FDR - Carnet de bord
Carnet de bord de Février 2012 Partager sur Facebook
  • Photos
  • on débarasse la neige de la semin avant le départ
    arrivée vers Toronto
    chargement au syndicat OSPEU
    papi machin réorganise son chargement
    on complèete chez le quincailler du coin
  • Mercredi 1 Février 2012
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    Le retour de Globetrucker...

    Résumé pour les zamis qu'aiment pas lire: on est parti donner un coup de main à une communauté d'indiens isolée qui manquent de maison dans un climat extrême. On y arrive par une route de glace un mois par année. Route dont nous avons visité les bas côtés. C'était pas facile :-)


    pour ceux qui en veulent encore, voici toute l'histoire:
    En 2002 on était parti pour un voyage. Il y en a eu plus de 10 avec 15 camions, donc c'était déjà du bonus. Mais voilà, c'est normal, l'équipe qui a repris le guidon s'est un peu fatiguée avec le temps et c'était l'heure d'un peu de changement.

    Alors on arrête?!

    Meeeeuuh non!! Car pendant ce temps papi globetruc au pays du sirop (d'érable) mijotais son envie de repartir faire quelque chose d'un peu positif. Retour en arrière: Fin octobre 2011 des Indignés partout sur la planète occupent les quartiers financiers pour crier le foutoir financier dans lequel la société s'enlise. À Toronto, ces citoyens de tout bord s'apprêtaient à passer l'hiver dans des tentes en toiles et commençaient à serrer un peu les fesses. Un puissant syndicat de la province décide de leur offrir 3 yourtes.. que je leur livre 3 jours après ('faut le faire quand m'eme, merde!). Mais voilà, tout ce bon sens commençait à faire un peu désordre et à s'inscrire dans la durée. Pas du goût de tout le monde donc on les fout dehors et les yourtes avec, avant la fin de 2011.

    À peu près en même temps, éclate une crise sans précédent dans une communauté Cree dans le nord de l'Ontario. Les Cree sont des indiens. Sauf qu'il faut pas les appeler comme ça parce que c'est pas poli. 'Faut les appeler les "Premières Nations". C'est vrai qu'en fait d'impolitesses, il y en a eu une jolie série depuis le débarquement de Samuel de Champlain il y a quelques centaines d'années dans ce qui allait devenir le Canada: On a tout simplement jamais arrêté de se foutre de la gueule des "Peaux-Rouges", jusqu'à les parquer dans des réserves insalubres, leur interdire leurs traditions et violer leurs enfants. Et j'exagère à peine...
    Mais ça reste une grosse controverse, car ces "assistés" vivent désormais au crochet du gouvernement. La communauté en question s'appelle Attawapiskat (santé!) et sa cheffe, Theresa Spence, l'a déclarée en état d'urgence en particulier parce que près de la moitié de la population n'a pas de vrai logement. On vit à 20 dans une "caravane" de 3 pièces ou parfois dans des tentes pas isolées dans un coin où les températures hivernales de -30°C sont courantes et peuvent souvent descendre à -40°C ou même -50°C!

    Vlà le tableau posé.

    Début janvier le syndicat qui a récupéré les yourtes décide d'offrir la plus grosse à la communauté d'Attawapiskat, qui l'accepte pour en faire un centre communautaire. On demande à globetruc s'il veut bien venir l'installer. Mescolles réponds oui, mais propose aussi de s'occuper du transport. Les amis de Globetrucker en Suisse acceptent immédiatement de jouer le jeu et d'allouer ce qui reste en caisse au projet. Je fourni le camion.
    Se joignent alors au projet une ribambelle de cols blancs qui trouvent l'idée bonne et veulent "aider". Sauf qu'aider, ça se fait pas n'importe comment. 'faut répondre à des besoins et surtout à des demandes. Notre camion, avec une grosse yourte de 9m de diamètre, un plancher isolé, du bois et des outils n'est rempli qu'au tiers. ça ne sert à rien d'amener de l'air du Québec et nous obtenons une liste de priorités de la part des autorités du village: matériel d'isolation, plexiglas pour réparer les fenêtres, plomberie, etc...
    Pendant que les avocats de Toronto qui se joignent à l'équipe s'inquiètent de se procurer des parkas (vestes très chaudes) avec logos super à la mode (véridique!), Globetrucker s'inquiète de remplir le camion avec le matos demandé. On réuni quelques fonds et arrive le jour du départ.
    Début février, après avoir chargé du bois d'oeuvre, préparé le camion, pris des outils, passé chez IKEA prendre des meubles, c'est le départ. Arrivé à Toronto, on charge chez le syndicat des jeux pour les enfants, de la bouffe pour la communauté et 2-3 autres bricoles. Puis nous nous rendons chez le "quincaillier" le plus proche pour compléter le chargement avec ce qu'il reste de pognon (saluons le syndicat qui en a financé une grande partie). Puis direction nord.

