| Carnet de bord de Mai 2026 | Partager sur Facebook |
Il faut retourner au boulot après un fort joli week-end en Sologne, non pas à la châââsse comme les grands bourgeois, je suis un viandard mais je ne tue pas la bidoche moi-même. Un peu avant 6h je suis à Bourogne, la semaine est courte et incertaine, je voudrais faire une 11 ce soir. C'est d'autant plus con de démarrer tôt que je ne livre rien aujourd'hui.
Il me faut rouler ultra light, l'autonomie me donne 120km, j'arrive à Devecey sur les vapeurs. J'exagère un peu. Ce qui agace c'est que le réservoir fait 700 litres mais c'est impossible d'en mettre plus de 600, ou alors faut être héroïque et ne pas s'occuper de l'autonomie. Je passe au pain chez Ange, plus loin c'est compliqué. Tout ça fait, zou ! Je pensais laver mais vu la météo j'abandonne l'idée.
Un quart d'heure au plein, je boucle une première 30 après l'interdiction de la 73. Il y a un peu de monde entre Moulins et St Pourçain, plutôt que de m'énerver je m'arrête manger un bout en 30 minutes. Je fais la seconde coupure à l'aire de Corrèze, ensuite je sors à Tulle, j'aime bien descendre par là, ça roule, ça économise un peu d'autoroute et c'est plus court.
Du côté de Cahors j'essuie un orage terrible, il tombe des seaux d'eau, les bagnoles en warning, je confirme j'ai bien fait de ne pas laver, là c'est karcher gratuite. Il douche jusqu'à Montauban, j'aimerais bien que ça se tasse dans la nuit, demain il y a du taf. J'ai textoté mes deux clients du matin ils sont ok et Philippe l'assistance de Pau aussi. Lui c'est une crème, il est toujours ok.
A 18h15 je suis à Bressols, 9h58 de volant, nickel mon histoire.
A l'issue de mes 11h et de mes café pain-beurre douche éternels j'enquille ma deuxième route préf', Montauban Beaumont de Lomagne, bon c'est con il fait nuit. Je passe Auch à la fraîche, à 8h pétantes je suis à Orleix. Je m'enfile dans un petit lotissement j'arrive à faire demi-tour, je finis en chariot et je me fais baiser, ma rue est barrée pour travaux, il me faut faire le tour. Il y a un bon km pas plus mais je dois passer par la nationale, ça circule. Je pousse la palette sous un carport, un chèque et zou !
J'ai rendez-vous avec l'assistance à Bizanos, Espace Daniel Balavoine. Je m'attendais à un bâtiment en forme d'hélicoptère mais non c'est une salle banale. Ils n'ont pas d'humour ici. Je me claque dans un coin du parking, on transvase, et on file chez le client. Un gars bien un peu pénible. Jacques le commercial du coin a fini un rendez-vous, il vient nous serrer la louche. Phil me ramène au camion et on monte à Ogeu les Bains. Je ne devais livrer qu'à 13h mais c'est lui qui va monter la piscine, on y va direct. Je me gare devant une entreprise, je crains de me faire virer mais Philippe me dit de ne pas m'inquiéter, c'est un copain. On livre et je reste sur place pour manger un bout vite fait.
Je me paye à nouveau le contournement de Pau et en début d'après-midi je suis à Pomps, le chemin ne m'inspire rien de bon, j'y vais en marche arrière. Fort jolie maison en pierres typique, fort jolie maman, je prends sa brouette pour ranger le liner à l'abri.
Après ça je me paye des routes de chèvres jusqu'à Bonnut. Encore une réno mais cette fois chez des petits vieux, le chemin est hyper étroit, je m'arrête devant la maison, l'accotement est trempé l'eau remonte sous les godasses, je reste au milieu tant pis. Aucune bagnole ne passera pendant la livraison, pas le choix.
J'ai encore un kit à Salies de Béarn, j'y suis à 17h, sur ma feuille j'ai stationnement 500m, mais je suis garé devant le portail sans difficultés, pas compris. Là les enfants sont en pull bleu marine, soquettes blanches et souliers noirs, je suis tombé chez des intégristes moi l'athée. Bah ils sont bien aimables. En repartant le centre ville est interdit, je fais un peu le tour et je me rends compte que je passe à Carresses, mon bled de demain matin, je m'arrête, la maison est dans la première rue à gauche. C'est con de ne pas y aller, j'appelle la cliente, elle me dit qu'elle sort du boulot, elle sera chez elle dans un quart d'heure. Au poil ! Ça l'arrange, demain elle devait faire venir sa fille pour réceptionner, ça l'arrange, ça m'arrange, tout le monde est content. Je fais bien écrire le 6 mai sur le bordereau pour éviter les discussions stériles à la log.
A 19h je suis à Cauneille, je prends la dernière place, voilà une bonne journée de faite et j'ai eu une chance insolente avec la pluie, demain ce ne sera pas le cas...
Je démarre au plus tard pour me garder de l'amplitude ce soir, sait-on jamais. A 8h30 je suis à Briscous pour déposer une palette de margelles et en reprendre une, le commercial a chié dans la colle. J'avais prévu un rouleau de film et du scotch si des fois la palette avait été dépotée mais non l'emballage est intact. En discutant avec le client je comprends que c'est Jean-Charles qui a livré la première fois, il a de suite compris que c'étaient pas les bonnes et a dit au client de ne pas y toucher. Voilà qui m'arrange bien, en plus il tombe des seaux d'eau, c'est pas le moment de traîner sous la flotte. Singing in the rain, très peu pour moi.
