| Carnet de bord de Mars 2013 | Partager sur Facebook |
Quand je repars au bout de 46 minutes de coupure, je suis ravi pour plusieurs raisons :
1 - C'est vendredi
2 - C'est la paye
3 - C'est le week-end.
Ce qui fait 3 bonnes raisons d'avoir la banane, et encore plus parce que ça roule nickel chrome, tellement nickel que je me ramène tranquillement à 3h30 chez TFE Valence. PILE POIL ! Le type qui vide la semi est un ancien, et du coup on avait des trucs à se raconter. Resultat des courses 1h à quai !!! 20 minutes plus tard, je me gare chez moi, 5h Paris s'éveille et je me jette dans mon pieu personnel. Si vous n'avez rien à faire ce week-end, signez notre pétition et surtout partagez dans votre carnet d'adresse ! http://www.fierdetreroutier.com/petition_trs/petition.php
Et ben 3 jours de repos à son domicile personnel, ça fait du bien. En plus pour la première fois depuis l\'an passé il a fait un beau week-end qui m\'a permis de constater l\'ampleur des dégats dans la jardin, y a de quoi faire. Sur Internet, se multiplient des groupes de routiers qui veulent en finir avec les low cost, ça va du pathétique completment farfelu au beaucoup plus posé et serieux. Je crois que des choses vont bouger. Mais je vous tiendrai informé bien sûr. En attendant ce matin, il fait beau mais très froid avec un bon -3 tout givré, j\'ai bien fait de pas tailler mes oliviers. La matinée s\'annonce professionelment intense, je charge dans la banlieu sud de Bougé Chamballud un complet de caisses vides. J\'ai froid, le transpal a froid, le cariste a froid et c\'est le vrai binz dans la cour. A 9h je sors, mais un gazier de chez Charles André vient juste de se mettre en place pour depoter. T\'en a pour longtemps ? 1h30 ! Vu qu\'il a rien branché il a bougé et j\'ai pû sortir pour un long road trip jusqu\'à Beaurepaire ou je vide. Pour revenir à Bougé, j\'ai essayé la route qui passe derrière Lapeyrouse, c\'est joli en bagnole, mais je le referai plus. J\'étais pas pressé de toutes façons, arrivé sur place, le gazier est toujours en train de depotter et un recuperateur charge en vrac à la main des fûts vides. Si j\'avais su je serai passé au dépot mettre du gasoil et boire le café. A midi et demi, je suis chargé, je fonce à travers champs revider à Beaurepaire et je reviens à la kommandantur.
J\'ai le temps de laver, et c\'est pas du luxe, vider le tachy, la carte, fumer des clopes avec Franck. Je suis vraiment pas venu pour rien, Julie m\'a escroqué 10€ de tickets de tombola, l\'arnaque pure, bakshish, racket appelez ça comme vous voudrez. Un peu plus tard y a tonton Sweden qui passe par là et me fait cadeau d\'un joli porte plaque d\'immat Volvo Goteborg que Franck s\'empresse de fixer sur le pare choc, même dans les écuries de F1 ils sont pas aussi rapides ! Enfin, vers les 16h Cyril me ramène mon frigo à roulettes, bon prince, qu\'il est. La semi est dans un état proche du camion de chantier, je repasse un coup au lavage, faut pas deconner. Et puis finalement, je finis par decoller pour une destination lointaine : St Dizier. Sachant que c\'est une zone ultra dangereuse et desertique, je prends des vivres pour 15 jours en passant à L\'inter de Chanas et go ! J\'hésite, tunnel, a46, et je fais pas le con vu qu\'il y a pas le feu à la baraque, je prends la rocade. J\'ai bien fait, il parait qu\'une bagnole est en feu à La Mulatière, et en plus bonne pioche je croise Pierre70. J\'ai été surpris de le voir par là, moi je croyais qu\'il fait que de l\'Alsace.
Finalement Lyon, ça a bien passé, c\'est bon les vacances scolaires parfois. Une petite demi heure de pause pour remettre les compteurs à 0 à Belleville, et ensuite je monte au bout de mon amplitude calé à environ 85 à l\'heure, bizarement je ne me fais presque pas doubler, c\'est trés calme sur l\'A6 et l\'A31. A Langres le parking est blindé et les travaux n\'arrangent rien, obligé d\'avancer encore, et bien sûr je dépasse de 3 minutes soit environ 360sec l\'amplitude. A l\'échelle de l\'univers, c\'est rien. Mais pour un controleur ou un papillon, c\'est énorme. Bon, je m\'en fous je suis posé sur un parking ultra calme juste après la sortie Chaumont dans une zi deserte, un bon plan signé Dormeur26.
Hé bé nan di diousse, j'ai un peu bien dormi ! Oh la vaaaache, y avait longtemps. Bon, je me lève avec la crève, si j'avais été chez moi je me serai mis en maladie, mais je suis pas chez moi, alors j'y vais. Pas trop tôt ça sert à rien. Juste après avoir tapotté quelques lignes sur le PC. Etant donné que je ne suis pas pressé je roule vraiment tranquillement ce matin sur la N67. Je roulais bien tranquillement donc, et j'arrétais pas de croiser des camions qui me faisaient des appels de phares. Je suis connu certes, mais quand même pas à ce point là... Je passe Joinville, toujours les appels de phares, je pense avoir un caca de nez qui pend, mais non. Quelques kilomètres plus loin, j'aperçois une silhouette bleue au milieu de la route, c'est en fait un gendarme qui me fait signe de m'arreter alors que pourtant j'ai encore pas 4h30 de volant. Bon, je deconne plus, contrôle sérieux. 20 minutes de stress. Des bricolettes sur la carte, et ils me laissent partir sans bulletin de contrôle puisqu'ils mettent la carte contrôleur dans le tachy. Du coup, j'avais calculé 11h à St Dizier, et je suis arrivé à 11h15 pour vider chez Corsi. En voilà une boite qu'elle est bonne. C'est grand, c'est propre, rien à signaler. On m'a fait attendre un peu, mais pas longtemps et quand ça a été le moment ça a dépoté !
Une fois vide, j'ai été recharger à quelques centaines de mètres de là à la STEF. RDV 15h arrivé 12h30. J'ai tenté le coup, et une heure plus tard, on m'a donné une place à quai juste le temps de faire un graillon rapide. J'ai chappé un moment avec un Grec qui m'a raconté ses deboires de routier de 2013, et une autre calamité s'est abattue sur moi au moment ou j'allais partir en la personne de Enzo routier Alsaco Suisse qui passait dans le quartier, evidement ses francs suisses passent pas dans la machine à café, c'est donc pour ma gueule de payer. Du coup on a passé une petit heure a papotter, cet idiot fume des clopes chimiques ou je sais pas quoi, ça fait peur ce truc. On a donc bien été obligés de bouger contraints et forcés par notre professionalisme mondialement connu, en redescendant il y avait plus le poste de controle. Le temps aujourd'hui est toujours autant maussade, pas vu le soleil, mais il ne pleut pas ce qui est tout bonnement incroyable.
La descente sur Lyon se passe comme sur des roulettes, il ne se passe absolument rien. Je suis juste obligé de couper 45 à Macon sous la douche car je ne suis pas un crasseux.
Hier soir, j'ai eu un coup de fil de l'affreteur marchand de fleurs qui m'a annoncé la tournée. Y en avait tellement que j'ai rien noté. Du coup ça m'a travaillé dans la nuit et j'ai fait un cauchemard, je fais souvent d'ailleurs le même style de rêve. Cette nuit, j'étais sur Marseille ou dans ces coins-là. Et je penais vraiment à trouver les clients, je pinaillais. Je partais voir à pieds, je me perdais, je passais devant le client mais je mettais 2h à trouver un endroit pour faire 1/2 tour, au lieu de persister, je m'arretais boire un coup, et puis je retrouvais plus le camion, pour finir, la fin de la journée arrvait et j'avais rien livré. A 6h et des boulettes le receptionaire, le vrai est arrivé, le temps de faire les papiers. En 20 minutes la semi est vidée, 6h45 je suis en route fin prêt pour aller charger une tournée exotique.
