| Carnet de bord de Juin 2012 | Partager sur Facebook |
Je veux pas balancer, mais quand même. Toi qui est folle de régis, je vais te faire une confidence, voilà, on a passé la nuit dans la même cabine et j'ai entendu avec effroi que Régis ronfle. Pas un petit ronflement non, un gros ronflement, un peu comme un SB2 Thermo King. Du coup j'ai mal dormi et je me venge au reveil sur les toasts. A 8h on sort enfin du Cobelfret Palace pour rejoindre la M25. Je m'attendais à un trafic soutenu et bouchonné vu l'heure, mais non. J'avais jamais encore roulé à la régule sur cette route. Même encore plus incroyable, on a pas rencontré le moindre chantier sur tout le trajet. C'est tout bonnement incredible ! Un peu comme si pour le jubilé de la reine il fallait que tout soit super clean. Thank You Elisabeth ! Après un léger bouchon quand même un peu avant Heathrow on debarque chez DHL à Staines pour faire les papiers de douane. Vu que nous sommes extrémement pressés, ça va vite, on a quand même le temps de prendre le café. Dernière étape une fois en règle, rejoindre Silverstone, là encore trafic super fluide, c'est vraiment une drôle de journée. On débarque vers 12h30 sur le circuit, il fait pas beau, il fait pas moche, il fait rien.
A peine arrivés, il faut nous installer. Le week-end commence très mal. Mon hayon déconne ! Mais par chance celui de Régis fonctionne a merveille. On teste en plus un nouveau transpalette, mi manuel, mi electrique, pratique mais pas forcement adapté à notre job ici. Finalement, mon probème de hayon se résoud facilement avec un appoint d'huile hydrolique, et oui, j'avais pas fait le niveau, du coup Régis se moque de moi et mon incompétance ! Nous voilà partis pour 3 jours de glandage face au team lamborghini et tout son attirail !
Si hier on a glandé, aujourd'hui c'est daï daï ! Les clients arrivent par paquet de 10, on a pas le temps de souffler, tant mieux d'ailleurs parce que la météo est exécrable. La pluie semble ne pas venir du ciel, mais par côté, c'est trés désagréable. On est vite trempés, il fait froid, on se croirait un peu sur un champ de bataille les pieds dans la boue. Malgré tout la journée passe vitesse grand V, et il faut vite remballer en fin d'après-midi, c'est BMW qui a cramé les Ferrari. Vers 20h Régis m'abandonne, j'ai encore des bricoles a régler, et surtout prendre une douche bouillante qui fait un bien fou. A 23h je quitte le circuit, il y a encore du monde qui plie, je pense que certains en ont pour la nuit. Sur la route c'est calme et je peux me reposer un peu, ça fait du bien. Je me paye quand même un café au bout de la M40, le blouson remonté jusqu'aux oreilles, j'ai froid. Tout à coup je vois rentrer un troupeau de vraies bimbos sorties de nulle part, talons haut, siliconnées à mort et tenues plus que courtes, visiblement elles avaient pas froid du tout, c'était aussi comique de regarder tous les autres hommes assister au défilé ! Nettement plus interessant que la parade du 14 juillet, quand je sors de la station, bizarement, je n'ai plus froid du tout.
La traversée sud du M25 se fait comme une lettre à la poste, trés trés peu de trafic, trés peu de camions, même les services sont vides, sauf quelques PECO égarés. C'est vers 2h30 que je me radine à Douvres. J'embarque par la DFDS, en même temps que l'écurie VITA FOR ONE, mais pas de bol, le ferry d'avant est déjà full, si bien que je suis obligé de dormir 2h, c'est génial et je ne me fais pas prier. A 5h on embarque je me tape un méga breakfast avec les allemands de Vita, je pige rien à la conversation qui visiblement commente la course d'hier, de toute façon, je l'ai pas vue et j'ai une montagne de toast à beurrer. Le jour sur lève en débarquant sur Loon-Plage, c'est vraiment magnifique, c'est une invitation à découvrir notre beau pays. Par contre vu la température ça donne pas envie de se tremper le baigneur. C'est franchement le boxon pour sortir du ferry et rejoindre l'A16. Je coupe à travers via Bourbourg et je rejoins laborieusement st Omer ça roule tout mou ce matin, on se croirait un lundi. Je vois le cul de Régis juste après le péage, enfin, le cul de sa semi, mais trop tard pour vérifier s'il dort, je balance juste un méchant coup de trompe en passant. J'arrive pile en même temps que mon pote Carafon à Roye, on papotte de tout et de rien autour d'un café et je vais roupiller, il est presque 11h
En tirant les rideaux vers 17h, je vois un gus en bas de ma porte, bizarre, il me sourit. En fait c'est Gregory un gars du forum que je ne connaissais pas, qu'à celà ne tienne, je fais connaissance de sa bonne humeur et lui de mes ronchonneries au reveil, car je suis ronchon au reveil. Après 50 cafés et ma douche ça va nettement mieux, on mange un bon de gras ensemble et je decolle aussitôt la coupure finie, abandonnant lachement Gregory à son Super Space. Vu l'heure ça passe plus que nickel pour traverser l'Ile de France, à la régule, tout shuss tout du long via l'A104. Cette autoroute n'est pas belle, elle est sinistre, les abords sont crades, on se croirait partout sauf dans une des régions les plus visitées d'Europe. La honte. Au bout de 4h j'arrive à Avallon je coupe 45 à la station en travaux, il faut marcher un bon moment pour attraper un café mais la station fraichement rénovée est vraiment magnifique, mélange de bois et de lignes modernes, typiquement le genre d'endroit qui va se demoder en un rien de temps, un peu comme les futuristes gares TGV, sans âmes. Pour combler mon profond ennui je me fends de 5€ pour acheter TRUCKS MAG, tout nouveau magazine pour toi trucker. Bon, c'est pas mal, ça donne la parole aux routmans, un peu, mais c'est lisse comme l'étang de Berre quand il y a pas de Mistral.
45 minutes de coupure et pas une minute de plus et je redecolle pour ma dernière étape de la nuit. Il y a pas grand monde cette nuit, à peine plus à la montée à part quelques légumiers qui montent à la capitale de la France, un coup il pleuvasse, un coup il fait rien, j'observe la pleine lune qui m'ébloui presque par moments cette nuit et je me rends compte que mon pare brise est vraiment dégueu à l'interieur, demain, y a pas à tordre, il faudra que je fasse mes carreaux. Quand j'arrive sur Lyon, j'ai pas bien le choix, le tube est fermé, alors je passe tout seul comme un grand par le periph parce que l'A46, je peux définitivement pas. Je me radine un peu après 4h au dépôt, c'est blindé, il y a des camions dans tous les sens, on se croirait sur un parking de l'A8, il me reste tout juste une place et je jette ma viande dans le torchon.
C'est la chaleur qui me sort du plumard vers 11h. Je me fais tout petit au bureau pour pas gener et je tourne en rond dans la cour. On essaie de bouger un bon vieux Berliet dont les bouteilles refusent de se remplir, compresseur en croix sans doute, et puis de là Régis débarque avec son AE, fier comme un artaban, Dur dur aussi et nous raconte ses aventures suédoises, bref on s'ennuie pas. Arthur aussi est de passage pour faire l'inventaire du matériel qu'on a ramené de GB, ça va, on a rien cassé. A 15h je pose mes palettes sur le quai, j'en reprends 4 pour le 41. Un voyage de chauffeur à temps partiel ce soir, pas besoin de courir. Je complète quand même à Andrezieux parce qu'une semaine sans passer à Andrezieux ne serait pas un semaine normale 15 pal ADR frigo. Personne au chargement, tant mieux, ça va hyper vite, j'ai à peine le temps d'enfiler un futal à la place du short que c'est déjà mon tour. Je decolle juste un peu avant 18h, pour vider demain matin à Clamecy, il va rien m'arriver. J'ai donc largement le temps de m'arrêter au Double D car j'ai une furieuse envie de steack à cheval. Ici tout les habitués de la N7 se connaissent, j'entends tous les cancans de la 7 c'est marrant. Une fois l'estomac plein j'ai plus qu'à faire une sièste digestive pour atterir à Clamecy ou il pleuvasse. Il fait bien lourd, je serait pas étonné qu'il y ait de l'orage cette nuit.
