| Carnet de bord de Aout 2012 | Partager sur Facebook |
7h35 la coupure est finie, dans la cour de l'entreprise de menuiseries il y a déjà plein de monde, je pense encore à la phrase du client hier "vas y bien avant 8h, si tu peux 6h c'est bien"... Je me mets en place et le premier gars que je trouve sur mon passage m'annonce que le receptionaire n'est pas arrivé. Alors je prends mon mal en patience à la machine à café. Pas de miracle, le type arrive à 8h. Quand il voit mon chargement il me fait comprendre qu'il y a un souci, j'ai 3 semaines d'avance ! Trop rapide le type !! A 8h30 je dégage, quand je pense que me croyais à la bourre... Par contre pour être sûr de vider à Noisel, il faut pas que je traine. J'ai vite fait de quitter La Charité bien ordonné sur l'A77. Je me sens tout seul, on se croirait un dimanche, il y a trés trés peu de camions, ça c'est bon ! L'entrée sur la capitale se fait sans soucis, il y a juste le soleil qui disparait au sud de la capitale de la France. Je me pointe à Noisel à 11h15 dans une toute petite ZI qui a l'air morte tellement tout le monde est en vacances. J'ai juste une palette a poser, alors je reste le long du trottoir, mais le cariste ne l'entend pas de cette oreille, il a pas le droit de faire 1m en dehors du trottoir, à moi donc de faire une savante manoeuvre à contre main et poser au choix mon parechoc contre une bordure ou le cul de la semi dans des grosses branches d'arbres qui font caguer. Alors, je sors le hayon, mon transpal et je pose la palette juste après le portail, obligeant ainsi le cariste à quand même faire 400m avec son chariot, et oui, je suis con.
De là, je file juste avant midi rejoindre Genevilliers, j'y arrive sans encombres, d'autant que j'ai zappé la sortie ADR, punaise, ça fait gagner grave du temps !!! A l'insue de mon plein gré, j'vous jure !! J'ai bien gagné du temps mais pas possible de rentrer dans le portail du client à moins d'avoir une R5 coupé, alors je refais un tour du paté de maison, en fait, il faut entrer dans la semoulerie, semoulière, je sais plus. Bon la dedans c'est le binz et pour faire 1/2 tour et se mettre à quai, je dois faire 4 manoeuvres bien stressante et couper la grosse avenue, manquer d'arracher le spoiler, par chance personne ne klaxonne, il y a rien de pire pour faire une boulette. A 13h le type de la reception debarque et sort ma palette trés gentiement, c'est pas un parisien, c'est juste un antillais, c'est pour ça !!! Je plaisante à Gennevilliers, il y a que des gens bien. Autant dire que j'ai fini le plus dur de la journée, j'ai juste à avancer au max de mes heures. Je me retrompe encore pour la déviation, la faute cette fois-ci à un trafic etonnement fluide, en 5 minutes je suis sur l'A1, le camp de roms au sud de la Courneuve à encore grandit il me semble, ça fait flipper de voir tout ces gens au milieu des immondices, le tout aux portes de la capitale... Je me fait un stop rapidos à Roye quand même avaler un casse dalle et surprise, quand je sors je tombe sous une drache, et merde.
Je reprends l'A1 bien tranquillos jusqu'à Carvin ou je tombe dans un MEGA bouchon dû à des travaux qui vont durer jusqu'à la fin du mois, secteur à éviter, d'autant qu'il tombe des seaux d'eau, ça n'arrange rien. Impossible ou presque de stationner à Dourges pour prendre la vignette. Il y a des tracteurs en solo, des semis decrochées et même les bagnoles de certains chauffeurs sur les emplacements. J'hallucine ! La serveuse m'a dit que ça allait pas durer, le parking va devenir payant, ça c'est bon ! La pluie m'accompagne ensuite tout le long jusqu'à Anvers. Je croise un bon paquet de camions plus magnifiques les uns que les autres, c'est un défilé ici, c'est encore pire que sur l'A6. J'arrive enfin à la maison à Meer vers 20h30 HEU-REUX ! Je viens pas souvent ici, et ça m'a fait rappeler plein de souvenirs, même si ça a bien changé, les points phone ou je me suis ruiné avec ma chérie ont disparu, avec le tableau ou on recuperait nos fax de ramasses de fleurs, pire, il y avait même pas un STIES avec son F12 ! J'ai bien mangé, et j'ai bavé à la boutique...
