| Carnet de bord de Décembre 2013 | Partager sur Facebook |
Comme le monde appartien aux gens qui se levent de bonne heure, mon reveil sonne à 3h. Bien sûr le temps que je comprenne il est 3h10, et 7 minutes plus tard je suis à 90km/h sur l'A5 deserte. Enfin presque deserte, si on enlève les quelques rares frigomens. Après Sens, il y a une station d'ouverte, de qui est déjà extraordinaire, mais encore plus rare, il y a du café au comptoir comme en Italie,sauf que là, on est à mi-chemin entre Paris et Troyes... Je gard plein cap à l'est et je sors à Langres nord, en fait je vais dans un trou paumé dans le 52, et je voyais vraiment pas par quel bout le prendre, j'ai donc suivi mon atlas Michelin avec mon petit doigt pour suivre les routes les plus larges, du coup je suis passé par la N19, c'est carrement exotique parce que la N19 on y passait souvent par colonnes de 17 quand j'étais en porte chars à l'armée, je me souviens des depassements aussi kamikazes que hysteriques des GEFCO de l'époque. Ce matin, c'est nettement plus detendu et je quitte la N19 un après Fayl Billot, c'est superbe la nuit, après avoir traversé quelques petits bleds endormis et pas très larges, je finis par trouver mon client, dealer d'osier à Champsevraine, il fait encore nuit, j'ai 1h d'avance que je mets à profit afin de taper un roupillon.
A 8h petantes, le client ouvre la boutique et j'entends le bruit caracteristique du Fenwick en echapement libre. En tirant la bache, je manque de me prendre un rateau ; et oui, c'est gelé par terre alors que pourtant il fait 5°, et oui bougre de con, c'est gelé par terre, et l'eau sur un sol gelé ça gèle... En resumé c'est ce que m'a expliqué le client, il a pas dit bougre de con, mais il a du le penser. C'est plus qu'artisanal ici, et le chargement prend un temps certain, le temps de faire les papiers que j'ai déjà 2h15 d'arrêt. Il serait balot de demarrer donc, je moisis encore 45 minutes pour faire 3h comme ça, c'est fait. Il me faut donc descendre en direction de Beaurepaire, sur les conseils du client vaut mieux passer par Culmont Chalindrey, je me laisse convaincre, d'autant que Culmont (Montcul en verlan), c'est La Mecque du passionné de train et surtout de Diesel, c'est un haut lieux ferrovière. J'ai pas eu le temps de faire de tourisme, juste voir la gigantesque rotonde qui doit abriter sans doute de belles pièces. Une bonne demi heure plus tard, je suis sur l'A31, dans mon retro je vois la boue accumulée qui sêche sur les flancs du camion, on dirait un camion de TP. Avec la taut bleue au cul, c'est vraiment magnifique. Profitant que ça roule nickel et que le GPS est assez optimiste sur mon heure d'arrivée, je ne lache pas l'affaire d'une semelle, je passe par le tunnel parce que c'est plus court et que surtout il y a personne... Comme j'ai la baraka Vienne se passe comme le papa dans la maman et je finis par debouler chez le marchand de Saule le plus célèbre de l'isère à Revel.
Il y a de la main d'oeuvre pour vider et heureusement, car il faut des grandes bottes pour aller porter les paquets dans un bac rempli d'eau degueulasse. De là, je me ramène au dépôt, je vide le reste, je passe un bon moment au lavage, je decroche et coupure. Ce soir cassage de graine avec le gros Dridri et Hubert à Sonnay.