7h début de ma demi journée. Il fait un temps moche, mais j'aime bien venir ici malgré tout. C'est la france profonde Clamecy, c'est pas du tout péjoratif, mais les gens dans cette usine en particulier sont toujours aimables et courtois. On irait pas jusqu'à demander de vider en dehors des horaires, non, mais c'est quand même reposant, on se sent pas aggressé comme dans d'autres sites équivalents. Il y a déjà un camion avant moi, je patiente face à un gobelet de café, au loin je regarde le village c'est reposant. Je finis par me mettre en place vers 8h aussitôt la maison Transalliance sortie, vu que j'ai pas mal de GRV à sortir et que je fais pitié avec mon tire pal à main, il y a un cariste qui vient me donner un coup de main, de 1100kg pièce, on passe à 550 chacun, c'est nettement mieux. Une fois sorti et les papiers en poche, mon dieu GPS m'annonce une arrivée prévue à Blois à 12h09, ce qui me fait dire que c'est pas la peine de galoper, alors je prends mon temps en musardant sur les routes superbes de la Nièvre. Il y a des départements comme ça qui donnent tout de suite la banane, ici on dirait que le temps s'est arrété, on peut rouler une heure voire plus sans voir un KFC ou une zone commerciale, la france que j'aime est ici, ou en Lozère, ou en Ardèche, ça dépend, pourvu surtout que rien ne bouge !!! C'est con, mais il y a un titre de Florent Marchet qui s'appelle RIO BARIL qui colle parfaitement, à croire qu'elle a été écrite par ici :
Son clocher, son école
Sa Place, ses cafés
Son Crédit Agricole
Est juste à côté
Sa Mairie fleurie
Son micro-climat
Sa Gendarmerie
Pas de cinéma
Son motel "Le lion d'or"
Son camp de manouches
Quand la ville s'endort
Pas de quartier louche
Ses concours de pêche
Le long du Canal
Ses gens dans la dèche
Son artiste local
Changement de décor aussitôt sur la N7, je me fais couper la route par un Coquelle Polonais, bonjour le retour sur terre. En plus l'effronté rame grave, comme par hasard. Je m'enfile quand même un café à la nouvelle station Total de Chateauneuf/Loire, dedans rien ne change, Total a juste abandonné les couleurs tricolores, une page se tourne. Comme prévu je me radine à 12h30 à Blois, il faut attendre une heure, ça tombe bien, j'ai les crocs je m'enquille une boite de sardines connetable aux piments, du 4 étoiles. 1h d'attente, 13 minutes pour vider, papiers signés, il y a rien à dire. Maintenant, il faut juste que je fonce comme un malade me mettre au plus vite en coupure à quai chez Janvier pour pas partir trop tard ce soir. Pas le temps de visiter Chenonceaux, ça sera pour une prochaine fois. A 14h20 je suis en coupure, reste plus qu'a essayer de faire la sièste jusqu'à ce soir, je bouquine, je joue au solitaire et je finis par capoter une paire d'heures... Il faut mentalement se reposer d'avance pour prendre un acompte pour la nuit à venir, c'est compliqué quand même la vie de routman !
C'est donc tout logiquement bon dernier que je décolle du quai à 23h20 aussitôt les 9h fatidiques de coupure finies. Le frigo crie sa rage de vaincre la chaleur des 2 palettes d'oignons que j'ai au tablier, et oui, c'est comme ça. Sous le bras j'ai 7 clients à faire, je les connait tous, no soucy, et surtout, surtout, je suis ravi de faire le légumier, y avait longtemps. Vu l'heure ça roule trés bien, je me méfie juste des gros animaux dans la forêt avant Romorantin vu que radin comme il est, mon patron m'a encore pas mis de pare buffles.Bien sûr, je fais gaffe à ces cons de radars discriminants sur la RCEA vraiment pas faciles à reperer ces merdes ! J'ai déjà presque 4h de volant quand j'arrive à la station TOTAL avant Macon. Je rêve d'un café sandwich, mais il y a plus de sandwich, il y a du pain, mais le pompiste sait pas ou se trouve ni le beurre, ni le jambon, ni le couteau. Je me jette sur Mister Daunat tout en papottant avec un Malherbe bien sympatoche, ça devient rare d'avoir de la conversation la nuit, plus personne ne se parle normalement... Arrivé sur Lyon, le tunnel est fermé, dommage, pour une fois que j'avais VRAIMENT le droit de le prendre !!! Je dois donc me coltiner cette saleté d'A46. Je finis par débarquer au MIN vers 5h30, tout mouillé de chaud. Par chance j'attends pas trop chez mes 3 clients, mais vu que j'ai pas le temps, et que surtout je suis pas capable de le prendre, je vais pas boire le jus ni avec Joel de chez Tradif, ni avec mon Guillaum préféré qui va se pieuter le salaud. Aussitôt fini, je file chez Tradif poser du groupage, j'attends pas. A côté il y a un Kessler qui vient de finir de charger, mais bizarement le voyage sorti de la semi d'un Espagnol ne rentre plus dans sa semi, tout est à refaire, il y a pas que chez nous que ça arrive donc ! Comme il faut battre le fer quand il est chaud, j'enquille Metro et Prosol dans la foulée, et j'ai même pas de bouchons pour arriver à Casino Grigny ou je pose 2 palettes de fraises. Il me reste plus que le dernier à faire : CORA à Brignais. Sur les conseils du petit Alain de chez Lubac je me pointe la bas avec mon gilet fluo, ça fait bien. A 8h30, je suis vide, bien content, sauf que le receptionaire veut que je revienne à quai reprendre un box d'oignons. Déjà, à la base, je reprends rien moi !!! Motif du refus ? Allez je vous laisse chercher un peu !
Qualité ??? Non !!!!
Marchandise abimées pendant le transport ??? Non !!!!!
Marchandise non commandée ???? Non !!!!!!!!
Livraison en retard ???? Toujours non !!!!!
La réponse est simple, et gravissime ! Le palox n'était pas cerclé. Un palox tout seul, ça se cercle pas ! Mais chez Cora, on hésite pas, on refuse, on fait promener 400kg d'oignons sur 900km (minimum), pour un feuillard du 10 petits grammes. Pensez y le prochain coup que vous ferez votre soupe à l'oignon de chez Cora ! Bonjour l'empreinte carbone ! Vive la grande distribution, le gros foutage de gueule. J'ai dit au mec que le camion qui reprenait le palox était en route, qu'il arrivait dans 15 minutes, il m'a pas cru, n'en parlons plus. Je mets le groupe sur OFF, et je remets mon costume de chauffeur indus. Direction La Ricamarie, étrangement ça roule encore une fois ce matin à la régule, on ne va pas se plaindre, pourtant le gasoil coute 20ct de moins qu'avant les elections ! Etrange !!! Je charge 12 palettes de fringues pour petits bouts de choux dans un dépôt sinistre et desaffecté, je cherche pas à comprendre, et je vais vite completer avant midi avec 2 autres entrepôts à St Chamond. Pour finir, je me pose face au portail des kings de la logistique adr à St Clair du Rhône, il y a un vent à devenir fou. Bien sûr, il y a rien de sorti, ni papiers ni rien, et c'est mou !!! Je repars à 14h du coup je me radine en bout d'amplitude au péage de Chanas. C'est le ptit Stephane V8 power qui ramène du bout des doigts mon 6 cylindres à quai. Moi je rentre en Xsara, la grande classe avec la clim mexicaine !
Reveil à minuit, il y a des éclairs dans tous les sens, je file sous la douche car j'ai peur. Un coup de gasoil et me voilà parti, j'ai la route pour moi tout seul, si seulement ça pouvait être tout le temps comme ça, ça serait cool ! Un coup il pleut, un coup il pleut pas, ça m'occupe jusqu'à Tavel ou j'ai mes habitudes. Sauf que, maintenant, ici aussi, la nuit c'est service minimum, il faut boire son café au milieu des relents des odeurs des chiottes voisins, ça ressemble presque à une salle de pose de chez LIDL, mais contrairement à une base LIDL, je suis pas obligé d'y passer des plombes. Je traine ma misère jusqu'à La Palme car le voyant rouge de ma première pédiode de 4h30 clignote, ça veut dire, tu es fatigué Phil, arrête toi donc chez Carrouf. Le jour qui s'est levé laisse la vue sur un paysage marron moche ce matin, vu que j'ai un peu de net j'en profite pour jeter un oeil sur le forum FDR (un peu naze en ce moment, on cherche des vrais routmans) et sur facebook aussi. Des fois je me demande si ça fait vraiment avancer le schmilblick tout ces trucs. Chacun pleure dans son coin, mais rien de concret ne ressort. J'ai lu qu'il y allait avoir un préavis de grève à la SAMAT pour bosser pareil et gagner plus, très bonne idée je trouve !