Après un rapide petit dej, je me sauve de Meer, et 2 minutes plus tard je suis en terre sainte, la Hollande, l'autre pays du camion. Mon 500 il connait pas du tout le coin, mais je suis chez moi ici !!! C'est un peu à l'ancienne encore, il reste quelques bons, des petits coucous entre passionnés, c'est toujours plus agréable que des gros "fuck". Bien que ce soit l'heure de pointe, ça roule plutôt pas mal ce matin, sauf que la météo n'est pas de la partie du tout, et que la DDE locale met à profit la saison calme pour refaire certaines portions d'autoroute si bien que la traversée de Utrecht est bien laborieuse. En route j'ai croisé quelques 25.50m, bien que celà soit autorisé ici, la solution ne connait malgré tout pas un grand succés, ça doit pas être tous les jours simple comme système même ici ou le standard des infrastuctures n'est pas adapté, à commencer par les parkings et certains ronds points. J'ai envie de dire : Pourvu que ça dure !!!
Une fois passé le nord d'Amsterdam, ça roule nettement mieux, il y a même quelques rayons de soleil ça éclaire les grandes prairies et ça fait secher le cul des vaches. Je me suis quand même offert une omelette jamabon fromage après Zwolle au routier du coin, le restau s'appelle "Raket" pas sur qu'avec un nom pareil il fasse le plein chez nous. A midi je pointe ma calandre sur le circuit d'Assen, mais c'est la foire d'empoigne pour rentrer, comme à leur habitude, les hollandais font le forcing pour rentrer devant tout le monde, ça n'arrange pas la sauce. L'eclaircie sera de courte durée, c'est sous la flotte que je m'installe, c'est juste une question d'habitude cet été... On a pas idée aussi de faire des courses à des latitudes pareilles !!!
Distrubution ce matin encore, c'est calme, j'ai pas grand chose à faire mis à part des cafés, ranger un peu mon merdier et regarder passer les autos à 300 à l'heure devant moi... A partir de 13h je commence à remballer, un connard à posé la roue de son campign car pile sur ma rallonge de fil éléctrique. Avec le cric de camion, je soulève le campign car. Pour jouer j'aurai dû laisser le cric dessous, mais on sait jamais, je pourrai avoir besoin du cric un jour. S'il a plu ce matin encore, il fait grand soleil quand je degage un peu après 14h, il était temps que je parte, autour de moi l'étau se ressert j'ai cru que je pourrai pas sortir. Je pensais descendre bien tranquillement, mais le chef veut que je refile mes palettes à Régis. Sauf que, Régis revient d'Irlande (quel enculé ce Régis) et que notre seul tronc commun, c'est l'A31. Langres. Une fois sur l'autopista je calcule les heures, les itinéraires, j'ai 1h de marge pour arriver en 10h à Langres. C'est bien 1h, mais le GPS n'a pas la fonction date, aujourd'hui c'est chassé croisé, et ça roule déjà fort. Je suis entourré de caravaniers blanc comme des linges et j'en croise d'autres dans l'autre sens noirs comme des Sénégalais. Bien entendu plus je descends, plus ça roule, je trouve mon premier gros bouchon à Nijmegen. 10km, 40 min. Super !!! Heureusement, il y a pas beaucoup de camions, et je peux rouler le plus souvent à 90, car ici, c'est souvent interdit de doubler, mais je m'en tamponne, je double quand même, au contraire des allemands, la plupart des hollandais ne font pas gestes désagréables quand on les double la ou c'est interdit. Je fais ma première coupure juste avant Masstricht, histoire de laisser passer le plus gros de trafic.
