FDR - Carnet de bord
Carnet de bord de Mai 2026 Partager sur Facebook
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  • à la ferme
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    le Tarn profond
  • Jeudi 21 Mai 2026
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    Je me lève beaucoup trop tôt pour être à 7h à Montech. Le client peu souple a pleurniché, bon prince j'y suis à l'heure dite. Il passe dans sa caisse quand je descends le chariot, il me dit que sa femme est à la maison. Je fais le tour de la baraque pour déposer la rénovation au plus proche. C'est quand je demande le contre-remboursement que ça se complique. Elle me dit que c'est prévu avec le commercial, ils paieront plus tard. Ouhlàà non ! Je lui explique, elle téléphone à son mari j'imagine, sentant l'embrouille je remballe la palette. Elle me dit que son mari a dit niet, il refuse de payer, bon bon, au revoir madame. Raaahh vindiou cette palette va me faire chi.r pour recharger. J'ai bien fait de me lever de bonne heure tiens !

    Je sors du lotissement par le fond et je tombe sur un fil de téléphone qui pendouille, encore un ! Là il est en haut du pare-brise en gros. Je m'arrête, je grimpe au dos de la cabine et je fais passer le fil. Là la voisine me dit que j'ai rien à faire là avec un tel camion. Je garde mon calme, madame c'est pas le camion le problème, c'est le fil. Un autre jeune type arrive : « faut baisser vos suspensions à l'arrière de la remorque. » Tsssss, t'as une autre connerie à dire ou on en reste là ? Je suis en train de faire le singe que le client m'appelle, il est hors de lui parce que je n'ai pas livré. Putain mais ce matin !!! Je le laisse continuer sa diarrhée verbale, le fil passé je remonte dans le camion, je reprends le téléphone, il en veut à la Terre entière, je reste sur ma réserve, toujours. J'aurais bien envie de lui dire ces quatre vérités mais faut surtout pas. Je sais que j'ai la procédure pour moi. Je lui explique que c'est pas une procédure Wat, c'est le code du commerce. A la fin il me dit : « ah mais moi je ne laisse pas 3000 euros à un chauffeur. » T'as raison, fin de la discussion.

    Je remonte à Montauban, faudrait jamais quitter Montauban... direction Caussade en gros. A 8h j'appelle Philippe à la log, bien sûr il me dit que j'ai bien fait, il ouvre le dossier : le client a envoyé un mail à 7h15 pour se plaindre de moi, que j'ai été désagréable. « Je lui répondrai plus tard, c'est un emmerdeur, t'inquiète, on voit le genre de personnage. Ah il ne donne pas 3000 euros à un chauffeur, je vais lui foutre des frais de seconde livraison, ça va le calmer».

    A Bioule je livre dans une grosse ferme, stationnement facile, la palette d'accessoires sous un hangar, fastoche. Ils élèvent des vaches allaitantes et des truies, je repars avec un sauc' fait sur place. Je vais voir les cochons, ça pue un peu évidemment, mais une fois sur le barbecue ça sent tellement bon !

    Une jolie route de campagne, des chouettes coins, à 11h je suis à Gaillac. J'ai appelé le client, il est infirmier libéral, pas pressé je lui ai dit de finir sa tournée. A 11h30 il rentre, j'ai eu le temps de débâcher. Quand c'est fini j'avance dans la zone a côté pour manger un bout.

    A 13h je suis à Albi, la maison est au bord d'un chemin tortueux, trop dangereux je vais me garer à 2 ou 300m. Il manque les margelles, en rupture de stock, le client s'en fiche, il est loin de les poser. Ouf, c'est bien de tomber sur un mec normal. Ensuite je monte à Carmaux, je m'enfile sur un petit chemin, ça descend en lacets, en bas il y a un petit pont, gros coup de stress mais ça passe. La maison est dans un hameau isolé, client hyper sympa, café, coup de flotte parce qu'il fait chaud, punaise ça me change de l'autre ce matin. Quand c'est vide je continue une paire de km et je tombe au resto de la Croix de Mille, pas de regrets, impossible de faire demi-tour, je me serais payé la route de merde en repartant.

    Il me reste une dernière grosse rénovation, margelles escalier à Mazamet. Ici aussi le client en a marre de l'escalier filtrant, il vire tout pour mettre un filtre classique et un petit Paso. Paso qui rentre pile poil à la place de l'Escawat, même taille. Pas d'alcool, j'accepte un jus de pomme quand on a fini.

    La mauvaise nouvelle de l'après-midi c'est qu'on ne recharge qu'à 13h demain à Béziers. C'est pas bien grave j'avais prévu de rentrer samedi quoi qu'il en soit, mais ça fait chier d'attendre jusque là. Je pensais couper à Maureilhan mais j'arrête à l'auberge de Rodomouls, y en assez.