A 7h30, il y a bien sûr personne, mais le quai est ouvert et je peux charger. Pour corser le tout il y a un mix de palettes et de rolls. Mais ça tombe pas trop mal, puisque il y a 6 pal, ça fait finir droit à chaque fois. Oui, parce que avec les rolls, il faut pas laisser de place à l'à peu près pour caler. Un roll ça roule, et quand ça part, c'est mort, et vu le prix des plantes, vaut mieux éviter. Une demi heure pour charger et un bon quart d'heure pour trier les recepissés et agrafer les BL. En tout j'ai 9 livraisons, il vaut mieux que tout soit prêt niveau papiers pour perdre le moins de temps possible. C'est donc tout mouillé de chaud que j'arrive à la première livraison à Tournon en Ardèche. Il pleut aujourd'hui, ça va être bien marrant de faire cette tournée. J'enchaine ensuite avec Bourg Lès Valence, Etoile, Montmeyran, Montélier juste avant midi. On dirait pas comme ça, mais ça fait courrir. Je me ramène un peu avant 13h à Saint Jean en Royan, c'est fermé pour la pause dejeuner, ça tombe bien j'ai la dalle.
L'après-midi, j'enchaine avec 2 magasins à St Marcellin, et je termine en beauté avec une livraison bien pourrie celle du Gamm Vert de Voiron, en plein centre ville. A 17h, c'est le pied ! Je dois ramener les rolls vides à Anjou ou je retrouve Arthur qui lui aussi à fait dans les rolls aujourd'hui. Je recharge encore une fois une toute petite tournée pour la région milanaise. 5 rolls, 3 clients. Je descends rien qu'avec ça... Passage au dépôt pour mettre un peu de benzine. Il me faut checker un peu les heures de volant, avec toutes ces livraisons, je sais plus trop ou j'en suis. Juste 6h de route !!! Rien foutu aujourd'hui ! Alors banzai, je file à travers la campagne et toujours sous la pluie. La traversée de Grenoble se passe très bien, tout sur la voie de gauche étant donné qu'ils roulent tous à 70, il faut pas deconner, y en a marre de cette ville. Finalement j'échoue juste après le péage de St Michel de Maurienne, il y a grave du vent, et bizarement, il fait plus doux ici que dans la vallée du Rhône.
6h debout la dedans. J'aime pas me lever à 6h. Café et ce matin, c'est extaordinaire, il y des chaussons aux pommes, quoi de mieux pour demarrer une journée qu'un chausson aux pommes quand on aime les chaussons aux pommes ? Je demarre dès qu'il y a écrit 9h01 sur mon ecran, coup de bol ce matin, il y a personne pour monter au tunnel, j'ai donc pu monter à 90 tout shuss. Après le tunnel, c'est pas la même chanson, il neige ! Oh pas de grosses chutes de neige, non, mais juste de quoi blanchir la route qui est archi salée, no stress. Après Oulx, c'est la pluie qui remplace la neige, et pour faire court, j'ai passé toute la journée au rythme des va et vient des essuie glaces. Je passe Torino nickel chrome, et ce matin, en plus le chef s'est décidé dans quel sens je commence la tournée : à Montebello. Bien chef. Je me pointe donc au bout de 3h de guidon à Montebello, on ne peut pas rentrer à la reception vu qu'il y a le gars qui bouge ses ampiroll, vu que j'ai qu'un roll, je me serre comme je peux pour pas gener et je porte en courant le roll de pivoines, le receptionaire me rend en courant les vides et le CMR. J'aime quand il pleut et que le livreur de bennes à ordure klaxonne comme un malade, ça va tout de suite plus vite. Le receptionaire du Botanic à moins apprécié, et le chauffeur s'est calmé. En tout et pour tout ça n'a pas pris 5 minutes. Retour sur l'autostrade, et je m'arrête comme le dernier coup à l'Autogrill ou la douche est propre et gratos. Quand je sors du bar, une enquetrice me pose plein de question sur Autogrill, questionaire de satisfaction. "Pourquoi vous arrêtez vous ici ?" Doccia pulita ma chérie ! Elle a eu l'air surprise, y a pas cette proposition dans le questionaire.
45 minutes plus tard, je suis prêt à en découdre pour la suite. Je vais à Rozzano au sud de Milan sur une immense zone commerciale française. Mais les italiens le savent peu être pas ! Ils y sont tous, Decathlon, Norotau, Auchan et bien sûr mon Botanic. Là encore, ça ne traine pas, j'avais été pris dans un bouchon juste avant, je pensais pas vider avant midi. Pour le dernier au bout de Certosa, oui oui vers l'ancien parking TIR (je dis ça pour les personnes agées), pour le dernier, je ne m'affole pas. J'y vais même tellement rilax, qu'à ma plus grande surprise j'ai vidé entre midi et deux. Bon, c'est la merde pour y aller, mais quand on a déjà fait, c'est plus facile et moins stressant. Une fois vide, j'ai pour mission de rejoindre le sud de Varese pour y charger un lot dont je ne connais ni le metrage, ni le nombre de palettes, juste un numéro de ref. J'y arrive pile pour l'heure de la reprise, mais il y a déjà un camion avant moi. Alors j'attends en discutant avec le chauffeur italo-roumain. C'est bien long pour charger, je vais rester là une heure et demi, on se croirait à Barcelone !
Pour la suite, je vais completer à Cornaredo. Je crois que Cornare en italien c'est un gros mot. Et je pense que chez le groupeur ou je charge, c'est pas usurpé. Sur le parking, c'est le ghetto, les poubelles debordent et les chauffeurs qui croupissent ici ont l'air ravis. Je crains le pire pour ma gueule. L'accueil du gardien est à l'image du parking, par contre, deux étages plus haut bureau 204, c'est l'opposé, les hommes sont souriants et polis, les filles sont belles et à l'écoute. J'ai droit à un quai direct, mais au bout de deux heures rien à bougé. Je décide donc de couper à quai, à deux places de là, il y a le voisin de Sweden qui vient taper causette, au bureau on me delivre "une autorisation pour le camion de faire la sosta à quai" véridique !!! Alors je tente le roupillon en sachant que dans la soirée, la cabine va être secouée dans tous les sens par les caristes kamikazes quil y a ici.
Le reveil a sonné bien longtemps ce matin. Je l'entendais mais rien ne se passait, d'un coup je me lve quand même, 3h40, ça fait donc 20 minutes qu'il sonne. Pas le temps de trainer, je saute dans mon froc et je me pointe au gardien qui ouvre le portail sans même me demander le papier d'autorisation de sortie. Bien entendu, je me fais avoir en voulant reprendre l'autoroute, à cet endroit là, le péage n'envoie le trafic seulement direction Milano, je suis nul en Italie ! Bon, je perds 5 minutes pas dramatique et je me pose ensuite bien tranquille sur l'A4 jusqu'au Café à Carisio, ça fait du bien ! Du coup, vu l'heure ça passe nickel à Turin, la pluie qui avait cessé reprend de plus belle après Susa, et après avoir deposé tout le monde dans la montée du tunnel grâce au super moteur 13L du Volvo je fais ma dernière 1/2h à la dernière station italienne, il neigeouille.
Côté français, il pleut, non il fait de la drache, des seaux d'eau qu'il tombe du ciel, des cordes !!! Je passe Chambéry et je quitte enfin l'autoroute pour rejoindre laborieusement Saint Vulbas et Barilla. En arrivant dans la zone, je me suis dit que si jamais Vulbas voyait ce qu'on a fait de son village, il deviendrai fou. Mais qui était Vulbas pour devenir un saint à la tête de milliers d'hectares de base logistique ? Ce pauvre Villebaud où Vulbas, martyr inhumé à Saint-Vulbas, Né dans une famille noble de Bourgogne il sert tout d'abord dans les armées du roi franc Dagobert Ier, à ce titre il dirige l'expédition de Dagobert contre les gascons, victorieux il rentre dans sa région avec le titre de "patrice". Comme ça suffisait pas, ND, est venu sur ses terres, et Vulbas a abdiqué définitivement. Moi j'ai juste eu du cul de pas m'être oublié ce matin, chez Barilla on receptionne pas les rouleaux de film l'après-midi, fussent ils bien jolis. De là je fonce dans la zone Actipole de Bressolle à quelques kilomètres de là pour livrer des caisses en plastique vides chez un grossites de caisses en plastiques vides. 11h59, je ferme les portes de la Schmitz, pfuuuuuh. Reste plus qu'à aller deposer le groupage à Mions, chez un degroupeur ultraliberal. A côté de moi, y a un roumain qui fait Lyon-Bologne, et à côté y a un autre roumain qui fait Lyon-Espagne je crois. Ils m'ont presque pris pour un con parce que j'étais pas roumain, et non, je suis un low cost ardechois.