Du temps j'ai profité pour faire du tri dans ma cabine, juste pour me detendre. J'ai rempli un gros sac poubelle, on dirait pas comme ça... J'ai passé aussi pas mal de temps à élaborer un plan de guerre pour passer Liège. Oui, ça à l'air de rien, mais c'est un casse tête à passer Liège en ADR. Il y a déjà un contournement qui date depuis quelques temps, mais les tunnels de ce contournement ne sont pas autorisés ADR. Un peu plus à l'ouest il y a la N63 qui rejoint Marche puis Bastogne, j'ai envie de passer par là, pour voir. Arrivé face à la Meuse, il y a une petite pancarte, ADR suivre S1. J'abandonne mon idée de N63 et suis bêtement les pancartes. On passe d'abord une enfilade de pont à 4m qui font bien flipper pour ce retrouver à 1km du bout de la vielle pénétrante de Liège et dans le centre historicotouristicomagnifico de la ville. C'est le plus débile et le plus bel itinéraire ADR que j'ai vu dans ma carrière ! 30km de detour pour 1km interdit, bravo les mecs !!! Malgré tout, je suis toujours dans les clous pour arriver en moins de 10h à Langres, je lache toutefois jamais la pression sur la pédale de droite, d'autant que vu mes 3T je passe la plupart des côtes de l'autoroute à la régule, j'ai même doublé une Golf dans la montée de Baraque Fraiture, le 500 et moi, on était trop contents ! Quand je rejoins l'autoroute de Bruxelles, les 2 voies sont pleines, je trouve quand même un place en double file à Berchem pour acheter mes clopes. Toutes les 2 secondes il rentre une bagnole sur le parking, c'est impressionant. Impressionant aussi le nombre de PECO habitués à passer le we ici, qui doivent repartir ailleurs... J'ai même de quoi faire une demi heure de sièste au milieu du tumulte.
Bien qu'il soit trés tard, on trés tôt, l'A31 nord est blindée, et ça roule vraiment mal, car maintenant les Belges ont droit aussi à la flasheuse française. J'ai même doublé un camping car qui s'est mis droit debout sur les freins à 60/70 pour passer un radar à 90, traumatisés les types !!! Il y a une déviation pour passer Metz, mais je tire tout droit, j'ai plus que 15 minutes de marge, je suis juste soulagé après Toul, il peut à priori plus rien m'arriver. Pour fêter ça et me donner la pêche je me balance un Archie Bronson après m'être envoyé un dernier café à Sandocourt. J'arrive pile à la fin de la coupure de Irish Ray à Langres en 9h47, putain, trop content le type ! Après une bonne heure de logistique à la Duarig sur le fond du parking, on va dejeuner. La fille au bar est debordée, mais elle garde son humour et son sourire, ça c'est beau ! Il y a que les gens de la nuit pour gerer des situations pareilles, c'est beau ! A 4h, Régis s'en va vers Lons, et moi je rejoins les bras virtuels de Morphée pour 15h de coupure, oui demain, j'ai pas le droit de partir avant 19h !!! C'est la classe non ?? En plus je suis vraiment tout seul, loin du bordel de la station !
J'ai fait un exploit aujourd'hui, je me suis reveillé à 12h53. Il y avait un bail que j'avais pas fait de grasse mat, j'étais trop content. Vu que je suis garé extremement loin, je marche extremement longtemps pour rejoindre l'autogrill bondé. Bizarement, la place ou je me pose tout le temps juste derrière le pilier est vide, mon sandwich poulet et mon expresso sont servis en 30 secondes. J'hallucine de voir tout ce monde, ça me saoule. De là je m'escampe vite fait m'enfermer dans mon palace faire un peu de ménange et glander jusqu'à 19h.
