| Carnet de bord de Novembre 2014 | Partager sur Facebook |
Autant dire que je me suis pas oublié ce matin. 2 reveils et dodo sans webasto. Bon en même temps, se louper en dormant devant pour une ouverture à 8h, faudrait être vraiment explosé ! C'est pas de ma faute si je deviens feneant, la RSE m'a tuer... A 7h59, le portail s'ouvre, à 8h je remplis le protocole de sécurité, 30 secondes plus tard on me donne le quai n°6. Ils ont l'air pressés, donc, je suis allé faire mon pissou tranquille, en passant devant la machine à café, je me suis dit, tiens, et si je balançais 40c dedans pour voir ?? J'ai eu un café, trop chaud, j'ai attendu qu'il refroidisse un peu parce que sinon, on perd en qualité gustatives je trouve. J'ai jeté le gobelet dans la poubelle prévue à cet effet, et puis de là, je suis allé me mettre à quai. En 20 minutes, je suis dechargé, c'est vrai que ça valait vraiment la peine que j'attende 18H ici... Eenfin, on s'en cague, y a plus grave. Pour me reconcillier avec la Somme, j'ai pris l'A16 direction Calais, j'adore cette autoroute, elle est magnifique et sauvage comme j'aime, pas encore envahie de batiments logistiques affreux à chaque echangeur, et pas non plus de sinistres centres commerciaux qui se ressemblent tellement tous qu'on a du mal à être depaysés aujourd'hui. Rien de tout ça sur l'A16, des vallons, de l'horizon, de la pluie et du vent. J'aime.
Lorsque j'arrive sur Calais, il n'y a pas foule, ça fait même pas la queue au Shuttle. C'est fluide, et je vais pas en GB, comme par hasard, non, je vais au pire endroit de Calais, la ZI des Dunes, un repaire à clandestins. J'en vois quelques uns roder, et deux se faire sortir d'une remorque anglaise, sans plomb ni cordon TIR, et j'essaie de capter leur regard en attendant que mon client ouvre le portail. Et j'ai vu des types traqués, desabusés, regard vide. On a nos probèmes, ils ont les leurs. C'est vrai. Le problème pour nous, c'est quoi ? avaler nos 3000 calories par jour, acheter le nouvel Iphone6, et niquer bobonne au moins une fois par an au club med. J'exagère ? Remplaçons Bobonne par l'achat de la dernière Audi. Bref, dans quel état serions nous, si demain, nous devenions nous-mêmes des clandés ? Une guerre, une catastrophe economique, et nous voilà jetés à la rue, comme nos grands parents ou arrière selon notre âge ! Comme mon pépé fuyant Franco en 36, qui est passé du statut de berger respectable à celui de clandestin en Algerie, voilà, qui sont ces gens que certains "collègues" rectifient à coups de barres à mines... Je m'egare, concentrons nous sur l'essentiel, la nouvelle barre Kelsa, là, ça biche...
Une fois vide, je reprends mes esprits et je fonce vers un autre No Mans Land : Loon Plage. Derrière ce nom qui fait rêver, pas de stands qui vendent des chouchous, pas de boutique pour acheter une belle bouée canard, mais un port deguelasse squatté par des centaines de PECO, et on est que vendredi à même pas midi. Je m'enregistre rapidos chez Dun Fresh. Ici tout à été calqué sur l'ancien port frutier de Marseille porte 4. Après avoir rempli une fiche, un type trés poli m'indique que je recevrais les instructions par texto à partir de 13h. "Ben voyons" j'ai pensé. Donc je suis allé faire ma popote en regardant la pluie tomber. A 13h02, j'ai reçu un texto, j'ai été recuperer mes papier, et 35 minutes plus tard, je repartais avec mes 22 pal de bananes. Comme à Marseille il y a 15 ans, pareil !!! Cap plein sud, j'ai pas envie de passer par Reims aujourd'hui. Un stop tranquille à Roye me fera du bien. Au bar, la miss m'a justement parlé de la brigade d'en face, et dans le quartier je crois comprendre que c'est pas la peine qu'ils fassent un calendrier. Ils ont pas bonne presse, ça m'a fait plaisir à entendre. La nuit est vite tombée ensuite sur mon trajet ou parait il un tigre aurait été aperçu, il faisait nuit, j'ai rien vu ou je l'ai ecrasé. Malgré l'heure, j'ai roulé nickel ou presque en évitant la RP et je me suis ramené juste en 4h15 à Avallon. Il y a de place sur le parking, le frigo hurle sa race et les schmits tournent. La pluie elle, continue de tomber.