Contrairement à mes voyages précédents, je passe Perpignan et ses travaux à la régule ça m'arrange grandement. De l'autre côté des montagnes il y a du soleil et tojours cette crise qui devient de pire en pire, bientôt le retour de la Peseta, ça m'arrangerai, il me reste quelques pièces. Vu que j'ai le temps quand même, je teste le nouveau caffé Roma à La Selva, c'est joli, c'est propre et les serveuses ne font pas la gueule, en plus le café y est bon, le croissant aussi, par contre c'est fermé la nuit ! Mierda ! En trainant, j'ai du coup évité les bouchons du matin, c'est trés bon pour mes heures et je me pose un peu après 9h à Terrassa. Il faut une bonne dizaine de minutes avant de trouver le troudeballe mal garé qui m'empêche de me mettre correctement en place. Une fois delesté de mes 11.000kg je peux rejoindre tout shuss le Port de Barcelone ou ça sent franchement la marée alors que pourtant je suis tout juste à côté du port chimique, il y aurait une usine de fabrication de faux arôme de poisson par ici que je serai pas étonné. En arrivant devant le client, je reçois un texto qui m'indique d'aller vider rue Atlantic, c'est pas loin, je file en me disant qu'il doit y avoir un autre dépôt. Mais dans la rue, pas de CBL. Je vais chez Salvat me rencarder, personne n'est au courant d'où vont mes palettes. Après une série de coups de fil, je retourne au bon dépôt, perdu une demi heure pour rien. En plus je connais bien l'endroit, à l'époque c'était le dépôt TNT j'y vidais des complets de groupage pour ITAL EXPRESS, mais ça, c'était avant.
En une demi heure je suis vide, bien cool le cariste, et dire qu'avant ce client ne bossait qu'avec AZKAR ! Quel bol quand même !!! Pour changer un peu, je vais recharger au cochon à Juia, j'ai pile les heures, c'est bien calculé quand même. Je remonte bien tranquillos, un coup de flotte dans la semi et hop à quai, 17t de cochons et cochonnes ! Joel est là, avec ses toutes nouvelles couleurs basques, on papotte un peu, il paye son café, vu le gabarit du bonhomme, j'ose pas dire non. A 15h30 tout est bouclé, il me reste 9 minutes à rouler, pas la peine de bouger je campe ici, c'est joli, en plus ils font des travaux il y a de la poussière et le bruit des tractos pelle mélangé à celui des thermo kings est là pour se souvenir qu'il vaut mieux avoir sommeil pour couper ici !
1h, le reveil sonne, ou suis je ? Quel jour sommes nous ? Je sais plus ! Je saute dans mon froc, je saute de la cabine et je grimpe les escaliers pour rejoindre la salle de pause, ça pue la viande chaude et humide, c'est gerbant. Le café me mets a peu près d'aplomb, à 1h et des boulettes je decolle. En partant je suis tombé sur deux fous qui m'ont rappelé qu'on était samedi, je prends pas de risques par la natio, autoroute à Girona nord, no risk, no fun, tant pis. A peine une heure plus tard je passe la frontière, il y a personne pour me casser les bonbons dans la descente du Boulou, je kiffe ! Il y a personne non plus dans les travaux de Perpi, vu l'heure c'est un peu normal, je croise juste le petit Aurélien qui rentre à chmaison à bord de son 113M-360, quel veinard. Passé Narbonne, le camion ressent l'envie de se reposer un peu, j'obéis, plein d'autres camions ont eu la même idée, et les pauvres chauffeurs patientent à la machine à café. Vu comment j'étais garé comme une merde molle, j'ai pas trainé, 4 minutes en tout café chrono et content ou pas, j'ai remis en route, de toutes façons c'est moi qui décide. Les premières lueurs du jour apparaissent vers Nimes, et à Tavel je suis explosé. Pas la peine de finir contre une pile de pont sachant que le camion est encore pas fini de payer je dors 1h ! FUCK !
Au reveil, je me dirige en titubant vers la station, mais c'est fermé, ça re ouvre qu'à 8h du mat !!! Oh la loose !!! Du coup, je suis quitte pour stopper à Montélimar car je suis en manque de caféine. Une semaine, je compterai combien de cafés je m'enfille, ça doit faire peur, et au final ça represente un joli budjet ! D'autant que chez moi, un café = 4 clopes ! J'ai une vie trés saine : "corpore sano mente sana" Le tout c'est d'y croire !!! A 8h j'arrive chez tédévé, en même temps que Ludo mon ex boucher qui joue le rôle de big boss aujourd'hui. Le temps de se rouler un paleau et je vide la semi viteuf. Mon big chef, lui, a changé son fusil d'épaule, je devais recharger ce matin au dépôt et finalement il a dit : "on vera lundi" Alors après un coup de flotte dans la semi je rentre à St Peray City, à peine un mimi à ma moitié et je me rue sur la tondeuse, c'est la pampa ici !
Viens à 18h qu'il a dit le boss. Y a des jours ou c'est tranquille quand même !! Alors je suis parti de la maison, zen, vers 15h30, ce qui me laisse
largement le temps de monter et passer un bon moment sur la piste de lavage, voilà mon plan de départ. Pour me ralentir dans mon trajet, je me cogne tout ce
que la planète Ardèche peut compter comme grumeaux. J'avoue ici, que j'habite un département rural, attachant, magnifique, peuplé d'un grand nombre
d'individus sympathiques cools, detendus. Mais certains sont vieux, voire très vieux. Ainsi entre St Peray et Tournon, j'étais le dernier d'un cortège
d'environ 500m d'hystériques agglutinés derrière un papy, qui a un moment donné a frolé le 70. Si la N86 est une des plus belles routes nationales après la
88, on ne peut jamais depasser. Une fois de l'autre côté, chez ces gros prétentieux de Drômois, c'est pas mieux, il se met à faire un gros orage si bien que
la plupart sont terrorisés, bref en tout je perds 15 bonnes minutes par rapport à d'habitude, la bonne nouvelle c'est qu'il fait un soleil radieux sur
Jarcieu et sa piste de lavage double lance de Karsher. Pendant que tout le monde bosse d'arrache pied sur le quai, je lave en sifflotant, et oui !
Une fois à quai, je charge une bonne tournée 100% ADR pour le sud de l'Espagne, il fait un temps superbe, le camion brille de tous les côtés, j'attends
Lionel qui doit m'amener mes 15 dernières palettes. Autour de la table de pause, ça parle camion, je suis entouré du vieux Alain, de Franck et de Stephane le
King of the v8. Quand Lionel finit par se radiner, ça traine pas pour vider et recharger, pour preuve, il était à peine descendu de son camion qu'on avait
fini ! C'est donc accompagné par mon frère de route, Alain26 dit le "vieux ronchon" qu'on décolle direction le sud. A peine sur l'A7, le ciel devient
menaçant puis il nous tombe sur la tête, j'ai bien fait de laver, je suis dégouté. Ce soir, c'est pas un orage de gamin qui nous suit, mais un bien balaise
et il ne nous lache pas. Au niveau de Montélimar, on rejoint une autre calamité : Sweden avec sa belle Ekeri, on fait donc la route en trio, c'est quand même
rare. Le Suédois ouvre la marche vu que c'est lui qui a la régule la plus pourrie. La pluie cesse enfin vers Montpellier, y en avait vraiment marre. On se
pose tous les 3 à Narbonne au centre routier, et on court au resto, car il est déjà 23h bien tassées, le miracle a eu lieu, on a pû bouffer sans avoir de
soupe à la grimace, mais il a bien fait de reserver le grand Anthony ! On passe une soirée bien tranquille, Antho nous laisse comme deux vielles chaussettes
car monsieur veut tracer sur Toulouse !
Débout à 7h30, Alain m'attends pour le café. C'est ça les vieux, ça dort pas, c'est toujours debout de bonne heure. D'ailleurs pour preuve : c'est qui les premiers au supermarché ? Les vieux ! C'est qui les premiers à prendre le bus pour aller au troquet ? Encore les vieux ! C'est vraiment une race à part, je serai jamais vieux. Car, j'écoute du rock, et pas du Cabrel ou du Mylène Farmer. Tout ça pour dire qu'on sirote tranquille notre café, qu'après on s'est bien pris la tête avant de comprendre que l'on ne peut pas payer le parking par carte, du coup, pas de ticket, in the baba le parking sécurisé. Le type de service était si agréable ce matin, que j'ai même pas osé poser la question. Je laisse donc mon vieux pote aller vider ses palettes à Narbonne, je renquille l'autoroute direct, il fait beau. Avec un peu de vent, mais on peut pas tout avoir. Une grosse heure plus tard je gare à la Jonquera sur le parking vigilado de la Tortuga, je sais pas si j'ai vraiment le droit avec les plaques, tant pis. Je vais donc faire les formalités douanières et du temps je fonce à la Tortue acheter quelques conneries à manger pour la semaine. 3/4h plus tard, mon frigo est plein, mes papiers sont faits, go ! Toujours ce magnifique soleil, ça fait remonter les buchettes du moral, en plus, il y a pas ou peu de trafic, encore mieux ! Si en plus on ajoute à ça que les zones de travaux se terminent bles unes après les autres, que demande le peuple ? Des sous ! A peine arrivé chez Translink on me donne le quai 34, il y a pas mal de références dans mon chargement ce qui me donne largement le temps d'aller visiter la douche. Verdict : du 4 étoiles sur l'échelle du routier de base. Un scandale pour un nanti.