Aussitôt que c'est l'heure, je dégage, et je suis pas le seul. Heureux à plus d'un titre puisque c'est mon baroud d'honneur, c'est la fin de l'année scolaire 2011/2012 pour moi, je suis tout content j'avoue. Je dois quand même faire une dernière livraison à titre privé, en l'occurence une toile de ma Bibi à livrer à Dijon Sud, ça prend deux secondes juste le temps de traverser la rocade Dijonaise. J'ai pas eu de reserves, ouf. L'orage éclate juste après ça, pile poil. Pour fêter l'evenement je fais mon premier quart d'heure à Gevrey Chambertin, il y a nettement moins de touristes que cette nuit. Tout le long du trajet va se faire sous la flotte, à vide, c'est pas marrant, d'autant qu'il pleut trés fort pas moments, dans l'autre sens il y a grave du monde, que des touristes plumés qui remontent la mort dans l'âme pour la plupart, sous la flotte, prêts à reprendre le taf lundi ah les pauvres !!! J'ai fait le bon soldat, j'ai pris l'A46 vu la météo j'ai pas voulu courir le risque de faire la une du progrés de dimanche. Mais je me suis fait une belle trouille dans la descente de Rillieux, ça glissait à mort, alors je suis descendu tout le long avec le pied qui effleurait légèrement la pédale de freins, un peu comme si j'avais un oeuf sous le pied. Par miracle aucun accrochage, pourtant, il y a du monde...
C'est soulagé que je me pose à Roussillon, j'ai 30 minutes de coupure à faire, j'en profite pour prendre une bonne douche et un café, en me disant que c'est le dernier avant les vacances, j'adore ce moment !!! C'est à 0h44 que je franchis le portail de chez moi, trop content, j'ai grave du taf à la maison, béton, béton, béton ! Reprise dans disons... 3 semaines !
Et ben voilà, il fallait bien que ça s'arrête à un moment donné, ce matin, je reprends le boulot. Fini les brouettes de béton, fini les barbec en famille, faut aller gratter. Vu le nombre de chomeurs j'ose pas me plaindre, ça serait pas correct. Par chance, je rattaque en douceur, je monte tranquillement charger des pommes à Epinouze est. En 3 semaines j'ai oublié tous mes repères, je trouve le camion vraiment balèze, la brouette se manie nettement plus facilement sur la nationale, mais c'est un peu plus long. Comme convenu, je me pointe à 7h chez le producteur, et pour commencer, j'ai droit à reculer dans une fosse à contre main, je m'y reprends un bon paquet de fois comme tout bon débutant. Le gars est patient j'ai du bol. Une fois chargé, je monte via le dépôt mettre un chouille de gasoil, la cour est blindé par les camions des copains encore en congés, chacun son tour ! De là, je monte direct à Chaponnay sur une A7 pratiquement vide de camions, par chance il y a personne à Prosol mais il faut une heure pour vider vu qu'ils pèsent chaque palox. Pendant que je fume ma 50e clope, un gars vient m'aborder, un type des bureaux, j'ai cru que c'était parce que je fumais, mais non, c'est Franck un lecteur de ces pauvres lignes ! Je suis plus que surpris, on papotte un moment bien sympathique, je pensais pas qu'il y avait des lecteurs même chez les administratifs ! Alors je leur fait un appel de phares viruel !!!
Une fois vide, je fais 1/2 tour pour retourner dans la pampa à Epinouze charger 2 palettes de cacahuètes, et ben oui, dans le 26 on fait aussi des cacahuètes, pas que des pêches. Je ramène ça au dépôt, je detelle et récupère mon ex schmitz déjà chargée en caisses vides pour Miramas. Je donne un coup de main à Franck pour transvaser un chargement dans un affrété ce qui me donne l'occasion de bouger le Mercedes à Lionel, déjà, il a fallu que Franck me demarre le camion, j'ai rien pigé, trop moderne, il y a pas de clé !!! Je vais pas critiquer le Mercedes, pas après avoir fait 200m avec quand même ! Si ? Faut que je critique ? Pourquoi le retro d'angle vient masquer la vue du retro droit ??
