| Carnet de bord de Juin 2026 | Partager sur Facebook |
Après avoir garé ma bagnole en revenant à pied au camion je vois qu'il me manque un support de trompe, à gauche en plus, bizarre. Je m'accroche à la portière, la trompette brinquebale, merde pas envie de la perdre ça doit coûter une blinde. Je m'arrête donc chez Scania pour commander la pièce mais Arnaud me propose de me le faire tout de suite. C'est le chef Jean-Marie qui s'y colle. Oui le pauvre il a un prénom sinistré, Jean-Marie Marine Jordan ça doit être dur à porter. Ou pas. Il me dit que la pièce est cassée net. Il repositionne celle de droite tant qu'il y est, elle a reculé, elle tire sur le fil. C'est assez peu modeste de raconter ça mais il me dit que mon tracteur est en très bon état pour son âge et le boulot qu'on fait. Ça fait plaisir à entendre j'avoue. A 9h je me sauve, le tachy n'est pas revenu à zéro, parfait.
Ce matin un peu de changement, je fais Beaune Autun Château-Chinon. Je trouve une boulangerie dans un tout petit bled par là le long, au poil. A midi pile je suis devant le chemin d'une grosse ferme, je me dis que des bétaillères doivent venir charger des bêtes, mais l'accès ne m'inspire rien de bon. La réno est aux portes je n'ai que 150m à faire en chariot. La piscine est sous un abri, je dépose la palette au sec. J'ai bien fait de laisser le camion en haut, ça doit être bien galère pour faire demi-tour ici. Un chèque et je me sauve. Pour repartir je continue la route, elle est aussi étroite et sinueuse qu'en venant, après une dizaine de km je retombe sur une départementale, la route de Decize, je m'arrête manger au premier parking potable.
Je m'étais annoncé au second client pour 14h, j'y suis pile poil. Encore un chemin sinueux, j'arrive à me garer devant la maison. Le client a un 600 Bandit, état neuf, impressionnant ! Il me semble qu'il a trop creusé, il me dit que non, je ne comprends pas bien comment il va faire. Ma foi... Le chemin ne débouche pas en camion, je recule la semi sur un dégagement en herbe, il fait sec, tout va bien.
Il me reste une rénovation de l'autre côté de la Loire mais il n'y a pas de pont, puisque mon petit camion n'est pas amphibie il me faut aller tourner à l'entrée de Nevers. Le village est tout proche du circuit de Magny-Cours, depuis la maison j'entends des motos tourner. Vache de grosse baraque, un genre de maison-forte, sublimement restaurée, un chèque avec adresse dans le 92, on n'est pas chez les gueux. Client sympa, café et 10 balles de pourliche, merci bien. Mon intuition féminine m'avait conseillé de ne pas venir en marche-avant, j'ai reculé 600m, j'aurais dû me les faire en repartant.
Demain je reprends en Touraine j'enquille Sancoins Bourges, j'adore cette route, un tout petit peu d'autoroute jusqu'à Vierzon puis re-nationale, interdite au transit d'ailleurs mais je vais souper.
A 19h je suis à Noyers sur Cher, jolie adresse tenue par deux filles, fort bien mangé.
Café pain-beurre douche et zou ! Un peu avant 8h je suis à Chisseaux, c'est à côté de Chenonceaux. Lotissement récent mais tout petit, je vais me retourner à 1km et je reviens en restant sur la rue, la maison est à 100m. Jeune gars pas chiant, fastoche. Le ciel vire au noir le temps de refermer, pas le temps d'attraper un K Way je suis trempé, le t shirt à tordre ! Purée la journée commence bien. Je me change avant de redémarrer évidemment.
Je ne prends qu'un tout petit bout d'autoroute direction Tours et je m'enfile dans la pampa. Sauf que je tombe un pont en travaux, il me faut aller tourner à Azay le Rideau, bonjour la perte de temps. Après avoir loupé plein de photos de maisons troglodytes et shooté la plus moche, je finis quand même par arriver chez un trentenaire bien sympa, il est là avec son pote. C'est le pote qui va monter la piscine, c'est à lui que je montre les pièces pendant le contrôle. En reculant sur la pelouse je ne comprenais pas que le chien ne s'écartait pas. En fait la chienne est aveugle, cécité juvénile un truc comme ça, j'ignorais. Pauvre bête.
Dès que je suis revenu sur une route potable je m'arrête finir mon bout de pain d'hier et à 13h je suis chez des petits vieux de mon âge, le chemin est hyper étroit, je me serre au mieux. Pour repartir les clients me disent que je peux aller faire demi-tour à la ferme à 200m, ils sont prévenus. Ouaip, je vois la voisine dans sa cour, elle m'explique, j'avais bien compris la manœuvre mais par politesse je la laisse parler. Je passe tout juste sous le fil du téléphone, elle me raconte que c'est pas le téléphone mais la fibre et que ça a été posé à l'arrache, je confirme.
Après ça j'ai une réno à Chatellerault, le GPS Scania veut me faire passer par le parking de l'hôpital, tout ça pour éviter une interdiction au transit d'une centaine de mètres. Le temps que je m'en rende compte j'ai des bagnoles et des VSL à mon cul, bah oui l'accès à l'hôpital quoi ! J'attends qu'il n'y ait plus personne et je recule. Je livre chez un couple là on sent bien que c'est madame qui porte la culotte comme on dit, il ne moufte pas pépère sinon elle lui bouffe le foie.