A 10h je suis à Saint Pierre d'Irube, du moins j'essaye. Ma rue, ou mon chemin plutôt grimpe sec à un endroit, ici c'est comme la côte d'azur il y a des maisons partout, donc on construit sur des coteaux impossibles, il pleut ça grimpe tellement que je patine, procédure 8 42b, je dépends le chariot, je monte le camion, redescends à pied, récupère le chariot, tout ça sous une pluie battante. C'est quand la retraite déjà plus ? Je suis à 1km du lotissement, même pas. La rue descends à pic, je laisse le camion et vais voir à pinces. Mouais, c'est vraiment petit mais je ne peux pas rester là, je descends. Je trouve à me retourner. J'ouvre et je vois deux gamins, un garçon une fille de 8 et 10 ans peut-être qui me regarde faire, k way et capuches sur la tête, ils n'en loupent pas une miette. Au deuxième tour, ils n'ont pas bougé, j'entends la mère qui les appelle, bien polis ils me disent au revoir, eh oui je travaille en public désormais.
Dernière piscine de la semaine à Sare, bled un peu paumé dans la montagne. La route passe devant le célèbre petit train de la Rhune, je connaissais sans jamais l'avoir vu. Ça se mérite, surtout en semi, et sous la pluie, ça patine sans arrêt. J'ai appelé la cliente mais elle est infirmière libérale, sa tournée ne se termine qu'à 14h mais me promets de faire au mieux. Je continue à grimper le GPS et maps ne sont pas d'accord, je loupe ma rue, le temps de m'en rendre compte j'ai bien fait 2km. Je m'arrête, aucun endroit pour faire demi-tour bien sûr. La route devient interdite, et plus loin change de nom, passe en NA quelque chose... C'est pas d'aller en Espagne qui m'inquiète, c'est est-ce-que ça passe ? Un pépé en camping-car s'arrête et me dit de ne surtout pas aller plus loin. Bon ben je recule, pas le choix, heureusement il passe très peu de bagnoles, quelques Espagnols, c'est tout. Je recule jusqu'à un semblant de parking, ouf ! Dans le bon sens, je recule devant la maison, je mange un bout il est midi et demi, j'ouvre et je descends la palette de tôles, je laisse les colis à l'abri. A 13h45 je vois arriver une Skoda avec un caducée, en descend une trentenaire incroyablement jolie. Elle me dit que la piscine ne se livre pas là, mais à 8 minutes de là. Merde ! Oui ici ils ne parlent pas en km mais en temps de trajet. Fait chier, elle aurait pu me le dire au téléphone. Je remballe tout, encore de la route improbable, la maison est au bord de la route, son mari me dit que 150m plus haut il y a un genre de rond-point, obligation aux PL de faire demi-tour, ouf ! Je pousse la piscine dans le garage, un chèque et je me sauve. Je m'étais annoncé vide à Laurence à 14h, il est presque 15. On recharge à Hendaye, je me hâte lentement, à vide sous la pluie en montagne, on va éviter de faire un miracle.
Je me pointe chez le transporteur il est presque 16h, le cariste est seul je vais devoir attendre. Mais non, un gars que j'ai vu au bureau vient s'occuper de moi. On charge un ascenseur, tout est dans des caisses en bois, très bien emballé, autrement mieux que chez Otis à Gien entre parenthèses. Ensuite je vais au quai 2 pour compléter avec des machines à café made in spain. En fait c'est des distributeurs comme on en voit partout. Je m'inquiétais de devoir dépoter ma palette de margelles en retour mais ça passe crème. A 17h, venga !
Demain c'est un jeudi qui vaut un vendredi, faut pas traîner, j'ai bien fait de garder de l'amplitude ce matin. A fond à fond dans la plaine, je passe Bordeaux à quasi 20h, ça roule. Je déteste ça le soir mais tant pis je mange un bout vite fait au camion, et je finis mes heures à St Claud sur la place du village, d'ici on rentre tranquille, même si je dois faire le crochet pour livrer les machines à Poligny.
Quand les 9h sont écoulées en route, pas loin, je m'arrête déjeuner et me doucher au relais des Barbettes. Pourquoi je n'y suis pas allé direct hier soir ? Passées 22h va te garer sur un parking de resto, surtout sur cette route. Et de toutes façons ça ne passe pas en 4h30, je vais devoir couper.
Je mets un chouilla de gas-oil à La Croisière, histoire de ne pas me ronger les sangs sur la réserve.
A 11h30 j'appelle à Poligny, je tombe sur une fille qui me dit qu'ils sont fermés, derrière elle j'entends un bruit de teuf, il ne manque que les bouchons de champagne. C'était prévu lundi 8h 12h, il n'y a rien à dire. J'attaque une tomate du côté de Blanzy, compteur à zéro. J'évite le pont de Navilly, en plein jour c'est exagéré, vous allez me dire que de l'autre côté c'est interdit aussi. Certes certes.
Sur les coups de 15h je me présente chez GT2A à Chemaudin, c'est eux qui vont relivrer l'ascenseur en porteur hayon. Le cariste est bien efficace, il me file un tire-pal pour les palettes du fond, en une vingtaine de minutes c'est vide.
Je traverse la rue pour laver chez Mécano service mais il y a trop de monde, je suis là, je fais graisser les pivots de mon auto-vireur, c'est plus important. Lionel en profite pour jeter un œil à mes freins, tout est ok. Je rentre à Devecey, personne au gas-oil Adibou, j'y vais en premier ensuite je me vide les machines à café et je recharge deux lots de pierres tombales made in India pour lundi, je passe une sangle derrière un poteau sur une palette seule et debout, c'est pas rassurant du tout.
Je n'ai plus qu'à me rentrer, pas pressé je passe par la Haute Saône. A 19h30 je me gare à Bourogne, bien content, en finissant au Pays Basque c'était pas gagné. Bon long week à tous, le ciel vous tienne en joie.