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  • le parking pour la nuit... pas un bruit
    l'équipe de fines tranches au chargement de la yourte
    les environs du parking... un musée
    sur la 11 nord
    le plein et une 'tite giclée d'additif -40°C
  • Dimanche 5 Février 2012
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    ...Puis direction nord. Passons la nuit chez des amis de Laurie, la coordinatrice du syndicat et chargeons la yourte qui était en dépôt le dimanche matin.
    Nous rejoigne Steve et Cory, deux spécialiste du traitement de moisissures, un gros problème dans la communauté. Steve ayant entendu parler du projet a décidé de mettre bénévolement la main à la pâte. On s'entend immédiatement, alors que je croyais avoir affaire à un autre charlot. Près de 2 m de haut pour 150kgs, il en impose et met la main à la pâte séance tenante. Son surnom c'est Shreck, et c'est vrai qu'il y a une sacré ressemblance chez cet ancien mécanicien poids-lours qui a toujours rêvé de conduire un camion.
    Nous continuons direction nord et faisons le plein complet juste avant notre prochaine étape: la gare de Cochrane.

  • Photos
  • la garrre de Cochrane, la plous belle garrre dou monde
    une bricole plus convivial que dans l'Eurotunnel - pas vrai Régis?
    le menu en anglais... et en Cree. Et pourtant on est au Canada...
    un arrêt en chemin: "Moose River, 4 habitants"
  • Lundi 6 Février 2012
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    ...la gare de Cochrane. En effet depuis là, plus de route. Il faut mettre le camion sur le train jusqu'à Moosonee, 300kms plus haut. Interdiction de monter dans le train marchandise qui emportera le camion la nuit de lundi à mardi et nous devons donc nous séparer de "Big Red" et prendre un train passager.