Il me reste encore un kit complet pour aujourd'hui dans le 79. J'enchaîne pas mal de routes de chèvres, à 17h je recule dans la cour d'un gîte, c'est goudronné, parfait. Je prends un gros chèque et un café quand c'est livré.
Demain je reprends au sud du 79, je vais couper à Melle au Cerizat, chez Begey c'était notre PC ici dans les années 90 c'est le troquet le plus proche de l'usine chimique.
Je démarre sur les coups de 7h30 après le petit déj et la douche. Je livre la dernière piscine de la tournée chez un routier à la retraite. Chose rare il n'essaie pas de m'apprendre mon métier. Il veut entrer la palette d'accessoires dans le garage avec un bizarre de gerbeur à treuil, ça marche pô. Il ne sert à rien son truc, pis quoi qu'il en soit faut tout sortir pour contrôler. Il m'offre le café pendant qu'on signe la paperasse.
Je m'arrête au pain dans une petite boulan dans un petit bled je ne sais plus où, il n'y a qu'une poignée de pains spéciaux, pas grave je n'en veux qu'un. A 10h30 je suis dans une cartonnerie à Exideuil. J'ai un quai de suite, ça commence bien. Leçon numéro 1, c'est pas parce que t'es à quai que ça charge. Loin de là même. C'est Rave qui a le boulot à ce que je vois là-dedans, j'ai le temps de discuter avec les chauffeurs, 2 à 3 heures pour charger ils ne sont pas surpris. C'est affreusement long, le cariste rentre des palettes et des palettes, à force de bourrer je pense que les premières doivent être dans la couchette. A 14h c'est enfin fini, je récupère mes clefs, je peux enfin manger sur le parking dehors.
A Limoges ça bouchonne au dernier rond-point celui du centre routier, étonnant non ? On est à l'arrêt juste parce qu'il y a trop de monde. J'ai mangé en 15 en ayant roulé 100m, je coupe 30 à Montluçon pour être tranquille. J'hésite, je pensais couper au Tom Bar mais je pousse jusqu'à St Eusèbe, il est 20h et il reste une tite place pour mon ti camion.
J'aime bien le petit déj ici, elle a toujours du pain frais, une douche là-dessus et zou ! J'ai rendez-vous entre 8h30 et 9h chez Epsilog à Dijon, j'y suis à 8h20, les mecs râlent parce que tous les camions arrivent en même temps. Si vous convoquez tout le monde à 8h30 fatalement... Je suis à quai mais c'est pas mon tour, j'ai le temps de faire un peu de ménage, y compris dans les coffres. Et c'est là que je tombe sur le drame ! J'ai déjà eu 2 ou 3 trucs graves chez ATS mais là c'est terrible ! Mon mug est cassé. Je savais qu'il était fendu, mais pas à ce point. RIP. Quand je sens que ça bouge je vais virer ma barre stop fret. Ah le cariste ne va pas benner de palettes, il est d'une incroyable lenteur. C'est simple son collègue à côté a eu le temps de vider un XPO et un autre pendant ce temps. Il range les palettes au cordeau, pour les enlever tout à l'heure. Sympa mais saoulant mon copain.
L'autre moitié du camion se vide à la cartonnerie de Devecey. Ici la dernière fois j'ai tanqué des plombes, le réceptionnaire m'annonce pas mal d'attente, mais finalement ça va assez vite, à midi et quelques je suis vide. Je traverse la mégalopole de Devecey et je me claque à quai chez nous. Ils sont tous partis à la soupe, c'est l'heure me direz vous. Pauline m'a dit ce que je charge, des pierres tombales, elles sont devant, fastoche. Fastoche à trouver, mais à charger c'est chiant, des palettes à la con, le tire-pal ne passe pas droit. Je finis en poussant avec le gros Fen. L'alternative c'était de charger dehors mais il tombe des seaux d'eau, je préfère me faire chier dix minutes de plus mais à l'abri, comme disait Évelyne Thomas : c'est mon choix. La semaine dernière c'était la canicule... Il n'y a plus de saisons ma pôv dame !
Je prends le temps de manger un bout au premier parking direction Vesoul et à 14h et quelques je suis à Lure. J'appelle la Maison Borniol, si vous n'avez pas la réf faut écouter Thiéfaine, il faut livrer dans un dépôt et pas au magasin. Le parc est ouvert, j'entre, un gars arrive au même moment, je dépends le chariot et je me vide...avec délicatesse. Les pierres tombales sur champ c'est vraiment pas stable, sur le quai ça va, dans les cailloux moins.
Je livre le dernier monument à Voujeaucourt, pas besoin d'appeler comme l'autre fois, les gars sont là, en moins de deux la palette est posée, faut dire qu'ici c'est goudronné. Sur les coups de 5h je suis garé à Audincourt, game over.
Putain de mauvaise surprise quand j'arrive à mon parking, un connard m'a fracassé le pare-choc, sans laisser d'adresse évidemment. Je prends une photo que j'envoie à mon boss. Quoi faire d'autre ? Inutile de dire que je suis bien contrarié. Le gars, ou la fille d'ailleurs, qui a fait ça il a fait quoi de sa dignité ? Elle est restée dans la boîte à gants ? Raahh je suis dég'.