35 minutes plus tard, je décolle, mon voisin de quai ne m'a pas entendu arriver, je le prend en flag en train de vider sa bouteille de pisse du haut de sa cabine, vas te cacher. En face, il y a le dépot Azkar, il aurait trés bien pû balancer sa bouteille par dessus le grillage ! Mais non ! Prochaine livraison à Onda au niveau de Castellon. Le dieu GPS me prevoit la bas à 16h20, donc quoi qu'il arrive avant 17h. Impec, ça ferme à 18h ! Je suis de toutes façons obligé de garder l'autoroute vu que je suis en ADR. Passé Tarragonne, il y a plus personne, juste quelques camping caristes allemands, des vieux, encore !!! Je finis pas debarquer chez le client à 17h comme prévu. Surprise, il y a un quai, ça c'est super ! Je vais m'annoncer, à la secretaire qui est toute gaite, mais j'ai pas su pourquoi. Le cariste lui, me fait descendre de mon nuage, le quai est cassé. Bon OK, je sors mon magnifique tire pal de dessous sa cachette, bet 10 minutes plus tard je ressors, papiers signés, ça rigole pas à Carrelage City. J'ai plus qu'à aller me poser sur le paddock de Chiva, le circuit de Valencia à 1h d'ici. Mais il y a un bouchon de plusieurs kilomètres pour rejoindre l'A3 direction Madrid. Je me sens pas de faire la queue, et en passant je me rends compte que c'est au niveau de la bretelle que ça coince, je fais donc un crochet via l'aéroport pour tomber dans le bon sens. Pour une fois, j'ai eu du pif, 10 bornes de plus pour éviter 1h d'attente juste dû à un camion qui a eu la mauvaise idée de tomber en panne sur une bretelle en travaux. A 19h je suis sur le paddock, je prépare mes commandes pour demain, et je file au coffre a palettes me faire chauffer du chorizo frito. C'est degueulasse, j'ai honte, mais c'est bon la honte !
Pas d'affolement, les teams que je dois livrer ne sont encore pas arrivés, je fais un peu de ménage sur mon disque dur et dans la cabine. Il fait moche ce matin... Quand tout le monde est en place, je finis par rentrer pour trois quart d'heure de bonne suée, c'est pas que ce soit lourd, mais il y a une bonne cote pour arriver au pied du paddock. Aussitôt fini, je me rue sous la douche, ça fait plus que du bien. Il me reste Granada a livrer, la esponsable donne le choix : soit ce soir avant 20h, soit demain 10h. Je tire a courte paille en 2 minutes pour me décider, via Manzanarès ou Murcia. J'opte pour la solution
1. Le GPS crie au scandale aussitôt les premières centaines de mètres sur la A3 direction Madrid. Et au fil des kilomètres il se met à être d'accord avec moi l'effronté. Pas le temps de faire du tourisme malheureusement aujourd'hui, de toutes façons avec les plaques orange on a guère le choix en Espagne. Le ciel a fini par se dégager sur les plateaux, c'est toujours aussi classe par ici, y a rien à voir à des kilomètres, un peu comme l'A26 entre Chalon et Troyes, mais en plus classe ! J'échoue sur un des premiers restos de l'A4 après Manzanarès pour 30 minutes de pause bocadillo, j'ai la dalle. Alors qu'il y avait aucun vent, j'ai vu un truc trop bizarre, une sorte de tourbillon de poussière qui est passé en plein par ma cabine, 2 secondes plus tard, plus rien, le mélange de poussière de papiers divers à continué sa route, tranquille. Régulièrement, je reçois des coups de fil de la responsable Peugeot à Cénès pour savoir à quelle heure je serai sur place. Au départ j'avais annoncé 20h maxi, et avec le temps que j'ai gagné, ça sera plutôt 19h30, il y a pourtant une trés longue zone de travaux sur l'A4, au bout, c'est le défilé de Despanaperos. Et voilà, une page se tourne, finit la route mortelle, maintenant il y a 2 énormes tunnels à 2*3 voies et deux viaducs, ça grimpe dur mais on gagne encore un peu de temps. Régal encore entre Jaen et Granada clim et musique à fond, le bonheur surtout avec 700kg dans la semi. Je passe Granada comme une fleur, à 19h35 je suis au parking à Cénès, je suis attendu, mais tout le monde est content (mais pas autant que moi).
La dernière fois que je suis venu ici, je suis resté 48h avec Bibi, aujourd'hui à peine 15 minutes, le temps de sortir les 2 palettes et de les rentrer dans un frigo, ils sont vraiment au top chez Peugeot. Je peux enfin replier mes plaques, bien qu'aujourd'hui, j'ai pas laché le 9kg de la journée. Maintenant, un peu de détente, je dois rejoindre mon pote Fran qui par le plus grand des hasards est chez lui à Guadix. Il faut dire que son Scania est au garage, donc forcement, il est au chomage. On arrive en même temps au parking, et il m'emmène dans un bon vieux resto andalous, j'en profite pour voir le centre de la ville, ça à l'air joli, on passe près de la gare au ralenti, mais j'ai oublié mon APN au camion, quel boulet ! A Guadix, même les chiens traversent la rue au passage protégé, mais au feu rouge, on est dans le sud quand même !!! 2h à table avec Fran, ça passe trés vite, on a plein de trucs à se raconter ! De retour au camion, il y a des flics à chaque coin de rue, pourtant, il y a des vols dans tous les sens. Comme de partout, ils préfèrent allumer l'andalous moyen pour une ampoule grillée plutôt que de se risquer à prendre un mauvais coup.
Je redemarre de Guadix à presque minuit, il faut que j'avance au maximum de mes heures. Je voudrais pouvoir rejoindre Castellon sans refaire de coupure de 45. Je reprends l'A92 direction Murcia, et sur les conseils de Fran je coupe à travers via Huescar. J'aurai pas spontanément pensé à passer par là. Le GPS non plus d'ailleurs, il a eu un moment d'affolement et finalement j'ai gratté 20 bonnes minutes. Il faut dire aussi qu'à vide, et by night, ça le fait grave. La route est belle, large, mais par moment défoncée avec des courbes qu'il faut pas prendre à la régule, il faut être vigilent, tout le temps. Fran m'avait conseillé un resto à El Moral, mais j'étais loin d'être au bout des heures, j'ai prié pour pas avoir fait une connerie, et surtout jamais laché la pédale de droite, profitant au max de ne jamais avoir de grumeau cette nuit. J'ai échoué avec 15 minutes de marge au croisement de la N301 à Venta d'Oliva, un nom qui rappele de très loin les Flandres... Il reste une place sur le parking poussiéreux, elle est pour moi. 2h et des broquilles fin des opérations, l'endroit est silencieux, y a bon !
J'ai vraiment mal calculé mon coup en me posant hier soir, car je suis reveillé par une chaleur d'enfer, le soleil tape pile face à moi. Je mate l'heure : 8h15. Je fous un coup de clim, et je me rendors jusqu'à 10h. Je traverse le parking poussiereux et jonché de detritus internationaux pour prendre un copieux petit dej. Dans la salle, il y a un couple avec 3 petits, il y en a un des 3 qui braille tellement qu'on entend même plus la télé, mais les parents restent impassibles, je regardais de loin le père, il avait franchement l'air absent. Je vais vite me renfermer dans mon cockpit au calme. Dès que la coupure affiche 9h, je décolle toujours sur la même route, il y a pas grand monde. Ce n'est qu'à partir de Yecla que je trouve un peu de trafic, en tous cas le coin est typique espagnol, la modernité n'est pas passé par ici. Il y a plein de bon coins pour faire de belles photos, posé à côté d'une ruine, sous une sation destroy et abandonnée, avec des palmiers, mais j'ai la flemme, je profite de paysage pour moi tout seul, car je suis un egoïste. Ce n'est qu'au bout du bout de la natio que je trouve un trafic trés dense et dangereux entre Caudete et La Font de la Figuera, mais bientôt un bout 4 voies va venir à bout de cette difficulté. Ensuite c'est tout shuss jusqu'à Valencia, RAS, sinon qu'il fait quasi moche. Chaud et moche. Je charge dans une énorme usine de carrelage à Almazora juste à côté de Castellon. L'usine on la voit sans problème 1km avant, mais le truc enervant c'est de pas piger tout de suite comment y acceder ! Je finis pas y arriver au bout d'un moment, le parking est blindé de camions en attente, c'est la pause gastro jusqu'à 15h30, j'ai donc une grosse heure à tuer.