Aussitôt vide, je vais à Mions prendre une palette pour la GB, 5 minutes et c'est in ze pocket, enfin, in ze remorque. Pour completer, je dois aller à Saint Clair du Rhone. Je sais pas qui c'était ce "Clair", mais je chercherais une autre fois, et là je charge 8 pal pour le fin fond de l'Irlande, la classe. Je me suis fait bien brancher parce que c'était prévu lundi, mais moi pas au courant. Retour fisssssa au dépôt, vidé et rechargé en 37 minutes, oui, c'est incroyable. C'est surtout qu'il me reste juste juste juste de quoi rentrer dans l'amplitude, je suis parti comme un voleur sans laver, ni faire le plein, pas le temps. A 18h30 j'étais enfin garé, gros branleur qu'il a dit mon voisin.
Ce matin, demarrage pas trop tot. J'ai juste à descendre tranquillos Au Castellet. Avec un petit -3 à 7h, l'hiver est de retour, c'est son baroud d'honneur. Ici, c'est rien à comparer des normands, mais ils ont du sang wiking qui coule dans les veines, la neige n'a qu'à bien se tenir. Du moins, elle va bien tenir, ça c'est sur. Ce gros radin d'Alain26 est parti une demi heure avant moi, pour être bien certain de pas payer le café. Quand je pense que c'est un ami de 20 ans... ça fout les boules quand même ! Je descends donc bien tranquillement jusqu'à ce que la température extérieure soit superieure à 10 pour me permettre de me mouvoir jusqu'à une machine à café. C'est chose faite à l'Aire de Peypin juste avant Aubagne.
Je me suis pointé vers 11h et des boulettes à l'entrée du circuit du Castellet. Sans chauvinisme, je pense que c'est un des plus beaux circuits. C'est propre, il y a des pins magnifiques et des lauriers encore plus magnifiques et bien taillés. Aussitôt arrivé, j'installe tout le bazar. Wani racing fuel debarque à 14h, pile à l'heure, c'est bien un suisse. On passe l'après-midi à distribuer, il fait pas chaud, mais presque, et cerise sur le chapeau, il y a pas de vent.
Grosse journée de distribution encore aujourd'hui. C'est un peu pénible car à chaque fois les commandes sont faites au compte goutte, 1 fut de 200 par 1 fut de 200, si bien que je les ai presque tous bougés à la main. Du moins au bras. Heureusement que j'ai le transpal electrique pour amener jusqu'aux paddocks. Cet apreme, il y a foule autour d'un paddock, celui de Sebastien Loeb. Pas la peine de savoir à quoi il ressemble pour le reconnaitre, c'est un des rares types à avoir une noria de photographes et autres pots de colle autour de lui. Le pauvre, il a tellement de monde autour, qu'il doit même pas pouvoir en lacher une petite de temps en temps. Mais ça, personne ne s'en occupe, à quoi servent les syndicats ?
A 19h, c'est bouclé pour moi. J'ai repris quelques palettes de fûts vides, je casse une graine et un peu après 20h je mets en route. J'ai mal aux bras, je suis cassé en deux, c'est un peu la séance "decrassage". J'en ai bien un peu bavé pour remonter sur Jarcieu. Des fois c'est dur la vie de international trucker. A Montélimar, j'en ai déjà ras la casquette, je m'enfile un café et surtout une bonne demi heure de sièste. J'ai pas pris le risque d'aller me coucher, je suis resté bien sagement à mon siège pour dormir, sans quoi j'y serai encore... Je me fais quand même violence pour remonter, je me radine vers 1h30 au dépôt, quai number 3. En face y a Sweden qui dort, j'hésite à balancer un grand coup de trompes, mais il y a d'autres collègues qui eux ont surement dû bosser, alors, j'hésite.
Dormir ça fait du bien des fois quand même !!! Après une vingtaine de cafés, je suis rechargé en buchette de bois en sacs. C'est bien signe que l'hiver est encore loin d'être terminé. Dès que j'ai mes 11h, je sors vite du quai, je fais les pleins et je tente sans conviction de laver l'engin. Je traine pas trop quand même, il s'agirait de pas être en retard au RDV chez Casino à Reventin. Et j'ai rudement bien fait de pas trainer ! Ah pour sur !!! Hé bé oui, déjà la N7 pour aller à Reventin, c'est pas de la tarte et en plus, il y a des travaux et en plus j'ai raté l'entrée du parking PL. Je donne mes papiers à 13h56 ouf, l'honneur est sauf. Sauf que il y a un problème, le RDV est reporté pour dans 48h à cause de........... LA NEIGE ! Là, je me demande si des fois la fille ne se moque pas de moi, mais non, c'est très serious. Etant donné qu'ils ont besoin urgent de ma marchandise, je peux rentrer et deballer mes palettes. Entre parenthèse, les quais sont calculés juste juste, il y en a un paquet qui y ont laissé leurs pare chocs de semi.
28 minutes plus tard, la semi est vide et je fonce à Andrezieux. En face, l'A7 est bouchée, et ça remonte jusque sur l'A47 à Givors. Heureusement pour monter sur St Etienne, c'est nickel. Je charge en premier un gros lot pour Normanton chez Log Loire, le cariste est bien sympa, mais pas rassurant : "ah mais tu pourras jamais y aller en GB, c'est bloqué de partout...." Bon, on vera plus tard, et je vais completer encore 2 palettes à l'usine. J'ai pas trop attendu, j'ai dû surement passer entre 2 chargements. Tant mieux. Je traine pas une fois chargé, et pile à 19h je suis les pieds sous la table au DoubleD. Je passe une super soirée d'autant que je suis rejoint par le Team Trans Pro Bois. Erwan m'a piqué mon fromage et mon vin, le salaud. Ensuite, c'est concentration maximum et je dois prendre des décisions car tout est encore bloqué au nord de Paris. Moi qui pensais monter jusque Roye ce soir, c'est grillé.
Finalement, je suis sorti à Nevers et ça negeait encore un bon peu, la route était blanche par endroits, heureusement, il y a personne sur la route. C'est par Clamecy, Auxerre et Troyes que je suis passé histoire de recuperer l'A26, pas le choix. Les parkings sont pleins à craquer, si bien que quand j'ai trouvé une place (bien pourrie le long des glissières) j'avais 4h34, et c'est pas faute d'avoir anticipé pourtant... Rapide calcul, il me reste 1h18 à rouler. Il faut que je monte le plus haut possible. Bien sagement j'écoute les bulletins de 107.7, et c'est encore et toujours le brin sur l'A1. Du coup, je pense quand même avoir fait le moins mauvais choix. Quand je me radine à l'Aire du Champ Rolland juste au niveau de Berry au Bac, j'ai 9h59 de volant, et comme j'ai grave du bol, il y a un ami routier qui me laisse une place toute chaude, impec ! 3h12, finita la journata !
Grosse surprise au reveil, il fait soleil. Attention fada, pas un soleil ou tu dois courrir mettre ta crème protectrice indice UV9, nooooon, le soleil de Berry au Bac dans l'Aisne. Mais soleil quand même. La station ici a toute été refaite, du coup il y a même du bon café et il reste un pain au choc, il est pour moi mdame !!! Après un debarbouilage en règle, je m'informe un peu pour la suite des évènements, pas de catastrophe annoncée ni sur ma route ni en GB, et le Paris Cherbourg de lundi est toujours planté en gare de Caen... Dans ma collection de vieux livres, j'ai quelques ouvrages sur les trains du Vivarais, magnifique montagne ardéchoise que la planète entière nous envie. Dans cette montagne subsitiste encore un embryon de ligne de chemin de fer, le Mastrou. Sur les vielles photos, on voit très nettement le petit train à vapeur passer dans des congères de plus de 3m de haut. Mais c'était au début du siècle dernier, c'était pas la neige d'aujourd'hui... Bon, c'est bien pitoyable d'écouter les infos sur le sujet à la radio. Le pire étant d'écouter les justifications des responsables, ah mais on fait tout notre possible hein ? Coup de pompe dans le cul oui ! Les responsables d'aujourd'hui, sont à l'image de notre société : pretentieux, suffisants et bon à rien.
