| Carnet de bord de Juin 2013 | Partager sur Facebook |
Avec encore 24° quand je me reveille à 0h30, j'ai l'énorme privilège de prendre mon petit dej à la terrasse du resto. Aux tables d'à côté, il y a quelques chauffeurs en train d'achever une vielle bouteille de whisky, le reveil risque d'être douloureux demain. A 1h, je me fais violence et je demarre. 5 secondes plus tard, je suis calé à 88 sur l'autovia d'Extremadura. Faut pas que je baisse la garde une seule seconde, parce que d'après le GPS, j'ai 846km à faire pour rejoindre mon client à Alguaire à une dizaine de kilomètres au nord de Lérida, le tout en moins de 10h si possible, je vous laisse le soin de calculer la moyenne. Bien sûr à vide, ça devrait le faire, mais bon. Le GPS lui, me dit qu'en 9h32 ça doit se faire, mouais, j'ai du mal à y croire quand même. L'A5 est vraiment deserte, et je reste de longues minutes avec les pleins phares, c'est trippant ! La seule animation, ce sont les ptits gars de la guardia civil del trafico qui ont pris pour habitude de se cacher avec le radar juste derrière les gros trucs vert fluo aui delimitent les bretelles de sortie, je sais pas s'ils font recette des nuits comme celle-ci, toujours est-il qu'ils ont pas peur de se faire rentrer dedans. Je stoppe faire ma première coupure à Navalcarnero, en 5 minutes j'ai bu le café, reste juste a occuper les 40 autres en faisant un peu de ménage.
Le jour se lève quand je passe Madrid aux alentours de 6h, mais ça roule nickel, pas de bouchons sur la M50, il y a qu'une fois sur l'A2 que ça roule un peu plus fort, mais dans l'autre sens, pour moi, c'est parfaitement fluide. Avec le jour qui se lève, je decouvre que j'ai pare brise maculé d'insectes, bientôt je vais plus rien voir du tout, en plus j'ai le soleil en pleine poire. Toutes les secondes, je vois le temps s'egrainer sur le GPS, je fais et refais mes calculs, à la sortie de la capitale, je n'ai plus que 20 minutes de marge. Je stresse comme un con, je voudrais ne pas stresser, ne pas y penser, mais c'est plus fort que moi. Un peu avant Calatayud, je m'arrête dans une station la plus proche possible de l'autoroute pour pas à avoir à perdre de minutes inutiles, j'en profite pour laver le pare brise qui reprends figure suédoise.
Une fois ma dernière coupure de 45 terminée, il faut plus que ça deconne. Si on excepte quelques zones de chantier, ça a plutôt bien passé, tout ou presque à la régule encore une fois. Je respire une fois passé Zaragoza, sans aucun ralentissement là non plus. La température ne cesse de grimper, on frôle les 30 à même pas midi. Enfin, je finis par debarquer à Alguaire avec 12 minutes de rabiot. Coup de bol que le client est facile à trouver au bord de la N230. Personne en bascule, et chargement ultra rapide avec des caristes aussi sympas qu'efficaces ! Y a des jours comme ça, ou tout va bien. Comble du bonheur, je peux faire ma coupure sur l'immense terrain en terre battue surveillé par le vigile, ils ont l'habitude des frigomans ici, y a même un local pour la douche ! Par contre, il me fallait bien un emmerdement aujourd'hui, le frigo demarre pas, la batterie est HS, la merde c'est qu'avec mes pinces je peux pas brancher le groupe en 12v. J'ai plus qu'à attendre 15h que les gars de la maintenance arrivent pour me preter des pinces normales. A 15h10 le frigo hurle, muchas gracias à todos, je vais aller en coincer une !