| Carnet de bord de Juillet 2013 | Partager sur Facebook |
Enfin, un mois qui demarre bien ! Un lundi 1er, j'adore, surtout quand c'est au mois de juillet. Ce qui signifie que cette année, le 14 juillet va tomber un dimanche. Bon ça fait le drame de beaucoup de fonctionaires et autre, mais pour une certaine catégorie professionelle dont je fais parti, ça fait vraiment un soucis de moins. A 1h du matin ce 1er juillet donc, je demarre de la maison en tongs et chemise, l'été commence quand même à arriver chez nous. Il y a bien un peu de monde sur la route, des vacanciers courageux, ou soucieux d'économiser une nuit d'hotel. Dans ma tête je fais et refais mon trajet du jour, en me disant que si j'ai de la moule ça peut le faire. J'ai à peu près la niaque cette nuit, mais malheureusement je loupe Divoume L'Espagnol car les travaux à Montblanc sont toujours pas finis (ça dure que depuis deux ans) du coup je me pose à Vinassan pour une petite heure de repos bien méritée. Dans la station, c'est cradingue au possible, il y a de la flotte de partout dans les chiottes, et dehors les poubelles debordent, ça fais limite limite. Le jour commence à se lever quand je repars, et la route est bien longuette jusqu'à Celrà ou j'arrive à 7h40. Mission accomplie puisque j'avais RDV à 8h.
Ce matin, le miss aux papiers est à prendre avec des pincettes, les autres jours c'est bien un peu pareil, mais aujourd'hui c'est pire. Il faut quand même 20 minutes le temps que le PC demarre, qu'elle aille chercher un café, et qu'elle fasse 3 photocopies. Heureusement une fois à quai ça va vite, à 8h40 je suis dehors. Passage rapidos chez Santi et ensuite tout shuss jusqu'à Barbera Del Vallès juste à côté de GEFCO pour poser un colis de 10kg, je me suis même pas mis à quai. De là, je file à Terrassa ou je pose une palette et j'en reprends une. Plus ça va moins il y a d'activité dans la rue, on se croirait dans un no mans land. Décidement, au niveau de ma tournée j'ai la baraka ce matin, 5 minutes plus tard j'arrive à Les Fonts de Terrassa, mais là, j'ai plus la baraka, c'est férié. FIESTA LOCALE !!! Mais sur le BL, il y a rien de marqué à ce sujet. Il y a juste le gardien, un type de la maintenance et les ouvriers du chantier, impossible de vider. Plus loin dans la rue, il y a 3 autres camionneurs qui ont subi le même sort : esperar manana. Et ben, la coupure va être bonne. Le temps que mon chef prenne une decision et téléphoner sans doute à l'expediteur ça prend 1h. Puis, j'ai pour mission de trouver un degroupeur, je me suis pas cassé la nouille, il y en a un juste en bas de la rue, qui non seulement est sympa mais en plus ou on est déjà enregistré. Du coup, je largue les 6 palettes et je fonce tel un FH500 bridé à 88 sur Tarragona, je me pointe à 13h50, pile pour le changement d'équipe.
Au bout d'une quinzaine de minutes on prend mes papiers, le gars appelle et me rend le CMR, manana. Encore ?? Putain, c'est pas vrai ! Pour une palette !!! J'insiste sur le fait que j'ai que UNE palette et qu'après je dois descendre en Andalousie tout ça, et je sais pas pourquoi mais ça a marché. Bon ça m'a couté 2 cafés, mais c'est le droit de passage on va dire. A quand les machines à café avec badge Axxes ? Dans l'allée ou on doit livrer c'est blindé de camions en attente, pour moi ça a pris 2 minutes. Je ressors vite fait pour utiliser au mieux mes 50 minutes de volant restantes. Il commence à faire chaud dans le quartier, fait que je trouve une place peinarde. C'est comme ça qu j'ai échoué au petit bonheur la chance à El Perrello dans une toute petit ZI bien tranquille. Il y a une boulangerie bar un peu plus loin, je m'enfile un bocadillo lomo !
Je decolle de El Perollo après la coupure un peu après minuit. J'ai pas envie plus que ça d'y aller je suis pas en forme. Une grosse heure plus tard, je tire le frein de parc à Torreblanca, c'est ouvert H24. Alors que la plupart sont au whisky, je m'enfile plusieurs café et un pain au chocolat, une douche, un bocata et là, par contre ça va nettement mieux, j'ai repris des couleurs j'ai la patate comme on dit en Belgique. Vu l'heure, il y a peu de trafic, et le peu qu'il y a roule au taquet sur la 340, entre tous, on se comprend ! Une fois passé Valencia, direction Madrid c'est encore pire, c'est tout mourru. Je reçois tout un tas de projectiles sur mon pare brise, dont nottement des gouttes de pluie, c'est incroyable mais il pleut. C'est bien ça nettoie le pare brise, l'alamre "conduite continue" (à me faire ch...) sonne depuis un moment, j'arriverai pas à San Clemente, alors je me gare en vrac sur une contre allée bien large pour dormir une petite demi heure.
Le jour se lève completement vers Vilarobledo, mais par contre, je sens que je verai pas le soleil aujourd'hui, plus je vais vers le sud, moins il fait beau. Autour, il y a des eclairs un peu partout, c'est con, mais j'avais jamais vu de pluie par ici ! Du coup c'est moche on se croirait en Picardie !!! Je deconne, j'exagère là ! Je fais surtout gaffe à ce que ça glisse pas, j'ai pas trop confiance par ici. Autant en Angleterre tu roules sous la flotte sans stress, qu'ici... Martos se profile à l'horizon un peu avant 10h. C'est par ici qu'il y a plein de tordus qui maltraitent les Galgos, les levriers andalous. Comme de partout dans ce pays, la zone industrielle est pas commode, et je transpire 5 minutes pour me mettre à quai. Le must, c'est que à quai je dois tirer les palettes au cul parce que le Fenwick est trop haut, bon, ça me fait un peu d'exercice. A 10h40, je suis posé au fond de la ZI, il fait tout juste 20°et il pluvasse, normalement ici en juillet c'est 35/40 !
J'aurai pas dormi finalement bien longtemps au frais, car aussitôt l'orage terminé, le soleil est revenu et avec lui la chaleur bien entendu qui aura vite fait de me sortir du lit. Au programme : promenade dans la ZI de Martos ou il y a plus de chiens errants que de bars ouverts. Ensuite, gros ménage de printemps et dès que les 9h00 de coupure s'affichent, je ripe vite fait pour affronter les difficiles routes andalouses qui traversent des immensités de champs d'oliviers et des villages typiques andalous blancs comme neige. Je vais assister à un coucher de soleil long comme un jour sans pain étant donné que je roule plein OUEST. J'aurai parcouru l'intégralité de la N432, à la régule ou presque. En sortant de Badajoz, j'ai vu en passant sur un pont qu'un peu plus loin pour attraper la route de Alburquerque j'allais avoir droit à un contrôle de la Gardia Civil, il m'a semblé en passant que les 2 jeunes pandores avaient chargé la mule, mais je ne les ai pas interessé, et c'est tant mieux. Pas âme qui vive non plus sur la EX110, si bien que je me pointe à Sant Vincent de Alcantara à 3h de mat, bien posé dans le poligono industrial.
A l'instar de Bogota qui est la plaque tournante de la cocaïne, de Zurich la plaque tournante de tout l'argent sale des pourris de la planète, Sant Vincente de Alcantara est la plaque tournante mondiale de l'écorce de chêne liège de la planète. Ici, on est à une quinzaine de kilomètres du Portugal, du coup, on coupe, on hache, on broie, on fume le chêne liège local et donc international. Il faut 10 ans à un chêne liège pour produire une écorce potable et vous vous coucherez moins benets ce soir. Première étape à douze heure ce matin alors que la température a déjà dépassé les 30°, aller peser à la bascule municipale et attraper au café au bar, puis de là, je vais à la gare RENFE internationale de Sant Vincent pour y charger 20 gros sacs de chêne liège en poudre qui serviront très bientôt à faire un "fond" de stade écolo. Je suis le 3e camion pour le même client, il y a un affrété espagnol et Fabrizio qui eux sont plus vaillants que moi, et ils ont pas de mal. Le client est là aussi, et comme Jacques vabre, il se fait remettre des échantillons de chaque camion pour analyser, verdict, Jacques Vabre est super content, je peux aller repeser au peso publico avant de pouvoir recuperer mon CMR. L'avantage d'être le dernier, c'est que finalement ça a été ultra rapide pour tout.