Dès que je demarre, à 12h30, je n'ai qu'un seul objectif, prendre le My Ferry Link de 16h30. C'est donc tout feu tout flamme que je roule direction Calais. Tout le long du trajet, il y a de jolies congères, qui sont de couleur déjà marron avec la terre qui vient se coller dessus, c'est bien moche. Pas grand monde sur le trajet, mais ça change vite arrivé à l'embranchement avec l'A16, les gendarmes sont en stand by, ça pue l'embrouille... Tu m'étonnes, c'est une longue file de camions tout de suite après. J'avais enquillé à doubler un type, du coup je remonte 2 km de file, c'est pas bien, mais j'ai gagné 2h. Coup de bol quand même, les voies de gauche reservées à MFL et DFDS passent pas trop mal, et même avec les 2 contrôles auxquels j'ai eu droit, je me paye même le luxe de rentrer 1er sur le rafiot de 16h30 sur le pont exterieur ADR oblige.
En fait j'ai sû au resto que la PO était en grève. J'ose pas imaginer ceux qui ont déjà perdu 48h dans les blocages arriver là et se trouver planter par les grevistes de la PO... Là, y a de quoi se l'attraper et se la mordre ! Faut être souple mais bon. Une fois n'est pas coutume, je sors aussi le premier, à la régule dans le port de Douvres, et pareil jusqu'à Londres et même après. Je stoppe au 1er service sur la M11 hitoire de faire le point et de me payer un bon café degueulasse. Si je mets moins de 3h40, je reste dans mes 9h de guidon, à priori ça doit le faire. L'A1 est hyper calme, je roule à 90 quasi partout. Mais voilà, il ne faut jamais tirer de plans sur la comète, la sortie 24 est fermée pour travaux nocturnes, la suivante est à 13kmn shit. Comme par hasard. Du coup, plutôt que de revenir sur mes pas, je tente une autre route, celle qu'on voit en contrebas de l'autoroute qui a l'air si jolie. Effectivement, c'est bien sympatoche mais pas très rapidos. De toutes façons, je m'en fous, j'ai cramé mes 9h, alors les cramer de 10 min ou 20 min ça change rien... A 0h30 locale, je suis dans la rue de chez Rodia, j'en ai plein les bottes, hasta manana !
Dès que j'ai mes 9h de repos, je me présente au gardien. J'ai pas fait exprès, mais juste derrière moi, il y a deux autres camions qui viennent d'arriver, pour une fois je me suis levé au bon moment. Finalement, on ne serait pas génés, puisque je vide à quai, et eux par le côté sous la pluie. Hi hi hi. Bon, je rigole, mais dans cette grosse usine, y a pas de machine à café, et ça me fout les boules. Je sors de là en 5 minutes pour rejoindre la riante M62. Juste avant l'entrée de la Motorway, il y a une vielle cabane à hot and cool drinks and sandwiches, celle-ci elle est pour toi ! Et ben oui, c'est un des trucs que j'aime le mieux en GB, les baraques à sandwichs. C'est deux petits vieux qui tiennent la boutique, le patron me tend un sandwich debordant de bacon et café brulant, une horreur ce café. 10 minutes plus tard, je suis bon pour me fader les 20km de travaux de la M62, bloqué à 80, qui finissent juste quand je sors à Normanton, bonne pioche, il y a personne quand j'arrive, en 20 minutes je suis vide, juste avant midi, 11h ici, donc ça compte pas.
Je dois recharger à 300km d'ici, à l'ouest de Birmingham. J'enquille donc un bien pénible trajet sous une pluie battante et un trafic quand même assez soutenu. Mais sans aucun bouchons. La pluie tombe non pas du ciel, mais on dirait qu'elle arrive vraiment à la perpendiculaire tellement il y a du vent. Bien sûr plus je me rapproche de ma destination, et plus le ciel devient bas, et au moment de me mettre à quai, ce coup-ci, c'est un déluge que chez nous, on appelerai "evenement cevenol". La commande n'est pas tout à fait prête, et le cariste pas très coopératif. Il laisse de gros espaces entre les palettes qu'il gerbe en hauteur, et me jure en polonais que ça bougera pas. Mon cul oui, je l'ai averti que je mettrai une page de reserves sur le CMR, il a dit qu'il en avait rien à foutre et que de toutes façons, il a pas le temps de mieux faire.
A 17h je suis chargé, je connais pas le poids exact, mais ça tire. La route qui me mène de Tenbury Wells à Worcester est très jolie et pittoresque, mais ça grimpe dur par moments, si dur que parfois, je passe l'étage, merci la boite auto. Pour rejoindre Swindo c'est bien compliqué, et une fois à Swindon ça bouche sur 5km avant la M40. Vu que ça me gave vite fait, je me pose sur un parking de rien du tout pendant que ça se decante et j'en profite pour casser une croute. Une heure plus tard à peine, le bouchon a disparu et 2 min plus tard je suis sur la M40. Il tombe toujours des cordes, et dans l'autre sens l'autoroute est pleine sur les 3 voies. 2 accidents entre Swindon et le M25, sacré vendredi soir. Je me pose au nouveau service à Cobham, j'aurai pu rouler encore une heure, mais ça changeait pas grand chose à mon planning, et puis au moins, je prends pas de risques de pas trouver de places au parking suivant. Par ici, ça court pas les rues les parkings... Ici les douches sont gratuites et en libre service, ça va pas durer longtemps, vu le passage ça va vite être destroy.
A 8h ce matin, il fait toujours le même temps de merde. C'est à dire drache+vent. Je dois donc affronter les éléments sur environ 500m pour rejoindre la station qui ressemble plus à un centre commercial qu'à une station. J'hallucine parce que ça fait déjà la queue au mcdo, alors qu'il y a personne à Costa Café. J'en deduis donc que le fat english aime mieux se gaver de cheese burger au petit dej que d'un véritable expresso avec pains au chocolat, croissants aux amandes jus de fruits. Ahhhhh ben au moins, ils sont pas obèses pour rien les anglais, et tous en gilet fluo pour qu'on les voie encore mieux ! J'avale donc vite mon café et je decampe. Sur la M25 ça roule finger in the nose même dans les travaux. Mon soucis ce matin, car il en faut bien un, c'est le carburant. C'est bien joli de rouler comme un petit fou chargé à toc sur les chemins de traverse, mais ça remet l'église au milieu del pueblo pour la conso. Comme je suis pas completement fou et que l'aiguille flirte dangereusement avec le 0, je mets 50L à la Shell de Maidstone, me voilà donc rassuré pour affronter la dernière côte avant Dover. D'en haut on a une vue magnifique et on voit nettement les enormes vagues. Comme d'hab, ça passe nickel pour aller sur MFL, à gauche ça bouchonne et je peux attraper le ferry de 10h15.
Une fois partis, ça bouge tellement que mon voisin et moi sommes obligés de nous tenir à l'assiette. Pour une fois ça met un peu d'animation, mais à la vue de la tête de certains autre camionneurs, il y en a qui sont pas rassurés. Le meilleur c'est quand même de se mettre dehors pour mieux apprecier le spectacle, c'est beau les éléments dechainés. Vu la météo, le "Nord Pas De Calais" prend du retard, c'est pas dramatique. Aussitôt sorti, je stoppe completer serieusement le gasoil. Tout autour de Calais, c'est campement pour tout le monde, routiers et clandés, même combat !... Pour descendre, j'hésite, Paris, Reims, Paris, Reims ? Finalement, c'est la capitale qui l'emporte, ça changera un peu, et puis comme ça, je m'arrête vite fait à Roye en passant. Bon, Roye ça devient de plus pourri niveau sanitaires au grand desespoir des employées. C'est dommage quand même.
Vu l'heure, je me demande quand même si j'ai pas fait une boulette de passer par la capitale de la France. Et finalement, c'est passé comme une lettre à la poste. A ma plus grande surprise, c'est completement bouché à la fin de l'A6, et oui, c'est les retours des pauvres de ce pays, ceux qui pour aller au ski n'ont pas d'autre choix que de prendre le Q7 plutôt que le jet privé!!! Quelle équipe de loosers quand même... J'ai roulé jusqu'à Avallon, et jusque là, toute l'A6 est pleine de ces retours, pas repis, à la queue leu leu, comme au tire fesses, et comme l'aphrodite à Avignon. Pas la peine de crier que l'essence est chère, ça fait rire tout le monde. Oh, je suis pas jaloux hein ! Il y a autant de chances que je me retrouve un jour au volant d'un Q7 direction la capitale dans les bouchons en revenant du ski, que de gagner au loto ! Bref, je me dis, tant mieux, ils font tourner le buisness des vendeurs de crèpes au Nutella à 5€ ! Moi je suis bien peinard sur mon parking desert, j'ai bien fait de passer par Paris, ça m'a defoulé finalement.