Il est presque 13h quand je repars du dépôt, il y a tellement pas de camions sur l'A7 qe j'ai monté le boeuf à la régule sur la voie de droite, c'est suffisement rare pour pas le remarquer ! Dans l'autre sens à la remontée, c'est plein de vacanciers qui rejoignent leur domicile et ça bouchonne j'ai les boules pour eux, surtout qu'il fait encore un temps magnifique, je fais le malin comme ça, mais en vrai je suis vraiment crevé, c'est dur la reprise, j'ai même dû m'arrêter à Mornas attraper un café, aussi naze que si j'étais descendu foulée depuis Hambourg ! C'est pour dire ! J'ai fini par arriver entier à Miramas, ça brule un peu dans le coin, on voit au loin l'épaisse fumée du feu de Orgon, il doit être bien content le maire d'avoir un fils pyromane, ça fait bien pour les elections. A Miramas, je vide et je recharge les pêches, elles sont super bonnes, et suffisement vitaminées pour me permettre de remonter jusqu'à Montélimar, et oui, quand même !! J'ai l'embarras du choix pour les places, je me mets le plus loin possible pour pas gener avec le frigo. Je fais le point des heures ; 9h03 ! Merde moi qui pensais avoir juste 8h30... Il faut vite que je me remette dans le bain. Avant le bain, j'ai mis la clim à fond et j'ai dormi dormi dormi dormi dormi.....
Finalement, cette nuit, j'ai pas dormi. Non, j'ai ecrasé ! J'ai ronflé si fort que j'ai masqué le bruit du Thermo King. Toute la nuit j'ai rivalisé avec les decibels d'un SB2 en echapement libre, ah que c'est bon ! Limite ça fout quand même la honte d'avouer que j'ai mieux dormi que chez moi, merci la clim, merci patron. C'est donc tout guilleret que je rejoins la station afin de prendre le café. Mon pote est pas là, la station est vide, mis à part les 2 filles de la nuit qui squattent. Une qui est absorbée par Santa Barbara et l'autre qui dort roulée en boule sur un banc, quelle vie de merde. J'enquille l'A7 un peu après 5h30, il fait presque chaud déjà du matin. Je rejoins sans soucy Bougé Chambalud pour vider les pêches. Comme convenu à 7h ça attaque dare dare, une demi heure et je suis déjà vide, je ne recharge pas d'emballages pour redescendre, et non, je retourne charger un complet de palox chez le même client qu'hier. J'en ai moins bavé qu'hier pour ma mettre à quai, mais le client est pas là et ne repond pas au téléphone. C'est pas bien pratique pour charger du coup...
Au bout d'une heure, il finit par debarquer de ses champs avec le 4*4, et s'étant rendu compte qu'il avait oublié son téléphone. Coup de bol qu'il ne s'en aperçoive pas à midi. Mais c'est vite pardonné, le gars est trés sympa et il m'ammène les palox à vitesse grand v pour rattraper le temps perdu. Je refais exactement la même remontée qu'hier, à la difference prés que quand j'arrive à Chaponnay, c'est blindé de camions. Malgré tout ça va assez vite, j'ai le temps de prendre la douche vu qu'on touche à rien ici. Une fois vide, et ben... y a rien à faire. Alors je me gare avec les Pinzler Tchèques et j'attends que ça vienne. En début d'apreme, je finis par heriter d'un lot à prendre à Lozanne juste au nord de Lyon. J'ai failli faire une connerie extremement grave ; quand j'ai reçu le sms du chef, j'ai mis en route et GO !! Sauf que d'un coup je vois s'afficher 2h58 de coupure. Je m'arrête en warning, repos 2 minutes de plus, le tachy a pas compter mes 20 secondes de route... ouf.... J'avais pas prévu le coup, et ça bouchonne pas mal au tunnel, bizarre, comme en semaine. Un bouchon dû en sortie de tunnel à un tas de charbon poussièreux sur la voie de droite qui fait peur à tout le monde... Le chargement dure pas 5 minutes, le cariste est un pro, il y en a. Le chargement lui est pas désagréable, des épices, des champignons secs, ça sent bizarre dans la semi.