Avec la chaleur de ce midi, je pensais avoir pris des couleurs, j'avais les bras marrons, la gueule marron, j'étais super content, sauf que une fois sou la douche, un énorme jus de poussière fine est apparu, et j'ai blanchi, j'étais en train de me transformer en chêne liège, ça tombe bien, chêne, gland, ça me va bien. Fabrizio est déjà reparti, je fais donc la routas tout seul pour traverser les paysages magnifique de l'extreme orient de l'Extremadura. Ici ça ressemble franchement au Portugal, d'ailleurs je me demande pourquoi le Portugal n'est pas l'Extremadura !!! Une fois à Caceres, le decor change fortement, et ressemble à la rocade de Chartres, du moins au nombre de ronds points. La température ne cesse de grimpir, j'ai eu jusqu'à 37 au compteur ! Il y avait un bail que j'avais pas eu ça et ça ne me manquait pas. Je retrouve Fabrizzio à la Shell à Navalcarnero, on fait un bout de routas ensemble, mais comme un idiot je l'ai perdu à Madrid parce que je me suis gourré de bretelle, et dire que j'ai un GPS !....
On se retrouve au KM101 de la N2 dont le restau se nomme le KM103, c'est juste pour embrouiller le client. Repas de noces, tranquille. De toutes façons, je peux couper 3h, j'ai grave de la marge alors j'en profite ; ça me laisse quand même du temps, mais à 23h et des boulettes, je bouge, bien décidé à optimiser mes 3h27 restantes. Pas lourd, et pas de trafico ça va donc extremement bien sur l'autovia. Musique au taquet, Canal19 au taquet à l'écoute d'éventuelles stations en fixe française. Par moment j'entends super bien, et pfuiiit ça repart, non vraiment ça occupe bien un TX ! Si bien que j'arrive même pas fatigué à Bujalaroz au Buffet Espanol, le parking est bien sûr plein, mais il me reste une place sur un camino rural, et pas goudronné, c'est cool, ça sentira pas la pisse au moins !
C'est la chaleur qui me sort du lit vers 9h, je suis pas à la bourre pour partir à 11h30 !!! Fabrizio déjeune ici aussi, on ne se lache plus. Le parking s'est litteralement vidé ce matin, c'est un peu normal, c'est bien la preuve qu'il y a des mecs vaillants. Aussitôt la coupure OK, je decolle et pas de bol je tombe derrière un benneux avec un antique fh380 qui va me couper la route et ne fera aucun effort pour que je puisse le depasser dans les côtes, le type normal, egoiste qui rame dans les montées et qui a une régule plus que correcte sur le plat, bref, un coup à me faire tourner en bourrique, j'étais à deux doigts de m'arrêter avant de devenir fou. Ensuite aussitôt sur la 4 voies je peux enfin le doubler à la première côte venue, et pour finir de me detendre j'enquille le C25, ou decidement, il n'y a plus personne. Il faudra que je regarde ça de plus près, mais il me semble que le c25 n'est plus interdit aux ADR. Il fait un peu meilleur sur les hauteurs de Vic, mais de retour en bas, c'est la fournaise, il fait un petit 32 quand je me pose avec déjà 4h de guidon sur le parking de monsieur Padrosa. Je dispose de 45 min pour casser une graine et prendre la douche, IMPEC !!!
3/4h plus tard, comme prévu je suis reparti, et je trouve mon pote FRAN au centre routier de Narbonne. Une petite heure de discut tranquilotte, bien rigolé encore une fois, mais il faut quand même repartir parce que la RSE, elle y connait que dalle en relations humaines. Pour rejoindre Septèmes les vallons j'ai une petite demi heure de marge, je traine pas, je suis pas fou.... Et j'ai bien fait parce que la DDE13 a eu la bonne idée de fermé l'echangeur complet A7/A51. Bien sûr rien est écrit à l'avance, rien n'est indiqué, en gros DEMERDEZ-VOUS. Je sors donc à la première sortie ou il y a une autre déviation, j'adore les déviations des déviations, je commence a transpirer parce que c'est interdit aux PL de partout. Puis je finis par trouver l'entrée du stade, c'est pas large, je vais voir à pieds. Il y a des types qui jouent aux boules, et coup de bol, il y a encore le gardien qui est bien cool et m'ouvre le portail. J'avais une bouteille de La Rioja d'avance, je lui en ai filé une, normal, on est pas des clebards. Finalement, je suis posé, tranquille au calme ! Il y a un bon dieu pour les fous !
Grand soleil ce matin. Le temps de manger une bricole parce que j'ai pas de café, et les gars de chantier arrivent. Le cariste est à 2 doigts de pas vouloir vider, car c'est trop risqué. Mais je me suis pas privé de lui dire qu'on m'avait prevenu que j'avais à faire avec la meilleure équipe de la société. En général, ça flatte, et ça marche souvent. A force, on finit par trouver une méthode pour sortir les big bag, heureusement qu'ils ne sont pas lourds, 250kg en moyenne, mais quelle poussière ! Le coup de bol c'est qu'il y a Fabrizio et Pedro le chauffeur espagnol, avec tout ce petit monde on finit par y arriver dans la bonne humeur, mais bonjour poussière. Pour ressortir je dois aussi mon salut aux 2 collègues, il a bien fallu être 3 pour me guider, baisse, lève pour pas toucher, pfuiiiii il m'est venu la transpiration !!! En partant j'ai papoté un peu avec Pedro, ça fait deux mois qu'il bosse là, après s'être fait lourdé de chez Panalon après 10 ans de bons et loyaux services tout comme 200 de ses autres collègues. C'est la crise, il faut du low cost à tous les étages. Je quitte tout ce petit monde et je file plein nord faire une ramasse à Montélimar.
J'ai le temps quand même de prendre un café sandwich avec Eric Ripley à la Total sur la N7 qui m'a amené une surprise ; un magnifique tube qui va pile poil au cul du tracteur, j'en reviens toujours pas, je suis sur le cul ! Pendant que j'attends sur le parking de chez Autajon, il y a Carbone qui passe me faire un mimi, mais il a le feu au cul comme d'habitude. De là, je vais completer au Teil, puis à Valence, et je remonte au dépôt. Sur l'A7 c'est le merdier à la descente, ça y est c'est l'été. Au dépôt il y a la folie des grands jours, des camions dans tous les sens et un quai archi blindé. Y avait longtemps que j'avais pas decroché, c'est fait, je recupère la semi de Rire et Chanson avec 3 clients dans le 13 dont un à La Belle de Mai à Marseille.
Un bon coup de lavage, de chagements d'ampoules et de tout plus tard, et je rentre à la maison, ou je me jette sur google map, et vraiment ça va me stresser tout le week end cette connerie.
A 5h du matin, St Peray sud se reveille. JP le chauffeur de chez ND demarre quelques minutes avant moi, je suis zen ce matin, tranquille. Je sais pas si je vous ai dit, et si ça vous interesse mais j'ai décidé de lever le pied.... avec la clope. Pour lever le pied avec la clope, c'est à dire dans un permier temps passer de 2 paquets/jour à moins de 1, faut être zen, je suis zen. Zen et pas en retard, alors je prends un café à Mornas qui se reveille tranquille. Après une traversée laborieuse d'Aramaon et Beaucaire, et je finis par arriver un peu avant 8h à Arles chez un marchand de graines. J'en profite pour papoter avec un chauffeur qui attend l'heure aussi, le gars passe ses journées à faire de l'inter depot avec son plateau. A 8h30, je remonte dans mon si gros camion direction Marseille, la boule au ventre. Il y a encore un peu des bouchons, mais j'arrive sans trop de mal à sortir à Plombières. J'avais appelé le client pour lui demander de venir me recuperer quelque part parce que je suis pas certain de mon itinéraire. Il m'a repondu qu'il avait pas que ça à foutre, Patrick Bosso, philosophe Marseillais aurait dit : "l'enculéééééé", mais je ne suis pas Patrick Bosso. Donc, j'y suis allé zen. Et ce qui devait arriver, arriva, je me suis retrouvé bloqué à la Belle de mai pour cause de jour de marché, il y a des voitures mal garées de partout, et je peux pas tourner autour de la place. Derrière, ça klaxonne à mort, il y a des gens qui gueulent, des mémés qui me demandent de pas bouger et de prendre le risque d'abimer un si joli camion parce que "c'est pas de votre faute si les autres ils se garent n'importe commeng hein !?", moi j'obéis à mamy, en plus, je suis zen. A force, je finis par arriver rue François Simon, l'accès à la Friche est bien tordue et pas large, j'ai rien touché par miracle.