A 9h je suis à Bourogne, j'ai prolongé un peu le week-end, je vais livrer un premier monument funéraire à Berche, ils ne disent pas pierre tombale ça fait triste. Pfouuu, c'est vachement loin, c'est la zone juste après Voujeaucourt. Tout est fermé, il y a un numéro de téléphone, j'appelle évidemment, un gars me dit de déposer la palette sur le côté, et si je veux une signature sur les papiers il faut venir au magasin. Ma foi. La pluie cesse un moment, je me vide la palette. Je prends une photo et je vais au magasin, en fait c'est à côté de la piscine où on allait à Valentigney. C'est l'avenue Oehmichen, un ingénieur, gloire locale, il a inventé le démarreur sur les bagnoles et l'hélicoptère s'il vous plaît, moins connu que Léonard De Vinci quand même. L'avenue de son bled qui porte son nom est très large, ce qui m'arrange bien.
Grosse matinée de boulot faut que je me repose, je vais manger à la maison.
A 14h je livre la deuxième pierre tombale à Grandvillars, là c'est un plus gros truc il y a deux palettes. Je dépose sur le parc à l'arrière du magasin, ça fait moins loin que ce matin pour tamponner la lettre de voiture.
A 15h je suis à Seppois, bizarrement ils sont à l'heure, personne ne ronchonne, ils se seraient améliorés ? Ne crions pas victoire trop tôt. C'est leur faute aussi, avant tout était hyper carré, on n'a pas l'habitude. J'ai le temps de contrôler, tamponner un carnet de récép', boire le café. Jean-Charles est devant moi, ça va vite, il n'est pas complet. Un peu après 16h je prends la place. J'ai pas grand chose non plus, une semaine à la con, elles n'ont pas blindé les camions, à 17h je me sauve, c'est l'heure à laquelle je devais charger. Au poil.
Fin de cette journée de pré-retraité chez le José, je tombe sur Romain de chez JP, je ne mange pas tout seul.
Réveil 5h15, il est trop tôt il n'y a pas de pain, la douche coule coule, je bricole le bouton-poussoir mais rien n'y fait. Je le signale à la serveuse, elle me dit que ça déconne. Coûte pas cher l'eau chaude à Beauchemin.
J'évite l'autoroute, full départementale, juste à 8h je suis à Chaneins, réno-margelles d'une grosse Olivia, client pas hyper gracieux, je ne m'éternise pas. Pas facile de repartir, il faut tourner au coin d'une maison, ça passe ric-rac. Encore plus ric-rac à Beynost, j'avais bien vu que ma rue n'est pas fastoche mais tout le quartier est en travaux, des tranchés des panneaux des barrières, je ne touche rien mais c'est bien fin. Le client est un retraité italien, il me fait un vrai café et me demande de remplir le chèque, il a du mal avec les sommes en lettres. La sortie du bled est plus simple, un virage à l'équerre et je suis sur la nationale.
Première piscine complète à L'Isle d'Abeau, encore des super bordéliques, comment peut-on vivre dans un tel foutoir. Il déplace du bordel devant mes roues, je n'ai rien écrasé. Coup de bol, la pluie arrive quand j'ai refermé.
Je mange un bout là le long et à 13h30 je suis à Chatuzange le Goubet pour récupérer une couverture trop petite pour la piscine, c'est ballot. Le client l'a remise dans le carton d'origine, en dix minutes l'affaire est dans le sac, j'espère qu'elle ne va pas me faire chier pour recharger. Je me fais encore une rénovation à Divajeu, la maison est dans un hameau isolé. Je me gare au bord du chemin et je pense aller voir à pied, un aborigène drômois vient me voir et me dit de ne surtout pas y aller en camion. Tant pis pour la petite marche à pied, il a raison mon gars, fallait surtout pas y aller en camion, c'est vraiment minuscule. Une palette en échange d'un chèque et zou !
Je descends à Saulce, vieux lotissement à l'entrée de la ville, je m'enfile en marche avant pensant pouvoir me retourner au bout, fatal error. Je livre chez un pompier pro, il me dit qu'il a été muté par ici, c'est sa deuxième Waterair, je n'ai à lui montrer que les trucs qui ont changé. En bon pompier il vient me faire la sécurité pour reculer sur la nationale, merci tout plein.
Petite tournée je n'ai plus qu'une réno demain matin en Ardèche, il est 17h30 c'est con. J'appelle le client mais il ne veut rien savoir, il est chez lui mais demain c'est demain. Ma foi, c'est rare mais ça arrive de tomber sur des gens … Je monte au relais St Christophe à Lavilleneuve, très bonne adresse, il faisait trop froid pour manger sous l'incroyable terrasse, tant pis.
Café pain-beurre douche, je démarre à 7h30. L'adresse n'est qu'à une douzaine de km, je vais me retourner au village et je me gare sur un semblant de parking. Quand c'est fini le client veut m'offrir le café. Hier soir tu n'as rien voulu savoir et là tu veux qu'on boive un coup ? Étouffe-toi avec ton café, qu'il te brûle le gosier et que tu perdes le goût jusqu'à la fin des temps. Comment ça je suis rancunier ?
Je redescends dans la vallée, à 9h30 je suis chez Siplast à Loriol. Au bureau le gars me dit que je n'ai rendez-vous qu'à 11h mais de me mettre au quai 8. Un cariste m'attaque aussitôt. Les rouleaux d'étanchéité c'est super costaud, je gerbe ma couverture dessus. A 11h je suis chez Fiter à Bourg lès Valence. Fiter c'est la log de Retif, d'où l'anagramme j'imagine. Sinon il y avait Frite Firte Trife...A 11h30 je me sauve, chargé complet, j'ai juste la place pour la pile d'Europe que je traîne depuis lundi. Je me prends un bout de pain à la boulan à côté de la station route de St Vallier, cette fois en route.
