| Carnet de bord de Juin 2026 | Partager sur Facebook |
Je m'apprêtais à sortir du camion pour traverser la rue et prendre mon PDJ dans l'enseigne de boulangerie Ardéchoise, quand une voiture portant les logos du client est arrivée, en même temps qu'un ensemble espagnol. Lui n'a qu'un tout petit colis qu'il sort à la main...un CR pour si peu! Il s'excuse de m'être passé devant ; tu parles du temps perdu, trente secondes au plus!
Je suis à la bonne place, mais il faudra que je me décale pour les lots sur ma droite, alors autant prendre les places des parkings VL et se mettre au large, ce sera plus simple et sécuritaire.
Le personnel arrive, si bien que nous sommes quatre ou cinq pour vider mes lots. On prend le temps d'un café offert par le client. Pas de viennoiserie, mais je ferais sans, pour une fois. C'est bon pour mon summer body.
On a eu un peu de chance, nous sommes passés au travers des gouttes ; elles reviennent dès que je sors d'Epernay. Autant le secteur de Chalon en Champagne est bien plat, avec des grandes étendues agricoles, autant, sur ce secteur, c'est un peu vallonné, et la présence de vignes améliorent grandement le paysage.
Je contourne Chalon par l'autoroute, malgré que j'aurais pu me passer du bout d'A4, mai je pense que je devrais avoir besoin de mon amplitude max ce soir. Déjà, je devais reprendre des chevalets et des "palettes" support pour les vérandas, et les ramener sur Feyzin, mais avec sept bobines, dont deux bobineaux" sur palette à charger, la place va être comptée. Heureusement, j'ai la remorque d'Olivier qui possède une grande fosse. Mais les bobineaux, je n'aurai pas le choix que des les mettre au tablier. Le poseur de vérandas m'a montré l'ensemble à reprendre...comment dire. Il faut aussi penser qu'Arcelor n'est pas fan, pour ne pas dire qu'ils ne veulent pas de marchandise présente dans le camion lors des chargements.
C'est donc vide que je me dirige vers Contrisson. Une quarantaine de kilomètre de ligne droite, avec une seule traversée de village, des champs à gauche, des champs à droite, avec une agriculture orientée vers la betterave.
Chez Arcelor, j'ai deux sites à faire, dans la même ville. Dans ma petite tête, je pars sur quatre heure sur place pour les deux sites. Pour le premier, accueil sympa, la jeune dame me fait confiance lorsque je lui dis que je mettrais des manches longues sur mes bras et sur les jambes, et que j'ai bien un casque avec jugulaire dans la cabine. Elle me fait entrer de suite, et lorsque je suis sur la bascule, je lui montre bien que je n'ai pas trahi sa confiance. Pouce levé, je peux partir en zone 44. Un camion est en cours de manœuvre pour se positionner et charger, ce qui me laisse le temps d'ouvrir intégralement ma fosse et placer le planches au tablier sur deux étages et de les sangler. La remorque d'Olivier est récente, on ne va pas lui abîmer. J'hésite à sortir de la remorque car il tombe des sceaux ; j'attends un peu que ça se calme, puis je fonce en cabine me faire un café.
Déjà une heure que je suis en place, et je peux enfin entrer dans le hall. Il tombe des trombes, la manœuvre est plus délicate.
Deux bobineaux au tablier, trois bobines dans la fosse. Sur les deux petites, la dame me propose de ne sangler que par le dessus. Ben, oui, 1.6 T la bête, on va se calmer. Les bobineaux étant sur bois, je les sangle par l'intérieur, c'est plus prudent.
Voila, le site 2 est fait, go le site 1, où il y a un peu plus de camion, quatre ou cinq de mémoire. L'accueil est moins sympathique, voir froid, peu importe, je retourne attendre en cabine ; c'est bien, je suis en face du panneau d'affichage. J'ai le temps de cesser la croute avec une salade de tomate et avocat. Repas léger mais frais.
Lorsque je suis en place pour le chargement, c'est assez rapide, puisque je n'ai que deux bobines. C'est une toute petite et agréable jeune fille qui surveille les opérations ; elle est surprise de voir un français. Elle m'a même accueilli en me demandant si "je parlais Français". Je lui réponds en anglais oui, mais il faut me parler lentement.
Une fois les bobines, posées dans la fosse, elle me conseille de rester en place pour sangler, car la zone réservée à cette tâche est totalement occupée. Logiquement, elle doit faire les photos, mais elle a finit sa journée et me donne mon sésame de sortie, en me précisant qu'elle me fait confiance pour le sanglage. Je fais proprement le boulot et passe ne bascule.
Une heure trente sur place, c'est pas pire, mais pour seulement deux bobines. Je profite de la toute rénovation de la douche pour me rafraichir et partir propre.
Je contacte Virgil, car le pense que je peux charger les retours d'Epernay. Je vais perdre un temps précieux, car je dois être sur Meyzieu au plus tard à 11H00 ce jeudi. Avec presque 27T dans la remorque, je vais passer un peu plus de temps pour retourner à Epernay. Un rapide coup de téléphone au client, dans le cas où il ne serait pas possible de charger cet après midi, mais il est très heureux que je lui annonce mon retour.
A cinq minutes près, je mettrais le même temps, et sur place, je me gare au même endroit que la veille pour ma nuit.
Lorsque je débâche, ils sont tous surpris de mon chargement, et ne comprennent pas trop le fonctionnement de la fosse. Un rapide cour est donné. Un monteur a une idée de génie, est ce la proximité d'un Gifi? On va solidariser les chevalets par deux et tête bêche, afin de gagner de la place au sol. Franchement, c'était l'idée du siècle. Un monteur les attachent ensemble, un autre les monte dans la remorque, et je les positionne en les faisant glisser. En cinq minutes, c'est réglé, puis on passe au palettes, que l'on va mettre aux portes et debout. Une petite sangle prise sur une barre que j'ai glissé devant, et le tour est joué. Une dernière sera mise en travers au dessus d'une bobine que j'ai protégé avec du feutre.
Voilà, en trente minutes, c'est fait, verre d'eau frais compris.
Il est 16H00, pas le choix full autoroute.
Je roule au bout des mes 4H30 et stoppe à Chalon sur Saône sud, à l'As'iette, avec 4H29. Demain, décollage après la coupure réduite.