5h45, reveil, debout. Je serai bien resté au lit mais bon je suis pas d'ici. Depuis hier soir aucun camion n'est arrivé, il va faire bon passer le dimanche ici bien tranquille. Il pleut toujours autant ce matin, mais par contre l'A6 est desertique, on dirait que la guerre nucléaire a eu lieu et que je suis le dernier des cons de terriens. Heureusement du côté de Beaune je retrouve un peu de civilisation ainsi qu'un semblant de lumière.
Tout le long de la descente, je retrouve face a un énorme vent du sud, en rafales. C'est fatal pour la conso, de toutes façons sur ce tour tout aura été en la defaveur du dieu gasoil. Tant et si bien que quand je me rapproche de Chanas, j'ai le voyant d'ADBlue qui crie famine, et aussi celui du gasoil, il est bien temps de rentrer.
Vu que je suis chargé pour Anneyron je laisse le camion avec ses collègues de travail et je saute dans la SAAB Turbo Intercooler pour une 24 bien méritée à la maison.
A+++++
Et oui, c'est lundi, et le lundi tout est permis. Ma 24 finissant à 10h30, je peux me payer le luxe de ne me lever qu'à 8h. Je saute vite fait dans la SAAB Gordini et 45 minutes plus tard je suis au dépôt, je range vite fait mes affaires et j'attends à la machine à café que la coupure soit bonne. J'ai bien tenté de choper un super bon voyage, mais le chef a pas voulu. Alors je suis allé vider sagement mon super voyage 14 minutes de volant plus loin. C'était un peu le binz vu que c'était mal chargé, mais rien n'a bougé c'est le principal. Une fois vide à midi et 0 minute, je dois monter ASAP (as soon as possible) charger un gros lot pour Peniscola, mais d'emblée j'ai bien compris que ça ne serait pas pour ma pomme. Je fonce donc profitant que tout le monde mange pour traverser la capitale internationale du ballon rond, du vélo et du fusil de chasse pour me retrouver à 13h40 à quai à Montbrison. Là, c'est incroyable, mais le cariste m'a invité à aller boire le café, car il y a une machine pour les "visiteurs" gratos. C'est rare ce genre de boutique de nos jours.
Fort de mes 20 palettes, je vais completer à St Just saint Rambert avec 15 rolls de plantes. Je suis bien incapable de calculer si ça passe 15 rolls de plantes avec 5m de plancher. Je galère un peu pour trouver les serres, et bien sûr une fois sur place, j'ai affaire à des gens trés gentils, et en plus 15 rolls ça passe sur 5m de plancher, c'est tout bonnement incroyable mais vrai. Comme j'ai trané depuis midi, je dois livrer avant 17h à Anjou, ça va être finot d'autant que ça bouchonne pour travaux à St Chamond. Finalement à 16h55 j'étais à quai, mission accomplie. Retour au dépôt, videment et decrochement du frigo qui doit tourner demain en fleurs...
Pour finir ma demi journée vu que j'ai que 4h et des boulettes de guidon, je finis par recuperer la super semi à mister blagues qui est chargée pour le 3e plus beau département de la planète : l'Aveyron. (classement trés serré chez moi entre le 07/48 et 12). D'après mes calculs j'ai LARGEMENT les heures pour me mettre en place sur la place du dechargement à Bozouls. Sauf que j'ai juste zappé que l'hiver se traine en longueur cette année. En partant du dépôt j'ai hésité un peu pour mon itinéraire, finalement je suis passé par Aubenas et à partir de 3 ou 4km du sommet de la Chavade (1266m)j'ai compris que j'allais galérer cette nuit. Il y a du vent en plus qui ramène de la neige sur la route. Après Langogne c'est carrement apocalypse now, le pire étant bien entendu La Pierre Plantée. La route est completment recouverte d'une bonne couche de neige, mais avec les Multi way, c'est le pied, rien à dire. J'ai pas gagné de temps, c'est sûr, pourtant j'ai pas été géné par le trafic. C'est qu'une fois passé Mende que j'ai à nouveau pu mettre le pied à la planche et grapiller quelques minutes précieuses. Encore une peu de neige sur l'A75 mais la file de gauche est "au noir" banzai !!! Finalement, j'arrive un peu avant 1h du matin à Bozouls, 9h56 de guidon, quelle vie de con !
Vers 8h j'entendais le ronron caractéristique du Fenwick de marque Manitou. En gros ça veut dire : On ose pas cogner à la porte, mais si tu pouvais te lever... Bon, ça va, j'ai compris. Je m'extirpe de mon Epeda Multispires. Je laisse les papiers sur le bureau de la secretaire et j'en profite pour choper un Luigi Lavazza avec le cariste avant d'aller ouvrir la semi. Il y a rien à faire, ici, dans la région, les gens sont toujours amicaux avec du savoir vivre, mais quand c'est le moment de bosser, ça bosse. J'ai passé quasi 2h à le regarder se demener avec les grosses mottes et les branches et fumant environ un paquet de clopes, faut que je lève le pied...
A 10h je decolle, je dois aller recharger à Sant Andreu de la Barca, y a un bout... Mais surtout, faut pas que je me presse, là bas, on charge jamais avant 20h. Ils veulent qu'on soit là à 18h, mais c'est juste pour faire chier. Je prends donc mon temps, c'est à dire que je rouler au taquet mais que je sors à Narbonne pour prendre ma douche entre midi et deux. Au péage je vois un Sandermans, c'est mon copain Daniel, et en plus il a eu la même idée que moi ! Les grands esprits se rencontrent on dira comme ça. On passe quand même un bon moment à chaper au bar avant la douche (chacun la sienne je précise). Finalement, on a fait la route ensemble calés sur le canal des kings, le 7, jusqu'à Barcelone puisque lui continue à Amposta... Un bon moment de passé pépère ou les kilomètres defilent sans qu'on s'en rendre compte, et je comprends pas pourquoi il y a aussi peu de camionneurs modernes non équipés d'un TX ! Comme prévu, j'arrive à 18h à Sant Andreu, et comme prévu on me fait mettre sur le côté et j'en profite pour tapotter ces lignes sur mon clavier.
Au bout de 3h, le cariste finit par se rappeler à mon bon souvenir. Il y a ballet incessant de SERTRANS qui font des rotations entre les differentes usines, car demain, il y a grève de routiers, mais juste ceux de Barcelone, alors les expediteurs prennent les devant. Sacré ambiance quand même entre les chauffeurs SERTRANS, il y en a un en colère qui balancé un coup de pied si violent contre la porte du MAN de son pote que ça a 5ouvert la porte ! Pompes de sécu 1 ; porte du MAN 0. Je finis par repartir après 3h45 d'arrêt ici, je commençais à en avoir ma claque, pas grand chose dans la semi, 6m50 de plancher et surtout pas lourd. Je dosi remonter au plus haut, à la régule tout le long, j'échoue à la sortie Port La Nouvelle, 9h01 de volant, shit, mais au moins ça craint moins pour le gasoil ici.
Franc soleil ce matin, ça fait du bien. Après avoir fait cuire un mauvais Nescafé, je décolle. Il est 10h, tranquille Emile. Je dois completer en remontant, mais c'est flou flou flou ! Alors je roule, je roule en attendant plus d'infos. Le franc soleil ne dure malheuresement pas très longtemps, dans la vallée du Rhône, ça casse pas des manivelles. C'est que vers midi que j'ai la suite, un complement à St Marcellin, le pays de noix et du fromage. Sauf que là, c'est pour charger des boitiers electriques vides. A l'usine c'est la panique, l'informatique a buggué, du coup, on peut pas charger. Je fais style le mec blasé et pressé alors qu'en fait je dois couper 45 minutes à quai. Je squatte la machine à café accompagnés d'ouvriers qui matent chaque passage de secretaires sur l'escalier. Je comprends à mon tour que c'est une place idéale pour mater les petites culottes car l'escalier est en grilles strillées... Mais vu la température, les nanas sont encore pas en jupe, pas la peine de choper un torticoli.