Ici, c'est géré par une association, et ce sont des intermittants du spectacle qui sont commis d'office pour m'aider à vider. En fait ils preparent l'euro pride, un truc dans le genre. Un chef arrive pour m'informer que le fenwick ne parche plus depuis vendredi. A la question, mais ça vous ai pas venu à l'idée de repousser la date de la livraison, on m'a dit, hé bé nong. Alors comment on fait ? Personne ne sait, il fait chaud, et tout le monde s'en fout carrement, à titre personnel, j'ai envie de decrocher et me casser... Chacun y va de son idée, le chef fait mine de chercher une solution, et il disparait discretos. On se retrouve comme trois cons avec les manuts à chercher une solution. Sur la place il y a un arbre, alors, je tente un truc : Je passe une sangle au centre du rouleau, je la raccorde avec une autre sangle à l'arbre, et j'avance doucement, sachant que le premier rouleau et à 2m du cul de la semi. 1100kg pièce, pleins de terre, l'angoisse. On va passer 2 grosses heures à employer la même méthode, on devient vite imbattables. A un moment donné, il y a le chef qui m'avait dit au téléphone qu'il avait pas que ça à foutre, qu'il voulait pas les rouleaux à cet endroit, moi je l'ai envoyé peter et il est parti. A 13h j'ai enfin fini, bien content. Reste plus qu'à revenir via un itinéraire moins hardos par le boulevard national, je serre juste les fesses en passant devant St Charles ou ça a bien changé. Je reprends l'A7 au km286, zen de chez zen, je me suis offert une sêche et aussi j'ai mangé un café un peu plus loin aussitôt sur l'A55.
Il me reste encore Istres à livrer, je devais y être à 13h30, j'aurai quasi une heure de retard. Comme c'est compliqué pour y aller, le client me donne RDV au géant casino, j'ai juste à le suivre, c'est galette pour y aller, je dirais que par rapport à ce matin, c'est du boulot de débutant ! Il y a un grand champs de cellules photovoltaïques, je livre les poteaux qui vont tenir les caméras de vidéo surveillance. Ensuite, il ne me reste plus qu'à remonter tranquillos direction St Peray City sous une chaleur ecrasante, 35 à Montélimar sans soleil ! A 19h je me gare à la maison, zen, passer une soirée avec ma chérie, les enfants, les chiens, les poissons, ça n'a pas de prix.
Ce matin, je pars pour de bon. Pas comme hier juste pour rigoler, non, là, c'est du serious, j'ai RDV à 7h30 à la kommandantur. Bien sûr j'arrive un peu en retard car il y a du grumeau de bon matin. 7h33 au bureau. Je decroche la semi à rire et chansons, et j'attelle le frigo qui m'est attribué normalement. Je pensais tourner en rond autour du clocher aujourd'hui, mais non, je charge direct chez nous pour la GB, mais aussi un lot à livrer en passant à Villefontaine. J'ai un peu de marge, et après avoir fait un mimi à Arthur, je vais laver mon magnifique attelage parce que je suis modeste. Je traine pas trop quand même et j'ai bien fait puisque à Villefontaine ça receptionne que jusqu'à 11h30. En plus le gars me dit que j'ai pas RDV, j'en prends pour mon grade, alors que fondamentalement, je m'en bats les glaouis de sa marchandise moi, le gars ferait bien de faire gaffe, y a des arbres et j'ai des sangles ! Finalement, il accede à ma requette, et il finit par me dire de me mettre à quai. En 10 minutes il a ses 7 palettes et je peux rejoindre tranquillement DHL à Genas ou il fait aussi un temps superbe. Ici, c'est un peu la merde parce qu'on sait jamais ou se mettre à quai, à moins de perdre une dizaine de minutes à trouver the right palets, and the right persons ! Et comme je suis un veinard, je me suis mis au pif au 19, et mes palettes étaient au 19 ! Je sais, c'est la classe.
De là, je coupe à travers champs pour rejoindre Chazay d'azergues, magnifique pueblo du Beaujolais, ça me fait couper par Chasselay, j'adore le coin, et quand il fait beau c'est encore plus joli, on a du mal à se croire à 20km de Feyzin. Je pensais devoir attendre en arrivant à 13h à l'usine, mais le cariste était au boulot, il m'a dit qu'il me chargerait et qu'il irait manger après. Le pire c'est que j'avais mis 10 palettes sur le côté droit pour laisser de la place à gauche, mais c'était sans compter que c'était des palettes de 80*80, donc pas possible, mais le cariste, il a dit, T'INQUIETE, je vais tout sortir et je remettrai tout dans l'odre. Le gars est pas loin de la retraite et en discutant j'ai compris que c'était un ancien routier qui aimait pas emmerder les autres routiers, au fond de moi je me disais, merde, ça existe encore des gens comme ça ? A 14h c'était bouclé, le cariste a pas voulu de café, que dalle, et j'avais donc plus qu'à continuer via le Beaujolais et Anse. Arrêt à Belleville pour remplir un peu le frigo, et arrêt sieste à Dijon. Entre la chaleur et le calage de regule à 80, j'étais ensuqué, pourtant c'est pas l'animation qui manque sur l'A6 aujourd'hui, des accidents, des radars de partout...
Au reveil ça va nettement mieux et je peux finir mes 4h à la station à Troyes, il est déjà 20h. J'empoigne mon plus beau sac intermarché et je rejoins la station en pensant faire la queue pour acceder à la douche vu le nombre de camionneurs déjà en coupure. Mais non, personne à la douche comme en plein hiver !!! IMPEC !!! Il ne me reste plus qu'à passer un peu de temps à blablater sur mon forum : http://www.fierdetreroutier.com/aztek/index.php?owner=Phil26 et bien rigoler, mais bien sûr couché bien trop tard !!!
Reveil à 4h30, je serai bien resté sous la couette car vu que j'ai dormi tout ouvert il fait bien frais, mais voilà, c'est l'heure et il faut aller tafer. Première étape, attraper un café à la machine, et à 5h04 je décolle. Il y a pas grand monde ce matin, j'ai pas la grande forme et je m'ennuie. En fait je pense qu'à un seul truc : cloper. Alors hier pour m'aider un peu, j'ai acheté des tas de conneries à grignotter, sauf que j'ai toujours autant envie de m'en griller une. J'essaie de depasser au moins 1h entre chaque, c'est dur. Et à 80 sur l'A26, c'est encore plus dur. Heureusement j'ai droit à un magnifique lever du jour sur la Champagne, ça en serait presque beau. Je passe Reims, puis arrivé au niveau de Laon, j'en ai trop marre et je stoppe coincer 15 minutes. Après ça, je me sens nettement mieux, et je peux d'une oreille distraite écouter les news, ecrire des conneries sur le forum via mon Nokia Turbo-Intercooler, et tracer quand même jusqu'à Rumeaucourt pour et d'une boire un vrai café, et de deux prendre la vignette pour aujourd'hui et samedi, et de trois finir la coupure en surfant sur le net grâce à ma superbe clé SFR made in china.
Le soleil a beau être de la partie, il fait pas chaud, j'aimais bien moi quand il faisait 35 hier, j'avais l'impression d'être en vacances. En même temps, sur Lille on peut pas demander l'impossible, il pleut pas, c'est déjà ça. Je croise quelques calandres connues yellow power, ça fait toujours plaisir, quelques kilomètres plus loin, le bitume est fortement dégradé, normal je viens de passer la frontière. Bon, on le sait, les belges sont des passionnés de camions, mais ils ont des autoroutes pourries, par endroit c'est même a se demander s'ils ont pas les routes les plus pourries d'europe, du moins celle de l'ouest. Plus je me rapproche de zeebruge, moins il fait beau, c'est balot. Il y a un enorme bouchon sur mon raccourci qui d'habitude va si bien à cause d'une fourgonette en panne, et comme en Belgique c'est devenu chacun pour sa gueule aussi, on doit attendre qu'une place se fasse. A midi et des broquilles je suis enregistré, les plaques adr marin sont posées j'ai plus qu'à attendre en mangeant 1kg de pistaches grillées et salées. Pour m'occuper, je mate aussi un peu la noria de camions qui vont et qui viennent, il y a des tracos avec des camions de fous qui doivent pas rouler bien loin parce que j'arrête pas de les voir rentrer et sortir du port, les autres portuaires sont pour la plupart peco, il doit y avoir de l'ambiance les week end dans le quartier.
Comme d'hab je suis le dernier à rentrer dans le rafiot vers 16h30, on est 5 en tout, les 4 autres portent du gaz liquide. La conversation est bruyante et tourne autour du gaz et ses subtilités. Personnelement ça me saoule vite fait vu que je sors à peine de mon stage ADR, alors je fonce sous la douche et accessoirement rattraper un peu de sommeil.
A minuit et demi, on vient me reveiller, j'ai mis tellement de temps à trouver le sommeil que là, pour le coup je l'avait bien trouvé. Mais bon vaille que vaille, il faut y aller. Il faut avouer que l'idée de me faire un bon Nescafé à l'eau chaude ça motive pour se lever !! A la salle resto, toujours les gaziers, j'ai comme l'impression que 8h plus tard, ils en sont au même point. Je sais pas ce que c'est comme gaz, mais ça a l'air motivant !!! Je tarde pas à rejoindre mon cockpit perso pour voir s'il a pas bougé, et non, il est toujours là. A 1h15 pétantes, on ripe, pile 9h de coupure ! C'est bien calculé quand même !!! Pour sortir ça va pas mal vu qu'il y a personne dans le port. Sur la M25 par contre il y a encore pas mal de camions, et surtout un bon nombre de chantiers nocturnes qui font que ça ralentit assez souvent, comme en plein jour mais la nuit. J'arrive quand même assez tranquilement chez DHL à Hatfield. A l'accueil, il y a une cougar qui me parle en français, la puavre est mariée à un Anglais et vit ici depuis 20 ans, elle a plus l'air enchantée... Je fais passer le message quand même, il y a un affrété de chez nous qui lui a promis du chocolat, il a plutot interet à pas se louper.