Dans mon sens le tunnel passe nickel, le tas de charbon est toujours là, et de l'autre côté le bouchon remonte jusqu'à bien avant La Mulatière, je suis passé au bon moment. Je livre mes 4 palettes directos à Lapeyrouse, dans la semi, ça embaume ! De là, je rejoins viteuf le dépot decrocher et reprendre ma semi, accessoirement je remets un peu de gasoil, je fume ma clope avec Franck et je rentre à mon domicile conjugal.
Allez, ce coup-ci je quitte pour de bon la maison. Sans bruit bien sûr, y a que la York qui m'a entendue. Elle m'a roulé une pelle, normal. Je me pointe légèrement en avance au chargement à Romans. Le frigo affiche -11, mais le cariste me fait mettre quand même à quai, ce qui me fait gagner une bonne 1/2 heure. Je me pèle en surveillant le chargement. Au bout d'une heure j'ai mes 66 palettes, je peux donc riper. Il pleut ce matin, du coup ça glissouille vu qu'il a pas tombé d'eau depuis un moment, le soleil revient aussitot sorti de Romans. Du coup il y a une lumière superbe qui innonde les coteaux de l'Ardèche, y a rien à faire, c'est beau. Tout serait bien allé, si je m'étais pas fait connement banané dans la montée du Péage de Roussillon, à domicile en somme ! Je sais ou se garent habituelement les 22 pour nous surveiller, et je sais pas pourquoi j'ai zappé, et je me suis fait prendre. 2 km plus loin, je perds 90€, c'est la vie... On s'est pas engueulés vu qu'on s'est pas adressé la parole. Du coup, j'ai hésité à passer par le tube, j'avais depassé ma provision PV pour la voyage, alors je suis passé comme un bon routier de merde de 2012, bien docile, bien moutonnisé par cette saleté d'A46. Il y a une epaisse fumée au niveau de Corbas, au départ je pensais que c'était Lagaffe qui faisait un barbec, mais en fait c'est la zone viandes qui crame ce qui revient à peu près au même mais sur 10.000m².
Petite pause de midi au niveau de Chalon, entouré de touristes en mal d'ombre. Il y a pas mal de monde sur la remontée, et c'est presque pénible après Langres ou l'A31 repasse en 2*2 voies. Je stoppe encore un coup à Toul prendre 4 jours de taxe, pile poil au moment ou il y a personne à la caisse, deux minutes plus tard il y avait une queue pas croyable pendant que je buvais le café, ça fait des vagues !! Après Nancy, c'est pas la même chose et sa roule super mal, travaux, grumeaux, accidents, curieux, toute la panoplie y est, plus une chaleur etouffante, il fait 30° à Metz, c'est incroyable ici. Je refais d'ailleurs un complement de GO sur les conseils de ce naze de Sweden à Woippy. Il va pas mal son plan GO, si on excepte le fait que j'ai eu THE trou de memoire de l'année, impossible de me souvenir du code de la carte du boulot, j'ai eu l'air con une fois de plus. Ensuite, ça roule vraiment nickel jusqu'au Luxembourg, le 500 tourne du feu de dieu ! Mais il tourne pas assez à mon goût, puisque quand je fais le point à Wasserbilig, j'ai 9h01 ! ARGHHHHH les bouuuuuuules ! Pourquoi une minute en plus ??? A mais oui, c'est le crochet par l'A46 ! Il va falloir deplacer la frontière SVP. On alors monter un chouille cette régule.... Je trouve une super place tout au fond du parking comme ça je gène personne. Pendant que je prends ma taxe, il y a un vieil espagnol completement largué, qui pige rien, du coup je vais l'aider pour sa taxe, et on va refaire le monde ensuite un bon moment. Y a quand même des moments de douceur dans ce monde brutes, hasta luego senior Christobal.