J'arrive à Lyon vers 13h, Maps annonce 10 minutes de moins par le vieux périph, va pour le périph. Une fois de l'autre côté de Lyon je suis sauvé, je mange un bout au péage de Montluel, compteur à zéro. J'ai un lot pour le 25 Brognard, c'est dans le Technoland, tout près de la maison, j'appelle mais ils font le pont. J'appelle Pauline, elle me dit que c'était prévu, je dois tout poser à quai chez nous.
C'est bien le binz à Besançon, j'ai perdu 30 secondes à Micropolis à cause de la fête foraine puis au moins 10 secondes à Valentin. Là je fais rire les Parisiens Toulousains Niçois... rire jaune.
A 17h je suis à quai chez nous, je me vide les lots, le jeune Teddy me file un coup de main et je recharge 13 palettes de terreau pour vendredi. Quand c'est fait je file la main au jeune pour vider sa semi de produits chimiques. Personne à la pompe, je complète gas-oil et Adibou, pas pressé je rentre par la Haute-Saône. A 19h45 je suis à Bourogne, au poil l'histoire.
Démarrage de chez JP à 7h30, bien sûr j'évite l'autoroute, je gagne quelques km en coupant tout droit. Sauf qu'après Brebotte la route est barrée, je suis la déviation et au bout de 10 minutes je me retrouve à Joncherey. Ah ben bravo Pierre ! Ou comment rouler pour rien. Sur les coups de 8h et demi je suis au Weldom d'Hésingue, j'y suis venu il y a quelques semaines ça avait bien marché. Un Transalliance vide un complet de sel, il termine, je prends la place. Le cariste est toujours bien sympa et efficace.
Un peu avant Seppois je vois une boulangerie qui ne paye pas de mine, je m'arrête...c'est le paradis. Un autre client discute avec le boulanger, le félicite pour sa reconversion, je comprends mieux. Je me prends une tourte de seigle bio et un sandwich : baguette aux graines, jambon local, comté bio. Je leur souhaite le meilleur.
A 11h je suis chez Wat, je charge le voyage du siècle, une rénovation pour Seppois le Bas ! 1km300 ! J'appelle mais le gars est au boulot, pas grave je contrôle mon voyage, je tamponne un carnet et j'agresse mon casse-dalle. A 13h je pose la réno devant le garage rue des Malgré-Nous ( les pauvres gars enrôlés dans l'armée nazi ) et je redescends à l'usine. J'ai pas mal de fourbi, il y a tellement de boulot que je fais un relais mercredi à Montauban, Christine la cheftaine me dit que la prod s'y attelle lundi. Mon collègue chargera mardi et il aura un gros 24h pour descendre, je croise les doigts.
A 15h j'ai tout fini je me rentre à Bourogne, bon week à tous, le ciel vous tienne en joie.
Si la météo continue comme ça tous les week-ends on va économiser des pneus et de l'essence, normalement c'est les plus beaux jours de l'année, la haine. J'économise des pneus et du lavage, mon pauvre camion n'a vu que l'eau de pluie depuis des semaines, pas la peine de laver ce matin non plus, à Dôle j'hésite mais plus loin c'est bien noir.
En pleine journée j'évite le pont de Navilly, par la route de Pierre de Bresse on ne perd que quelques minutes. Quelques minutes si on ne tombe pas sur les bleus mais je n'en ai jamais vu par là. Ils ont probablement d'autres chats à fouetter. Je suis bien occupé au téléphone avec des histoires de contre-remboursement, et le robot patati et le nouveau moins cher patata, ça me passe le temps. Je passe Le Donjon il est midi dix, le garde champêtre est à la soupe, ça roule. Les 4h30 sonnent avant Lapalisse, je finis un gloubiboulga que j'avais fait samedi. Mouais, je ne suis pas étoilé Michelin et je sais pourquoi.
Par endroit il tombe des seaux d'eau, ça caille en Auvergne et en Corrèze. Je coupe un premier quart d'heure entre Ussel et Tulle, comme l'autre fois je sors à Tulle, Maps annonce 5 minutes de moins à cause de travaux sur l'A20. Je ne sais pas si j'ai gagné du temps mais au moins du péage. C'est vrai qu'à Brive c'est un beau bordel, je ne perds que 2 ou 3 minutes mais dans l'autre sens c'est un enfer. Je finis ma seconde coupure du côté de Cahors et je termine la journée à Bressols. Mes trois premiers clients ont répondu à mes textos, je vais à la soupe l'esprit tranquille au moins pour le début de tournée.
Quand je paye le déj et la douche je touche deux mots au patron pour ma transvase de demain, je vais squatter son parking, il est ok, c'est la moindre des politesses de demander.
J'attaque les livraisons à Valence mais d'Agen, à côté de la centrale de Golfech. Une jolie Cécile avec une natte serrée, le nom du modèle de la piscine j'ai pas retenu. C'est la Sara qui a changé de nom, et d'escalier, plus haut plus grand, plus chiant pour nous quoi ! Ensuite j'ai un bout de route jusqu'à Léguevin, il est 10h passées la circulation toulousaine s'est bien calmée. Je dépose une grosse réno sous un carport, le lotissement fait une boucle, c'est les vacances.
Je me fais le contournement de Toulouse, je mange un bout avant d'arriver, je me pointe un peu en avance mais j'ai une grosse après-midi. Une piscine sans escalier, je trouve qu'il y en a beaucoup avec les nouveaux modèles. Une échelle c'est bien sûr moins cher mais quand on vieillit... En repartant je veux sortir tout droit mais un fil de téléphone pendouille au bout de la rue, on va éviter d'arracher une trompe je recule jusqu'au bout et je repars comme je suis venu.