Dès la reprise, c'est la foire d'empoigne pour s'annoncer. Comme de juste, ma commande n'est pas sortie car j'étais pas annoncé. Il faut donc patienter sagement. Le pire c'est qu'on me donne le choix soit de charger demain matin à 8h à quai, soit de bien vouloir tirer les palettes au transpal car le gars du quai doit charger 15 containers avant moi. Je prends donc mon courage à deux mains et mon transpal, au bout d'une heure le cariste me fait signe de me mettre en place. Ah !!! Je vous promets qu'il y a des jours ou je regrette de pas avoir une taut ! Quand je pense qu'il y en a qui ronchonnent pour sortir un complet de PQ au transpal electrique, et que là je me suis crevé pour 18 palettes ! 18 palettes et chargement au taquet, j'ai fait une belle ligne de palettes tout au milieu de la semi, quand j'ai terminé j'avais pas froid du tout ! Mes papiers sont prêts, c'est déjà ça, à 17h je décolle pour me jeter sur la 340 et surtout sous une bonne douchas à Torreblanca. Après quoi, ça va nettement mieux, j'ai pas envie de galoper sur l'autoroute, je garde donc la 340 tout du long, je musarde, je me detends. En plsu par chance il y a trés peu de trafic à la montée, c'est dans l'autre sens que c'est le binz, si bien que je me pose à Altafulla pour becter. Le parking est plein, dans la salle ça braille à mort, il y a match de foot ce soir, l'espagne va battre l'irlande c'est passionant. Dernière étape 100% autopista pour digerer tranquille, je sais pas trop ou me poser cette nuit, finalement j'opte pour mon petit parking à La Perla à Girona. Il y a personne quand j'arrive, tant mieux. Demain matin j'aurai juste la route à traverser pour mon café et mes toastadas. Minuit fin des opérations, bien bossé pour un jeudi !
Comme prévu hier soir, petit dej tranquille mimille à La Perla. Il manque pas de gasoil, impec. Quand je décolle à 9h, il fait déjà presque chaud, l'été arrive c'est normal. Je peux enfin prendre connaissance des dernières actualités de la planète France et du dernier scandale avec miss Morano et Gérald Dahan, trop drôle !!! Je monte donc bien tranquillement, dans l'autre sens ça commence nettement à s'affoler, l'été arrive c'est sûr, là, c'est juste l'apéro. Quand je pense qu'on en prend pour plus de 2 mois ça me fait deprimer d'avance. Comme ça roule bien, je fais tirer jusqu'à Mornas pour casser une graine rapidos. Maintenant, c'est tout shuss que je rejoins Fontanil Cornillon, il y a un dépôt ND, bien caché. C'est un peu misereux pour vider, mais ça va assez vite, et puis j'en est nettement moins bavé que pour charger.
Pour la suite, c'est nettement moins drôle, je dois aller charger à Grenoble, et accessoirement me fader la traversée, ça bouchonne dur, trés dur, sans aucune raison, c'est ça qui est incroyable. Mon pote Alain26 se fout de moi au téléphone, sympa knorr. Il fallait bien que ça merde au moins une fois cette semaine. Ce qui me donne bon espoir, c'est que dans l'autre sens ça passe relativement bien. A l'usine ou je charge, les bureaux sont fermés et ils ont pas laissé d'insctrcutions au caristes, ah ben je suis joli là ! Finalement le plus motivé des transpalistes attrape le téléphone, appele un chef et le miracle se produit, ils trouvent mes papiers et je peux enfin charger. Une fois chargé, je retombe à nouveau dans un big bouchon oh non !!! C'est tout bloqué a cause d'un accident, 30 min pour passer, j'ai à ce moment là, une pensée pour un pote qui se tape ça 2, voire 4 fois par jour avec sa bonbonne. Après retour à donf à Jarcieu, Nico me charge vite fait, tout le monde est détendu ce soir, tant mieux. Un coup de lavage vite fait, et retour à la maison rapidos, vers 22h. J'ai interet à avoir la forme, je suis parti pour de gros travaux chez moi !
22h22 je demarre. J'aurai pû partir à 22h00, ou même 22h30, mais j'aime bien les 4 chiffres bien alignés. 00h00, 11h11, 22h22, ça a de la gueule ! Alors que 88h88 signifie la panne. 14 minutes plus tard, je suis sur l'A7 direction le sud, accompagnés de quelques campicaristes et de bledards, dans l'autre sens, c'est les retours de plage, il y a du monde, avec le temps magnifique de ce week-end, c'est normal. J'écoute un moment les resultats des élections, ce qui est patétique, c'est pas le resultat, non, de gauche ou de droite, on l'aura toujours dans le baigneur. Non, ce qui est pitoyable, c'est les commentaires que donnent les perdants ou les gagnants. On se croirait à l'Ecole des Fans, ou finalement jamais personne ne perd. Ou tout le monde repart avec son camion pompier Joustra, sa poupée Bella, ou sa X Box si vous êtes nés après 1995. Ma tête fait des mouvements de gauche à droite ou des pfff ça dépend. ça me gonfle vite fait et je coupe tout.
Vers minuit, je croise un troupeau de camioneros collés les uns aux autres. Pour la sécurité de tous, on lache pile poil en même temps un wagon de plusieurs centaines de camions collés les uns aux autres. Partis à 22h pile du Perthus, le ballet dure environ 10 minutes, et après, il y a plus personne, vu du ciel ça pourrait ressembler à une attaque de criquets sur un champ de blé africain, mais non c'est juste des routmans. Alors qu'en général la station à Perpignan est blindée le dimanche soir, il y a personne aujourd'hui. J'ai les choix entre 4 machines à café flambant neuves, et 8 pissoires franchement cradingues. Je fais tout ça juste avant l'arrivée d'un bus, excellent calcul et je vous remercie de le remarquer. Pour rejoindre Rubi, il faut tout pile 2h d'ici, et comme à chaque fois, c'est un vrai chemin de croix. Dès Figueras, je prends sommeil. C'est long comme un jour sans pain, pour me secouer je stoppe à La Selva, mais depuis que l'Aire a été refaite, il y a plus de café la nuit, il faut donc tracer jusqu'à la suivante à 20km, je m'y arrêterai pas, je file en ziguezagant le moins possible. De toutes façons, il y a personne. C'est completement déchiré que je me pose le long de chez mon client à Rubi pour 2 bonnes heures de sieste.
7h45, je me fais violence, le client est encore fermé. Le bar à côté est lui bien ouvert, je prends le café avec un chauffeur de chez Joffertrans qui vide au même endroit que moi. J'essaie en même temps que je bois le café de comprendre comment je vais proceder pour me mettre à quai, en sens interdit en montant sur deux bordures. Du lundi comme ça... Je laisse passer Jofertrans, il a que deux palettes, et je voudrais bien faire 3h de coupure, comme ça, c'est fait. Bon prince, le cariste me guide, je tremble pour les tubes sous les jupes, pour le spoiler sous le pare chocs, pour le porte à faux de la semi contre le pillier du portail, par miracle je ne casse rien. Le camion est à quai, mais il n'y a ni transpal electrique, ni Fenwick, juste un gerbeur. Je me coltine donc mes 7T à la main. Logique Iberique. Pour ressortir c'est nettement plus simple, je dois juste faire deux manoeuvres en sens interdit, et bien sûr je me fais klaxonner, les caisseux qui arrivent en face sont persuadés que je suis le gros bourrin de service qui a pas vu le panneau sens interdit. Du moment que c'est pas les schmits, tout va bien. De là, direction Terrassa, j'ai 18 pal pas lourdes à tirer, le cariste la bas est gentil, je suis zen. Mais il y a déjà un camion en place qui vide et recharge, j'ai le temps. Pour passer un moment, un gars de chez José Carrion vient papoter. 52 ans, roumain, ancien de chez IAT l'ex boite d'état Roumaine de Transport, m'explique le topo chez Carrion, 3 mois dehors, 1 semaine à la maison, 1500€ ! Le gars est dégouté, il regrette même Caucescu !!! Il espere le jour ou les gens se serreront les coudes, mais c'est à mon avis pas pour tout de suite !
A 10h30 je suis enfin vide. Je fonce sur Ripoll. Enfin, j'ai foncé jusqu'à Manresa, après une fois sur la C25 en travaux je suis tombé derrière deux portugais chargés grave, vitesse moyenne jusqu'à Vic : 40 ! J'en pouvais plus, à la limite de la crise de nerfs, du coup je me suis arrété à Gurb boire un coup. Mais on ne peut pas avoir de la malchance tout le temps, sauf si on s'appelle RAY, quand j'arrive à l'usine à Campdevanol, la cour est vide de camions, mes palettes sont prêtes, le cariste n'est pas en pause, l'ordinateur fonctionne, 30 minutes et des boulettes plus tard, je ressors allourdi de 22t de maillons, il me reste 21 minutes de volant, ce qui me mène dans la ZI de Ripoll pour faire une bonne coupure. Il fait bien lourd et chaud, la clim a toutes les peines du monde pour me refroidir. A vrai dire, elle n'y parviendra pas ! 12h50 fin des opérations, j'ai envie d'un Cassoulet avec cette chaleur, alors je fais peter la boite de Raynad ! Chuis un fou moi, chuis un fou !