Au bout d'une demi heure, l'informatique est debeugguée et je peux charger. Entre temps j'ai une autre ramasse qui est tombée, super génial, à Crolles. Je dois gagner un peu de metrage, mais c'est facile, parce hier soir le paquet de chassis, je l'avais fait mettre au maxi à droite mais pas trop. Pas con le type !!! Bon, ça me fait carrement chier d'aller à Crolles, surtout c'est traverser 2 fois Grenoble qui me blase, mais c'est mercredi, alors on sait jamais. Bien sûr je dois être à Crolles avant 16h30, pas le temps de feignasser, je mangerai un autre jour, et puis d'après certains "collègues" je suis déjà bien gras. Finalement en 1h pile j'arrive chez le client, il faut dire aussi qu'il y a un type en bagnole qui m'a enervé à l'entrée de Grenoble et que du coup, j'ai doublé tout le long, ras le bol. Ici ça charge assez vite et les gens sont sympa, la boite ne connait pas la crise, l'équipement de montagnards se porte toujours bien. Retour à la case Jarcieu après une bien pénible retraversée de Grenoble cette fois due à un type en panne dans l'autre sens sur la voir de gauche ; 8 km de bouchons. J'ai croisé Miko57 pris dans l'autre sens, bien fait !!!
Au dépôt, c'est pas la main d'oeuvre qui manque pour vider et recharger dans le bon ordre. Je rend la semi à rire et chansons qui inspecte sa bonne vielle Kobel dans tous les recoins, et j'attele à mon tour un autre taut, la jolie Laquet avec une vue sur Thones et une sur Valence (c'est le chef qui le dit). Stephane m'a soigné avec 7 clients à vider en Catalogne, moi qui ne fait que du complet, là je suis servi. Enfin, je me plains pas, sauf que j'aime bien me faire plaindre. Le chargement est particulièrement tordu, il y en a dans tous les sens. Moi j'abandonne, je cherche plus à comprendre. Un coup de gasoil, un coup de gant, un coup de rouleaux et vai, je descends le plus bas possible. J'ai calculé d'aller dormir au parking de Lunel, sauf que j'avais oublié qu'il faut jamais calculer au plus juste, la sortie Lunel est fermée pour travaux, walou pour le parking tranquille. Comme j'ai une chance inouie je trouve une place sur le suivant. Je suis bien garé mais j'ai bruit de l'autoroute, je vais mal dormir. Peste soient la RSE, VINCI et Grenoble !
Avec un soleil pareil ce matin, je ne pouvais pas me douter que j'allais passer une sale journée. Et pourtant ça a commencé aux toilettes, nan, y a rien de cradingue sauf que pour masquer le bruit des petits pets matinaux, il y a 107.7 qui hurle dans les hauts parleurs, il y a eu un gros carton entre Beziers et Narbonne, ça bouchonne grave. Bon, qu'à celà ne tienne, je demarre quand même aussitôt que ma coupure est finie, pour me jeter 5km plus loin dans un bouchon à Montpellier, merci à Seb La Rage de m'avoir averti !... Les infos de 107.7 predisent le pire, bien qu'une voie supplementaire vient d'ouvrir. Je m'offre donc 15 minutes de café à Fabrègues histoire de laisser passer le plus gros. Au fond du parking un vétérinaire est en train de soigner un cheval qui est sous perfusion, quand je repars, le veto et le proprio regardent la bête, je pense qu'il y a plus rien à faire pour ce pauvre canasson.... En arrivant sur le bouchon après Beziers, j'ai croisé la depaneuse avec le camion encore un peu chargé d'oranges, finalement je perds juste une quinzaine de minutes, dans l'autre sens c'est surement pire. Ensuite je roule nickel jusqu'à Perpignan ou je vide une vingtaine de courrones en plastique. Le cariste est pas pressé, j'ai envie de le secouer, mais je sais qu'on va perdre du temps à s'engueuler alors je dis mptinm dans ma barbe.... Bon, ça servait à rien que je m'enerve, car une fois au Boulou, il y a un enorme bouchon jusqu'en haut du Perthus à cause de travaux, j'en peux plus, encore 30 minutes de perdues. Je vais pas arriver à livrer le 2e avant la pause de 13h, shit, j'arrive à 13h10 à Celrà, les carottes sont cuites.
A 14h, le secretaire reprend du service, mais bien tranquillement, sans se presser. Au bout de 10 minutes j'apprends que je peux vider 3 de mes 4 palettes, mais la 4e non, car il y a pas le certificat d'analyse dans le mail. Bon, c'est pas dramatique, un mail ça mets au plus 5 minutes pour arriver. Et ben là, j'ai attendu 1h30, j'ai bouffé tous mes ongles fumer 5000 clopes, tout ça pour un mail. Par contre un fois ce mail à la con arrivé, j'ai pû rentrer, sauf que le cariste lui, il fait les camions dans l'ordre et j'ai du attendre. Bon, c'est pas mon jour, et je file quand même faire le 3e client. Rien qui m'enchante car l'accès à la zone d'ateliers ou je vais livrer à Breda (si si y a un Breda en Espagne) à l'air plus que coton. C'est très joli Breda, mais en vélo, pas en camion. Ne voyant absolument pas comment venir à l'atelier, j'appele le standard. La dame très gentille m'explique qu'elle a fait GPS 2e langue, tous les chauffeurs l'appelent avant de venir, et je suis ses explications. Au bout d'une rue, il faut faire un virage à angle droit entre deux murs, je sais encore pas comment je suis passé sans rien toucher, le hasard, la chance. La palette est vite dechargée par contre, et avec un grand sourire, on m'explique que c'est le même chemin pour repartir... Pour reprendre la rue à l'équerre, il faut d'abord envoyer la semi à contre main dans une autre rue puis s'engager entre les 2 balcons. Je suis pas émotif, mais sorti de là, je tremblais comme une feuille.
J'ai appelé le client suivant à Santa Perpetua, on m'a dit avant 18h. Je regarde le GPS, il m'indique 17h44. Punaise, ça va être chaud. Comme c'est ma journée de merde, je crains le pire. Sur l'autoroute je vois ma bache bien gonflée à l'avant, j'ai fait si vite tout à l'heure que je l'ai mal enquillée j'ai plus qu'à m'arreter la remettre, oh non !!! Et ben si pas le choix. Je suis arrivé à 17h55 à Santa Perpetua, un cariste m'a dit va de l'autre côté, mais ça m'etonnerai, et je suis tombé sur une chef, habillée en bleu de travail avec une tête bien sévère. J'ai fait un sourire Ultra Bright, et on m'a vidé les 10 palettes... Pfuhhhhhhh. Pour finir, il me reste encore 3 clients à poser, alors que je pensais en avoir qu'un seul pour demain, c'est la vie, des fois ça marche, des fois ça marche pas comme disait le regretté Garcimore. Je vais me tanquer en plein centre de Barcelone chez mon client pour demain. Mais avant ça, je coupe 3h à Mollet et je vais la bas, sans trafic.
C'est bizarre la route comme job quand même. Tu dors en ZI et t'es emmerdé, tu dors à la campagne et des fois t'es emmerdé, et là, j'ai dormi en plein centre de Barcelone, comme un loir. Il faut dire aussi que j'avais un vigile au cul de la semi, un SDF qui dormait empaquetté dans des couvertures qu'il planque sous la pile du pont, j'ai vu ça au reveil. Avant de me mettre dans le trou de souris qui sers de quai, je vais prendre un bon café au bar du coin. De retour, je pinaille pour manoeuvrer, et le gardien me dit que j'aurai dû prendre 2 cafés... Bonne humeur ce matin, on sent que c'est vendredi et que la semaine prochaine, c'est relache en Espagne.
A propos de relache, en écoutant la radio, le patron de Telefonica a dit que l'Espagne avait touché le fond, et que la reprise va arriver, poco a poco. Déjà aux USA le chomage baisse, va falloir être prêts, on va bientôt crouler sous les chargements, à prix d'or vu le manque de camions !...
