| Carnet de bord de Novembre 2016 | Partager sur Facebook |
Le 11 novembre, c'est fête nationale en Pologne, pourtant, bien que ce soit férié, même à 5h du matin quand on decolle, tout est ouvert, le moindre petit rade est éclairé. Plutôt que de se jeter direct sur l'autoroute ou garde la nationale d'autant qu'il neige plus, il faut juste un petit degrés. Comme Régis est pété de thunes, il paye son café à Tomaszow Gorny dans un genre de routier, c'est la fille à Wojciech Jaruzelski qui nous sert une sorte de café instantané, brulant et deguelasse sur une nappe qui a dû connaitre des jours meilleurs. J'ai pas pû finir le café, même en GB il est meilleur, nous voilà repartis sur l'A4 direction Wroclaw, mais dès le passage sous les premiers portiques, ma box ne fonctionne pas, merde. En principe, c'est Régis le poissard, pas moi ! Quoi qu'il s'en aurait fallu de peu pour que ça tombe sur lui en fait. Donc, on sort à la première station, coup de bol, ils gerent les box ici aussi. Devant moi, y a un gars qui fait recharger la sienne, et ça dure un bon moment. Quand c'est enfin mon tour, la nenette de la caisse pose violement une pancarte, qui doit vouloir dire "caisse fermée". C'est la pause, il faut attendre 10 minutes. J'imagine la même scène à Auchan un samedi après-midi, l'emeute ! On est comme des cons, bloqués là, à regarder les saucisses cuire sur des sortes de rotissoires à chaque comptoir des commerces, c'est d'un triste !
Quand la pause est finie, une meuf toute neuve d'environ 50 balais prend le relais, et on peut repartir avec un box toute neuve aussi. Il est déjà 7h30 et dans 30 minutes on a plus le droit de rouler, super, on aura bien avancé aujourd'hui !!! On s'est passé le mot avec Ray, tant que les schmidts ne nous arretent pas, on roule ! Nous voila calés à 84/85 "pour pas se faire repere" et laisser le peu de courageux nous doubler. Le decor est sinistre au possible et plat comme Jane Birkin. Il y a une sorte de brume, qui recouvre des champs interminables de bettraves. Dans le Lodzkie, y a moyen de vite sombrer dans l'alcolisme, au bout de 4h j'ai envie de casser des bagnoles, boire de la vodka et piquer des sacs à des vieilles. Non je rigole !!! Mais c'est vrai que les 4h15 pour arriver à la station bondée de Belchow m'ont parues longues, heureusement il neige un peu !
Après manger, on continue de faire les bandits, on avance coute que coute, très peu de camions roulent aujourd'hui, par contre il y a des caisseux dans tous les sens. A l'arrivée sur Varsovie, la neige cesse, on voit pas grand chose de toutes façons, il y a des ecrans anti bruit de partout, on voit des palissades de toutes les couleurs et c'est tout. Une fois sorti de la capitale, c'est tout de suite un autre monde, la route devient de moins en moins bonne, et il y a pas de grosses activités. La route est en travaux sur d'interminables kilomètres, on s'arrête au pif sur un parking TIR pour la douche, il caille. Il faut attendre que l'eau chauffe, on hésite à soit regarder la rotissoire à saucisses ou aller au bar en attendant. On fait là, une improbable rencontre avec les passagers d'un bus : deux Marseillais de la cinquantaine, bien sapés, qui accompagnent de jeunes bimbos, et des mecs bien baraqués. Tout de suite Régis me dit que c'est des hardeurs russes, alors que moi je suis persuadé que c'est des represantants du scrabble national, ou des echecs, ou peut être d'Amnesty International, c'est un pervers Régis, comme Laspalles. On roule notre dernière heure toujours plein EST en direction de la Bielorussie, on stoppe pour la nuit à Bialystok sur un pauvre parking, il meule grave ici, ça ira bien pour aujourd'hui ! En me posant je me suis la reflexion, qu'etrangement, on a pas vu ni un roumain, ni un bulgare depuis qu'on a quitté l'allemagne.