22h00 je demarre, j'ai pas dormi des masses. La clim faisait du bruit pour pas grand chose, j'avais chaud moite, beurk. Le mieux que j'ai roupillé c'est une heure avant de me lever, il faisait frais. Tant pis pas grave, la route pour rejoindre Figueras remplacera la musique tellement ça secoue. J'ai pas un gros preogramme en vue de toutes façons. Juste monter à Jarcieu. L'autoroute est bien deserte, c'est tranquille, trop tranquille sans doute, car un renard y flannait tranquillement quand je suis arrivé, j'ai même pas eu le temps de devier ni mettre le pied sur la pédale de frein, juste une secousse, un clong, le renard est sans doute eparpillé, les poules du quartier sont tranquilles ce soir, pauvre Renard Fox. Je stoppe vite fait attraper un café à Vinassan, je passe pile au moment ou il n'y a personne, les pistes sont libres, c'est suffisement rare pour le signaler.
Mine de rien, j'ai quand même bien avancé, la nuit passe vite et je sais pas pourquoi, pourtant je devrais être naze. Dernier stop de 30 longues minutes à Nimes. Il y a que des zonards dans la station, le pompiste est calfeutré derrière son rideau anti cambriolage, il lève même pas un sourcil de son "femme actuelle". Je sirote mon café au volant, je vois les minutes tomber lentement, je me fais chier. Au fond sur le grand parking, il y a grave de place, pourtant, je vois des gars qui s'entetent à rentrer à contre main entre 2 camions, y a des tétus sur terre quand même ! Aussitôt que le chiffre 30 s'affiche je relache les 500cv sur l'A9, plus je monte, plus ça se reveille, à 5h je passe à l'Isardrôme ou une file de camions se lancent sur l'autoroute, les gens aiment partir tous en même temps comme des petits moutons, c'est joli. Une petite demi heure plus tard, je suis au quai n°3 et au pieu zzzzzz
Bon, je traine pas trop longtemps, j'ai visite médicale en fin de matinée. Pas de suspens, je suis apte. Les yeux nickel, les oreilles nickel, le tabac, toujours 2 paquets/jour, par contre... + 5kg en 2 ans, oh putain les boules ! En sortant de là, je suis allé acheter des tomates, régime. En revenant au camion, j'ai jeté mon aioli ! FUCK AIOLI ! A 14h15, fin de la coupure après avoir vu passer en klaxonnant Tophe qui revient de Grenoble car il adore Grenoble. Au chapitre connerie, il y a aussi le panneau indicateur pour trouver le dépôt qui a été enlevé sur ordre de la DDE. Motif invoqué, interdit de faire de la pub au bord des routes, pour la sécurité. Au nom donc de la sécurité, ceux qui à l'avenir voudront venir vider ou charger au dépôt et qui ne connaissent pas, vont forcement traverser Jarcieu par le centre avec tous les risques que ça comporte, c'est trés bon pour la sécurité, sacré DDE, sacré époque ! Direction pour moi St Clair pour charger 2 palettes chez les kings de la logistique ADR. Je suis resté 17 minutes à quai, incroyable, demain il grèle. Pas de bol par contre, Tophe est juste devant moi, je suis dégouté, je comptais rouler à 60 sur la 86 juste pour retarder son retour à la maison, tant pis, ça sera pour une autre fois. Je rejoins sagement Andrezieux ou le pauvre Jean-Bernard fait le pied de grue depuis 3 heures. Je charge un produit different, si bien que j'attends pas beaucoup, c'est ça la classe !
Je ne peux pas m'empêcher de repenser à la bascule de ce matin, 96, contre 91 y a deux ans, exactement l'inverse de ma régule : Il y a 20 ans c'était 120, péniblement 89 aujourd'hui ! Y a de quoi être vert ! Je suis passé en tournant la tête à gauche devant le double D, je m'imaginais face à un vieux steack à cheval avec une montagne de frites et de la mayo, le tout couronné par un plateau de fromage qui pue avec un kg de pain. Ce n'est qu'une fois arrivé à Clamecy que j'ai ouvert une boite de haricots verts, avec une tomate, j'avais envie de ma tailler les veines. Mais je l'ai pas fait pour pas salir les sièges.
Reveil sous un ciel de merde. Le bureau des entrées est comme le parking full de chez full. Le gars à la reception tente quelques vannes au 2e voir 3e degrés, mais le pauvre a peu de succés, son public est visiblement peu enclin à rire ce matin. Pourtant, on est ni dans une base aldi sinistre, ni à la sécu. Le routier de base a le moral dans les chaussettes, trouées pour certains, c'est sûr. Comme j'ai le cul bordé de macaronis, je passe avant tout le monde ou presque car : 1 - je suis receptif à l'humour ; et surtout 2 - j'ai que 5 palettes. Je me mets vite sur la bascule, vite en place, vite dans la semi pour tirer les grv, et là, c'est le drame, je me fais pourrir par le gars de la sécu parce que j'ai pas mis les lunettes. Tirer des palettes de 1100kg au tire pal à main, ça gène personne, mais pas mettre les lunettes, putain, c'est un drame. Le cariste moufte pas, et dès qu'on a fini, il me paye le café. T'en fais pas, c'est des cons, ils sont juste payés pour faire chier !
Je sors vite de l'usine, pour traverser les verdoyants paysages de la Bourgogne du nord, il y a du brouillard, c'est le premier jour de l'été je crois bien. La température plafonne à 17° jusqu'à Sens, et pile au moment de franchir la pancarte ILE DE FRANCE le soleil sort et la température grimpe. Je dois aller à Saint Ouen dans le 93. Avec mes belles plaques oranges, je fais le grand grand tour via la N104. J'avais pronostiqué au chef ce matin, une arrivé à Saint Ouin à 14h, mais à 13h30 j'étais déjà vide, incroyable, aucun bouchon, trafic ultra fluide !!!! C'est bon ça !!! J'ai un rechargement dans le 27 à Val de Rueil juste avant Rouen. Là encore, tout shuss sur l'A13, dans l'autre sens, gros bouchon, la DDE pose un panneau, pas un gros portique, non non,juste un petit panneau de daube. Pas loin de 10km de bouchons, ah ah ah, ils en connaissent un rayon ces gens pour faire chier la population !!!
J'arrive tout mouillé de chaud à 15h30 à Val de Rueil.
- Ah mais c'est chargement demain ça.
- Oui mais bon, c'est prêt ?
- oui, mais c'est prévu demain, le client veut pas qu'on charge en avance.
- oui, mais si on antidate les papiers ?
- Non, le client nous surveille à distance !
Et oui je charge pour big brother, et on m'a rien dit. Alors que tout le monde aille se faire foutre, j'en ai marre, je vais me caler sur le parking, j'ai une boite de haricots verts qui me trend les bras.
Je faisais la gueule ce matin, j'avais encore les nerfs. Je suis allé boire mon café, et à 7h52 j'ai mis en route. J'étais le premier pour charger, j'ai à peine dit bonjour, y en a quand même un qui m'a dit, ah mais t'es encore là toi !!! J'ai cru que j'allais le bouffer. 15 heures d'attente, 15 minutes pour charger 8 pauvres palettes. Je m'y fais pas à toutes ces conneries. Ils ont du cul ces types qu'il y ait pas des masses de boulot, ils mériteraient qu'on les plante. Qu'es ce que je me ferais plaisir... Au moins une fois dans ma vie ! Je me sauve vite fait rejoindre le departement 78. Maurepas trés exactement. Je passe par la trés riante N154 qui rejoins Dreux, je m'arrête vite fait à la Total pour boire le jus et faire un brin de toilette, et je tombe par le plus grand des hasard sur Gérard Trois. Comme ça peut être que ça vous dit rien, mais c'est un gars qui avait été sorti de prison grâce à la solidarité des routiers de l'époque et de notre regretté Max : http://www.fierdetreroutier.com/zoom/max_meynier/anecdotes_max.php
Gérard fait des remplacements pour les congés, ça le sort un peu. On a pas eu le temps de discuter bien longtemps, l'horloge ne s'arrête jamais. Comme de juste, je me gourre arrivé à l'échangeur avec l'A12, je fais le tour comme un gland que je suis. Je charge des bouquins chez Hachette. Trés sympa les gens ici, ça bosse dans le calme, mais correctement. De temps en temps, ça fait du bien de voir des gens corrects.