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  • le camion à l'arrivée (pas encore dégelé)
    James Bay Winter road
    traversée d'une rivière
    Shrek aux commandes
    oups... joli parking pour la nuit
  • Mardi 7 Février 2012
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    Une nuit plus tard le camion arrive et ça prend 3 heures pour le dégeler et le descendre du train. Heureusement j'avais prévu le coup et emporté un chauffage au propane que j'ai installé sous le capot, le tout bien emballé dans une bâche. Quand enfin on peut démarrer, Laurie et moi dans le camion et Steve et Cory dans leur pick-up, c'est peu fébrile que je me lance dans les rues de Moosonee à la recherche de la route de glace. Quand enfin j'aperçois la bifurcation, c'est une bricole trop tard et j'en oublie toutes les bases: au lieu de continuer, faire demi-tour et revenir, je prend large et un peu vite... et enfile ma roue avant dans le fossé caché par la neige... Pas mon plus grand moment de fierté... Steve va chercher du renfort et une pelleteuse viens nous tirer de là.
    Enfin on l'entame, cette route de glace. La James Bay Winter road, ça se mérite. Elle vient tout juste d'ouvrir au trafic lourd 2 jours auparavant et restera ouverte encore un mois et même un peu plus si tout va bien... ou peut être fermée demain dans le cas inverse. On construit en hiver de nombreuses routes de glace au Canada pour atteindre des communautés retirées ou des mines. Celle-ci longe la baie James et croise environ 80 rivières sur près de 300kms. Bien que la route ne fasse que traverser les rivières (certaines de plusieurs centaines de mètres de large), elle est tout de m'eme recouverte d'eau sur sa plus grande partie, afin de créer une couche de gel pour la solidifier. Elle est bien entretenue et signalée et des machines passent régulièrement pour rajouter de l'eau, aplanir ou gratter la surface pour la rendre moins glissante aux endroits critiques. La vitesse est limitée à 50 km/h et à 30 au passages de rivières. On y croise peu de trafic, à part quelques convois (dix camions chaque) de carburant pour alimenter pour l'année les 3 communauté et une mine de diamants desservie par cette route.
    Nous sommes gâté par le temps et le soleil rend l'expérience absolument magique. On traverse au début encore quelques forêts de sapins super maigres. Le ruban glacé et brillant, parfois assez étroit, serpente entre ces espèce de bonshommes sylvestres dégingandés. Plus loin c'est une autoroute droite dans une plaine verglacée. Les passages de rivière offre parfois une vue étendue jusqu'à la baie. Des petits sapins sont utilisés pour baliser ces endroits. L'autoradio crache tout notre bonheur en musique dans la cabine du plus heureux routier de la planète. Durant la plus grande partie du trajet, le camion flotte sur la glace, mais on s'habitue assez vite à la sensation et restons malgré tout très vigilant, malgré les panneaux qui annoncent les points les plus critiques.
    Après 3 heures de route, nous mettons à exécution avec Cory un petit plan mis au point la veille pour réaliser le rêve de son boss: je m'arrête et demande à Steve "Shrek" de bien vouloir prendre le volant pour que je puisse en marchant identifier un bruit suspect au tracteur. Sitôt notre bonhomme installé et en route à vitesse mini, je saute sur le siège passager et lui enjoint de "foutre les gaz". J'ai peur que notre colosse ne pète une durite tellement il explose de joie. Jamais vu quelqu'un aussi heureux! Bien qu'il n'ai jamais conduit de camion autrement que dans une cours, notre ex mécano s'en sort parfaitement avec la boîte Fuller et prend vite confiance. Tellement d'ailleurs que je relâche l'attention et remets la musique à l'heure du coucher de soleil. Bien mal m'en a pris, car c'est à cet endroit que nous rencontrons la seule épingle à cheveux pas signalée du parcours. Même à 30km/h c'est encore beaucoup trop vite et nous partons créer une jolie place de pic-nic en explosant au passage une série de maigres petits sapins qui n'avaient rien demandé.
    Et là pour la deuxième fois en deux heures, je crains pour la santé cardiaque de mon nouvel ami qui passe de l'extase à la plus complète prostration. C'est d'ailleurs pour lui que j'ai le plus de peine en ce moment. On se rend vite compte que bien que profondément planté dans la neige, il n'y a semble-t-il que peu de dégâts. On commence à peler pour taille une tranchée dans le mur de neige et je tente d'installer les chaînes. Une heure plus tard rien n'a bougé - on est planté sévère. Une seule voiture passe par là pendant ce temps et nous promettent d'avertir les gens qui s'occupent de la route. C'est ainsi que je fais la rencontre de mon premier "indien", un autre Steve, contremaître à l'entretien de notre piste de jeu et indien Cree d'Attawapiskat, distante de 70kms. Grand sourire, ses premiers mots sont "Welcome on the James Bay WInter Road"! Autant lui que la plupart des Cree arrivés à la rescousse par la suite on un immense sens de l'humour et n'aurons jamais arrêté de plaisanter, transformant notre cauchemar en une franche partie de rigolade.
    Arrive enfin une pelleteuse sur pneus qui n'arrive pas à faire bouger grand chose. Nous décidons de tirer l'arrière du tracteur pour aligner la semi dans l'idée d'essayer de trier par l'arrière. 2 chaînes et 3 sangles plus tard, on et a peu près droit. Mais le machiniste a fini son quart et se fait remplacer par un jeune dont c'est la première journée et qui n'a tout simplement aucune idée de la façon de piloter son engin. en désespoir de cause, nous nous résignons à faire appeler un bulldozer, engagé à 3 heures de chenilles de là.
    Pendant ce temps je cuisine une platée de Ice Road Pastas pour tout le monde. C'est à ce moment que débarque un vieux de la vieille dans un pick-up d'entretien des mines. Il est chargé de piloter l'un des convois de fuel qui doit être sur nous dans 2 heures. Il nous dit qu'il va nous sortir de là avant minuit et après quelques lamentables tentatives a finalement une bonne idée: utiliser l'hydraulique de la pelleteuse pour faire avancer le camion cm par cm. Il explique son plan au jeune machiniste, qui acquiesce, monte dans sa machine... et disparait dans la nuit!
    Peut-être un petit problème de compréhension, mais en attendant ce malentendu ne nous avance guère. Le convoi de fuel fini par passer au ralenti et vers 2 heures du mat notre bulldozer arrive. Un petit machin riquiqui qui ne me fait pas trop rigoler et qui n'arrive guère à faire vibrer notre convoi. On se remet tous au pelles et finalement sous la peine lune arrivons à dégager suffisamment pour que le bull qui tire et ensuite pousse la semi (je vous passe les dégâts) arrive à faire bouger l'ensemble qui sort à 3h précises du matin. Inutile de préciser qu'on était tous soulagés et nous avons repris la route jusqu'au village que nous avons atteint vers 4h30.

