FDR - Carnet de bord
Carnet de bord de Juillet 2014 Partager sur Facebook
  • Photos
  • on trouve de tout dans un camion
    pas trop fort les mecs...
    Saint-Agrève
    aire de Satilleu
    périph d'Ardoix
  • Jeudi 10 Juillet 2014
  •  


    6h, Cardedeu, zone industrielle, la journée commence. Je roule les 4 minutes qui me séparent de l'AP7, puis je m'engage sur la voie de droite : direction France.
    Le ciel est Brumeux, humide, on se croirait en Italie dans les environs d'Asti au petit matin. Je n'ai pas petit-déjeuné, alors pour anticiper la faim je me prépare du pain et du chocolat, une sorte de goûté que je dévore avec autant de d'entrain que si je rentrais de l'école.
    Mais l'école est bien loin, aujourd'hui je conduis des camions en pestant contre la RSE, et je raconte le tout dans un carnet de bord passionnant.

    Le soleil est au rendez-vous sur l'A9, je roule en écoutant la radio, puis la musique : la grille d'été me plait moyennement, voire pas vraiment, voire pas du tout. France Inter me déçoit, si ça continue je vais écouter autre chose, le moteur du camion par exemple.
    En 4h15, d'une traite, j'arrive sur l'aire de Nîmes. Je déguste lentement mon café en contemplant le merveilleux spectacle de la station d'autoroute en ébullition : des gens perdus, des gens pressés, des gens agars, des gens qui boivent le café en regardant d'autres gens, chacun ayant une bonne raison de se retrouver ici, et tous ayant un voyage différent en cours.

    Les choses sérieuses commencent pour moi dès la sortie "Valence Sud". Direction l'Ardèche, cette terre hostile dont les autochtones les plus intrépides créent des sites internet pour les routiers.  
    Je vais à Saint-Agrève par la D533 : sur la carte ça ne paraît si long, mais si l'on tient les deux extrémités pour déplier tous les virages, cette longueur triple. En effet de Valence à Saint-Agrève la plus longue ligne droite doit faire au moins cinquante mètres...

    Pour arranger le tout, il fait un temps chaotique : bruine, vent, froid. J'attaque l'ascension des premiers versants avec ma trop lourde semie, avoisinant une vitesse moyenne ahurissante de 32 Km/h et créant une file d'impatients automobilistes accrochés au pare-chocs. Lorsque je trouve un bout de bitume sur la droite pour me ranger le temps de laisser passer tout le monde, je reçois un gros coup de klaxon... et je me demande si le mec me remercie de me ranger ou bien s'il exprime son impatience. Y'a tellement de débiles... qu'on ne sait plus.

    Le plus stressant sur ce genre de routes, c'est de parer à à toute éventualité, ne pas se laisser surprendre par ce qu'il y a - ou ce qu'il peut y avoir derrière le virage... notamment des automobilistes cons-cons qui coupent leur trajectoire, camion en face ou pas...

    Ils sont très longs les 45 Km de Saint-Péray  à Saint-Agrève. Et ce n'est pas le paysage qui risque de m'inspirer aujourd'hui : on ne voit strictement rien avec ce ciel chargé. Moi qui avais pris soin de charger l'appareil photo... on fera du tourisme un autre jour.

    Je suis à 14h30 chez mon client et je me déleste d'à peine 700kg. Etape suivante : Ardoix, Ardèche septentrionale, entre Annonay et Saint-Vallier. Il me faut couper à travers, et, après avoir consulté Alain26, véritable Bison futé de Drôme-Ardèche, je choisis de passer via Saint-Bonnet-le-Froid, Lalouvesc, Saint-Romain-d'Ay. Belles routes, beaux-villages, beaux paysages à n'en pas douter (derrière la brume), mais alors un temps... mais pourri ! C'est affreux ! Il fait 8°c à 15h entre Saint-Agrève et Saint-Bonnet-le-Froid... D'ailleurs ? "Saint-Bonnet-le-froid" ? Deux références au temps pourri dans un seul nom : "bonnet" + "froid" ! Et pourquoi pas quatre ou cinq tant qu'on y est : "Saint-Bonnet-le-Froid-de-l'écharpe-du-nez-qui-coule"

    Bien au chaud dans ma cabine j'ai une pensée pour le juilletiste venu planter sa tente sur les plateaux Ardéchois, et sans doute emmitouflé dans son duvet en attendant le redoux... 

    Je passe le col du Rouvey, 1244m, puis je me gare dans la descente pour couper la demi-heure qu'il me manque. Quel bonheur : tout seul au milieu des bois, ça sent l'écorce et la fougère, pas un bruit de moteur à l'horizon, pas de Bulgare qui recharge sa batterie à côté, pas de vieille flaque de pisse sous mes roues, l'endroit rêver pour une coupure.
    Lorsque je repars la jauge passe sur réserve... mais pas de souci je n'ai plus qu'à descendre.

    J'arrive à Ardoix à 17h et ici je laisse 7 tonnes, c'est déjà mieux.
    J'ai à ce moment précis 9h08 de conduite journalière, le chef m'indique de revenir à Jarcieu si c'est possible... et en l'occurrence c'est possible, avec une marge confortable de 5 minutes.
    Autant dire que ça ne traine pas à la descente.
    La route qui mène à Sarras est magnifique. Sarras... paisible bourgade dont la célèbre prostituée, la "putain de Sarras", reste aujourd'hui encore une référence stylistique très appréciée des plus distingués orateurs.

    Il y a le feu, pas le temps de s'arrêter faire une photo dans le sublime décor de cette D221, je trace et j'arrive à Jarcieu avec 9h57 de volant. La putain de sa race de RSE.

    Coupure au dépôt.
    Plus de 38 litres de moyenne sur mon parcours, 10 de plus qu'un voyage en Suède.