit que les Flamands étaient froids ? Enfin de ce coté ci de la frontière car de l'autre coté ce l'est un peu moins. Il me dit si si c'est bon tu rentres, tu fais demi-tour et tu te mets en place sous la sauterelle, juste mais nickel après quelques ripages de pneus.
Il est 11h50 je suis prévu à 13h il me dit on charge après manger avant de se raviser et de me demander si on peu charger avant, mais pas de souci Jean-Charles ou Alfred, on commence à charger. A 13h15 chargement terminé, après avoir discuté le bout de gras avec ces braves gens je les laisse aller casser la croute peut-être une Carbonnade Flamande (plat à base de bière) qui sait et moi je refait chauffer la gomme et mon estomac par la même occasion avec un sandwich concocté par madame MIAM !!


Estaminet typiquement Flamand, on en voit pas mal par ici !

 

 

Chemin d'entrée dans la ferme, j'ai préféré y aller à pieds d'abord.

 

 

 

On y va mollo

 

Dans la ferme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est venu à moi le gentil minou

 

 

 

Sur l'A25 direction je double un camion benne d'une saleté incroyable, j'ai rarement vu ça même en betteraves, à sa hauteur je m'aperçois que c'est une femme coquète qui conduit, eh bien elle a du courage, elle n'a certainement pas eu le choix, en pareille conjoncture on prends ce que l'on nous donne.
Traversée de Lille, j'enquille l'A1 et la sortie Carvin. Arrivé chez Mc Cain badge pour ouvrir la barrière et ensuite on fait les papiers au laboratoire et ce sont eux qui viennent prendre un échantillon de patates au cul de la semi et ensuite pour pas attendre je décroche et raccroche une semi de la boite qui nous affrète et je repart charger avec leur tapis à Lillers à coté de Béthune, en revenant tout-à-l'heure ma semi sera vide je pourrais la reprendre. C'est la merde après Béthune 30 minutes de bouchon car ils font des terres pleins en béton qui font bien chier les chauffeurs l'hiver par exemple, on a pas autres choses à foutre avec le pognon, on peut pas faire des trucs utiles !!!?? Client bien merdique à trouver je dois aller faire demi-tour plus loin et revenir c'est dans une petite rue et comme toujours des voitures sont mal garées GGggrrr, bon je charge il est 16h20.

 

 

 

A25

 

Traversée de Lille

 

 

 

A1 direction Paris

 

Frites frites frites !

 

A l'intérieur de l'usine Mc Cain.

 

 

 

Ça va être tendu pour rentrer à Harnes sans refaire une deuxième coupure. Pas manqué pfff trop d' oppression dans ce boulot maintenant, je me suis pris des bouchons sévéres sur Béthune au retour dur dur, stressé de voir le temps de conduite s'écouler et de devoir refaire une 45 à 25 minutes de Harnes, sans ces travaux j'étais bon. Je profite de ce repos pour nettoyer les jantes, rétros, vitres et le tableau de bord.
45 faite je redécolle c'est les heures de pointes, 25 minutes après je suis arrivé, re poste de garde, laboratoire et je décroche la semi chargée sur le park et raccroche ma belle semi qui a été vidée pour demain.

 

Dans ces satanés bouchons

 

 

 

avec la semi de la boite qui nous affrète, ça fait tout de suite moins glamour

 

 

 

Encore un qui vient vers moi, eh bien mon miaou va être jaloux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Béthune.

Béthune.

Les 2 terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle.

Fin des opérations 19h32

The end !

Demain je viens d'apprendre que je pars en campagne de petits pois c'est bon ça. A 19h30 je suis dans l'auto, un passage à la pompe à gasoil et je rentre chez moi pour 20h40.