De mon côté, j'ai rien promis du tout, si bien qu'à 2h30 je sors du quai 79, direction Milton Keynes. Là, faut pas rêver, l'usine fonctionne H24, mais pas la reception. A 4h je me pose le long du trottoir, si je compte bien, ça me laisse 4h à dormir au calme... A 7h j'ai été reveillé par un camion qui rentrait la dedans, donc je me suis dis bon sang mais c'est bien sûr, mais non, la reception c'est à 8h, le camion il venait juste sortir une semi. Quand je finis par donner mon CMR au cariste, il me dit que je dois attendre il y a un autre camion avant moi. Ah bon ? Ou ça ? Dans la rue, d'un ton aggressif, va attendre dans la rue. 2 secondes plus tard, le cariste est dehors et vient me chercher, persuadé que c'était pas mon camion dehors. Y a des cas sur la planète quand même !! En 17 minutes c'est torché, et je quitte vite le coin pour rejoindre Bedford, et le petit village de St Neots, bien pimpant pour livrer dans une petite ZI pépère, juste 2 palettes de capsules.
Finalement, ça a bien marché et je ne suis pas en retard, c'est tout bon. Alors comme je m'aime bien et que j'ai tout le temps la dalle en ce moment, je sors après Cambridge sur l'A11, il y a un truckcafé d'indiqué. Vintage et très cool, trés campagnard comme j'aime, une adresse à retenir, et chose encore plus incroyable, les chiottes sont nickels ! 20 minutes plus tard, je suis en place sur le circuit de Snetterton, j'ai plus qu'à m'installer et attendre le chalant qui ne viendra pas aujourd'hui... Il y a que le chef de course qui est venu me dire bonjour, c'est déjà pas mal non ?
Ce matin, c'est pas la même chose qu'hier apreme, je sais d'avance que ça va être speed ce matin, alors, j'avale un café, une clope et à 8h j'ouvre la boutique. La plupart des concurents sont contents de me revoir, et c'est reciproque, ça blague sur la météo anglaise, bref c'est trés bon enfant... Je suis tellement debordé ce matin, qu'il y a même un gars qui a eu pitié et qui me ramène un café sans que je demande rien ! Je kiffe la life !!! Vers 11h enfin, ça se calme je peux dans un 1er temps fumer ma seconde clope de la journée et faire le point, commencer à ranger, remplir des tas de paperasses et aller tirer les oreilles à ceux qui ne sont encore pas venus se servir, car à 14h petantes, je ripe. Une fois les derniers retardataires venus, je peux tout fermer, et comme prévu, à 14h je bouge direction Kings Lynn. La route est vraiment très jolie, je connaissais pas. Par contre j'ai déjà chargé la ou je vais, une usine ou on fabrique des refrigérateurs de toute taille et surtout pour les collectivités. Pour y aller j'ai traversé tout Kings Lynn, c'est pas très malin, mais tellement joli !
A l'usine, il y a la bonne ambiance du vendredi, les chauffeurs sont des habitués ici, et il y en a même un qui paye sa tournée de cafés ! Et comme par hasard, il s'appele Phil ! Y a pas à dire, les Phil sont les plus braves. Je suis forcement le dernier à charger, je suis pas pressé, mais en plus c'est compliqué, je dois regerber des palettes de fûts d'essence devant pour gagner de la place. A 18h, je suis rechargé, mais la mauvaise nouvelle c'est que le ferry du soir n'existe plus le vendredi, il faut attendre le samedi 6h. Alors quoi faire, sachant qu'on peut pas stationner à Purfleet. Je fais donc un leger detour par Holbeach ou je sais qu'il y a un bon vieux truckstop oldschool avec des douches car vu la suée que j'ai pris, je pourrais jamais attendre demain matin pour la douche, ça me fait faire 20km de crochet, j'éspère que le chef m'en voudra pas. Je me pose la bas tranquille, vu que c'est vendredi il y a pas grand monde et une fois douché je mange tout seul comme un con. Il y a guère que la serveuse Lituanienne toute droite sortie d'une revue de mode qui me fais des blagues de temps en temps ! C'est rare les bimbos avec de l'humour ! Je traine pas trop au bar, et je vais vite ronfler 4h.
1h, c'est l'heure du décollage. Pas trop tôt pour pas se faire lourder du port, mais pour aussi me mettre vite en coupure pour embarquer parce que mon amplitude finit à 6h du mat, c'est compliqué. Je coupe à travers champs pour rejoindre Cambridge via Wisbech, vu l'heure je crains pas de croiser trop de camions, mis à part quelques jeunes excités du week-end. J'ai bien fait de pas écouter le GPS et de couper par là, ça me rapelle le temps béni ou on livrait les salades dans le coin ; j'étais encore jeune et beau, et surtout bien plus insouciant que maintenant. 2 bonnes heures plus tard je suis au service à Stansted ou il y a encore grave de la place pour attraper un café, un vrai expresso, depuis 3 jours j'étais en manque. Arrivé à Purfleet, je me fais degager manu militari quasi parce que je suis soit disant pas enregistré. Je me prends la tête avec le connard de service qui veut rien entendre, et je suis bien obligé de sortir et accesoirement reveiller mon chef. Entre temps je tombe sur un vieux brouillon sur lequel il y a un numéro de téléphone de la Cobelfret, et miracle ça répond. J'explique mon cas au type, j'ai pas eu finit de lui donner mon numéro du tracteur qu'il m'annonçait celui de la semi. Je me suis pas privé de lui faire remarqué mon accueuil quelques minutes avant ; je suis un client, pas un chien. Du coup le retour à l'accueil a été nettement moins aggressif, et le type ne comprend pas les mots du style : ça va trou du cul, t'es calmé ? Bon allez à la prochaine enculé !!! hi hi hi, bon, moi ça me fait rire. De là, j'ai plus qu'à me mettre sagement en OUT Ferry, et regarder le va et vient des Norbert Dentressangle polonais qui rentrent et sortent du port des semis avec le gros numéro 62 sur le tablier... Si maintenant, même les calaisiens de chez ND viennent plus en GB, alors, il y a vraiment du mal. A 6h30, je finis par monter sur le bateau, je vais pouvoir aller dormir un peu pour de vrai sur le Catherine l'équipage est Russe, les cabines sont de vrais appartements mais je suis le seul chauffeur, par moments ça tremble tellement la dedans qu'on se demande si on touche pas le fond.
Quand on finit par accoster à Zeebruge il est 15h. Il fait un temps magnifique, un temps qui n'incite pas le docker zeebrugeois à venir enlever les chaines des remorques, c'est bien connu, le docker zeebrugeois tourne au 51, joue aux boules et fait la sieste. Donc à 16h, ils rappliquent en faisant la gueule (un peu) et je sors du bateau avec 9h13 de coupure ce qui me convient parfaitement. Plutôt que de passer par Lille, je décide de rester en Belgique, parce que c'est pas idiot d'ammortir les 8€ de vignette et d'éviter le péage de Lille à Reims. Il y a pas mal de trafic, mais ça roule plutot bien. Il y avait au moins 250 ans que j'étais pas passé par Bruxelles ça m'a rappelé mes folles années, Wetteren, Merlebeke, et le ring de Bruxelles. A la difference près que l'enrobé a été refait correctement et qu'il n'y a plus d'ornières, on est donc obligés de tenir le manche. Passé Bruxelles je m'offre une pause café qui m'a couté 50ct puisque la personne avant moi a oublié sa monnaie dans la machine. I love the tourists ! Je me suis calé un vieux CD des smiths, parce que cette autoroute pour moi, c'est plein de nostalgie, c'est l'autoroute de mes premiers voyages, avec justement les Smith sur mon walkman Sony, j'étais jeune beau et pas encore con.... Je debarque en 3h56 à La Jonquerbourg pour acheter des seaux de tabac et des clopes. Le parking est blindos de chez blindos, ça pue la pisse, c'est affreux. Je reste juste 30 minutes et je me tire au plus vite !