Pour la suite, c'est assez simple, une fois déballé je dois traverser Barcelone plein sud pour aller à Viladecans, mais l'accès à la Ronda Littoral est bouché, alors je tente le plan B par la déviation obligatoire aux PL de +12m, et finalement ça roule nickel tout en faisant du tourisme, la preuve, 25 minutes pour arriver chez le client. Contrairement à hier les livraisons se passent nickel, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas... Le dernier client est une formalité puisqu'ici ils gardent en mémoire les enregistrements des camions pendant un an, et qu'il font la pause petit dej à tour de rôle ! IMPEC. Je fais juste 3km à vide, et je recharge un complet ADR à Castelgalli. Remontée tranquille tout par autoroute bien sûr. Petite pause à Narbonne comme d'hab, et j'ai plus qu'à me jeter dans le trafic du vendredi soir. Je debarque à 21h à la maison, un vendredi soir, c'est le pied... Malheureusement j'ai appris le cancer d'un super pote citernier, il va s'en sortir parce que c'est la yellow power !
J'ai commencé la journée par une connerie, enfin, plutôt deux conneries. D'abord, je me suis oublié, j'avais programmé le reveil à 6h mais comme c'est un nouveau téléphone, bien sûr je me suis planté et heureusement que j'ai ouvert un oeil : 6h16. Donc, je me magne et à 7h je suis au pied de ma camionette quand déboule mon voisin les yeux bien rouges. J'attaque par me moquer de lui sur le fait qu'il a dû charger ce week-end, mais en fait sa belle soeur vient de deceder d'une crise cardiaque juste une heure avant, là, pour le coup j'ai vraiment merdé... Du coup, mon Philippe (encore un) en a gros sur la patate et j'essaie bien de trouver les mots, mais c'est pas simple. Je finis par lasser mon pote dans son chagrin, la famille va vite se réunir, et j'attaque ma semaine, j'ai RDV à 8h pour le café avec Nico38 à Salaise, je serai à la bourre, désolé ! Je suis quand même arrivé pile pour l'ouverture du relais de la Sanne, on a donc pû papotter au chaud avec Nico et son padre autour d'un café, en plus j'ai eu un beau cadeau, un tee shirt logoté FDR, la classe !! Je peux malheureusement pas trop trainer et je vais vider dans la zone en face. On me fait patienter un peu le temps que les caristes rangent un peu le quai...
Quand je ressors de là, il y a 4 camions en attente et je me dis que je suis arrivé au bon moment. Je recharge pas très loin, à St Maurice l'Exil, j'étais prévu à 14h, et bien sûr en arrivant à 11h, c'est trop tôt, d'autant qu'ils sont en train de charger un container. C'est pas dramatique dans la mesure ou j'ai un merdier incroyable à ranger dans le camion, et puis ça me fera 3h de coupure, impec. A 13h30 le cariste revient, il fait le point sur la commande, un reservoir à incendie et tout le matos en kit. Le café est offert, ensuite j'ai plus qu'à pateauger un peu dans la boue pour ouvrir les 2 côtés, et je dois revenir à la case dépôt. Surprise, il y a Régis, je croyais qu'il bossait plus chez Duarig, mais en fait si. J'apprends par la même occasion que mes palettes seront là qu'à 18h30, j'ai donc tout loisir pour laver le camion et charier tous ceux qui passent par là, ça m'occupe, et faire chier c'est une seconde passion chez moi. Greg debarque avec son FH16-3 à 18h40, "just on time" Il biche ce camion, vraiment je suis fan, mais j'ai même pas le temps de faire une photo, j'enquille les palettes et je me tire pour rouler mes 3 dernières heures d'amplitude. ça me fait arriver comme la semaine passé à Lunel, je tente le parking sécurisé, il y a de la place.
Vu comme je suis garé je suis à deux enjambées des gogues et de la machine à café. Il fait un joli soleil, et ça se présente pas trop mal. Sauf que les gogues sont dans un état lamentable, à tel point que je peux pas rentrer la dedans et que la machine à café est en rade. Vraiment chez VINCI on se fout de la gueule du monde. Sacré parking payant quand même ! A côté il y a 3 chauffeurs Sanmarti, un 4e les rejoint sa bouteille de pisse à la main, tout est normal et ça choque personne. Je me tire vite fait de là pour échouer 20 minutes plus tard à Fabrègues pour enfin boire mon café et manger un pain au choc. Après ça va nettement mieux et je peux sereinement rejoindre mon RDV de 11h à Perpignan, j'appele un peu avant, le gars arrive une petite demi heure avant moi, impec. Je tombe sur un gars gentil sur le chantier de Anecoop à St Charles, mais c'est un tétu de première classe. Il me montre ou il veut sa came, moi je lui dit que ça passe pas, il insiste, et ça passe pas. J'adore faire des manoeuvres inutiles. Finalement on vide là ou je pensais que c'était le mieux en 15 minutes chrono. Du coup je me retrouve avec 5m d'espace à l'avant, et comme chez Anecoop ils sont gentils, je refais mon voyage à quai au milieu des palettes d'aubergines. J'ai eu une sacré trouille parce qu'en vidant j'ai fait une boulette à l'insu de mon plein gré. La grosse plaque de liaison du quai s'est decroché pour se retrouver au sol avec le gros transpal electrique coincé entre la semi et le quai, avec une palette de 1000kg dessus bien sûr. Je pensais me faire engueuler, et puis non, ici ils ont des fen avec des pinces comme pour les balles de papier, pour soulever d'un bloc les colis et changer les palettes, le transpal a été remis en place en 2 secondes.
A midi j'ai terminé et je file à La Jonquera faire quelques emplettes. J'aime pas trop, mais j'avais pas le choix. Je traine pas et je vais vite me poser chez Padrosa car j'ai les crocs et on mange bien chez Padrosa, surtout le truc, c'est de manger ZEN, en plus avec le ticket du repas le parking est gratos, pourquoi se priver !? Ensuite je garde un peu la natio pour m'approcher de Barcelone. Encore une petite pause en passant à Altafulla histoire de faire un pe le point avec les heures. En repartant il se met à pluvasser, et la flotte ne me lachera pas tout le long du trajet jusqu'à Peniscola. C'est rare que je trouve de la pluie dans le quartier quand même... Pourquoi es ce qu'il pleut ? Peu être parce que les français vont mettre une patée aux Espagnols au foot ce soir ? Va savoir ! Je me gare donc le long de la 340 et le long aussi de chez mon client, 20h45 fin de cette éprouvante journée de feignant.
Il a plu une bonne partie de la nuit sur Peniscola. Et oui, pas l'habitude dans le quartier, il y a pas grand monde qui traine dans la rue de la ZI, tous aux abris. J'attrape un café et je me mets à quai. 15 palettes à sortir ça ne traine pas, à 8h30 je suis en route pour Traiguera pour y recharger une moitié de semi avec du marbre. Je stresse un peu parce qu'à chaque fois que je vais la bas, c'est jamais prêt, il faut attendre ni peu, ni assez. Mais d'après le chef, c'est prêt. Effectivement, la marchandise est prête, le cariste est prêt, la semi est prête, il y a que le chef de l'usine qui est en retard, et je dois attendre qu'il arrive, une heure plus tard, c'est bon, j'ai mes 13T bien reparties sur la moitié de la semi et je pars sous un beau soleil à la seconde ramasse à Ulldecona. Je vois pas du tout ou se trouve l'usine, le chef m'a expliqué, sans quoi j'aurai jamais osé m'aventurer dans le centre (trop magnifico) de San Rafael, et surtout encore moins dans le chemin non goudronné et escarpé de la carrière de marbre... Il y a quand même quelques pancartes que je suis avec plus ou moins de confiance. L'endroit est magnifique, authentique, je suis fan. Par contre, dans la carrière proprement dite, avec la pluie et la poussière de marbre, c'est une vraie patinoire et je sens bien le camion s'enfoncer de temps à autre. C'est bouilasseux à souhait, je serre les fesses au max, ce qui ne sert absolument à rien, si le spoiler doit toucher le sol, il touchera.