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  • déchargement au dépôt du village
    vue du village avec tipi habité...
    le joli spot retenu pour la yourte
    le joli spot un peu plus tard
    spagouzes dans l'un des deux "hôtels" du village
  • Mercredi 8 Février 2012
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    Dodo de quelques heures plus tard, nous attaquons la journée en rendant visite aux autorités locales. Si nous sommes attendus, on se rend vite compte que personne ne sait très bien quoi faire. Nous apprendrons longtemps après que les choses peuvent prendre beaucoup de temps jusqu'à ce que tout le monde se mette d'accord. En plus, ces gens là sont en situation de crise. Pas le moment d'avoir trop de rigolos dans les pattes. On nous dit que la place retenue pour la yourte est à 5 kms du village. Un endroit "sûr"... Sûr également qu'aucun enfants n'ira jamais, car bien trop loin. Nous insistons pour trouver un autre emplacement. Chaque rendez-vous est repoussé à perpète. En attendant nos amis les avocats de Toronto arrive par l'avion de midi et c'est tous ensemble que nous allons décharger le matériel de réparation dans l'entrepôt du village.
    Je rencontre encore Barry, un jeune gars du village, légèrement handicapé, avec qui j'avais correspondu par internet - au début sans même savoir qu'il était du coin. Il cherchait des solutions d'habitat alternatives pour son bled. On lui dépose un gros chauffe eau de 100 litres cadeau de bibi, sachant que le sien était foutu.
    Toutes ces combines qui auraient dû nous prendre 2 heures à tout péter ont plombé la journée. Au moins on a un joli spot pour la yourte et dodo après une assiette de spaghettis...

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  • ça va commencer...
    ça a commencé...
    un avocat se réchauffe les doigts
    la sous-structure du plancher (plan D)
    le plancher à 18h00...
  • Jeudi 9 Février 2012
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    J'ai parqué mon camion en face de la berge, juste à côté de l'emplacement nouvellement prévu de la yourte. Merveilleux lever de soleil, café au réchaud et préparation du matos pour les festivités. Le premier pelé arrive à 9h00, soit une heure après l'horaire. Il fait -28°C, mais avec un vent à décorner (ou déboiser?) les caribous. Nous pensions d'abord ancrer la plateforme au sol, mais après 2 manches de pioches brisés sur le sol gelé, nous passons au plan B (ou C, ou D, je sais plus): des poutres mises à niveau sur des dalles de ciment. Et on assemble le tout. Une fois de plus, ça prend la journée - à 10 personnes - alors que l'exercice aurait pris le quart du temps "dans le sud".
    Une petite anecdote montre aussi certains problèmes latents dans la communauté: pour une simple question au responsable des infrastructures, nous poirotons 20min derrière la porte de son bureau. Nous entendons ce vieil indien pas sympa en grande conférence téléphonique avec un trouduc de Toronto qui veut l'embarquer lui et les siens dans un commerce de shampoing du type pyramidal (tu trouve deux pelés, qui chacun trouvent 3 zouaves et ainsi de suite et c'est la richesse garantie mon frère). Totalement anachronique...

    Je veux aller me coucher tôt, mais me retrouve embarqué dans une partie de canasta avec la proprio du motel, une Cree dans la 50aines qui est tellement drôle que j'en ai des crampes.

