| Carnet de bord de Novembre 2013 | Partager sur Facebook |
En partant de chez moi ce matin à 2h du matin, j'étais dans un état proche de l'Ohio, je tenais une forme para olympique mais presque. Disons que j'avais la gueule plein de cachetons. Mais quand il faut y aller, faut y aller, ça sert à rien de se lamenter. D'autant plus que j'ai une rude journée en perspective et j'ai pas bien pour habitude de bosser. Je me suis enfoui dans ma capuche, thermostat du cockpit sur 25, chauffage du siège et avant Guigamp. Programmation du pilotage automatique, ça tombe super bien, il n'y a aucune perturbation sur le trajet qui va me mener en 4h28 au parking de la station à La Jonquera. J'ai été bien trop fénéant pour aller me caler le long de la tortuga... Pour le coup, je me suis jeté comme une chique molle dans le plumard pour 55 minutes de sommeil agité vu que dehors il fait un temps à pas mettre une peripatéticienne dehors, fut elle PECO. Pile au même moment ou sonnent mes 2 reveils, il y a le message du matin, j'avais aucun moyen de me louper ce matin !!!
Dehors, il tombe des cordes, j'ai juste une accalmie au moment d'aller acheter des clopes. C'est un signe de chance. Car je suis supersticieux, oui oui, je vois des signes partout moi ! Petit lundi, petite semaine, gros lundi sous la pluie, gros samedi agité... Enfin bref, les essuies glaces calés sur II, je gravis les montagnes catalanes pour rejoindre Vic, les champs sont gorgés d'eau, les rivières ruissellent et les talus s'effritent (ha ha ha j'en entend d'ici qui disent BELGES). A 10h je finis par me ramener à ma première livraison chez Rossignol à Artes, le temps de trouver the "right person" et en 5 minutes c'est torché, ni une ni deux pied droit à la planche et je go à Sabadell, il pleut toujours autant, et pour courroner le tout il y a grève d'une certaine catégorie de personnels des transports publics à Barcelone, la radio annonce un bordel monstre. Mais je garde mon calme, car je suis zen pas pressé. C'est pour ça que arrivé à Sabadell, j'ai juste eu à sonner, ouvrir la porte du frigo, et la palette était livrée, et de deux, HOLAAAA !! 5km de ballade urbaine plus loin et j'arrive à Barbera Del Vallès, il y a 2 ou 3 semaines, Aurél et moi étions pressés comme des citrons, et il a fallu attendre à mort ici, là, il y a personne ce jour, je suis à peine descendu du camion qu'ils étaient déjà en train de sortir les palettes, et de 3, Hoooooolaaaaaa !!! En repartant direction Parets, la pluie redouble, triple même d'intensité, au point qu'on y voit plus que dalle, on se croirait sur la M62 sur les hauteurs d'Halifax, à la difference près que les espagnols ne sont pas fortiches à la conduite sous la pluja. Personne à Parets, y a bon Ovomaltine, 10 minutes à quai vu que le cariste a absolument pas voulu prendre un fenwick mouillé, et que la mort dans l'ame il a du se rabattre sur un transpalette electrique. C'est penible comme job, et de 4, hoooooolaaaaaaaaaaaa !... Un passage par Santa Perpetua, ou les rues de la zone sont pas innondées mais quasi, j'ai les pieds trempés le temps de faire le trajet pour donner mon CMR, vu la météo, le cariste se magne le cul, ça a du bon la pluie !... Et de 5, hoooooooooooolaaaaaaaaaaaaaaaa !.... Je tente Ripollet avant 13h, coup de bol, il y a de la vie dans cette vielle impasse coincée au milieu d'une vielle usine remplie de vieux ouvriers bien sympatiques qui n'ont pas craint de faire 5 minutes de rabiot pour sortir 4 palettes à un jeune chauffeur français. Et de 6, hoooolaaaa !
Je profite donc de la pause déjeuner pour rejoindre Barcelone centre, quand j'arrive chez le 7e client, c'est la pause releve casse croute, ça tombe bien, faut que je coupe 30 minutes. A côté il y a un traco espagnol de Calsina completement deprimé. Le type qui supporte plus toutes ces conneries, maintenant les affrétés roumains sont regroupés en coopératives avec les camions aux couleurs bleues et jaunes, le gars arrive même pas à comprendre comment ils font ne serai-ce que pour rembourser les frais de loc, d'autoroute et de gasoil... Une heure plus tard, il ne me reste plus que 2 palettes pour le quartier de la marina, je debarque dans un tout petit atelier coincé entre deux bars, il me faut monter à cheval sur le trottoir pour que le gars puisse attraper les palettes avec un gerbeur, et ça patine à mort, c'est lourd les bobines de fil de fer... Bien sûr ça n'empeche pas les gens de klaxonner vu que je bloque la rue, mais s'ils savaient à quel point je m'en fous, ça leur donnerai une idée de l'infini !!! Et du coup, à 15h et des boulettes, le frigo sonne enfin le creux, je suis vide. Par contre pour sortir de Barcelone, c'est la panique, pluie, flaques, glissades... L'angoisse ! Je tente quand même ma ramasse à Rubi..... MEEEEEEERDE ! C'est fermé trop tard, manana ! Ok, de toutes façons c'était pas un full load et j'ai 9h54 de guidon, donc, c'est sans regrets que je me pose dans la zone dans une rue bien trop bruyante, la seule rue de Catalogne depourvue de bar.... CARAMBA !