3h48 reveil, keskispass ??? J'ai du mal, vraiment, j'ai du mal. Je traverse le parking pour rejoindre la station, je balance mes 2€ dans la machine, et je confonds le bouton Expresso avec Capuccinno, alors que je deteste le capucho ! Faut il être benet ou niaille, ou les deux quand même. Vu le prix, je le bois quand même, bien fait. A 4h15 je me jette sur l'autoroute, pas bien longtemps puisque je coupe via la N51, par chance il y a pas de bon vieux Actros qui se traine lamentablement, mais un troupeau d'excités, dont moi. Si bien que je passe Koln relativement bien, même plutôt pas mal, c'est encore un peu les congés scolaires du coup ça roule bien aux heures de pointe si bien que je fais ma première coupure de 45 bien après Munster, il fait moche et un tout petit 19°, on se croirait en allemagne, c'est sinistre. Pour oublier la misère, je vais coincer la bulle une demi heure.
Quand je repars, le trafic s'est un peu intensifié, et comme fait exprès, je me coltine tout ce que l'Allemagne peut compter comme casses bonbons, et bien entendu à chaque fois que c'est interdit de doubler sinon, c'est pas marrant. Je vais finir par croire que certains le font exprès, c'est pas possible autrement. Si chez nous, il y a pas trop de camions qui roulent cette semaine, ici, c'est déjà bien blindé, et quand on ajoute les touristes, ça fait un sale mélange dans la serie de traversée de travaux avant et après Hambourg, je suis à deux doigts de peter un cable, alors plutôt que de faire une connerie, je m'arrête dans un vague autohof prendre une douche, 6€ le tout, entre la douche, le café et le parking. Je m'en souviendrai, c'est radin un ardechois. Avec tout ce temps perdu dans les differents bouchons, il va me manquer un bon 15 min pour arriver au bout du bout de la Germany, je m'arrête sur un parking au hasard, la BAG s'arrête exactement au même moment à mon niveau. Je pensais avoir droit à un contrôle en règle, et non, tant mieux.
Finalement, le moment le plus agréable de toute cette saleté d'A1, le plus pitoresque, c'est quand on arrive au bout, le reste étant d'un chiant à mourrir, 606km quand même. On ne peut quand même pas être maudits tout le temps, arrivé le dernier pour le ferry, j'embarque en premier faut pas chercher. A bord c'est blindé de touristes, fumer la cigarette sur le pont est nettement plus agréable que lors de ma dernière traversée en fevrier... Je sors aussi le premier du bateau, ce qui m'arrange pas mal sachant que je suis rik et rak en heures et que les parkings ne sont pas légion dans le quartier. Les minutes s'egrennent à une vitesse folle, c'est dans ces moments là qu'on voudrait pouvoir soit ralentir le temps, soit accelerer ce satané camion. Au bout d'une grosse 1/2h je vois un panneau 'transportzonne' ce qui signifie en Danois Transport Zone, et donc c'est pour ma gueule, parking tranquille, mais resto fermé en travaux. Comme d'hab je fais le point sur mes heures, j'ai 13h01 d'amplitude, c'est la semaine de la minute qui fait caguer. Par chance, il y a un tout petit vilage à 500m Norre Aslev, je fais le touriste au super Brugsen, je pige rien ni aux prix, ni on ce que j'achète, mais on s'en fout, en tous cas, c'est joli, pittoresque, et puis quand on marche dans la rue, il faut pas dire "Hola" ou "Ciao" ou "ça va trouduc", non, il faut juste lever à peine la main comme si elle pesait 200T, alors à chaque fois, je lève nonchalament la main, aux panneaux, aux poubelles, aux vélos, et même aux gens, et visiblement tout le monde est content, je ferai l'essai dans mon village pour voir.