  • Photos
  • on commence par la porte
    un peu plus tard
    beaucoup plus tard...
  • Vendredi 10 Février 2012
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    Le lendemain on a un challenge: installer la yourte, qui est immense, dans le froid et le vent. J'installe un atelier (chauffé) dans la semi pour prépaer quelques combines et nous nous lançons dans l'aventure. Les avocats sont vaillants et même si chacun son tour va se réchauffer au camion, rien n'aurait été fait sans eu. Leur patron, Tim, en particulier a eu les joues littéralement gelées, mais n'a jamais lâché. ça a certainement été le montage le plus dur de ma vie et passer 1 heure la craque à l'air dans cette tempête glaciale au sommet de la yourte a essayer de maintenir des toiles restera gravé un moment. À 18h00, nous avions fini de monter le plus gros de la yourte. Un défi de débiles.
    Les avocats avaient amené avec eux un chef cuisiner réputé qui a cuisiner pour le village un repas fameux et le tout avec des légumes (racines, pommes de terre et autres navets qui peuvent se conserver l'hiver).

  • Photos
  • photo d'adieu - ils ont sacrément bien bossé
    Barry et son oie
    atelier meuble avec les enfants du village
    la route ouverte, les camions arrivent pour livrer une année de bouffe au village
    globetruc et un copain (Globetruc c'est 'cui qu'a le chapeau)
  • Samedi 11 Février 2012
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    Le samedi les avocats sont venus prendre congé et accessoirement une jolie photo de départ, alors que la fine équipe du début, Laurie, Shrek, son gars Corie et mescolles nous attaquions aux finitions en compagnie de Barry, le seul du village qui ait été là tout du long. Il nous a même invité pou rmanger un plat authentique: une oie du Canada. Tellement authentique qu'il y avait même encore de la grenaille dedans...
    C'est c'est après-midi là que les gens du bled, et en particulier les enfants ont commencé à venir et à donner des coups de mains. Les gamins étaient fascinés... et ont sacrément bossé à assembler les meubles IKEA que nous avions amené. Vers le soir du samedi, nous avions tellement avancé que nous pensions la partie gagnée.

    C'était sans la cuite du samedi soir. Depuis mon camion, parqué cette fois côté village (et que je laissai tourner la plus grand partie du temps), je voyais le balais des pick-ups et des motoneiges motivés très certainement par un arrivage d'acool durant la journée. Saturday night fever, la doudoune en plus.

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  • Shrek et Corie traitent la yourte contre les moisissures
    le produit fini
    à l'intérieur
    béni par le curé
    et surtout par les gamins
  • Dimanche 12 Février 2012
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    ça a pris du temps à redémarrer dimanche matin et Barry (toujours là) et moi nous sommes sentis un peu seuls jusqu'à l'heure de la messe. Mais au courant de la journée, nous sommes parvenu à tout finir. Comme à la guerre, il a fallu trouver des solutions et des combines pas possible pour que cette yourte résiste à - presque - tout, même sans entretien. J'aime une demi-heure pour faire le tour du patelin et découvrir les conditions souvent précaires dans lesquelles une partie des habitants survit.

    à 18h00, les portes de la yourte s'ouvrent pour tout le monde. et c'est la révélation: les gamins viennent jouer, les parents sont là, enthousisates. Quelques "elders" (les anciens ou sages) viennent prendre le thé. Nous passons les cléfs à la cheffe du village qui nous fait un discours émouvant. Le vieux curé local béni la yourte. On fini encore avec quelques jeunes à se raconter des histoires autour du poêle. Le but semble atteint: un endroit sécuritaire où les enfants pourront venir jouer.


    À 21h on ferme les porte et allons prendre une douche.
    À 21h30 on nous annonce que les portes ont été forcées la yourte saccagée.
    Et merde.
    C'est ça aussi le nord: une communauté positive dans sa majorité, mais un noyau de gens - surtout des jeunes - tellement désespérés (et souvent pas mal drogués) qui foutent tout en l'air et sont incontrôlables.
    Nous bossons jusqu'à 3h du mat avec Shrek à réparer les dégâts et fabriquer une nouvelle porte blindée.