Et oui, je n'ai qu'une hate, retrouver l'A31, Thionville et un reseau SFR afin d'entendre la voix de ma douce. A 22h je passe le péage de Toul et je suis un bandit. De toutes façons je suis pas tout seul dans ce cas-là. Et puis rouler la nuit du samedi au dimanche, c'est le pied, on est pas emmerdés, de plus la nuit du 13 au 14 juillet, c'est magnifique car on peut voir plein de feux d'artifice en même temps. Tout le monde n'a pas cette chance. Qu'es ce qu'il reste de la revolution de 1789 ? Pas grand chose mis à part quelques messages sur les panneaux à message variables : "L'autoroute c'est la LIBER-T"
Comme d'hab je stoppe 45 à Langres à L'Autogrill, c'est plein de hollandais et de Belges, blancs comme des linges. Dire que demain ils auront des coups de soleil... Se taper 2000km avec sa meuf pour aller en vacances et pas pouvoir la tripoter à cause de coups de soleil, ça doit foutre les boules quand même ! Bref, 2h plus tard je mets le cligno à droite, MACON Nord, Truckstop, Open 7/7. Je trouve une place au milieu des frigos, ça fait du bruit, IMPEC !
Après donc un excellent dimanche au calme à Macon, je demarre ma semaine tranquillement à 8h étant donné que j'ai RDV à Bressolles entre 9 et 10h. Cet horaire me convient parfaitement, pour une fois que je râle pas ! Malgré l'heure il y a encore des bouchons annoncés sur l'A46, mais je m'en fous, j'y passe pas, c'est vraiment une bonne idée cette A432. Le client ou je decharge est trés sympa, mais il a une tchatche !!! Un vrai moulin à parole !Il faudra quasi une heure pour vider les frigos. J'ai plus qu'à attaquer à faire de la ramasse. Première opération aller charger des éléments de ventilation chez un transporteur à Genas. Sur le papier ça me mesure 2.40*2.40*2,70, mais ça rentre juste juste dans le frigo, déjà du lundi matin, j'attrape la transpiration !!! Le cariste ronchonne aussi, tu m'étonnes. De là, je file à Meyzieux charger encore des éléments de ventilation, c'est la journée ! Sauf qu'il y aussi des palettes et que ça va dans le 34 ; ça charge pendant midi, donc, on mange pas... Pour finir cette magnifique tournée de ramasses, je vais à St Clair du Rhône prendre 5 pal ADR pour l'Angleterre. Il y a pas grand monde à l'usine, ça va bien comme ça !
Finalement, je suis resté plus de 3h à quai à attendre une palette. Je pars de là avec une tournée exotique pour le Languedoc, bien évidement, au fond de moi je me dis que je vais galerer demain, j'essaie de pas y penser. J'ai 2 bonnes heures à rouler pour rejoindre Uzès et l'usine Haribo c'est bo la vie. Il y a un moment que j'avais pas été dans le coin, il y a une déviation à Remoulins !!! A 23h je finis par me poser, il fait encore 28° !!!
Pas la peine de s'affoler la nouille ce matin puisqu'il y a déjà deux camions avant moi qui n'avaient pas pû vider hier. Je peux donc à loisir deguster du café Selecta tout en reniflant des effluves de bonbons HARIBO si chers à nos dentistes et à Weight Watchers. A 9h quand même, ça se decante, et je peux penetrer dans l'antre de la sucrerie mondiale. En 15 minutes c'est plié, et je peux partir sur les magnifiques et pas larges routes gardoise et passer le défilé du Gardon justement. C'est beau, mais pas en camion. Je rejoins l'autoroute à Nimes EST, et j'en profite pour appeler le client suivant ; un chantier en plein centre de Carnon. Oui, faire un chantier au mois de juillet à Carnon, c'est le genre de truc qui vend du rêve. Au téléphone, le client me rassure "y a pas de problemes" je suis super rassuré. Le chantier est facile à trouver, y a une grue. Par contre l'accès en semi est impossible, on pose tout le matos au hayon dans la rue. Les gars sont trés gentils et coopératifs.
Pour repartir, il faut traverser l'integralité de Carnon, et tout a été fait pour que ce soit emmerdant en semi. C'est rigolo, mais y a de quoi stresser, en passant devant la capitainerie je faisais pas le fier, et rarement dans ma vie, il y a eu autant de nanas en maillot qui m'ont regardé. Une fois sur la 4 voies de Montpellier je respire et je me concentre sur la livraison suivante. Une petite QSO avec mon copain Larage et je loupe Nico54 de peu, le hasard faisant souvent bien les choses, en bon glandeur qu'il est, il connait les campings d'Argelès ; ça tombe bien puisque c'est là que je vais. Je n'ai donc qu'à suivre ses savantes indications et je retrouve sur des chemins pas super larges ou il y a des quantités de baigneurs et des trains touristiques sur pneus qui font des navettes entre les campings et la plage. Je m'arrête au camping LA SIRENE pour livrer 2 matelas. Il faut reculer à contre main sinon c'est pas drôle, et il y a grave du monde, mais ça le fait quand même, les gens sont en vacances donc un peu moins stressés et du coup il y a des gens qui matent la manoeuvre, ils ont du croire que c'était une animation de plus au camping !!!
Je traine pas, et je refais tout le chemin inverse en me disant que vu les regards que me lancent certains caisseux, il y a des types qui s'imaginent que je suis la par excés de confiance du GPS. Je rejoins vite fait Juia pour charger du futur cochon sous blister herta pour les gens qui aiment les choses simples. Un crochet via la bonne maison PADROSA et je repars juste avant un enorme orage qui fait chuter la temperature d'une quinzaine de degrés. En Espagne il y a des alertes météo aux orages d'après la télé. Tout ça me fait remonter quand même jusqu'à Tavel ou ça devient compliqué pour se garer, mais on y arrive.
A 8h30 je me lève péniblement pour faire les 200m qui me séparent de l'Autogrill désert. Avec les travaux tout le monde pense que c'est fermé, alors que non. A peine reparti que je tombe dans de gros orages, la température fait du yoyo sur tout le trajet ! Comme prévu je me radine à Pont d'Isère, ça va pas trop mal pour vider, d'autant plus que par chance une semi vide arrive au même moment comme ça on peut tout transvider ; en 1h à peine c'est torché et je peux reprendre ma folle journée orageuse direction le dépôt pour charger 6 palettes pour le 41. Vu le temps, j'ai pas envie de laver, alors je mets juste un peu de carburant et je me casse direction Andrezieux-Bouthéon. Il y a pas grand monde pour passer St Etienne, mais juste assez pour tomber sur des casse pieds. Je m'enregistre vite fait mais j'ai de l'attente. 10 min ? 30 min ? 2 h ? Personne ne le sait alors je chope un torticoli en regardant le panneau, mais j'avais envie de faire la sieste, je capotais 2 min, reveil, zzzz, reveil, c'est vraiment pas pratique. Et puis finalement 2h24 plus tard je me suis mis à quai au tout nouveau batiment ; en 15 minutes la semi a pris 18t, je vais vite aux papiers et je me sauve.
En montant je fais un bon petit reopas tranquillos au Double D qui s'appele plus le Double D, mais ou on mange toujours aussi bien, et c'est ce qui compte... Reparti de la la panse pleine, je me retrouve derrière un convoi de 3 routmans modernes, le premier traverse les villages à 30/40km/h et dès qu'il sort, pied droit au taquet impossible à doubler. ça dure quand même jusqu'à Moulins la plaisanterie, et je crois être zen mais ça ne dure pas. Je croise Cyril de chez Jacquemoz qui m'averti sur le 19 qu'un peu plus loin il y a eu un gros carton et en reste un enorme bouchon. Je quitte la 7 en catastrophe et je coupe par Decize, c'est magnifique le coin, moins rapide mais trop joli. Je reste pas zen très longtemps car, alors qu'il n'y a aucun trafic, je rattrape un convoi de 4 tracteurs en solo, qui rament comme c'est pas permis, ils arrivent même à me couper les pattes dans les côtes. Mais rien à faire, aucun n'a l'idée de laisser passer, des purs trous du cul. J'arrive quand même à presque 23h à Clamecy, chaud et enervé. Heureusement, il y a là ma salle de bain, un bonne douche me remettra d'aplomb.
Il tient la grand forme le receptionaire ce matin ! A 8h15 je rentre le premier pour vider mes 10 GRV. Avec la salopette, les gants, les pompes et le casque j'ai perdu pas moins de 10L d'eau en 20 minutes, si si si, j'ai compté. Je jette vite fait la salopette, pour enquiller de nouveau le short, et je me taille direction la bonne ville de Nevers et sa station d'épuration au pied de l'hopital Pierre Berregovoy... L'accès est assez simple, et l'accueil amical vu que je suis d'accord pour mettre les GRV là ou le type veut car son Fenwick est en panne. Décidement en ce moment, je vais que là ou les Fenwicks sont en panne ! Ils sont fabriqués en chine ou quoi les Fenwicks ?? Bob bref ça vide gentiement dans la bonne humeur alors que la température ne cesse de grimper. Pour finir, il y a du bon café dans une salle climatisée, n'oublions pas que nous sommes chez VEOLIA ! Il me reste encore un client à faire à Blois. Je suis donc obligé de couper à travers champs, via des routes plus buccoliques et roulantes les unes que les autres, et des villages qui sentent bon le terroir. Non, vraiment, ça chie pas : La France, c'est beau. Je me radine un peu après 13h chez le client, pile pour entendre les projets d'avenirs concernant la circulation automobile dans notre pays, putain, y a pas mieux à faire en ce moment ???