A 8h30 je suis à l'usine, il n'y avait pas de camion à 8h, je suis en place directement. Bon gros chargement, café, j'attends un peu pour mes enveloppes clients. J'ai le temps d'aller au service des méthodes, semaine prochaine je dois récupérer un enrouleur, je voudrais le démonter proprement pour gagner de la place pour recharger, c'est pas gagné.
A 11h je pose le camion à Bourogne, fin de cette micro-journée de pré-retraité. Place aux jeunes comme disent les vieux cons. Je fais le malin mais mardi et mercredi je rigolerai moins.
Bon week-end à tous, le ciel vous tienne en joie.
Toutes les bonnes choses ont une fin, on a bien profité, faut quand même retourner au taf. La blessure de mon pare-choc n'a pas cicatrisé pendant le week-end, faut dire que je n'ai mis ni pansement ni mercurochrome, je passe chez Mécano Service à 8h. Un gars prend en photo la pièce et mon immat', il s'en occupe. En 24 secondes c'est réglé, enfin réglé, pas tout à fait. C'était le point important de la journée, ça c'est fait. Mon premier client est à plus de 10h de volant, je n'ai qu'à rouler. Je sors à Dôle pour prendre la route de Pierre de Bresse et me retrouver avant Chalon.
J'ai perdu un peu de temps, je n'arrive pas à Moulins, je casse la croûte un peu avant. Je termine mon Festillou d'hier, c'est un pain à l'orge maltée, non ça fait pas de la bière mais c'est bien bon quand même. J'oubliais, on a appris la mort de Bernadette, petit ange parti trop tôt. Elle était une sale bonne-femme, à un journaliste qui a osé lui parler dans la rue avait répondu : « vous savez qui je suis ? » Elle se prenait pour Anne d'Autriche, fallait passer par un chambellan pour lui parler. Ça me rappelle une vieille chanson de Marie-Paule Belle : « Mais où est-ce-qu'on les enterre ?»
Joli bouchon à l'entrée de Limoges, on passe de trois voies à une avec un basculement sur des km, dès qu'un mollasson ne s'affole pas on est à l'arrêt. Bien sage je n'ai pas voulu passer par Confolens, je regrette presque. Je fais ma seconde coupure un peu après. Je ne prends qu'un tout petit bout de N10, à la bifur les travaux sont finis, au poil.
Je finis le parcours au Grizzly à Gensac la Palue, très bonne adresse. Demain j'ai une assistance dans Bordeaux, j'appelle le gars, tout est cadré. A la soupe !
Je démarre de bonne heure après mes café-douche, à 7h30 je m'enfile dans une rue bien large sauf que ça ne dure pas, 100m plus loin deux maisons font une chicane, c'est mort. Je recule. Le client a entendu le camion, il me dit de ne pas continuer, un petit camion s'est coincé. Oui merci j'ai vu. Je livre une grosse réno-margelles, le client me fait la circulation pour ressortir à l'aveugle sur la départementale.
De là je file à Bordeaux, je m'arrête quand même au pain dans une jolie boulan bien appétissante. Sur les coups de 10h je suis au dépôt du monteur à St Sulpice et Cameyrac. Il voulait laisser du matos chez lui parce que chez la cliente c'est tout petit. Je pose la piscine sur sa benne, finalement on ne laisse rien là, la baignoire est toute petite. Je propose d'avancer le camion jusqu'à Lormont histoire de ne pas revenir ici. On fait ça. Je retrouve son employé vers le quai de Brazza, je sais que par là il y a de la place devant les entrepôts de pinard. Je ferme le camion et grimpe dans le Vito, la maison est à 3 ou 4km. J'avais hésité quand j'ai fait le programme, j'aurais été dans la mouise le quartier est tout petit. Toute petite maison de ville, faut tout passer par la porte mais avant faut faire du rangement. La baraque est un vrai capharnaüm, j'en ai déjà vu des bordéliques mais là on frise le syndrome de Diogène. Pour passer on doit déplacer une quantité incroyable de bordel. On n'ose pas se regarder avec les gars, on va éclater de rire, trop c'est trop. Le chef me repose au camion il est presque midi. La rocade est roulante à cette heure, en face c'est pas la même chanson, il y a une file interminable de camions au pas jusqu'après Cestas. Je vais devoir me payer ça tout à l'heure, on fera autrement. Je m'arrête manger un peu plus loin, le pain complet charentais est bien bon.
A 13h30 je suis à Cazaux, bled connu pour sa base aérienne et le champ de tir qui va avec. Je dépose une réno en vitesse, un coup de fourches un chèque et je me sauve.
Pour Maps la traversée de Bordeaux est au vert. Gnin ? Bah oui en deux heures le bordel s'est résorbé, je ne vais pas m'en plaindre.
A 16h je suis chez des retraités à Le Pizou, ou au Pizou comme vous voulez. Papy est en train de frotter son Duster flambant neuf, quelle opulence !
Après je vais faire le truc qui me chagrine le plus, je dois récupérer un enrouleur de bâche. Je roule des km et des km sur des petites routes de rien, je me gare à une fourche, 150m de la maison. Je sais que je vais me faire recevoir, quand on va rechercher du matos c'est que ça s'est mal passé. La cliente ronchonne, mais ronchonne sympa. Elle a négocié la reprise du ED en échange de deux petits enrouleurs de nouvelle génération. Tant mieux pour elle mais moi je me retrouve avec cette merde de plus de 6m, en début de tournée merci. J'ai un peu de place sur le chemin, je m'étale, je me fais un couloir de 7m. Hier il m'est venu une idée, ne riez pas c'est vexant. Le collègue Jérôme recharge à Damazan jeudi, il aura de la place d'un côté. Donc hier je l'ai appelé pour lui demander si ça le dérangeait. Il s'en fout bien sûr mais j'ai préféré lui demander avant d'en parler à Laurence pour ne pas le mettre devant le fait accompli. Je te file ma merde et t'as rien à dire.