La suite m'inquiétait un peu je dois livrer dans Toulouse, sur Maps la rue est toute petite mais je trouve à me garer facilement. Quand on vient de St Jory par exemple au bout de la N20 on arrive à un grand rond-point qui passe sous l'autoroute, les clients habitent juste à côté, donc coincés entre l'autoroute la nationale et l'échangeur vers La Glacière. Un enfer de bagnoles ! Je trouve à me garer à 200m sur un dégagement en cailloux, je fais trois tours. Je réclame un chèque de sept mille balles, la cliente me dit qu'elle a fait un virement mais ne peut pas me montrer de preuve. Elle appelle sa banque : tapez 1 tapez 3, nos conseillers sont en ligne. Boh ils ont une bonne tête, je leur fais confiance, pis j'ai pas que ça à foutre.
Je file à Launaguet, là c'est moins marrant, garé à cheval sur le trottoir, le chemin est fort passant, je mets le chariot en travers pour faire freiner les caisseux. Pas de bol il me faut sortir un peu de bazar pour accéder à la piscine, je m'étale sur le trottoir. Je livre une Pauline bien sympa, c'est le prénom qui veut ça. Il fait vachement chaud, de retour au camion je bois un gros coup de flotte, ça me change de la température chez nous. Je vois que j'ai reçu le texto de la preuve de virement chez les clients précédents, j'ai bien fait de ne pas attendre. Et j'ai eu raison de leur faire confiance, c'est pas la procédure mais parfois faut s'adapter.
Il me reste encore la réno d'une énorme Olivia, grosse piscine des années 80 quand les terrains étaient grands par ici. Heureusement le client a un diable bien costaud, parce que lui ne l'est plus vraiment. Je vais déposer ça sous la cuisine d'été. Purée j'ai encore pris un bon coup de chaud. Pas pressé je prends la nationale pour aller couper à St Jory, l'heure de pointe n'est pas terminée, pas grave. Il reste de la place sur la partie gratuite du parking, parfait.
Je profite de l'heure gratuite sur le parking pour aller déjeuner et me doucher gratis. Juste avant 8h je suis à Merville, tout petit chemin, les voitures passent tout juste. En discutant on se rend compte que Wat a encore le 06 de son ancien boulot, tu m'étonnes qu'il n'a pas répondu à mon texto. Il était quand même au courant qu'il serait livré aujourd'hui. Un chèque, un café et zou !
De là je vais à l'agence de Toulouse, je dépose deux nouveaux escaliers, un paquet de tôles et quelques accessoires pour le montage, bah oui si tu veux vendre c'est mieux d'exposer le matos.
Ensuite je vais au pays du fromage frais, Nohic. Vous avez sûrement entendu parler du fromage blanc aux herbes de la mère Nohic ? La maison est au fond d'une impasse en pleine pampa. Le client est agriculteur, ceci explique cela. Il fait sec, je me sers dans l'herbe, une Twingo noire passe, cool il y a la place, puis repasse, puis repasse... C'est une navette inter-prairies probablement. Il y a une petite boulan qui ne paye pas de mine dans le pays, le campagne est excellent, c'est pas la devanture qui fait la qualité du pain.
A 13h et quelques je suis à Labastide St Pierre sur encore un tout petit chemin fort étroit. Procédure habituelle, faut dépendre le chariot, le mettre devant le portail et bouger le camion à chaque palette, les voitures font demi-tour, désolé. Normalement j'avais encore une réno mais le client a pleurniché, on le livre demain matin à 7h du coup je peux aller au relais directement. Coup de bol en sortant de mon chemin étroit je tombe pile poil sur la route qui mène au routier à Bressols. J'appelle le chauffeur, un Nico que je pense ne pas connaître, il y sera dans une demi-heure, parfait ça me laisse le temps de préparer mon bazar. Je me claque au bout du parking, j'ouvre et je vois arriver le seul Merco ATS. Ah si, je le connais de vue. Un petit bonhomme qui doit peser 32 kilos pompes de sécu comprises mais il est vaillant, les bâches les planches, ça virevolte, il a du jus ce garçon. Il fait chaud quand on a fini je paye ma tournée de Perrier au bar.
J'appelle les premiers clients de demain matin, ça les arrange que je vienne ce soir, venga ! A 18h je dépose une Solaé dans Montauban, route de Caussade en gros. Des jeunes super gentils, ils m'inondent de questions, faut dire que je ne sais pas qui leur a dit des grosses conneries, du genre c'est la peine de mettre de mortier entre les parpaings ! Je remets tout dans l'ordre, ils sont contents. Je retourne à Bressols retrouver le collègue qui commençait à trouver le temps long, il a donc bu une bière sans moi...
Je me lève beaucoup trop tôt pour être à 7h à Montech. Le client peu souple a pleurniché, bon prince j'y suis à l'heure dite. Il passe dans sa caisse quand je descends le chariot, il me dit que sa femme est à la maison. Je fais le tour de la baraque pour déposer la rénovation au plus proche. C'est quand je demande le contre-remboursement que ça se complique. Elle me dit que c'est prévu avec le commercial, ils paieront plus tard. Ouhlàà non ! Je lui explique, elle téléphone à son mari j'imagine, sentant l'embrouille je remballe la palette. Elle me dit que son mari a dit niet, il refuse de payer, bon bon, au revoir madame. Raaahh vindiou cette palette va me faire chi.r pour recharger. J'ai bien fait de me lever de bonne heure tiens !
Je sors du lotissement par le fond et je tombe sur un fil de téléphone qui pendouille, encore un ! Là il est en haut du pare-brise en gros. Je m'arrête, je grimpe au dos de la cabine et je fais passer le fil. Là la voisine me dit que j'ai rien à faire là avec un tel camion. Je garde mon calme, madame c'est pas le camion le problème, c'est le fil. Un autre jeune type arrive : « faut baisser vos suspensions à l'arrière de la remorque. » Tsssss, t'as une autre connerie à dire ou on en reste là ? Je suis en train de faire le singe que le client m'appelle, il est hors de lui parce que je n'ai pas livré. Putain mais ce matin !!! Je le laisse continuer sa diarrhée verbale, le fil passé je remonte dans le camion, je reprends le téléphone, il en veut à la Terre entière, je reste sur ma réserve, toujours. J'aurais bien envie de lui dire ces quatre vérités mais faut surtout pas. Je sais que j'ai la procédure pour moi. Je lui explique que c'est pas une procédure Wat, c'est le code du commerce. A la fin il me dit : « ah mais moi je ne laisse pas 3000 euros à un chauffeur. » T'as raison, fin de la discussion.
