| Carnet de bord de Janvier 2014 | Partager sur Facebook |
Dans la station c'est le désert, il y a vraiment personne, mis à part le pompiste et la caissière. La nuit risque d'être longue, mais quelque chose me dit que ça va pas les deranger les deux loustics qu'il y ait personne. Je me demande même si je les ai pas emmerdé plus qu'autre chose en venant prendre mon café. A minuit je mets en route, et effectivement, c'est le desert, ça tranche avec le ron ron du trafic d'hier soir. Après Livorno, ça m'arrange cette absence de trafic parce que j'ai pas l'intention de rouler à 70 sur la nationale. Mis à part quelques camions égarés dans l'autre sens, de mon côté j'ai vu personne, on se croirait en Andalousie ! Il y a juste les flics en mission de contrôle à certains carrefours et basta. La nationale est de plus en plus défoncée, je suis secoué comme un prunier jusqu'à Citivatecchia ou je reprends l'autostrade. Passer Rome à 3h30 du matin c'est une formalité, je prends ma première pause de 45 dès le début de l'autoroute de Napoli. Il fait juste un petit 0, il y a un ballet incessant de saleuses. Je suis donc dans un pays normal, ou les bars sur autoroute sont ouverts H24, et ou on sale aussitôt que la température flirte avec le 0.
Quand je repars, il est 5h et Rome s'eveille. Quelques fêtards dorment la tête sur le volant de la 500 pour les plus pauvres, de l'Audi pour les plus riches. Sur l'A1, il y a du brouillard, presque givrant, et surtout pas mal de trafic cette fois dans l'autre sens. Vers 6h30 je devine les premières lueurs du jour, comme je suis pas en retard, et que je fais comme je veux, je m'offre une sieste de 30 min du côté de Caserta. Au reveil, il fait jour, moche, mais jour. Les premiers travailleurs matinaux commencent à sortir, avec toujours ces écarts de vitesse qui surprennent, il y a toujours ici, le type qui s'enquille à 60 avec la Punto sans rien regarder de ce qui arrive derrière, et le fou furieux en Alfa qui passe au milieu à 350km/h. Mais ça passe, juste avec un coup de klaxon à chaque fois, bienvenue dans le sud... J'effleure Naples par le nord pour prendre direction Bari. Il me faut passer par des echangeurs tous plus dangereux et mal foutus les uns que les autres, je suis paumé et c'est pile à ce moment que Steph balance le message du matin. Mon client est heureusement facile à trouver, dans la zone de construction aéronotique à Pomigliano, j'y arrive à 8h, mission accomplie. Pour rentrer il faut montrer patte blanche, et quand t'as pas de lunettes de soleil et que t'es pas gominé t'es vite suspect ici... Je suis pas très bon en italien, mais l'accent d'ici, j'y pige que dalle. Mais c'est pas important, on fera de la semantique plus tard. Je suis vite en place pour vider mes 9 colis, j'ai le temps de commencer à enrouler les sangles pendant que les napolitains se racontent leurs reveillons. De là, il me faut rejoindre Somma Vesuvianna à quelques 8 kilomètres d'ici. Mais il faut couper à travers par des routes semi industrielles, anarchiques, crades et defoncées. On pourrait croire qu'il y a eu la guerre ici, mais non, 8km quand on sait pas si on a fait le bon choix de couper par là plutôt que de faire un gros detour par des 4 voies, c'est long. J'arrive finalement sans encombres chez mon dernier client qui fabrique des pièces mécaniques. Il y a deux portails, mais en semi ça rentre pas, il a voulu verifier quand même des fois que, mais ça rentre pas. Alors on vide à cheval dans la rue et sur la bas côté. 25 minutes plus tard, j'ai plus un kilo d'aluminium dans la semi, et c'est pas fait pour me deplaire.
Il fait tellement bon ce matin que j'ai vidé en tee shirt, un peu partout c'est marqué de porter les équipements de de sécurité, mais personne ne les mets, je trouve ça absolument normal, on a l'air tellement con en fluo. Après avoir attendu un peu, le chef m'a trouvé un retour sur Parme. Donc je rechargerai pas ce jour mais domani. Je tourne le dos au Vésuve, et je reprends plein nord, un peu partout il y a du Turbostar, mais j'ai pas réussi ni eu le temps d'en shooter correctement. Il faudra attendre l'année prochaine ou dans 10 ans pour revenir par là... Le trafic ce coup-ci s'est bien reveillé, et ça bouchonne même pas mal à Caserta. Je remonte les heures qu'il me reste, c'est à dire plus beaucoup, sur une A1 remplie de touristes qui rentrent au pays, que l'on soit en France ou en Italie, tout le monde est toujours plus attiré par le sud, c'est étrange ! Je passe Cassino, il y a pile poil une station remplie de touristes qui ont envahi chaque m² du parking, sauf la place que je voulais ! Ils sont gentils... 14h, la journée est bouclée.