A 18h30 j'ai fini ma mamaille, je n'ai plus qu'à rouler jusqu'à Sauveterre, encore de la route de merde pour sortir ensuite le paysage s'ouvre, une heure après je suis garé devant le troquet à Sauveterre de Guyenne.
La journée avait pourtant bien commencé, du pain frais, douche à l'étage, tout bien, moins bien le GPS et Maps sont d'accord pour m'envoyer sur un chemin, pas d'interdiction sauf que je me retrouve devant un tout petit pont enjambant un canal. Ben ça passe pas. Vas-y gros recule, deux virages à l'équerre dont un pas facile à contre-main, tout pour plaire. J'avais un peu d'avance, elle fond vite. Calmé je fais une purée de boucle, la maison est bien au bord de ce fichu canal. Pas la peine de tenter le diable à nouveau, je reste à 300m sur une patte d'oie. Merveilleuse maison en pierres, je pose la réno sous un hangar, la cliente a fait du café, ça me remet d'aplomb après la galère matinale.
Sur les coups de 9h je suis à Damazan, je suis content la cheftaine est là, elle souffre d'une longue maladie comme on dit pudiquement, avant toutes choses je lui demande des nouvelles, elle dit que ça va...mieux. Je dépose l'enrouleur au fond de la cour, le récépissé dans le carton d'accessoires, j'envoie une photo à Jérôme et tchuss ! Je file dans le Gers avant midi pour une grosse piscine, le lotissement ne m'inspire rien de bon, je descends en marche arrière c'était le bon choix. Délicieuse Lolo, sympa avec ça, comme dit notre ami Nico la Rillette : non rien...il ne dit rien. Le lotissement est en impasse, tout petit, j'ai bien fait, soulagé pour repartir.
Je m'arrête manger au premier parking, ou entrée de champ potable. Le complet d'hier est encore très bien. Encore un peu de route de chèvre et je suis à St Puy, ma rue est tout en haut du pays, rock n' roll. Très vieille maison, le client me raconte qu'elle est dans sa famille depuis la révolution, comme il la tient de sa mère c'est la première fois qu'elle change de nom de proprio depuis l'époque. Vu le boulot de rénovation qu'il entreprend je ne suis pas inquiet pour la pose de la piscine, c'est pas le genre de mec qui a deux mains gauches. Merde, le gas-oil du Moffett est au rouge clignotant, j'ai oublié de faire le plein au dépôt. Avec l'ancien un coup j'avais désamorcé à 14%, là il n'en reste que 7, j'espère que la jauge est plus précise sur celui-ci.
Encore une réno dans le Gers, ici aussi, le chemin ne m'inspire rien de bon, la maison est au 471, je préfère reculer 400m et être tranquille. C'est ma journée des marches arrière donc. Ici aussi j'ai bien fait. Le papy est dég, la tempête a fait tomber l'abri dans la piscine et il a découvert à ce moment qu'il n'était pas assuré pour ça. Il avait quitté son assureur pour moins cher, il a un peu beaucoup la haine. Il veut mon avis sur le ragréage du fond, va falloir poncer. Ensuite il me raconte que son bled a fait la une de l'actualité, je ne vois pas... c'est ici qu'on a retrouvé le corps de la gamine de Fleurance. Horrible !
La suite est à Bressols, encore une réno, encore chez des bordéliques, pas comme la mémé à Bordeaux mais il y a du level quand même. Quand le chariot est rembarqué je peux souffler, l'AS24 n'est qu'à 2km, j'y vais faut arrêter de jouer avec le feu. Enfin le feu, avec si peu de gas-oil les flammes ne seraient pas bien hautes. De mémoire le réservoir fait 22 litres, j'en mets 21,5. Il était temps.
J'ai encore une réno pour ce soir à Montauban. C'est vachement étalé Montauban, la maison est dans un petit lotissement au milieu des maïs. Le gars change toute la filtration pour passer au sel. Je vois qu'il a une ancienne VFR à cardan, il pourrait en causer avec Baloo, moi je suis vite limité sur le sujet. Le chemin est en impasse mais il y a un T un peu plus loin, à ma main, ça le fait.
A 19h30 je suis au routier à Bressols, j'en ai bien assez ce soir.
Je fais ma dernière réno de la tournée après mes éternels café pain-beurre douche. Le chemin est tout petit, j'avais vu sur Maps, la départementale est bien trop passante, je trouve à me garer à 3 ou 400m, je préfère. Cliente charmante, je pose la palette sous un abri un chèque et zou !
Demain soir j'ai dentiste à 17h15, ça me ferait chier de louper, aujourd'hui il faut absolument que ça se passe bien. A 9h et demi je suis chez Righini, j'attrape le cariste : « vas-y, donne-moi des bonnes nouvelles. » Il me répond que rien n'est prêt. Putain c'était sûr ! Non, sale con il déconne, tout est là, il manque juste une palette de 10 portes, elle est en cours de préparation. Ouf !
