FDR - Carnet de bord
Carnet de bord de Février 2021 Partager sur Facebook
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  • c'est un maton qui s'évade ?
    c'est dur la livraison de piscines parfois
  • Mardi 2 Février 2021
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    Le couvre-feu c'est le soir et pas le matin, il me faut absolument sortir du troquet avant 7h si je veux éviter le bordel. Je me lève donc beaucoup trop tôt. Montpellier le matin c'est bien pénible, de tous les côtés. Je glande une dizaine de minutes à l'entrée de Prades le Lez et je sonne à la maison au quatrième top de 8h sur Inter. Mon camion est immatriculé à Besançon, capitale de l'horlogerie, c'est une obligation d'être précis.

    Je dépose une mini piscine dans un mini jardin, tout est mini sauf la circulation, putain cette rue c'est l'enfer ! Les caisseux se klaxonnent, ils me font bien rire. Le client me dit que passée l'heure de pointe ça se calme, j'espère pour vous oui...

    Ensuite je vais faire une rénovation à Villeneuve les Maguelone. Le quartier me dit quelque chose, ah ben oui j'ai livré une Lola dans la même rue il y a peu. Je me gare au même endroit, facile. Par curiosité je jette un œil par-dessus le grillage, la piscine est en eau ; Lola mini, moins de 10m2 donc pas de permis de construire, pas d'autorisation, rien nada, fastoche. On en fait de plus en plus.

    Après ça je vais à Agde, en ville. Un lotissement s'est construit là au milieu, des petites rues pour y accéder, des trottoirs, des lampadaires, des bagnoles mal garées, j'ai tout eu ! Les lampadaires sont super design sauf que la loupiotte empiète sur la voie de circulation, dans les virages avec le porte à faut avant ça le fait pas du tout. Bien énervé j'aurais eu plaisir à en arracher un, mais je suis allé faire le tour du quartier à pied, camion en warning, ça m'a calmé. Ça n'a pas calmé les gens en bagnole derrière mais c'est pas grave, ils ont reculé. Moi aussi. La maison est en construction, ce sont les maçons qui réceptionnent. En fait ils ne réceptionnent rien du tout, ils s'en foutent, je fais mon truc tranquille. Avec les fourches du chariot j'aplatis un tas de gravats, ça me permet de descendre dans le terrain vague à côté, sinon j'aurais dû dépoter les margelles, tout seul merci bien.

    Il est midi et demi, j'ai fait trois clients, c'est ce que j'avais prévu. Je mange un bout du côté de Sète.

    A 14h je suis à Valras Plage. La maison est toute fermée, j'appelle le client, il m'envoie sa fille dans le quart d'heure, une cavalière au vu des grolles et du futal. Le camion est garé à 50 ou 100m de la plage, je prends deux minutes pour aller voir la mer. Il fait 21°, il y a un peu de monde pour dire qu'on est en février. Petite balade qui fait oublier la galère du matin, on ne peut pas se faire chier tout le temps.

    Il me reste une piscine complète au-dessus de Béziers, à Murviel. Le client crèche dans une baraque isolée loin du village, au creux d'un vallon, on n'est pas en Provence mais La gloire de mon père aurait pu être tourné là. Le client ne s'appelle pas Jean de Florette, il n'est pas bossu mais je lui donne quand même un coup de main pour ranger les colis dans la grange.

    Je finis la journée à Fitou, un malotru a eu l'audace de prendre ma place habituelle sur le parking, je vais peut-être lui dégonfler les pneus dans la nuit pour lui apprendre... Blague à part j'ai pas beaucoup roulé mais j'en ai ma claque ce soir.