Surprise en repartant, je dois croiser avec Greg pour descendre foulée sur Venissieux, vu que lui a pas les heures. On se rejoins à Nemours, j'ai juste le temps d'échapper à une grosse radée et decrocher qu'il arrive. Plus synchro, tu meurs. 10 minutes plus tard on repart et 10km plus loin, je vais me faire une frayeur comme il y a longtemps que ça m'est pas arrivé. Je roulais bien tranquille à ma régule folle de 88 quand je me suis fait doubler par un 4 roues qui devait être à un bon 93. Autant dire qu'il a pas mis longtemps à me passer, je fais un appel, le gars se rabat, il s'éloigne 10m de moi pas plus. Tout à coup ses STOP s'éclairent, je pile, gros coup de volant, heureusement personne à gauche, du moins le type en Clio verte derrière a vu le coup venir. En fait, c'est la Mégane grise qui était derrière le 4 roues qui me depassait qui lui a fait une queue de poisson et tout piler. Un connard total, même pas pû noter son numéro à cette crevure ! Pour me remettre de ces émotions, je me pose à Auxerre, déçu qu'il y ait pas de Mégane grise. Pas de chance non plus, la douche à la Total est en rade, je vais donc à L'Arche, sympa la serveuse paye sa tournée de café pendant que j'attends mon tour, incroyable, pourtant elle est jeune et jolie, et moi vieux et moche !
Une heure plus tard c'est reparti, sous les orages. Greg passe par la natio, moi pas téméraire je garde l'autoroute. Grosse erreur je croise Tonin EL FEO. A Beaune le soleil revient, il y a une lumière magnifique sur le vignoble, j'ai soif. Une fois passé Chalon Nord, je fais le point avec Greg, ça fait 20 minutes de plus par la N6. 20 minutes c'est pas rien, c'est 1/3h ! C'est encore bien bouché quand je passe le Fourvière Tunnel pour rejoindre Venissieux et le dépôt Ducros. Chaleur pour me mettre à quai, par contre 10 minutes pour vider, ça rigole pas. Je vais me caler un peu plus loin à St Priest ou je dois charger demain matin. 8h55 de routas, j'ai bien fait de pas prendre la N6 ! 20h00 pile poil, fin des opérations.
C'est le plus beau jour de la semaine, en plus, il fait un temps superbe. Je quitte mon parking sauvage pour rejoindre une usine à gaz, une vraie, c'est pas une blague à la sweden... Je rentre pile à l'ouverture, le temps que le chef lance le windows je vais attraper un kawa à la machine. A quelques mètres des bouteilles de gaz, les ouvriers fument tranquille. J'aurai pas osé. Le chef me fait le contrôle ADR, au bout du 2e extincteur, il en a marre et je vais me mettre en place pour charger un produit zarbi dont j'ai bouffé le nom et en plus, on s'en fout. Une fois chargé avec mes 10 fûts et les papiers en poche, je pars pour un long road trip de 12km qui me mène au Port Pétrolier à Givors. Ici, ça a changé, maintenant il faut mettre un bleu sous peine de pas rentrer, un jour on mettra un gilet fluo par dessus, et puis on aura des combi jaune fluo à la fin. Bref, ça me saoule. Je reprends une palette et je me sauve vite remettre mon short. Je vais prendre un lot à Irigny dans une grosse usine le long du Rhône, ici, on se croirait au Japon, même le nom des employés est sous-titré en Japonais. En tous cas, ils sont bien cools les Jap, pas casse couille, efficace, rapides, polis. Du coup j'ai eu envie de manger des nems et puis non, 96kg. Je vais vite completer entre midi et deux à St Rambert d'Albon, une grosse palette de baies vitrées, bien instable, heureusement il y a des sangles. Je ramène le tout au dépôt, je vide, je décroche et je récupère mon tank.
Quand je vais pour riper du dépôt, il y a Patrick avec Matys son gamin, je l'aime bien ce ptit, pas con et determiné ! Il ira loin j'éspère ! Un futur grand pro du transport, ça fait pas un pli on en reparle dans 5 ans. En attendant, je monte comme une flêche à Andrezieux charger un complet pour lundi. Enfin du boulot à ma mesure. Je reste quand même 2 plombes à l'usine parce que y a du monde et que ma commande est pas sortie, j'altèrne entre la machine à café et l'Algeco fumeur. Quand j'ai plus de monnaie, mon numéro s'affiche et tout va très vite. 30 minutes papiers compris et je me jette dans un trafic bien saturé sur St Etienne et tout le long de la descente. Bizarement ça va nickel sur l'A7. Je finis par me poser un peu après 20h à la maison, bien content !!
3h02 j'attache pas ma ceinture et je décolle. Calme plat dans le quartier. Un bon quart d'heure plus tard, je suis sur l'A7, il y a peu de camions, mais pas mal de touristes. Le touriste serait il plus vaillant que michel le routier ? Il faut croire que oui. Je me cale à 83kmh au GPS, mon tachy affiche 85, l'enfoiré, pourquoi c'est pas l'inverse ? Autant dire que la descente est longue comme un jour sans pain. Pour me reveiller il y a Ludo42 qui me raconte son week-end, lui aussi s'est échiné au jardin. On a les travaux de printemps à faire en plein été, non, mais je demande : Dans quel société de merde vivons nous ? J'aurai pas le réponse de suite, surtout qu'arrivé à Fabrègues, j'en ai plus que ras le casque et je m'écroule dans le lit pour une heure. Parce que je le vaut bien !
Au reveil, il fait grand jour et beau. Ce coup-ci on est vraiment lundi, je remets en route en marche molle direction la Catalogne. Le pays des corons espagnols, les chtimis ibériques. Y porle comme cho en catalogne mais avec l'acceng espagnol. Surprise quand j'arrive à Celrà, la secraitaire officielle est revenue de sa longue convalescence du à un méchant cancer. De retour au boulot, elle fait pas la gueule et elle est pas stressée comme il y a un an en retard. Je suis en avance de 2h sur mon RDV, elle m'a dit no stress revient dans un heure avec le sourire. Je me mets donc côté passager, à l'ombre pour une heure de lecture. Mais là, les bras m'en sont tombé, la secretaire est sortie une demi heure plsu tard me chercher au camion : Muelle 3 por favor. Dommage que personne n'était là pour me prendre en photo ! Se sortir d'un cancer rendrait il humain et aimable ? Attrape t on le cancer à force de trop de pression ? De stress inutile ? Une heure plus tard, la semi sonnait le crueux, papier signés ciao Berthe ! Je fais le crochet via Chez santi tabac en gros pour acheter ma cartouche de Ducados, on en trouve pas en France, c'est balot ! Et puis de là, je monte sur Campdevanol, capitale mondiale du maillon de chaine taille XXL. Il fait chaud, beau, on se crourait en été. Et comme c'est une belle journée, la place est libre à quai, j'ai même un gros coup de bol parce qu'au moment ou je suis arrivé, un EScudé me tallonait.
28 minutes à quai, dont 24 minutes à papotter à la secretaire (40ans de maison ici). Et je libère la place pour le Lithuanien. D'après mes savant calculs et suivant la vitesse du vent, l'hydrométrie et l'âge du chef de gare je devrais pouvoir rejoindre Padrosa. J'ai faim, et j'en ai marre aujourd'hui. J'aime pas le lundi. Heureusement j'ai passé une excellente journée je me pose en plus à ma place préférée, au calme et près des caisses. Je fais le point : 8h49, bingo !!! Ah on se contente de peu pour être heureux ! Il fait grave chaud, la clim tourne à donf, je fonce au resto, je fais 96kg mais j'en ai rien à cirer.
Quand le reveil a sonné à 2h, je pétais le feu. J'empoigne mon sachet Super U et visiblement je dérange les vigiles en plein feuilleton style Santa Barbara, la seule série que même quand t'as loupé 4 saisons tu piges tout, tout de suite. Café, caca, douche, rasage, payage du parking recafé à 2h50 je décolle du parking endormi. 1 minute plus tard, je voilà de retour sur l'autoroute. Je fais pas ronfler les cheveaux, je laisse le calculateur calculer. Je me fais doubler par un 500 Stralis a mi côte. Bizarement, au bout d'un moment je le rattrape et je le redouble juste avant le sommet là, ou c'est le plus dur, c'est drôle les differences qu'on trouve entre les motorisations pour une puissance égale ! Le légumier espagnol était pressé, mais il a pas eu le courage de doubler dans la descente du Boulou, pourtant, y a moyen ! C'est vraiment le calme plat, c'est tôt vous me direz, mais ce n'est que vers 6h du mat quand je passe Orange que je trouve du trafic, je sais pas si je me fais des idées, mais on dirait qu'il y a pas de volumes. Ce matin, j'ai quand même doublé quelques camions, que des roumains ! Je me pose pour ma pause ptit dej à Montélimar, ça fait du bien de trouver un peu ses meubles.