Un gars du 24 libère « mon » quai assez rapidement, ça me laisse le temps de monter mes planches et remplir des récépissés. J'ai du 03 à vider foulée si je ne veux pas louper le dentiste, il faut que je sois parti à midi dernier délai, sinon ce sera demain. D'habitude ici c'est plaie, ce matin à 11h pétantes je repasse le portail. Incroyable. Saint Scania le saint protecteur du transport est avec moi.
Le trajet commence mal, la route de Tombebeuf est fermée, on va tourner à perpét, boh en fait la déviation fait piquer à gauche, le détour doit être d'une dizaine de km pas plus, mais quand on est pressé... Un ou deux tracteurs que je double vite fait, ensuite on retombe sur la nationale qui fait Périgueux Mont de Marsan, j'ai du bol, pas de mollassons, il y a quand même quelques bons bouts pour doubler les bagnoles qui se traînent, je rattrape le Volvo du 24 qui était à quai devant moi, il roule, pas besoin de doubler. L'heure d'arrivée descend minute par minute sur le GPS. J'ai coupé 15 à l'usine, en fait plus mais surtout pas 45, je finis les 30 restantes avant Brive en compagnie d'une tomate. Ensuite je me fais la soporifique A 89, pas le temps de m'arrêter chez ma tante, dommage.
Comme d'hab j'esquive le péage entre Gannat et Vichy, ces gros malins pour ne pas dire autre chose ont mis des auto-collants d'interdiction sur les panneaux pour semer le doute mais ce bout de route n'est pas du tout interdit, plus loin dans Vichy c'est interdit mais pas là. Bref ça m'énerve.
A 17h10 je suis chez Bigmat à Cusset, mission accomplie. J'entrevois le sourire du dentiste. Je dépose une pauvre palette de portes, le temps de vider pisser signer les papiers un quart d'heure est fait. Je pense aller souper à St Eusèbe mais il va manquer un peu sur les 4h30, je me fais une 30 une fois sorti de la ville pour être tranquille. Tiens après Lapalisse les panneaux d'interdiction pour Le Donjon ont changé, des vrais panneaux bien réglementaires, faut pas s'en occuper, c'est un caprice de la mairie. De toutes façons quand t'es là tu vas quand même pas retourner à Saint Pourçain ?
Je me fais faire une séance de luminothérapie vers Montceau les Mines par Julien et son magnifique Scan, on papote au téléphone, vous savez qu'on est cousins de Tred union, la conversation m'amène à Saint Eusèbe, il est 19h30, game over.
Je vous ai déjà dit que j'aime bien déjeuner ici ? Oui je radote. Je vous ai déjà raconté que l'électricien qui a branché la lumière dans la douche est plus nul que moi en élec' ? Il a branché en série depuis les chiottes, faut allumer aux lavabos pour éclairer la douche, champion du monde.
A 7h29, c'est précis, un gars ouvre la grille chez Bigmat Givry pile poil quand j'arrive, si j'avais voulu le faire exprès... Une palette, à 7h41 je repasse le portail dans l'autre sens, good job dirait Donald.
C'est bien un peu chiant pour sortir de Givry, c'est interdit de partout, à un moment faut faire un choix. Sur les coups de 9h je suis à Foucherans, là je dépose 4 palettes, le mec me prête un tire-pal, ça va super bien. Ensuite je rentre au dépôt pour décharger tout le reste, ce sera retraité la semaine prochaine. Le collègue Jérôme ne recharge pas à Seppois, il a déposé son retour de Damazan dans la cour, je le recharge et du coup je récupère l'enrouleur de bâche. Il me poursuit ce truc.
Je mange un bout vite fait là le long et à 13h30 je suis chez Laily à Grandvillars, on charge une Solaé vite fait bien fait.
Surprise en arrivant à Seppois à 14h le camion de 13h n'a même pas commencé, c'est le jeune Raph de chez JP. Je ne dis rien tout le monde est en retard à cause d'un ATS qui s'est pointé à la bourre. Seconde raison de ne pas râler je suis en avance, pis le Raph il va bien, avec lui ça file. J'ai un gros chargement, toutes les palettes de tôles par une, trop incurvées impossibles à superposer. Je pose quand même les colis dessus pour gagner de la place, Fabrice n'est pas trop chaud, bah ça va supporter des tonnes d'eau c'est pas 150 kg de colis... Il me dit que si le gars de la qualité passe il fait un avc, je m'engage à appeler le samu si ça arrive.
A 16h15 je pose le camion à Bourogne, je fonce chez le dentiste. Bon week à toutes et tous, le ciel vous tienne en joie.
Faut retourner au taf après un joli week-end de sport aquatique et mécanique. Bon c'est juste une formule, traduction : je suis allé deux fois à la piscine et on a fait une virée en Alsace. On a mangé un bout de tarte aux pommes à Eguisheim histoire de reprendre les calories perdues à l'aquagym, contradiction.
A 6h30 je suis à Bourogne, venga. Premier petit arrêt à la toute nouvelle boulangerie à Paisia, joli étal, fastoche pour se garer. C'est juste en face du resto routier fermé depuis 25 ans. Comme d'hab' je coupe à l'entrée de Lyon, tacografo à zéro. Un lundi du mois de juin je m'attendais à pédaler sur l'A7 mais bizarrement ça roule tranquille, certains lundis on est à l'arrêt dès Chasse, je ne vais pas m'en plaindre. Personne à doubler dans le Bœuf, les deux trois camions montent à 80, c'est mon jour de chance. Je mange un bout après Valence, le campagne est bien dodu et parfumé, adresse à retenir.
