| Carnet de bord de Juillet 2014 | Partager sur Facebook |
Cette fois je me fais violence : à 5h20 je sors du lit et je traverse le parking 3/4 vide du Gran Bosco pour aller prendre ma douche. C'est gratuit, un peu plus propre que la dernière fois, on a même réparé les portes cassées et débouché le siphon ; grand luxe !
Je ressors avec le dessous de bras frais et le cheveu humide dressé sur la tête, tel le footballeur de l'En-Avant-Guingamp sortant du vestiaire après un choc au sommet contre Evian-Thonon-Gaillard. Malheur, que vois-je garé devant la station... UN CAR DE TOURISTES FRANCAIS ! On ne souhaite ça à personne, pas même à son pire ennemi... Ils sont là, agglutinés derrière la caisse, impatients, en train de compter leurs sous pour payer "oune grandé café pour favor".... haaaa rien que de les entendre ça m'énerve, mais je n'ai pas le choix, je me mets à la suite, il faut que je rende les clés de la douche contre mon permis de conduire. Et aussi que je boive "oune grandé café".
Tranquille le chauffeur du car : le caissier lui offre café et viennoiserie... bah ma foi. Moi la sous-merde je suis prié de sortir le portefeuilles.
6h, départ, direction le tunnel.
Je suis en ADR, il me faut passer sous escorte. 40 minutes d'attente.
Me revoici en France. Je dois livrer un premier client à Grenoble. La Maurienne se descend tout schuss, comme d'habitude. J'arrive à destination à 9h. Problème : j'ai une machine de 3 tonnes au cul, il faut vider par le côté, ce qui ne fait pas forcément plaisir au cariste. Heureusement je suis dans une petite boite, ici on ne se permet pas de refuser un camion avant d'avoir au moins essayé de trouver une solution. Car il n'y a qu'un pauvre gerbeur et les palettes sont dans le mauvais sens. Avec un peu de biceps on parvient à en tourner quatre, ce qui laisse la place ensuite pour manœuvrer avec un transpalette. Imagine-t-on faire ça chez Intel ou Intel où plus personne ne prend de responsabilité ?
A 10h c'est fini. Je repars, avec ma lourde machine sur le porte-à-faux arrière... piano piano. J'ai de la chance : non seulement il ne pleut pas, mais en plus il ne neige pas.
Piano, mais pas trop quand-même : si ça marche bien je vais juste pouvoir vider avant midi à Saint Maurice L'Exil.
Verdict : vide à 12h10. C'était tendu. Et voilà ma récompense : "chargement avant 14h à Rive de Gier". Et dire que si je n'avais pas couru j'aurais eu deux heures pour manger...
Et puis c'est quoi ces impératifs toujours plus contraignants ? "Avant 14h" et puis quoi ? A 14h10 ils éteignent la lumière et se cassent ? On créée de l'urgence chaque jour un peu plus, comme ça, par souci protocolaire, sans vraiment se soucier des répercutions.
J'arrive à Rive de Gier à 13h20 et c'est presque comique : "bah faut attendre le chef qui est parti manger, il revient vers 14h..."
Régis réduit à l'état de sous-sous-merde.
Je m'en retourne blasé vers Jarcieu à 15h. En route j'écope d'une ultime mission : charger un matelas et un sommier chez la "Halle au sommeil" à Salaise. Je la joue gros bourrin : je débarque sur le parking client, au milieu des bagnoles avec le camion, je vais chercher le lit, et je me sauve... Direction le dépôt.
Je case 3h de coupure pour valider une 11h ce soir. A quai je récupère un chargement pour Saint Quentin Fallavier.
Lorsque je repars je n'ai plus l'amplitude pour m'arrêter manger, alors, comme je n'ai plus rien dans le frigo, je m'arrête choper un Mc Do à La Verpillière... que je bouffe dans la rue de mon client, à la suite des 75 camions dont je retrouverai les chauffeurs à la réception demain matin... mais demain est un autre jour, je broute mon Royal Cheese en regardant indifférent l'A43.