FDR - Carnet de bord
Carnet de bord de Juillet 2014 Partager sur Facebook
  • Photos
  • Vintimille
    dans les ruelles de Castelletto Sopra Ticino
  • Mercredi 30 Juillet 2014
  •  


    Rares sont les aires d'autoroutes proposant un tel panorama. On est d'ordinaire content lorsqu'on a vu sur un champ ou une forêt, lorsqu'on peut prendre des vaches en photo comme sur l'aire de Troyes la semaine dernière ; ici c'est l'immensité qui s'offre à nous, la mer, la mer vue de si haut qu'elle s'accapare une bonne partie du tableau, et, en contre bas,  Monaco, les immeubles et les yachts. Rien que d'ici on devine l'argent sale. 

    Je me suis encore levé au dernier moment. Je quitte Beausoleil à 7h10. Direction Sant'Albano Stura, près de Cuneo. C'est un plaisir de faire un tour d'Italie de temps en temps, une simple pause à la station Tamoil dans les hauteurs de Savona et je me sens un peu moins galérien que d'ordinaire : le café y est bon, on le sers dans une tasse, au comptoir il y a le routier avec son gros ventre, le play-boy rital gominé dès 8h du matin, le cadre en costard, le touriste de passage : tout le monde s'arrête boire le café en Italie, c'est une institution qui perdure. Mettez une machine selecta là au milieu et c'est la guerre ! En France c'est mort, nous avons été annexés.

    J'arrive à destination avant 10h. Il y a quatre camions devant moi. Bizarrement on me fait entrer direct, il y a peut-être rupture de stock de bouteilles en plastique compressées... j'en doute en voyant les centaines et les milliers de bottes de poubelles, qui jonchent l'endroit.
    Les mouches règnent en maitre, j'ai à peine commencé à débâcher qu'elles s'agitent tout autour. Il faut dire qu'elles ont de quoi s'en donner à cœur joie avec les jus divers et variés qui dégoulinent des bottes : du concentré de déchet humain, bien fermenté.
    Bien entendu je ne trouve pas de balai dans la belle Schmitz des rugbymen, alors me voici en train de pousser ce qui est resté sur le plancher avec un super bout de bois ! Génial.

    Je recharge à Vercelli, complet... du moins théoriquement.
    Il s'agit d'une immense base logistique, bizarrement situé dans Vercelli. D'après ce que je comprends il s'agit aussi des douanes historiques de la ville. Le fait est que pour y a aller, on se pose sérieusement la question en voyant les multiples panneaux d'interdiction PL. La mise en garde est telle qu'on n'ose pas s'engager dans la rue, on se dit qu'il doit y avoir un itinéraire spécifique. Pourtant non, il faut bel et bien braver les panneaux... ils n'ont même pas mis le petit panonceau jaune et noir avec le nom du client dessous, c'est au routier de se lancer vers l'inconnu.
    Bref, j'arrive à destination, et comme par magie mon beau complet se transforme en lot de 25 palettes. La guigne.
    A 16h c'est chargé, il me reste plus de trois mètres et Stéphane me demande d'attendre. Va-t-il trouver un complément à charger ce soir ? Quelle question... bien sûr ! "Avant 17h30 à Castelletto sopra Ticino";
    C'est parti, à fond : je tape l'adresse dans le GPS, je regarde sur la carte, j'appelle le destinataire en "Italanglais", je réponds au donneur d'ordre qui s'inquiète déjà, j'envoie la réponse par SMS à Stéphane... et en faisant tout cela... je conduis. Pas de temps à perdre, je n'ai aucune marge d'après le GPS.
    Pour couronner le tout, le client est en plein centre de Castelletto, je me demande bien comment y accéder et surtout à quoi m'attendre. Je choisis un itinéraire autre que celui de mon fidèle compagnon guidé par satellite (certes, mais sans cervelle). Chance ou bonne étoile, peu importe : je fais le bon choix, je me faufile dans les ruelles étroites de la ville avec force transpiration sur le front, et j'arrive à destination à 17h28 en super héros !

    Fier de moi !

    Je charge une machine, à 17h45 je me retrouve tout seul dans la cour, en train de sangler. Les caristes ont filé comme une volée d'hirondelles.
    Enfin tranquille. Je peux rouler en direction du Fréjus sans trop de pression. Je vise d'abord l'autoport de Suse, puis comme il m'en reste un peu sous le tachygraphe je pousse jusqu'au Gran Bosco : la douche et le café y sont disponibles 24/24... à Suse non.