A 14h30 je suis à Grillon, quartier pas facile, je m'enfile dans une ruelle, quand je commence à m'inquiéter je vois qu'au bout c'est bien large pour tourner. Ouf ! Je livre une rénovation urgente, enfin qui était urgente mais la cliente me raconte qu'elle a acheté un kit réparation sur Amazon, ça a l'air de tenir, elle pense stocker le liner tant que ça va comme ça.
Je fais le tour du pâté de maisons, itinéraire poids-lourds, et je me retrouve devant un T-Roc immatriculé 41 garé en merde, en warnings. Je me dis que le conducteur fait juste une course, mouais je ne vois pas de magasin. Je klaxonne, mes trompes s'époumonent mais personne ne vient. J'essaye de me renseigner mais il n'y a pas âme qui vice par là. Pas le choix, 10cm par 10cm, je descends voir 4 fois, j'arrive à passer entre le T-Roc une bagnole à droite et le grillage en face. Putain de vacanciers de mes cou...s, connard, ses oreilles ont dû siffler.
Rebelote à Valréas, petit lotissement, petit chemin d'accès, là c'est mort, je recule et vais me garer à 200m où c'est un peu plus large. Je débâche et je perds mon temps avec une espèce de cassos qui refuse de comprendre que je livre une piscine, pour lui c'est impossible que ça fasse une piscine. Je ne veux pas l'envoyer bouler, il ne m'a pas l'air tout là, j'explique à nouveau, il finit pas me lâcher et rentrer chez lui. Piscine escalier couverture, je suis obligé de faire 3 ou 4 tours, jeune couple bien sympa, il fait une chaleur à crever j'accepte un coup de flotte quand c'est terminé. J'ai le temps je refais un peu mon chargement, j'inverse les escaliers pour ne pas trop m'emmerder demain, si jamais il n'y a pas de place je regretterai de ne pas l'avoir fait ce soir.
Je finis la journée aux Blaches, j'aurais pu pousser jusqu'à Bagnols mais ici j'ai la cabine à l'ombre, pis demain le quart d'heure de volant ne me manquera pas.
Hier soir j'ai réservé mon pain-beurre, mamy a sorti les confitures, non pas de la bonne maman, mais de la maison, une douche là-dessus et zou ! A 8h je suis à Salindres, ce bled à cause de la grosse usine chimique est interdit de partout, pas le choix, je m'enfile sur un chemin, une dame en 208 me fait de grands gestes, ouvre sa fenêtre et me dit que j'ai loupé sa maison. Non, je vais faire demi-tour, ce sera fait et j'ai repéré un pauvre dégagement à 100m de la maison, je gênerai moins. Il ne fait pas encore trop chaud, faut en profiter, ça va monter sous peu. Client pas chiant, grand terrain, fastoche pour poser où il veut, un chèque un café et je file.
Je pensais trouver du monde sur la terrible rocade d'Alès, c'est chargé mais ça roule. On passe souvent à Lédignan mais c'est la première fois que j'y livre. Ma rue est sur la route de Nîmes en gros, en épingle, je vois trois ou quatre places de parking vides, je serai bien là, je vais me retourner à deux ou trois km, et quand je reviens une Kangoo est en plein au milieu. Merde, je me sers à son cul. Le gars a sorti le cric, il vient d'éclater une jante sur le bord d'un ralentisseur en écluse. Il me dit : putain de téléphone, c'est ma faute. Au moins il est honnête. C'est là que par hasard un gars s'arrête, il est commercial pour l'automobile, il prête au crevé une clef à choc sur batterie. Le bol ! En deux deux c'est réglé, le mec lui file sa carte : « je vends des jantes aussi ». Les deux s'en vont, j'ai descendu ma réno-margelles, je peux prendre tout le lit comme j'avais prévu.
Il est vite midi, je casse la graine un peu plus loin sous des pins, au poil.
A 13h je suis à Parignargues, petit bled typique du midi. Je me gare comme je peux, pas de regrets le centre est tout petit. A la maison une dame attend dans sa voiture, bizarre. Elle me dit que le client est à Paris, elle est cuisiniste, rien à voir, mais elle rend service à son client. Elle me prend quand même pour un demeuré, « cuisiniste, je vends et pose des cuisines ». C'est vrai que j'ai une bonne tête d'abruti mais quand même. Elle n'arrive pas à ouvrir la porte du garage, je fais le tour et je lui montre le petit loquet à côté de la poignée, je tiens ma revanche.
Ensuite j'ai une assistance à Restinclières avec mon copain Philippe. C'est quasi impossible de se garer dans ce bled, je lui donne rendez-vous à Sommières devant les terrains de sport. On y arrive presque en même temps. On transvase la piscine sur son yoyo et en avant. On livre chez une Farida, alors elle, le voile l'islam la peau cachée sous du tissu c'est pas son genre, pas du tout même. Elle a raison il fait une chaleur à crever cet après-midi.
Je termine par une rénovation à Castelnau le Lez, euh, là j'ai un peu merdé, j'aurais dû demander une assistance, Philippe était là en plus. Sur Maps ça me semblait facile. Le boulevard est hyper passant, je m'enfile sur une grimpette en impasse, je bloque le passage. Je livre au plus vite et je demande au client, fort sympa par ailleurs de me faire la circulation, je recule en pleine affluence, aucun mort, ciao.