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  • lever de soleil sur la route de glace
    le convoi de fuel
    y'a des paneaux ici aussi
    quand j'te dis que c'est de la glace - on est sur la rivière là
    ça flotte... même en forêt la route est finie avec de la glace
  • Lundi 13 Février 2012
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    Départ à 7 heures après avoir été rameuter les endormis et gaz au soleil levant sur la route de glace. Il faut être avant midi à Moosonee pour charger le camion sur le train. La route est absolument splendide et malgré la fatigue, nous la dégustons mètres par mètres. Dès le soleil levé, le camion flotte littéralement sur la glace. je m'arrête à la hauteur d'un convoi de fuel arrêté en sens inverse. Le chef de convoi me demande en rigolant si on s'est bien sorti du fossé. Il ne se fout pas de ma gueule et lui et les chauffeurs d''à côté sont assez sympas pour nous dire que tous y ont passé - et plutôt deux fois qu'une...

    À Moosonee je dépose ma passagère à la gare et m'en vais direction fret. On charge le camion sur un wagon, qui ne partira que le surlendemain. Je paie la douloureuse qui, pour le train et la manutention aller-retour s'élève à 3000$ (2000€) -aïe... Mais on me laisse dormir dans ma cabine sur une voie de garage cette nuit. Jamais une topette de rouge et des boîtes de raviolis n'auront si bien passé. Narcose à 18h00 et je ne me réveillerais que 14 heures plus tard.

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  • p'tit coup de pannetone au matin
    le camion à l'arrimage
    king of ze train: Mr Globemachin
    c'est elle qui va bosser cette nuit
    et voilà, c'est fait... moi aussi j'en ai un!
  • Mardi 14 Février 2012
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    Je passe la journée à la gare en attendant le train passager et me fait abreuver de café par la sympathique préposée au guichet. Elle m'en apprend beaucoup sur les habitudes locales et sur la méfiance des indiens vis-à-vis des blancs. Elle m'offre même un attrape rêve fait maison - alors que je m'étais juré de pas suspendre ce genre de bébelles dans ma cabine. Train à 16h00. Arrivée à Cochrane à 21h00. Dodo au motel du coin. Fabuleux e-mail juste avant d'aller dormir. Un ancien sponsor suisse de Globetrucker annonce qu'il payera les frais du train!!!! Yahooooo!

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  • on dégèle...
    le B-train de Christophe
    pas une dépaneuse de lopette
    les deux hélvètes au troquet
    t'cheu c'est beau
  • Mercredi 15 Février 2012
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    Ce matin ça me reprend presque 2 heures pour dégeler le camion arrivé sur le train de nuit. Je remplis mon log book, verse un café et démarre. Un petit coup de grelot plus tard et j'apprend que le copain Christophe qui passe dans le coin régulièrement n'est qu'à 20 min en avant. Il lève le pied et "j'appuie su'la susse" comme on dit au Québec. Demi-heure plus tard, le canal 19 résonne de nos accents suisses (un jurassien et un vaudois - 'y a nuance) et ont et les rois du monde en convoi. Un bon gastro dansun relais routier de North Bay comme à la vielle époque sur le vieux continent et c'est délesté d'une craquée d'histoires de route que nos chemins se séparent. Je prend par les bois direction Ottawa et Christophe va charger son B-train de fuel à Toronto.

    Dodo à 50 kms de la maison - ça sert à rien de rentrer trop cassé.

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  • une petite dernière de la route de glace que je n'avais pas pu placer l'aut' jour
    j'adore quand un plan se déroule sans accrocs
    Même du chaîner pour rentrer au dépôt...
  • Jeudi 16 Février 2012
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    Vieille tradition de Globetrucker en passant la dernière frontière (celle du Québec ce coup-ci), j'allume un barreau de chaise façon Hannibal dans l'Agence Tout Risque "j'adore quand un plan se déroule sans accroc"...
    Sans accroc ou presque, puisque je dois encore chaîner pour parquer mon camion au dépôt, avant de prendre mon char et rentrer prendre une soupe bien méritée à la carrée...


    (évidement, un carnet de route... ça commence par la fin - si tu démarre ta lecture ici et que tu as le courage de lire mes jérémiades, je te suggères de commencer cette histoire de route de glace par le 1er Février)