Aussitôt vide, je prends des news de mon avenir, et je recharge du côté de Zwolle en NL ; non, c'est pas une blague et ça fait une trotte... Alors je roule un peu et je me pose juste un peu avant la région francilienne. Je fais 3h de coupure en attendant que l'heure de pointe passe. Je me cale sur Sytadin, et les kilomètres de bouchons cumulés s'affichent en direct, c'est classe quand on y est pas dans les bouchons. Comme j'ai bien calculé, ça baisse quand je décolle et j'ai passé la RP quasi à la régule. Oui je sais, c'est incroyable, mais pourtant c'est vrai. Du coup j'ai gagné bien du temps et je continue d'ecraser la pédale de droite avec juste un stop à Graincourt Les Havrincourt, non pas pour dire bonjour à Mimile, mais pour acheter 2 jour de taxe Belge à la AVIA. En route je croise un FDR du 44 qui m'a appelé sur le 19, mais j'ai mal entendu son nom... Au niveau de Mons, j'ai mes 9h, et il y a une friterie, sauf qu'à 23h elle est fermée, c'est bien dommage.
Encore une belle journée qui s'annonce, il y a comme un parfum de vacances ce matin. A la friterie, il y a plus de touristes que de routiers, c'est un signe. Je demarre tout feu tout flamme à 8h10 ce matin, ça roule nickel, je passe Bruxelles comme une fusée pour rejoindre l'autoroute de Anvers. Dans l'autre sens, c'est déjà le boxon sur plusieurs kilomètres. Sur le ring de Antwerpen, c'est exactement la même chose et pareil entre Breda et ici. Il y a des centaines de touristes qui seront ce soir et demain dans la vallée du rhône !... J'ai honte tellement j'ai bien roulé, j'avais pas 2h de guidon quand je suis arrivé à la maison au truckstop Meer.
Je dois être un peu nerveux en ce moment avec le manque de clopes, parce que j'ai posé ma tasse de café si fort qu'elle a rebondit sur mon short, j'avais honte... Chez moi, j'aurai eu droit à une bordée de jurons et de blagues, mais ici, c'est sterile, calme zen, no stress. Rilax coco. J'ai eu un autre café tout neuf, mon beakfast est arrivé avec le bon nombre de tranches de bacon, impec... 54 minutes au compteur et je redecolle richtungen Zwolle. Direction le sud, c'est franchement le bordel, au fond de moi je rigole jaune, parce que le sud, à un moment donné, il va bien falloir que je le prenne. J'appele la plupart des français que je croise (pas mal de cordier) pour me foutre de leur gueule, mais personne repond, dommage.
A 13h30 j'arrive à Genemuiden, la capitale de la moquette. Pas celle qu'on fume, mais celle qu'on foule. J'attends que le quai se libère et ensuite je peux me mettre en place, c'est du serieux ici, je veux dire que les gars sont consciencieux, il y a du café pour les chauffeurs, et comme il fait chaud, il y a même distribution de cones glacés. Ah c'est cool la NL, ça change pas trop. Ensuite je dois attendre le CMR. C'est long. Au bout de 20 minutes je suis à deux doigts de taper un scandale quand une veritable bombasse deboule avec le CMR, du coup, j'ai signé et je me suis cassé, même un cheque en blanc, j'aurai signé. Je sais pas d'ou elle sort la petite mais je comprends que notre client ait changé de fournisseur. Je suis reparti à pratiquement 16h, en me préparant mentalement à affronter les pires bouchons possibles. Et ce qui est incroyable c'est que j'ai pas eu la moitié de la queue d'un ralentissement, Zwolle, Arnheim, Nijmegen, Eindhoven, tout à la régule ! Sur Meer je sais que c'est encore le bordel parce que Stephane, un Belge que j'ai croisé et qui vit en Pologne m'a mis au parfum !!! Encore une fois, vive le 19 et vive FDR ! J'ai fait ma dernière demi heure juste au niveau de Maastricht ou on vend les vignette. D'après mes calculs je dois pouvoir arriver juste juste à Mont St Martin. Et c'est exactement ce qui est arrivé ! A 22h je me posais sur le parking de la douane, et si je compte bien ça me fait finir la coupure pile à l'heure ou commence l'interdiction de rouler.... Belle journée quand même avec 7 clopes au compteur.
Je me suis levé à 6h52 ce matin en me demandant si ça valait le coup. Hier soir j'avais discuté vite fait avec un Capelle qui attendait un escorte pour rejoindre Metz à 5h30. Ce matin, sa semi est detellée, l'escorte a pas du vouloir se deplacer. A 7h10 je mets en route, je suis tout seul, il y a même pas un petit groupe dans lequel s'integrer. La N52 qui contourne Longwy est bien deserte ce matin, et ce n'est qu'une fois sur l'A31 que je vois un peu plus de touristes et quelques camioneros qui rentrent sur la Belgique. Les parkings sont bondés de camioneurs bloqués, chaque été c'est pareil, ça emmerde tout le monde, c'est pas tout le temps justifié, mais étant donné que l'ensemble des syndicats de notre profession qu'ils soient salariés ou patronnaux n'ont pas de couilles, on peut TOUT se permettre et c'est les salariés qui ramassent. Interdictions en tous genre, personnellement, j'en peux plus, plus le temps passe et plus je me dis qu'il faudra un jour intervenir de manière violente, quant on voit qu'à Trappes pour un contrôle d'identité on met la ville a feu... Y a un truc qui tourne pas rond ! Tu bosses et on te fait chier toute l'année !!! Tout l elong du trajet jusqu'à Nancy, il y a des motards qui regardent passer les autos, j'oublie l'A31 et je passe sur les conseils de mon copain Sweden à passer par Epinal je prends mon petit dej à Nancy à la Esso ou il n'y a pas grand monde.
ça roule ensuite super bien sur la 4 voies, et même sur tout le trajet pour rejoindre Vesoul, ou juste avant moi un mec en tautliner s'est fait serrer. Le gendarme m'a bien regardé aussi, ma foi... Au fond de moi je me serai bien arrété pour lui dire, "oui et alors?" mais si ça se trouve il a pas d'humour... Ce soir j'ai une réunion familiale, alors c'est pas une loi à la con qui va m'en empêcher ! Ma femme a dit à ma mère qui croit encore au père noel que j'avais une dérogation pour pas qu'elle se fasse de mauvais sang !!! Je traverse aussi Besançon comme une fleur, et arrivé à Lons j'hésite quand même à reprendre l'A39, et je reste raisonnablement sur la N83 ou decidement ça roule très bien pour une journée classée rouge.
A Bourg je finis par atterir sur l'A39, je me sens sauvé parce que j'ai plus de gros péages à passer ou de coins foireux, c'est donc avec un OUF de soulagement que je sors à St Quentin Fallavier et à 16h30 j'arrive à Jarcieu avec 8h30 de guidon, ça fait pas gagner de temps de musarder, mais au moins je suis presque rentré. Je vais vite sous la douche et je rentre direct rejoindre mes petits chéris chez mes parents m'en mettre plein la panse !
Toutes les bonnes choses ont une fin parait-il, alors à 14h je suis opérationnel aujourd'hui. Je lache l'ultra moderne C5 de service pour chauffeurs en detresse pour me jeter dans le bon vieux FH12-420 qui m'a été chargé avec mes rouleaux de gazon synthétique. Je jette vite fait ma caméra dans la cabine, et je me sauve. Malheureusement, ou heureusement j'ai pas trop de batteries. Je rejoins donc le petit village de Cours et Buis sous une chaleur d'enfer avec une clim qui marche très moyennement. Le dechargement est rapide, du temps le chef me demande s'il y a l'équipement ADR ; réponse positive, donc une fois soulagé de mes rouleaux je rejoins St Clair du Rhône via Vienne. Panique à bord une fois chez le client, je me rends compte que je suis en tongs. Pour charger dans un dépôt ADR ça le fait moyen. Je dois mon salut à une paire de bottes en caoutchouc de taille 44 qui sont dans le coffre. Imaginez un peu la touche, en short et en bottes en caoutchouc ! Heureusement que ma caméra avait plus trop de batteries en fait. Je reste quasi une heure à quai, en bottes sans chaussettes, j'ai cru mourrir. Je rentre ensuite vite au dépôt, enfin, à la vitesse d'un FH12 chargé à bloc.