Le reveil sonne à 4h, je me lève à 4h05 parce que je suis un rebelle. Un quart d'heure plus tard, mon milk shake à la fraise avallé, je décolle et tombe au milieu d'un convoi de frigomens hollandais qui viennent de sortir du ferry. Je me fais donc depasser par l'integralité du troupeau et me retrouve bon dernier avant Copenhague qui se reveille gentiement, aucun bouchons, ça passe nickel, le jour se lève quand je suis au bout du Danish trip à Helsingor. Une fois au port je cours faire valider mon ticket, et j'attrappe in-extremis le ferry pile poil derrière les bataves. A peine au snack le ferry à déjà quitté le port, ça rigole pas. Je m'envoie enfin un café, j'en pouvais plus. Comme un con j'avais laissé mes tickets 'driver restaurant' dans la cabine, mais avec mon blouson fluo marque DUARIG Transports, ça a passé. C'est utile les blousons fluos. 15 minutes plus tard le port de Helsinborg se profile, clic clac c'est dans la boite et je retourne me mettre en place au guidon. Le trafic est super fluide ce matin pour sortir du port, et une fois passé la bifurcation de Stockholm il n'y a plus de camions ou presque.
Pour changer, je suis monté en direction de Goteborg, pour voir, puisque c'est le même kilométrage qu'en traversant la Scanie. J'en prends plein les yeux, bien plus qu'à mes deux précédents voyages puisqu'il y a pas de neige, les 2 derniers coups c'était tout blanc de partout. Là, on voit plein de trucs du temps des wikings, non je sais pas, comme des restes de monticule de grosses pierres, peu être les fondations de vielles maison, et des vestiges à droite à gauche, mais avec la traduction en suédois, je pige que dalle, sauf que c'est vieux. Arrivé à Goteborg je n'avais pas assez de ma paire d'yeux tellement c'est bizarre comme ville, c'est à la fois viellot, pimpant, moderne, tout se mélange, des vielles usines vintage avec des immeubles flambant neuf, ça demande à être visité le coin. Au bout il y a une bifurcation, OSLO ou STOSKHOLM, j'ai hésité, d'ici on est plus qu'à 250km d'Oslo. Un autre jour peu-être !? Si on m'avait qu'un jour en plein crise, en plein envahissement des PECO j'irai en Suède, j'y aurait jamais cru. Une fois passé les derniers faubourgs de la ville, c'est à nouveau la campagne, mais moins languissante que la Scanie, il y a des lacs un peu de partout et des maisons toujours plus pimpantes les unes que les autres... J'avais RDV à midi chez le client à Kallby, je suis arrivé à 11h45, je sais, je suis un king.
Finalement, j'ai bien fait de pas trainer pour être à l'heure, d'entrée on m'annonce 2h d'attente, la cour est blindée de camions. Pour en rajouter, il y a en plus les camions "maison" qui passent entre 2. L'affreteur suédois est au courant, chacun son job. Il leur met la pression parce que j'ai 9m à prendre à 200km au sud d'ici, mais ils s'en tapent royalement, on se croirait à Barcelone, sauf que il y a pas de bar à moins de 200m. Finalement, je vais passer au bout de 4h d'attente, j'y crois pas ! Je suis le dernier, ils m'ont expliqué pourquoi, j'ai vaguement compris qu'il y avait des gars en congés, et que du coup, je me suis sorti mes 33 pal en 20 minutes. Le reste, c'est plus mon problème. Je pige pas pourquoi il y a pas un quai exprès pour le congelé, ma foi c'est strange, à chaque fois ils doivent tout recharger sur de gros chariots, ça fait pas gagner du temps. Mais les gens ici sont adorables, gentils quand même. Mon rechargement est bien sûr foiré, je dois donc charger un groupage demain au dépôt à Halmstadt. Pour varier les plaisirs je coupe à travers par la route 26. C'est tout droit, desert, le long des lacs, à donf, à donf, à donf. Mais niveau parkings potables c'est un peu la loose, j'en trouve un vers Gislaved au milieu des arbres, paumé, il fait un tout petit 13° ce soir. Comment ça fonctionne un webasto déjà ?