Je remonte à Montauban, faudrait jamais quitter Montauban... direction Caussade en gros. A 8h j'appelle Philippe à la log, bien sûr il me dit que j'ai bien fait, il ouvre le dossier : le client a envoyé un mail à 7h15 pour se plaindre de moi, que j'ai été désagréable. « Je lui répondrai plus tard, c'est un emmerdeur, t'inquiète, on voit le genre de personnage. Ah il ne donne pas 3000 euros à un chauffeur, je vais lui foutre des frais de seconde livraison, ça va le calmer».
A Bioule je livre dans une grosse ferme, stationnement facile, la palette d'accessoires sous un hangar, fastoche. Ils élèvent des vaches allaitantes et des truies, je repars avec un sauc' fait sur place. Je vais voir les cochons, ça pue un peu évidemment, mais une fois sur le barbecue ça sent tellement bon !
Une jolie route de campagne, des chouettes coins, à 11h je suis à Gaillac. J'ai appelé le client, il est infirmier libéral, pas pressé je lui ai dit de finir sa tournée. A 11h30 il rentre, j'ai eu le temps de débâcher. Quand c'est fini j'avance dans la zone a côté pour manger un bout.
A 13h je suis à Albi, la maison est au bord d'un chemin tortueux, trop dangereux je vais me garer à 2 ou 300m. Il manque les margelles, en rupture de stock, le client s'en fiche, il est loin de les poser. Ouf, c'est bien de tomber sur un mec normal. Ensuite je monte à Carmaux, je m'enfile sur un petit chemin, ça descend en lacets, en bas il y a un petit pont, gros coup de stress mais ça passe. La maison est dans un hameau isolé, client hyper sympa, café, coup de flotte parce qu'il fait chaud, punaise ça me change de l'autre ce matin. Quand c'est vide je continue une paire de km et je tombe au resto de la Croix de Mille, pas de regrets, impossible de faire demi-tour, je me serais payé la route de merde en repartant.
Il me reste une dernière grosse rénovation, margelles escalier à Mazamet. Ici aussi le client en a marre de l'escalier filtrant, il vire tout pour mettre un filtre classique et un petit Paso. Paso qui rentre pile poil à la place de l'Escawat, même taille. Pas d'alcool, j'accepte un jus de pomme quand on a fini.
La mauvaise nouvelle de l'après-midi c'est qu'on ne recharge qu'à 13h demain à Béziers. C'est pas bien grave j'avais prévu de rentrer samedi quoi qu'il en soit, mais ça fait chier d'attendre jusque là. Je pensais couper à Maureilhan mais j'arrête à l'auberge de Rodomouls, y en assez.
Faut pas se fier à l'extérieur, ce troquet fait carrément boui-boui, à l'intérieur c'est bien mieux, la douche neuve est carrelée du sol au plafond. Après avoir déjeuné j'attends 9h pour garder un peu d'amplitude si des fois ça chie chez Castel.
Je descends le Poussarou et je vais chez Doumen pour récupérer une vingtaine d'Europe, avec ma pile alsacienne ça fera le joint. Chez Doumen c'est un vrai sketch, godasses gilet jaune, normal mais il faut le casque, si des fois un marteau tombe du ciel j'imagine, mais en plus faut rouler en warning et à 12 à l'heure. Ils sont tatillons ridicules mais super rapides, j'ouvre sur 1m et en 5 minutes je suis reparti.
Sur la pointe des pieds je vais chez Castel, le gardien me refoule évidemment, surtout parce que je n'ai qu'un numéro de commande, il en veut deux. J'appelle Laurence qui bien sûr n'a rien d'autre. Retour au poste de garde qui n'en démord pas... Bon ça me saoule, je fais un peu de ménage, pas chez le gardien, dans ma cabine. Merci les lingettes moto Vulcanet, c'est une merveille. Oui je sais les lingettes c'est mauvais pour la planète. Eh ben la planète passe après la propreté de ma cabine etpicétou. A midi j'attaque une salade et je retourne à la charge à 12h30. Toujours le même gardien, il daigne téléphoner au chef de quai je pense, on me fait entrer de suite, quai 2. Le lot passe de 30 à 19 palettes, on s'en fout c'est payé pareil, je note bien sur la lettre de voiture ; rupture de stock. Ça va vite à charger, papiers, et c'est le drame ! Une palette n'a pas été scannée, faut tout ressortir, ou du moins jusqu'à trouver la palette en question. Chié putain ! C'est une cheffe qui s'y colle, elle sort les 3 premières et renverse un box sur mon plancher. Purée quand ça veut pas ! Allez va chercher une benne, dépote le box, va rechercher une palette, édite l'étiquette, retrouve la palette non scannée, ou comment perdre une heure en conneries. Je relativise j'avais prévu de partir à 15h, il est 14h30. Allez roule maintenant !
Pas bien loin, il me faut passer au gas-oil à Baillargues, 150 litres histoire d'être tranquille pour rentrer. Dans mon sens on freine vers Nîmes, rien de méchant, ensuite ça roule. Je m'inquiétais pour le bout Montélo Valence, mais rien ça roule à la régule. En face, sens descente donc c'est pas la même paire de manches, ils sont à l'arrêt de Bollène en gros jusqu'en bas du Bœuf. Incroyable ! Rebelote à Chasse, punaise ils ne sont pas rendus ! Moi Maps annonce 3 minutes de moins par le périph, juste à hauteur de Villeurbanne c'est bien chargé, après c'est fini.