Mon attelage a pas bougé, il est presque chargé, mais il est bien trop tard pour que je puisse laver avant de partir, alors je me contente de balancer 819L de gasoil, et je me sauve. Je fais un stop pour faire des courses à Intermarché à Chanas histoire de pas être pris au dépourvu. La clim marche à merveille dans le 500, et c'est tant mieux. Arrivé à Valence, il se met à faire un orage, pas suffisement pour nettoyer le pare brise, mais juste assez pour bien finir de pourrir le camion. Ce soir ça roule plutôt pas mal, les touristes sont à l'apéro, c'est nickel. A 23h30 je me pose à la sortie Sigean avec 4h20 de route, vivement que j'ai des roues neuves, j'arrive même plus en 4h30 à La Palme... Bon, on s'en fout c'est lundi, on est pas pressé le lundi.
Il fait déjà 29° quand je sors du lit à 8h ce matin. J'ai pas trop mal dormi pour une fois. Dès que la coupure est bonne je décolle pour me jeter sur l'A9. Premier arrêt à La Jonquera pour faire une douane, en même pas 15 minutes c'est torché. Devant moi, il y a un russe qui a chargé de l'huile pour moteur à Madrid pour Moscou, ça lui fait une bonne ballade au bonhomme. Je prends pas le temps de chaper avec lui, ma journée est pas commencée qu'elle est déjà tendue comme un string de taille 38 sur un éléphant. Je mets donc le pied à la planche tout le long pour arriver à vider un max de clients aujourd'hui. Première étape Carrion à Montornès. Ici, si tu sais pas lire le roumain, faut pas venir ! C'est hallucinant. Didier aussi est là, et on bloque tous les deux sur la vie que mènent les gars ici. On se croirait à la mine, ou je sais pas ou. La plupart des chauffeurs laissent tourner les moteurs pour dormir au frais, pendant que d'autres font des machines de linge. Vu que Didier est complet et qu'il est bien brave, il me laisse vider mes 5 palettes avant lui, à charge de revanche bien sûr. De là, je fonce à Villadecans poser 8 containers, en sachant qu'ici, ils arrêtent à 14h. J'en repars à 13h45, j'ai bien fait de pas trainer ce matin, et merci encore Didier.
Il me reste pour bien faire aujourd'hui, à vider 2 clients à Peniscola. J'appele celui qui m'inquiète le plus, un marchand de campings cars. Ils arrêtent la reception à 15h, jusqu'au lendemain 7h... Ben je suis joli là !!! Je vais y arriver à 16h. Mais j'ai quand même du bol, parce que le production est bloquée à cause de certaines references que j'ai dans la semi ! Impec, vive le flux tendu, halte au stocks dans les entreprises ! Quand j'arrive là c'est le gardien qui s'occupe de moi, et je dois mon salut au hayon de la semi vu qu'il y a pas de cariste. Quoique, vider une palette de matelas qui fait 200*100 au hayon, c'est rock n roll. Une fois vide, je vais de l'autre côté de la N340 vider 8 palettes de peinture, ici ça bosse jusqu'à 19h, donc no stress, en plus les receptionaires nous aiment bien, alors faut pas de priver d'être aimables avec !
J'ai encore eu du bol aujourd'hui d'avoir tout posé ce que j'esperais, alors que c'était pas gagné. Pour me recompenser, je me paye un bon bocadillo chorizo frito chez Paquita, et une bonne douche bien fraiche pour me remettre d'aplomb. En repartant de là, il me reste 2h30 à rouler, ce qui m'amène à Fuente de Figuéra, ça se voit que c'est les vacances, le parking immense est loin, très loin d'être plein quand je deboule à 21h30, pile poil en plus pour caser une 11h et prendre le temps d'aller deguster una cana bien fraiche ! Non, mais vraiment, quand je pense qu'il y a des gens pour dire qu'on fait un boulot de merde...
La plupart des camioneros ont deserté le parking avant moi ce matin, oui, je suis une grosse feignasse, mais y a pas le feu au lac, alors à quoi bon se presser ? Je prends le temps de dejeuner tranquillement, et puis je demarre tranquillement. Il va faire très chaud aujourd'hui, inutile de se faire venir la transpiration ! Niveau trafic ça roule quand même pas mal dans le quartier, surtout sur la côte vers Murcia. Une fois sur l'A92 c'est enfin plus calme et je peux me detendre, le décor ici est toujours un régal, surtout quand il fait trés beau et chaud comme aujourd'hui. En moyenne on est rarement en dessous de 1000m d'altitude, ça monte même à 1380 avant de basculer à Granada. En bas, c'est étouffant, il fait un petit 35. Heureusement, un fois arrivé à Cenes, je peux me mettre en place pile au bon endroit sans avoir à bouger les palettes dans des boxes trop éloignés. Une suée et un coca cola plus tard et je me sauve.
Ma mission suivante, c'est un truc de malade. Je dois charger à Daimel, un complet de sangria pour Aldi à Cavaillon. C'est pas la peine de trop s'affoler, parce que la ou je charge, il faut surtout pas être pressé... Le température exterieure, ne cesse de grimper, pour finalement atteindre un petit 38 vers Jaen. Avec une température pareille, je suis bien content de rouler, ça doit être galère de tenter une coupure en pleine journée. Quand j'arrive à Daimel il y a des camions dans tous les sens en attente, je vais m'inscrire bien entendu, j'ai une place pile en face du gardien, ça m'arrange bien. Je suis prévu de charger aujourd'hui, mais ça dure jusque 23h59 le mercredi vu que ça charge H24 ici. Finalement, on bout de 3h d'attente, je peux entrer, enfiler un gilet et des pompes pour me charger 31p au transpal electrique. Il parait que j'ai grave du bol, je le sais, j'ai toujours du bol !
7h45, tout est en ordre, je peux demarrer la journée. C'est drôle parce que aujourd'hui, je vais pas voir le soleil trés longtemps vu que je rentre. Je dis des trucs super interessants en fait ! Et ben oui, ici, le matin à 7h30 le soleil est à peine levé, vous voyez ce que je veux dire ? Vu que je vais plein EST le soleil sera couché vachement avant. Bon, j'avoue que depuis que je tente de stopper le tabac, je suis pas toujours bien net. Ce coup-ci, c'est décidé, j'arrête, j'y crois pas mais j'arrête quand même. Je repousse l'heure du café au maximum, et finalement, je jette mon dévolu sur le vieux restau de Sisante. A la télé il y a un film catastrophe avec un train qui a deraillé, mais je comprends vite que c'est pas un film mais la réalité, c'est l'horreur, je regarde ça en beurant mes tartines, 77 morts, affreux. Je reprends ensuite la route normale à Motilla de Palencar, il y a trés peu de camions, c'est le pied de rouler ces temps-ci. Je termine ma coupure après Valencia, mais j'ai mal choisi mon parking, le café est infect.
Avec la chaleur, je manque un peu de sommeil quand même, je m'arrête faire une demi heure de sièste en montant. Un petot arrêt douche et popo à Altafulla, j'ai presque hésité à aller me baigner, mais j'ai des obligations professionnelles. Plus je me rapproche de Barcelone, plus ça roule c'est normal. Ce soir, je mange chez Padrosa à Figueras, toujours les images affreuses à la télé, le conducteur aurait pris le virage à 100km/h de plus que la vitesse prévue, sacré excés de vitesse quand même. Quand je sors de table, j'ai envie de fumer, c'est affreux, je vais jamais tenir 5 jours !
J'ai pas fermé l'oeil de la nuit, entre la chaleur et l'envie de fumer ça a été bien merdique. C'est soulagé que je suis allé payer et avaler un café à 5h. Un quart d'heure plus tard, j'ai décollé tranquille en mangeant ma spatule. Face à moi, une boule rouge feu, c'est le soleil qui se lève. Je voulais faire mon premier quart d'heure à La palme, et de fil en aiguille, j'ai fini à la Cabane Bambou en regardant le résumé de l'accident de la RENFE ; je crois que le pire c'est les declarations du conducteur. Bref sacré boulette. A un peu plus de 10h je me radine chez Aldi, mon padre est venu en touriste me dire bonjour, du coup, je vide tranquillement mon complet de sangria en chapant. C'est tranquille de vider comme ça. Je ressors de là une bonne heure plus tard. Il y a un trafic incroyable sur Cavaillon, et pour passer au rond point du melon, il n'y a qu'une seule solution, c'est forcer le passage sinon, j'y serais encore.
Un arrêt au Teil pour deux palettes, et encore deux palettes à Montélimar. Il y a vraiment du monde sur l'A7, ce coup-ci, c'est bien l'été !!! Il fait super chaud dans les bouchons sur l'autoroute, c'est con, mais du coup je me sens en vacances aussi ! Non, ça me vaut rien d'arrêter la clope ; je disjoncte ! Je reviens donc tout mouillé de chaud au dépôt, je me mets même au quai que je veux ! Oui, c'est la classe, il y en a qu'un seul de libre.