Je m'en vais couper à Paulhan, par le plus grand des hasards je tombe sur Stéphane un ancien Buffa désormais chez Antoine dans le 70, toute petite boîte il roule en S660. C'est avec lui qu'on échangeait nos tracteurs quand Alain Buffa faisait ses courses de camions. MAN ne voulait pas de Scania pour tirer la remorque de courses, normal. Ça fait des années qu'on ne s'était pas vu, on a refait le monde évidemment.
De bonne heure on est bien, ça ne va pas durer, café douche et je démarre à 7h. Je grimpe dans le Larzac par l'Escalette, pas de travaux, pas de radar, dans l'autre sens on voit encore les traces du carton d'il y a quelques semaines. A 8h et quelques je suis à Nant, je vais me retourner dans le centre du pays, je m'attendais à pire au niveau des routes. Pas de camions mais des motos à la pelle, du beau temps des virages, le rêve des motards. Je dépose une réno, le client me semble assez peu dégourdi, voire mollasson. Un chèque et je prends la route dans l'autre sens. Pensant galérer j'avais prévu large, je descends tranquillou à Perpignan par la nationale. Tiens quelle brillante idée, les petits parkings au sud de Narbonne sont presque tous fermés. Quand les services publics ne comprennent rien à rien.
En tout début d'après-midi je suis à Ortaffa, bled pas facile d'accès, par Elne il y des ponts, et de l'autre côté il faut traverser soit Bages soit Brouilla, deux bleds bien chiants. Livraison facile rien à dire mais je me fais bien caguer pour repartir, la commune a fait un sens de circulation, j'avais flairé l'embrouille, j'aurais dû prendre un sens interdit sur une centaine de mètres. Je respecte, je pique à droite dans un lotissement, et je me retrouve vite coincé. Un pépé qui taille sa haie me dit que les camions prennent le sens interdit. Une vieille 2008 me gêne, il me dit d'aller à la troisième maison, chez une nounou c'est écrit sur la barrière. Je connais la procédure, chez les nounous faut pas sonner, je frappe gentiment. La brave dame me remercie : « celui qui me les réveille, il reste là pour les garder je veux rien savoir. » Elle avance sa caisse de 3 ou 4m merci madame.
La dernière livraison est à Palau del Vidre, c'est juste de l'autre côté du Tech mais il y a un passage à gué interdit aux 7t5, le tour fait une douzaine de bornes. Pas le choix. Encore un village catalan typique, donc pas fait pour les camions. Après la rue devant chez le client est bien large, fastoche.
Le client m'a l'air chamboulé, aux larmes, c'est pas de recevoir la piscine quand même ? Je reste sur ma réserve. Maison mitoyenne, je fais le tour du pâté pour tout poser derrière par un portillon. Il commence à ranger parce qu'il ne va pas la monter tout de suite, c'est là qu'il me dit qu'il vient d'apprendre que son jumeau a chopé la maladie de Kreutzfeld Jacob. Ouille ! Espérance de vie moins de 6 mois, je comprends qu'il ne soit pas joyeux. Voilà 3 ans à peine qu'il était à la retraite. Mouais ça plombe l'ambiance. En partant je lui souhaite bien du courage. Quoi dire ?
Je textote Laurence, elle me répond qu'elle attend une confirmation. J'avance jusqu'à Argelès, je connais un parking à l'ombre au bord de la voie rapide, il fait toujours une chaleur de gueux. On est mercredi, j'attaque le programme pour dans deux semaines, grosse balade dans les Pyrénées je sais que je rentrerai le samedi. Nouveau texto on recharge à Rivesaltes, je vais donc couper à Fitou, ça faisait longtemps.
A 7h30 je suis chez Chamorin, je m'attendais à trouver du monde mais je suis le seul camion dehors, juste un Eychenne qui vide. Ma commande est prête, j'ouvre les deux côtés, parfait ça fait tomber la poussière côté passager. Quand je referme j'entends un bizarre bruit de plastique ou de je sais pas quoi, c'est le Eychenne qui s'en va avec son Ford, turkish qualität. Chargement ultra rapide à 8h10 je me sauve.
J'ai un petit complément à Claira dans un ESAT. J'y suis à 8h30, tout est fermé, il y a une chaîne au portail, ça me semble abandonné. Gougoule est mon ami, j'appelle : vous êtes bien à l'association machin, le standard est ouvert de 9 à 12. Je comprends qu'ils ont deux sites ici et Bompas, sur la confirmation d'affrètement on a bien Claira. Bompas c'est pas loin mais c'est con d'y aller si c'est fermé, j'attends. Dans la minute je vois un Trafic minibus, aussi vieux que le mien, arriver. L'encadrant ouvre, j'entre derrière eux. Il s'excuse, un des jeunes était en retard, il a dû attendre, il me dit qu'il n'a pas le droit de laisser une personne seule comme ça. Je le rassure, rien de grave, j'ai attendu deux minutes, je vais m 'en remettre. Il me dit d'aller faire demi-tour derrière le bâtiment, il me répète la consigne deux fois, tu sens le gars qui a l'habitude de parler à des handicapés mentaux. Il sort son Fen et me charge une table de pique-nique en béton, 800 kilos la palette. Je referme, une lettre de voiture, un BL et zou !