Dernière étape de la matinée sous le soleil jusqu'à Valence Nord, le changement est brutal, il fait moche après. Je décroche à quai en arrivant au dépôt, mais je dois pas trainer. Heureusement Mister ça Déboite est là, il me donne un bon coup de main, car je dois sortir les affaires de mon coffre à palettes de ma Schmitz pas vielle pour une autre Schmitz neuve. C'est ma 3e Schmitz attitrée en 4 ans de maison, j'ai presque honte, mais c'est bon la honte ! Je ne la teste pas aujourd'hui la semi neuve, j'attele une bonne vielle Kogel chargée d'une grosse caisse equivalent à un container 40 pieds soit 12 mètres. C'est pas lourd, bien moins que la feraille, si bien que je monte le boeuf à la régule. Mais je double pas arrivé au sommet, et j'ai bien fait, la gendarmerie veille au grain, plutôt que d'emmerder les touristes en caravane qui font n'importe quoi au milieu, ils jetent leur hargne contre un espagnol qui va manger bon. J'appele le client, mais 11h30, ça l'arrange pas, on se donne RDV pour 13h30, il me donne quelques indications, c'est compliqué, mais je connais un peu le coin quand même vu que c'est à 10km de chez moi.
Vu que je suis en avance du coup, j'en profite pour faire quelques achats de bouffe en vue de mon week-end bloqué chez les schpountz. J'ai hésité deux fois avant de prendre le chemin que le client m'a indiqué, et puis je me suis jeté à l'eau. 2km de route goudronnée, et ensuite, plus rien, que de la terre et de la poussière comme en Espagne mais en Ardèche, je respire quand je vois les grues au bord du Rhône, je suis sur le chantier OUF. Les gars sont à la pause, ça sent le barbec, ils ont pas l'air malheureux. J'attaque à tout dessangler et ouvrir le toit, j'en chie comme un soviétique, la semi doit pas être ouverte souvent, et je crève de chaud. Quand le grutier se remet en place je vois un petit air guilleret et des yeux bien rouges. Pour me rassurer, il me confirme qu'il a bien la même dose dans chaque bras, ouf. En 2 secondes j'ai 10t en moins, et d'un coup, 5 autres camions hollandais arraivent, j'ai bien fait de venir pas trop tard. J'arrive pas à refermer le toit correctement, il y a un truc tordu c'est pour ça. Je fonce à Pont d'Isère, je tombe sur un nombre incroyable de grumeaux sur Valence, on charge vite fait les caisses vides. J'ai plus qu'a rentrer à la maison parce que ce soir, j'ai un barbec de prévu ! 16h fin des opérations, et oui !
6h et des boulettes, je demarre de la maison en silence. Je me crois lundi, pourtant nous sommes mercredi. Je roule bien tranquillement sur la natio pour rejoindre Salaise sur Sanne. J'avais l'impression de pas avancer, pourtant j'ai rattrapé une file de camions, devant un type encore moins pressé que le reste de la planète, il ramait tellement qu'il y a même une grue qui nous a rattrapé ! Pour un peu, on se serait fait doubler par un tracteur agrigole. J'arrive un peu après 7h30 chez mon marchand de cagettes producteurs de fruits et légumes. Dehor, il y a déjà des saisonniers qui trient des rattes. J'adore les rattes. Le personnel a l'air exotique, ce sont des Bulgares, dans le tas, il y a des femmes qui ont l'air agées. Mais parait il, c'est hyper dur de trouver de jeunes petits français pour bosser au soleil l'été. Une fois vide, je file à St Rambert poser la semi chez le carrossier, je lui explique en long et en large le truc, mais je fais pas le con, je suis sur le terrain de jeu du gros Adrien26. 500m plus loin, je retrouve mon road brother, un autre gros, Alain26 qui a encore éclaté sa remorque. C'est pas de sa faute, mais non, sinon, je me moquerai pas de lui. Les gars de SAMRO s'affairent sur le plancher, les feux à leds, et tout le binz pendant qu'on se ruine à la machine à café.
Je traine pas trop quand même, et je coupe à travers champs vu que je suis en solo, c'est joli à travers champs pour rejoindre Jarcieu. Je récupère la semi toute neuve. C'est ma 3e Schmitz, je ne jure plus que par les Schmitz. J'attele donc en douceur la belle qui a déjà un tour de Murcia dans les pattes, je charge bien tranquillement pour le circuit de Nurburgring. Dans la semi ça sent le neuf, le plancher est nickel, mais ça durera pas longtemps. J'essaie de rien oublier pour partir. De là, je file laver, une fois propre l'ensemble est bien assorti, je mesure la chance que j'ai, c'est presque insultant, j'ai honte. Je suis géné ! Aussitôt clean, je mets un peu de gasoil et je me jette sur l'A7, les pneus de la semi ne sont encore pas bien faits ça a tendance a vite partir en live, de toutes façons il y a pas le feu je me cale à 80 et en plus je passe par l'A46 sans bougonner. Il y a pas de bouchons, tout le monde est à table, tant mieux !!! Je me pose me decrasser à la BP à Macon, j'en profite pour garder un peu la N6, ça roule nickel. A 16h pile je m'arrête pour mon petit gouter à Gevrey Chambertin, j'ai envie d'un Donut. La serveuse veut absolument me vendre un grand café et ça me gave d'être toujours poussé à consommer.
Au niveau des heures, il me reste de quoi monter autour de Metz, et puis, c'est sans compter un coup de fil d'un gros rapace aux pieds mouillés du 39 qui m'a suggéré de roupiller avant Toul. Pas con le mec des fois. C'est vrai, il a raison, d'autant que j'ai le temps et les heures pour rejoindre Nurburgring. Je me pose bien discipliné au bout du bout du parking, au loin j'entend le bourdonnement des camions sur l'A31 et le ronron des chèvres. Avec le rechauffement climatique, y a des chèvres dans les Vosges. Ce soir y a du foot, mon voisin a mis le son a fond pour entendre le match, putain, ça me saoule.
4h, je décolle, je suis loin d'être le seul, tout le monde est déjà pressé pour éviter le bordel du matin pour arriver au Lux. Personnelement, je m'en fous, je suis pressé mais sans plus. Première opération, prendre la taxe d'autoroute et un café à Toul. Le pompiste est sympa et me calme direct, c'est pas grave si je suis garé sur l'emplacement de dépotage des bonbonnes, ils arrivent pas avant 8h30. Du coup, café clope avec le pompiste bien cool, il est pas de Toul, c'est obligé. Je deconne bien sûr, j'ai rien contre les habitants de Toul. Bien calé à 80 avec mes plaques, je crains dégun ! Sauf que dans la descente après Nancy, il y a les CRS qui sont déjà en place. Je jette un oeil à la pendule : 5h45. Ils rigolent pas ici les CRS, d'ailleurs c'est exactement a cet endroit que j'ai perdu mes premiers points en 92, les CRS me suivaient à un bon 110 primeur, mais ça, c'était avant. Je me souviens qu'on s'était engueulés, mais que mon Michel Comte chéri avait payé sans chounier. J'ai attrapé le bouchon après Thionville, ça m'a vite saoulé, un coup ça roule, et puis ça freine à mort, ça zig zag, et dire qu'il y a des mecs qui se tapent ça 2 fois par jour !! Direction Trèves, ça bouchonne encore, il y a des travaux, plus un accident. Du coup, j'ai mis presque 4h pour arriver à Wasserbilig. Au départ je voulais tenter par l'A4 et Sarrebruck mais ça avait l'air compliqué pour la MAUT, et je sais pas si on peut couper à travers Sarrebruck.
Une fois en Allemagne, il fait presque beau, et surtout déjà chaud. De ce côté-ci, ça roule pas trop, et il y a presque pas d'interdiction de doubler aux camions. Pour un peu on en oublierai qu'on est en Allemagne. Je quitte l'autobahn à Ulmen juste après Wittlich, point bien connu des légumiers, et je rejoins Nurburgring par une jolie route. Dure, mais jolie, qui va niquer ma conso et mes efforts des 750 derniers kilomètres. Vers midi, j'ai le droit de rentrer sur le circuit, je suis placé tout au fond, loin, trés loin des paddocks. Un vieux chef allemand, me fait déplacer 3 fois, et bizarement il s'adresse jamais directement à moi, il a des sbires autour de lui qui font les commissions. Mais quelle que soit la manière ça va pas, tout simplement car l'aire de dépotage est bien trop courte ! Pourvu qu'on ne vienne jamais ici avec un 25,50m ! A moins que BFT ne vienne faire une démo ! Une fois installé, je passe le reste de l'après-midi à déballer, livrer des palettes, j'ai pas le temps de m'ennuyer. Je finis vers 21h, pas cuit, mais bien chaud quand même.
Journée copié collé que celle d'hier, sauf qu'aujourd'hui, il y a le public. Derrière ma grille, j'ai l'impression d'être une bête de foire, tout juste si on me jette pas des cacahuètes ! Le bon côté de la chose, c'est qu'il pleut pas de la journée, c'est incroyable ! A chaque fois que je dois aller livrer, c'est un peu floklorique de slalomer avec le transpal entre les visiteurs.