Le chef me donne 7 livraisons à faire lundi sur Barca. Mais en négoçiant aprement, je suis tombé à 6, j'ai bien essayé de tomber à 5, mais le chef il est pas con. Faut pas oublier que moi, je suis sensé faire que des complets sur le sud de l'andalousie, je veix bien rendre service mais faut pas abuser. Jamais on m'a autant proposé de clopes au dépôt. J'ai été con, j'aurai du toutes les accepter pour les fumer plus tard quand je vais craquer. A 20h je suis enfin à la maison !
Après avoir passé un week end caniculaire ou j'ai réussi à m'engueuler avec 100% de ma famille vu que le manque de tabac rend fou, je me retrouve à partir au beau milieu d'un orage terrible à 22h. J'ai l'air con d'une manière générale, mais en tongs encore plus. Quoique je voudrais bien voir la tête de celui qui sort un soir pareil avec des Nike toutes neuves au pieds sachant que j'ai de l'eau jusqu'aux mollets tellement il drache, c'est autant inquiétant qu'impressionant ! A 22h05 à la lumière faiblarde de mes phares Volvo je vois ds torrents devaler les collines voisines, ça fait flipper. Je pensais être tranquille sur l'A7 mais c'est encore pire vu qu'il y a quand même du monde, encore j'ose pas trop me plaindre à la montée c'est encore pire. Les orages sont vraiment nombreux et violents, ça rend la conduite delicate et surtout stressante, ça finit par se calmer un peu après Beziers et je peux sereinement faire une heure de sieste à Perpignan.
Pas de jaloux, côté espagnol aussi il y a des orages et c'est sous une pluie fine que je prends mon café à l'Emporda. Reste le morceau que j'appréhande le plus quand je descends la nuit du dimanche au lundi, et bingo, je suis obligé de taper 15 minutes de sieste juste avant Cardedeu ; vaut mieux taper 1/4h de sieste qu'une pile de pont, de toutes façons, j'arrive pile à 6h à l'ouverture de mon 1er client à Barcelone. Le ton est donné pour le reste de la tournée ; ça va pinailler ce lundi. Là, j'avais que 2 palettes, ça devrait aller très vite sauf que l'informatique dort encore, même en expliquant qu'il y a pas besoin d'informatique pour tamponner un CMR. 20 minutes quand même la plaisanterie ; je traverse vite Barcelone via la ronda littoral en priant qu'on me voie pas et je me retrouve à la ZAL2 pour 4 GRV chimiques. Coup de bol je suis déjà enregistré bien que ce soit la 1ere fois que je vienne ici, ils ont déjà mon pédigree vu que je suis enregistré à Tarragona. Il y a des quais, mais c'est long, 1 cariste pour tous les quais... Une bonne demi heure plus tard, je fonce sur Terrassa, ça roule nickel dans mon sens, à 8h15 je suis contre le portail....
...Mauvaise pioche ! Le Terrassa ne se livre plus ici, mais à Berbera Del Vallès, un coup pour rien et une bonne demi heure de bouffée. Je vais faire le suivant à Castellar Dèl Vallès sous un soleil déjà chaud, petite boutique, cariste sympa, ça va super vite ce qui me permet de gagner un peu de temps, mais arrivé à Barbera, il y a du monde en attente, deseperant. Il y a une machine à café, c'est toujours ça, en plus elle est pas chiante la machine... Bilan 35 minutes pour 2 palettes, il me reste encore 2 livraisons. En un quart d'heure je suis chez le suivant à Santa Perpetua juste derrière chez Waterair, bien sûr je dois patienter un peu, j'en profite pour faire les point sur les heures et j'en ai bouffé un bon paquet déjà... RSEMENT parlant, je peux pas aller charger aujourd'hui, je m'arrange avec Ludo, pour lui no soucy je peux charger demain à 5h. Alors impec, je me suis pas trompé, parce que une fois vide chez le dernier à Villasar de Mar, il me restait 33 mintes à rouler. J'ai hesiter à aller me garer près de la mer en sortant après Mataro, et j'ai choisi la sécurité en me calant à la dernière station avant Lloret, avec 9h59 de route ! Sacré lundi, en plus j'ai fumé comme un pompier : 3 clopes depuis 22h !
Armé de mes plus belles tongs, je vais taper à la vitre du pompiste pour qu'il me fasse couler un gobelet de precieux liquide à base de caféine. A 3h je décolle et comme je suis un rebelle, je prends pas l'autoroute à Maçanet, je garde la N2 qui est bien deserte du coup. Paradoxallement, le resto qui est au croisement de la route de Hostalric reste encore ouvert H24, c'est bon à savoir quand même. Vu l'heure, il y a personne au lavage, si bien qu'à 4h20 je suis en place à quai en attendant 5h, j'en profite pour piquer un roupillon. Comme prévu à 5h le chargement à commencé et à 5h20 je suis parti avec les papiers et tout. Ah quand ça veut rire !!! Je reprends vite l'autoroute et je me pose à Vinassan qui se reveille gentiement, et je me jette sous la douche N°1. Une demi heure plus tard je repars parce que je suis pas payé pour trop trainer. En passant à Montpellier je vois le demantelement du camp de roms qu'il y avait le long de l'A9, c'est même étonnant qu'ils soit resté aussi longtemps en place. Tractos pelles, grues, depaneuses, camions benne, qui va payer la facture ? La Roumanie ??? Pour changer un peu, je stoppe faire ma dernière 1/2h à l'Autogrill à Tavel.
Comme prévu, je me radine à midi à la tedevienne, je croise Ludo qui va casser la croute, et je vide avec l'aide d'un petit jeune bien sympatique qui contrairement à moi par exemple ne passe pas sa vie à ronchonner. Plutôt que de remonter direct au dépôt, le chef m'envoie dans une usine de chauffe eau electriques à Valence. Bien entendu, je connais pas la boutique, mais c'est pas grave, à 14h ils me chargent plutôt rapidement pour selon que ce sont des sales feneants de valentinois. La grosse surprise du jour vient juste un peu plus tard une fois chargé car je dois completer à Montfaucon dans le 43. Pour y aller il y a deux solutions, pas plus, soit passer par Lamastre et St Agrève, soit par Annonay. J'opte pour la première solution vu que je suis pas lourd du tout, mais il va falloir faire tourner les bielles vu que j'ai déjà entamé serieusement mon capital horaire. Par chance je trouve très peu de trafic dans mon sens, même en connaissant plutôt pas mal le coin, je peux pas me lasser de la beauté du quartier, depuis la côte du Pin, je tente de faire coucou à ma femme dans le jardin, mais comme elle est agée, elle ne me voit pas. Il fait tout juste 20° quand je passe le periph sud de Saint Agrève, et très vite je me suis retrouvé dans le 43 à traveser Tence, c'est chaudard à traverser Tence.
Mes palettes sont prêtes, je reste 30 minutes pas une de plus à quai, et je me taille vite fait avec 15 minutes de marge pour revenir au dépôt. Là encore ça roule plutôt pas mal, tout est une histoire de chance et de pif dans des coups comme ça. A 17h45 je me radine quai 4 pour vider et recharger. Ce soir au dépôt, il y a que des chefs qui restent pour l'apéro, on passe une super bonne soirée de poilade avec Arthur, Cyril, Deboite, Hubert et Nico. Excellent repas à base de paté croute eventé de Cyril ainsi que des chips et des cacahuètes ! On est gastronomes ou pas !?
Debout à 6h, je vais vite me mettre sur la piste de lavage, c'est la meilleure heure pour laver. Steph est déjà au boulot, et ouais, c'est la paye, faut pas deconner avec ça ! Le temps de mettre un peu de gasoil, et à 7h je ripe. J'aurai pas cru, mais ça bouchonne ce matin sur l'A46. Pas de chance, mais j'évite par le periph ou ça roule nickel. Arrêt petit dej douche à la BP à Macon, oui, je suis un fou. Un bon breakfast, y a que ça de vrai. Ce matin, il fait pas trop trop chaud, mais d'après la météo à la radio ça va pas durer, il fera aussi chaud qu'à Cordoba cette semaine. Donc, je traine pas, je monte vite vers le nord, je m'arrête à la frontière du pôle nord, à Langres au supermarché Leclerc. C'est bien merdique pour se garer la dedans, en plus il manque plein de trucs dans les rayons. Je me croyais revenu au temps de l'URSS, mais en fait c'est juste que les frigos ont eclaté avec les orages, je sais tout de l'historique du Leclerc à Langres parce que la caissière me l'a dit alors que pourtant j'ai même pas la carte de fidelité Leclerc. Je vous dit, je suis un rebelle !
Je continue ma montée bien peinarde, ça roule plutot tranquille cet apreme, en plus il y a de moins en moins de camioneurs, ça repose quand même !!! Ce jour ça roule même si bien qu'il y a aucun bouchon sur l'A31. Il n'y a guère que la traversée du Luxembourg qui est pénible, dans les stations ça fait grave la queue, c'est impressionant. Je termine ma journée de fonctionaire à Arlon, mal garé sur les emplacements VL pour être tranquille en fait.