J'ai épuisé ou presque mon stock d'eau, je vais faire deux courses au Lidl à côté, c'est bien commode pour se garer dans le zone de Rivesaltes. Pas pressé je remonte par la nationale, je m'arrête au pain à la petite boulan cachée dans le lotissement à l'entrée de Narbonne. En repartant je vois qu'il y en a une nouvelle vers le garage Kawa, faudra que j'essaye. A partir de là je prends un peu d'autoroute, tu vas pas te payer Béziers Sète Montpellier Nîmes par la nationale, c'est pas jouable. Si en deux jours ça doit se faire. Bien sûr je sors à Remoulins pour prendre ma route et je vois qu'au péage une place à l'ombre n'attend que moi, il est 13h bien tapées c'est l'heure de la soupe, melon tomate plutôt.
Je vais être un peu juste avec le mazout, je m'arrête en mettre 50 litres à Valence, histoire de finir presque à sec au dépôt demain. J'appelle le 06 qu'on m'a donné, l'employé communal, ou le chef je sais pas combien ils sont à Quingey, me dit de venir à partir de 7h30. Au poil.
La traversée de Lyon est un enfer, Yaya est par là aussi, il me dit que le périph est bouché, je fais le grand tour du coup mais c'est pas mieux, à l'arrêt bien avant la sortie Hérieux, comme toujours me direz-vous puis ensuite à Bron. C'est un bordel innommable ! Il n'a pourtant pas neigé ! Je jette l'éponge à Meyzieu, je sors et je passe vers l'aéroport à Satolas.
C'est là qu'on reçoit un message de Pauline : plus de gas-oil au dépôt, AS24 jusqu'à nouvel ordre. Merde j'ai l'air con avec mes 50 litres, si j'avais su j'aurais fait le plein à Lyon. Tans pis je pousse jusqu'à Lons Courlaoux pour en mettre 200 litres histoire de temporiser. Je compléterai lundi en montant.
A 20h15 je suis à Mouchard, 9h52 de volant quand même dites donc. Je trouve que le niveau a baissé ici mais ce soir il y a des joues de porc, cuites à la perfection, du beurre, à tomber à genoux.
Il y a 14 km entre La Tonnelle et Quingey, ce n'est pas un exploit énorme d'y être à 7h30. Je me gare devant une maison de retraite, je saute sur le Moffett, un coup de clef, et tchouff ! Tableau de bord tout noir. Hein ? Je bricole le coupe-batterie, je sors tous les fusibles, nada. Je rappelle ma correspondante, je lui dis que je m'en vais. J'appelle Pauline et je lui dis que je vais chez Rabasse. Bien sûr je me paye le bouchon en bas de Larnod, normal. Je suis chez Mécano service à 8h30. Direct dans l'atelier, un mécano sur le chariot, un autre pour mon pare-choc. C'est la batterie qui est morte de chez morte, à zéro. Elle n'a pas aimé la canicule. Devant le gars démonte un bout de calandre, le bloc-feu, déballe le pare-choc du papier bulles... « Tu peux le ranger, c'est pas le bon.
-Ah ? Pourquoi ?
-J'ai la suspension intégrale, là c'est un petit pour une suspension classique. » C'est pas comme si vous n'aviez pas pris de photos... Le fournisseur de batteries est à Thise, à l'autre bout de Besançon, le gars va se taper le boulevard en pleine heure de pointe. Faut attendre. Je l'ignorais mais sur les chariots il y a des batteries spéciales, 110 ampères, c'est la puissance d'une batterie de camion alors que le moteur est un petit Kubota, il paraît que c'est les mêmes que sur les groupes frigos des semis. En plus avec un format à la con, longue et haute. Bon, ils l'ont c'est l'essentiel, à 10h je me sauve.
A 10h30 je suis de retour à Quingey, ou comment perdre trois heures. Il y a des bagnoles où j'étais tout à l'heure, je vais garer après la gendarmerie. Les employés municipaux reviennent eux aussi. La fille ronchonne : « Ah mais elle n'est pas montée la table ? Vous vous rendez compte comment on va faire. Si l'ensemble pèse 800 kilos, le plateau en fait 400 » Son collègue l'arrête tout de suite : « tu sais le chauffeur c'est pas son problème ». Je dirais même que j'en ai rien à foutre. En partant je leur dis quand même de ne pas se pincer les doigts quand ils vont poser le plateau. Ils rigolent moyen...
Je fonce au dépôt, je me vide les pavés. Aujourd'hui on a le contrôle des chariots, le mec ne devait venir qu'à midi mais il se pointe au moment où je partais. Vas-y, passe mon tacot, si je le laisse là ça m'oblige à repasser ici lundi. Je lui sors une palette de pavés pour ses tests, un quart d'heure après j'ai un joli autocollant bleu, tchao.
Je mange sur les couilles à Jules mais j'ai de bonnes réserves naturelles, pas grave. Je passe chez Laily, je récupère deux couvertures, dix minutes c'est fait. A 14h35 je suis à Seppois, 35 minutes de retard après tout ça, c'est pas si mal. Fabrice sort mon bazar pendant que je vais au bureau, bon chargement, tout passe au sol sans se faire de nœuds au cerveau. Retour au bureau, je tombe sur la cheftaine ++, je lui parle de nos récriminations, ça avance, doucement mais ça avance.
A 16h30 je pose le camion chez JP, bon week', le ciel vous tienne en joie.