Et après c'est vraiment fini, je coupe au Mas Pommier il est 20h35, à la soupe.
Ma vieille vessie me sort du lit à 5h, ou peut-être le V8 en benne à côté, le troquet est ouvert je vais déjeuner, la dame a du pain du beurre et de la confiture de fraise, voilà un week-end qui commence bien. Je traîne jusqu'à 35 histoire de finir les 9h.
Quand Ali Badou annonce les infos de 8h je suis pile poil devant la grille, l'alarme est au bleu c'est que quelqu'un est dedans, c'est mon Fred. L'homme de ménage passe la porte derrière moi, il nous ouvre la boutique. Personne au gas-oil je vais d'abord faire les pleins. Le Fred vide son retour d'Allemagne et il me file un coup de main pour transvaser le pinard dans une semi vide, à deux l'affaire est rondement menée. En plus il paye le café, c'était plutôt à moi d'ailleurs. Jérôme se pointe et vide son Damazan dans la cour. Donc si je comprends bien ce matin il n'y a que les Wat qui bossent ? Seul truc qui cloche c'est que le chef n'est pas là, on n'a pas besoin de lui chacun sait ce qu'il a à faire mais les croissants ? C'est scandaleux, lundi je pète une grève etpicétou. Alors là je vais pas me dédire, lundi je ne bosse pas, ils vont comprendre. Faut pas se laisser faire.
Je me rentre par la Haute-Saône, à 10h30 je pose le camion chez JP, bon long et chaud week-end à toutes et tous, le ciel vous tienne en joie.
Un hôtel de charme comme ils disent sur le site, des montagnes, des virages, des flamm's, du goudron jusqu'à plus soif, un peu de bière le soir quand même, quelques visites, un peu de culture ne nuit pas, on a bien profité mais ce matin faut y retourner.
Démarrage plus que tranquille puisque je commence chez Laily à 9h30 pour une couverture solaire. Le gars me dit que le camion de 8h n'est pas passé, j'appelle vite Pauline, si je prends la couverture ça va peut-être arranger le collègue mais je vois arriver le Fred juste à ce moment. Pour gagner du temps il a d'abord chargé ses piscines et a laissé un peu de place pour la Solaé. Tout va bien donc.
J'arrive en avance à l'usine, le collègue Yvan est en place, je contrôle mon bazar dans les racks en attendant. A 10h30 comme prévu je prends la place, tout rentre, à la fin il faut faire un peu de gerbage en mode one again, ça devient une habitude. Faut surtout pas que ça se sache mais les nouvelles plaques d'isolation sont bien costaudes je peux poser une réno dessus, là j'ai essayé un escalier Orbis mais c'est exagéré. Chuuuut.
Il est midi quand j'ai fini mais je n'ai rien à manger, hier on est rentrés trop tard, je m'arrête à l'Inter à Lure, je prends du frais, la chaleur est accablante. Tant qu'on roule ça va, faudrait pas descendre du camion. J'attaque une tomate au premier parking. Les interminables travaux entre Épinal et Nancy passent tranquilles, parfois même le dimanche ça bouchonne. Je finis ma coupure après Toul.
Je textote mes deux clients de demain matin, le premier ne me rassure pas du tout, selon lui je ne peux pas monter chez lui en semi. Ma foi, j'ai vu une place sur Maps, on verra. Je finis cette petite journée au routier de Ste Ménéhould. C'est rare mais à table je tombe sur un bon complotiste, selon lui à Phalempin en 92 il y a eu 6 morts quand le char a tiré le camion, mais les merdias avaient ordre de ne pas en parler. Et une autre connerie encore que j'ai oubliée, un vrai je vous dis.
Je démarre trop tôt après mon petit déj douche, je voudrais arriver de bonne heure sur la place d'Austerlitz, non pas pour voir le soleil, je suis mégalo mais pas au point de me prendre pour Napoléon. Pour pouvoir me garer avant qu'il y ait trop de bagnoles. Peine perdue le peu de voitures sont éparpillées, je fais demi-tour et je reste sur la rue. Je monte en deux fois, le gars a bien fait de me prévenir, sur maps ça semblait large. La photo que j'ai prise ne rend pas bien, ça tourne pas devant l'église, pas du tout. Les clients ont l'accent chantant, ils viennent prendre la retraite dans le nord, pour être proches de leurs enfants, le contraire des gens en général. Un chèque un café et zou !
Avant midi je me fais un kit complet dans l'Aisne chez un autre gars bien sympa, le soleil commence à taper j'accepte un verre d'eau, deux même.
Je mange en vitesse à l'ombre le bout de pain que j'ai acheté ce matin sur la place, bien bon mais je ne suis pas près d'y retourner à Ste Menehould.
A 13h je suis à Tracy le Mont, impossible de débâcher à l'ombre, la chaleur est terrible. Le carton de la feutrine s'est frotté contre les tôles, je montre à la cliente que c'est creux derrière, c'est juste de l'esthétique, le carton percé c'est moche mais pas grave. Elle est ok mais je préfère prendre les devants. Après ça je vais à Bienville, banlieue de Compiègne, le client a un nom bien franchouillard genre François Lefrançais, il répond au texto sur un ton sec, sans fautes, je pensais tomber sur un retraité de l'armée ou de la police mais c'est un petit gros black rigolard. Comme quoi on peut être un vieux gauchiasse et avoir des idées préconçues. Super gentil il veut me donner une bouteille d'eau, merci j'ai ce qu'il faut au frais au camion. Ses gamins pataugent dans une petite piscine hors sol, ils ont bien de la chance même s'ils auront bientôt la neuve.
