| Carnet de bord de Juillet 2014 | Partager sur Facebook |
Aucune volonté ce matin : j'ai mis le réveil à 5h et je me lève à 7h15, au dernier moment, comme si mon inconscient optimisait la période de glandage potentiel sans pour autant me mettre en danger. Adieux petit-déjeuner, rattrapage de carnet de bord, préparation des itinéraires et douche, je me contente d'enfiler des vêtements et je me pose derrière le volant, pas fier.
Si je ne traine pas, c'est parce que la journée s'annonce chargée. Alors je décolle après 9h et une minutes, pas plus, en direction d'un chantier d'enfouissement de déchets à Bellegarde. On m'a prévenu à Jarcieu : ça risque de prendre du temps chez ce client. J'y suis à 8h pile.
Parking, gilet, chaussures... je me présente à l'accueil où deux dames assez sympas s'affairent entre les aller-et-venues de chauffeurs. On m'invite à visionner une vidéo détaillant les mesures de sécurité, suite à quoi j'ai une interrogation écrite hyper dure où il faut par exemple relier des panneaux avec les interdictions qu'ils expriment, un peu comme dans un cahier de vacance niveau CE1.
Mon diplôme en poche je vais patienter au camion. Heureusement que je n'ai pas coupé ici, l'odeur de poubelle est violente.
Les mecs du chantier débarquent un quart d'heure plus tard, et je dois suivre le kangoo jusqu'à l'endroit de déchargement. Un périple dans la terre humide avec des bons gros dévers - heureusement je n'ai plus de spoiler.
Pour décharger les trois gros rouleaux, pas de prise de tête : "bah y'a qu'à les balancer par terre" décide le chef. J'aime. Me voici pendu par les bras aux barres du toit, afin de pousser avec les pieds... et les rouleaux de 300Kg font une chute d'environ 3m avant de s'écraser dans la boue.
Trois minutes pour vider.
Il est maintenant 9h et ce qui devait être une galère s'est finalement plutôt bien déroulé.
Deuxième client à Nîmes. Sur le papier ça a l'air facile : "Transports Grollier, Impasse Juvénal, 30 Nïmes". Là on se dit : un transporteur, tranquille, pas de souci d'accès...
Ce n'est qu'une fois devant la susdite "impasse Juvénale" qu'on déchante : on n'a pas envie d'y aller, c'est étroit, on n'en voit pas le bout, ça n'inspire rien de bon. Du coup je me pose non-loin avec les warning et j'appelle. On me confirme de bien prendre l'impasse, j'y retourne. Qui a déjà été chez transports Grollier s'en souvient à coup sûr ! Ça passe hyper fin, et au bout on fait demi-tour comme on peut...
Si le mec qui me reçoit n'avait pas été très accueillant j'aurais presque été énervé.
On monte crescendo dans l'adrénaline : troisième client, un chantier de maison de retraite "place du château, 30 Parignargues". Lorsque j'appelle pour m'annoncer et en savoir un peu plus sur l'accès, le contact que j'ai au téléphone me dit "bah, mouai... je pense que ça devrait passer... Y'a un petit camion qu'est venu livrer le chariot hier". Ok, merci d'autant de détail... me voilà encore plus inquiet qu'avant.
Effectivement ça passe, juste, après avoir déraciné un piquet de chantier à la main pour garder mes pare-chocs intacts.
Je livre une clôture métallique, afin que les vieux ne s'échappent pas de l'EPHAD.
Toujours plus fort dans l'adrénaline, direction Salindres, à côté l'Alès. La traversée du village est interdite, il faut suivre un itinéraire PL pour accéder à la ZAC de destination. Tout va bien, on contourne le bourg, puis on redescend en longeant le cimetière, à droite, à gauche... puis soudain un rond-point sans aucun panneau. Le problème c'est qu'on a envie d'aller ni en face à cause des arbres, ni à droite vers l'église... heureusement un habitant du village me voyant en galère m'indique la route vers l'église, puis il rajoute "vous êtes pas le premier, on l'a déjà dit plusieurs fois à la mairie, c'est hyper mal indiqué !".
Alors comme ça il n'y a pas de chargé de mission sur l'étude du trafic à Salindres ? Mais où vont nos impôts ?
A 13h je suis vide. Je reçois un sms de mission : chargement complet à Alès pour l'Italie (yeah !!!)... dans une déchetterie (meeerde...).
Et puis, comme c'est la journée de toutes les galères, je me retrouve à tourner pour accéder à cette fichue déchèterie dans le bon sens, c'est à dire pas dans celui que m'indique le GPS grâce à qui je me retrouve en pleine ZUP, genre de Bronx cévenole où des gamins font péter des gros pétards type bison rendant l'atmosphère encore plus charmante.
A la déchèterie tout le monde est bien sympa mais je perds un temps fou entre le chargement et les papiers... heureusement pour me consoler et en finir avec la malchance je trouve des sanitaires et une douche très propres. Enfin du positif bordel !
Ce sera d'ailleurs la seule parenthèse chanceuse de cette journée ; à peine reparti je me tape l'énorme bouchon de la rocade d'Alès, suivi du gigantesque bouchon de l'arrivée sur Nîmes. Qu'importe, je roule mes heures tranquillement, il n'y a pas grand monde sur l'A8, je trouve même une place sur l'aire de Beausoleil, 22h, fin de la période.