Ici se cotoient les camions qui portent d'enormes blocs de 6 ou 7t, des dumpers enormes qui roulent tous avec des chaines à neige, et ma pomme qui vient chercher quelques pauvres petites palettes. Le cariste est pas très bon, mais gentil et plein de bonne volonté, et je suis ravi qu'il n'ait à charger que la moitié arrière de la semi, car à coup sûr il aurait mis des coups de fen contre le tracteur. Il faudra encore une petite heure pour charger, et surtout encore 5 minutes d'angoisse pour sortir du bourbier... Comme il me reste encore un peu de plancher, le chef a trouvé un complement car il faut optimiser le metrage, c'est un principe écolo qui reduit le nombre de camions inutiles. Par précaution, je reprends l'autoroute au plus près et j'évite de remonter par la 340 pour perdre le moins de temps possible. La ramasse se trouve à Vallirana au beau milieu justement de la vielle N340 entre Villafranca et Molins de Rei. C'est joli d'aller la bas, mais ça fait pas gagner de temps. Arrivé à l'usine, bonne pioche, ça bosse pendant l'heure du casse croute, il y a un camion avant moi mais le cariste est super efficace, ça traine pas. Le chauffeur d'à côté est un Argentin trés sympa, passionné de transport et pas con du tout, avec un moral d'acier.
Je laisse el senior Edgardo prendre le chemin de la Galicia, moi je prends ma route habituelle, à l'heure qu'il est ça passe nickel pour sortir de Barcelone. Le mauvais temps qui m'avait laché un peu revient dès Gerone. Je m'offre une bonne pause zen chez Padrosa, 1h30 de détente à base d'oeufs au chorizo et de frites à l'aioli. On se detend comme on peut, et je repars fin heureux dans une sorte de brumasse. J'ai juste juste les heures pour aller me mettre en place dans la ZI d'Istres . Ce soir c'est le desert sur l'A9 et c'est tant mieux ! A 23h je me pose avec 9h45 de guidon, impec ! A la radio j'ai entendu que des gens allaient encore manifester contre le mariage gay, c'est fou comme les gens ont du temps à perdre ! Je suis entouré de réacs, sans dec... Il y a des gens qui crevent de faim dans ce pays, personne bouge, par contre pour prendre ses enfants et aller manifester, là, y a du monde. Qu'es ce que je suis bien dans ma bulle moi ! Déjà à la base je suis même pas pour le mariage hétéro, alors le mariage gay... Je m'en tape ! Que chacun fasse comme il le sent et ça ira très bien.
Je vais pas être original, mais ce matin au reveil, il pleut encore... Je vais vite me mettre en place à l'abris chez STP ou il règne une ambiance bon enfant sur les quais, c'est ça les petits transporteurs, ça rigole, ça bosse, ça se la raconte pas. Il faut 2 minutes pour vider, mais en chapant autour de la machine à café, ça en prend 10 fois plus, bon, c'est pas dramatique ma livraison suivante est pas très loin à vol d'oiseau, mais au fin fond de la base militaire d'Istres. Le cariste est trés sympa, rapide efficace et en plus, il paye son café pour nous rechauffer une fois vide, moi je kiffe la life ce matin. A 9h15 je suis vide et je me demande bien quelle surprise me reserve le chef. Je ne tarde pas à le savoir via mon Nokia 3310, j'ai 7 palettes prendre au fin fond d'impasse du fin fond de la zi de Rousset, je traverse la provence sous la pluie et des routes bien grassouilles, même avec les Multi way, le camion patine, c'est pour dire !!! La ramasse à Rousset est une formalité, le responsable ici est un pince sans rire, moi j'aime bien pincer sans rigoler donc ça tombe bien. Pour completer j'ai encore 5 palettes pour la GB à prendre à Entraigues....
Encore une bonne heure de trajet au rythme des flip flop des balais d'essuie glace pour atterir dans une zone industrielle assez récente, vu l'heure, je pense que c'est cuit pour charger. Malgré tout sur le quai Joyau, ça brasse quand même, je tente le coup. Un gars trés sympatique m'indique un quai tout près de mes palettes, le responsable arrive à 13h soit dans 10 minutes, pile poil le temps pour un café et une clopas. A 13h mister cariste chef sourire debarque. Ni boujour, ni merde, ni mange, mais : faut pas te mettre à ce quai, faut demander avant et c'est pas avant 14h, faut t'enlever du quai et te mettre à l'autre en face. L'autre bien entendu de quai, il est bien chiant entre 2 semis, bref. Du temps, mon nouvel ami charge une nana de chez Rafaelli, prioritaire bien entendu. A 14h je rejoins non sans mal le bureau de l'affretement international pour avoir les papiers. Le cariste en chef toujours aussi désagréable m'indique que je dois patienter qu'il finisse Madame Rafaelli. Il y a un transpal à main, je suis quitte pour charger moi même si je veux pas croupir ici, et je suis vite parti de cette boutique de fous.
Le reste de la journée se passe encore et toujours sous la pluie pour rejoindre Jarcieu City ou il pleut. Au dépôt il y a pas mal d'activité et je passe un bon moment à faire le guignol. Demain journée régional en vue, le hasard fait que je recupère mon frigo à roulettes. Il ne me reste plus qu'à monter à Vaulx en Velin tranquillement me caler le long de Media Post, la ZI est sinistre mais la pluie s'est arrétée.
Je ne suis pas mort ce matin. J'ai pas roues crevées, je me suis pas fait tirer de gasoil, ni cassé de vitre. Bref, j'ai dormi à Vaulx en Velin. Je donne les papiers au cariste qui veut que je me mette à quai avant d'aller chercher un café. Sauf que si je bois pas la café, je pourrais pas me mettre à quai car j'ai eu le permis la semaine passée, du coup j'ai feu vert pour y aller, en plus je traine pas, c'est pas pour emmerder, c'est que c'est comme ça et pas autrement. Pendant que ça vide, je tombe sur une connaissance de chez Darfeuille, c'est toujours agréable de parler avec des gens heureux de leur sort, même chez ND, il y a des gens pour qui tout va bien et qui sont aux antipodes des discours habituels. Aussitôt déballé, je laisse la place a NDD et je file sous la pluie qui a repris direction Meyzieux pour 4 palettes à charger pour la GB. Sur le trajet, je suis tombé sur un truc incroyable qui rend fou. Si certains connaissent le coin, il y a un bout de 2 voies le long d'Eurexpo, et déjà on s'est coltiné 2 fois le feu rouge à cause d'un mou de chez mou avec un Daily du 13. Tellement mou, qu'un type avec une Ligier, une aixam un machin du genre s'est mis à le doubler sur le bout de 2 voies... Le genre de tableau qui rend hysterique quand on est derrière.
A 9h et des boulettes c'est bon, ma ramasse est faite, je dois vider ce qui me reste d'hier soir à Andrezieux, et ramasse avant midi à L'Etrat dans un moulin, mais c'est sans compter qu'il y a je sais pas quoi direction St Etienne, 7km de bouchon. J'hésite pas deux secondes et je coupe par les monts du Lyonnais, ça a été une trés bonne idée puisque j'ai croisé mon copain Dudu à Brignais. Finalement, je vais d'abord faire la ramasse de farine, j'irai à Andrezieux après. C'est un peu compliqué pour aller au moulin, et surtout il faut s'engager dans une rue limitée au 2,30m de hauteur, mais je suis coaché par une secretaire qui a l'habitude d'expliquer au téléphone. Le reste est facile, une fois Andrezieux posé, je file me mettre à quai aux fleurs à St Just St Rambert, il drache encore !!!
Comme prévu à 14h, la commande est prête, 3 rolls, ils languissent que les beaux jours arrivent ici, parce que c'est pas bien bon pour le buisness. En descendant, je pensais trouver du trafic, et bizarement non, A47 à la régule, 7kg en traversant Givors sur Mer, tout nickel. Je pose les rolls en même temps que Marjo Aurenico #3 et je file au dépôt ou il y a des camions et des palettes dans tous les sens. Bonne ambiance de travail et de rigolades en tous genre sur le quai, j'aime ça moi. Le chef m'a reservé un voyage purement exotique, je suis trop content. A l'avant j'ai des big bag de sciure pour le magasin Leclerc à Romans ???? Bon, y a peut être un rayon sciure dans les Leclerc et à l'arrière j'ai un tracteur FORD pour Montélimar. Le tracteur est si vieux, qu'il y a même de la mousse sur le toit, et je fais tourner le groupe du coup pour pas que la mousse disparaisse pendant le voyage. Vu que j'ai les heures, je tente le coup de livrer ce soir le tracteur, comme ça, c'est fait. Le client est content, moi je suis content aussi, comme ça je passe pas 3 jours de week-end à me dire "mais comment je vais faire pour me debarraser de cette merde mardi ?" Bref après été livré dans un truc bien tordu, mais tranquille, je remonte pépère par la N86 deserte, et à 20h30 je suis à table en famille avec mes monstres adorés.