Ensuite j'enchaîne avec une réno à Boissy Fresnois. Un frigo Chéreau est dételé dans le villge, en plein virage, je descends voir, mais arrive un tracteur en solo du garage du coin. En fait pas de bol le tracteur est tombé en panne en plein virage et l'histoire se termine quand j'arrive. Le client me racontera plus tard que ça a duré plus de deux heures l'anecdote.
Je me fais une dernière réno-Solaé vers Senlis, là on est plus proche de Paris, il y a des chevaux, on est chez les Prout-prout-ma-chère. Le pépé a bien du mal, va falloir qu'il se fasse aider pour amener la couverture derrière la maison. Moi je prends mon chèque, merci au revoir.
Demain je reprends dans le 95, je me rapproche au max, j'échoue au Mille Pattes à Bernes sur Oise, le parking est complet je me gare dans la zone, les places sont chères.
Vous voyez les devantures des magasins dans les films qui se passent sous l'occupation ? Des portes en bois, une vitre toute fine, la poignée de porte en bois, la clochette quand on ouvre, ici c'est pareil, dans son jus, sauf la douche, en carrelage. Dans le quartier faut pas trop faire sa précieuse.
Un peu avant 8h je descends dans un lotissement de Saint Martin du Tertre, ma première idée c'était de rester à l'entrée, j'aurais dû m'y tenir, il y a encore des bagnoles partout. Le client me voit reculer, il vient et me dit qu'il peut faire déplacer une voiture qui me gêne, une mémé vient déplacer sa Fabia, elle s'excuse d'être garée dans le virage, ben non c'est plutôt moi qui n'ai rien à faire là. Je livre mon dernier kit de la semaine. Je me fais bien un peu chier pour repartir, z'aiment pas trop les camions par ici.
Pour finir la tournée j'ai deux assistances petit camion avec le jeune Jimmy du 45, il est du 45 limite 91 me semble-t-il, ça ne lui fait pas trop loin pour venir. On se retrouve à l'aire de Villevaudé sur la Francilienne, bien garé, je transvase les deux dernières rénos dans son Merco. Ce bout entre Mitry Mory et la 4 c'est vraiment un enfer, je m'étais annoncé à 10h aux Pavillons sous Bois, on n'y est qu'à 10h30 passées. Vieux quartier résidentiel, j'avais bien vu que ce serait impossible en camion. On range la réno dans le garage d'une jolie jeune femme, elle est malade, se mouche sans arrêt, garde tes miasmes ma belle. Je pensais retourner au camion pour le déplacer plus au sud mais on va perdre trop de temps, on file direct à l'autre. C'est pas bien loin mais il nous faut 40 minutes. Je suis pile poil dans le créneau 10-12h, il et midi moins le quart. J'avais hésité à demander l'assistance, ça aurait été un sacrée connerie de venir en semi, des arbres bas, des bites en ferraille partout, j'aurais bien galéré. La circulation s'est arrangée, on met une quarantaine de minutes pour retourner au camion, ciao à la prochaine.
C'est Étienne qui est aux retours cette semaine, il m'a écrit hier soir, on fait un Intermarché, au poil !
Direction Courtenay, je prends 10 minutes pour manger une salade par là le long. Juste avant 15h je suis chez ITM, j'ai un quai de suite. Bizarrement c'est un peu long à charger, il me semblait que les autres fois ça speedait mieux que ça. Chargé papierrisé il est 16h45 en gros. Allez vavavoum !
Sur les coups de 20h je suis à Dôle, pas de quai faut attendre. Bon... A 21h mon téléphone sonne : « on n'aura pas de place avant 22h, si vous voulez vous décrochez au quai 3. » Je fais ça, l'amplitude a dérouillé.
M'en vais souper en solo au Moulin des Malades, demain il fera jour.
Café douche, à 7h moins le quart je suis de retour chez les Mousquetaires, je récupère ma calèche le chariot, papiers au cul, venga ! Faut absolument que je lave même si la météo va se dégrader, faut pas déconner. Je suis chez City Car un peu avant 8h, c'est même pas ouvert, je suis certain d'être le premier. Un gars de chez Loriot arrive, il avance sa cabine sous le lavage, t'es gentil mon grand. Il me dit qu'il est nouveau, il ne connaît pas comment ça marche. Voilà voilà... Quand mon ensemble brille je file au dépôt, je charge deux lots pour me rapprocher de Seppois. Un coup de gas-oil et zou !
A 10h30 je suis à la source à Velleminfroy, on vide deux palettes de bouchons. Le chef de quai me dit qu'il est désolé il n'a pas de bouteilles à me donner. Je lui réponds que c'est pas grave, en fait tant mieux cette flotte est imbuvable. A midi moins le quart je suis chez Buffa à Montbéliard. Ah ? On me dit que ce n'est plus Buffa mais Perrenot depuis 2013, je ne suis jamais au courant de rien. Je livre des cuves de Locaroc, c'est JP qui fait le stockage pour Waterair. Je me claque à l'ombre et j'attaque une tomate quand c'est fini.
A 13h30 je suis à Seppois, je charge une couverture prototype et je vais la livrer, ou plutôt avec un gars de méthodes on va la livrer, à Altkirch chez le grand patron. Il y a quelques années j'avais livré la piscine, le quartier n'est vraiment pas facile mais je sais que ça passe. Donc on décharge la couverture et je reprends un enrouleur et deux Solaé. C'est pas une collection, c'est juste qu'il faut bien tester le matos sur un cobaye. Retour à l'usine, on vide tout ça et je me mets en place. Encore un chargement théoriquement en double-plancher, autant dire qu'il faut serrer, gratter du plancher, gerber les margelles. Heureusement comme souvent je suis le dernier, on met presque deux heures pour rentrer tout ça. A 18h je suis chez JP mais à Bourogne cette fois, bon week-end, le ciel vous tienne en joie.