FDR - Carnet de bord
Carnet de bord de Septembre 2014 Partager sur Facebook
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  • croisé mon prof de camion-remorque
    on inspire...
    ...et on souffle
  • Jeudi 4 Septembre 2014
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    Pour me mettre à quai entre les bordures en béton j'ai sortie une manœuvre encore plus pourrie que celle de lundi à Mantaille. Il faut dire qu'on est venu me réveiller, que je ne vois pas grand-chose, et qu'il y a ce mec qui me guide... très mal. Il s'agit d'un chauffeur au quai d'à côté, je ne vais lui en vouloir - ça part d'un bon sentiment -, mais il m'emmerde plus qu'il ne m'aide, c'est du genre "aligne toi... va à gauche... non pas comme ça - comme ça", alors que j'aimerais simplement qu'il se taise et qu'il m'alerte uniquement si je m'approche trop d'une bordure.
    Ne réussissant pas ma manœuvre, je suis de plus en plus énervé, j'en serrai presque à lui gueuler :" DEGAGE BORDEL ! ". J'ai bien conscience d'être parfaitement odieux.

    Au bout de trois jours je suis en place, pas fier.
    Les mecs du quai sont des pauvres types ignares du genre : "Hé chauffeur... c'est quoi ce camion ? C'est pourri, tu devrais en demander un autre".
    "Oui. Tu as raison. Je n'y manquerai pas. Allez, fait du tire pal... "

    Je redescends à Jarcieu à vide, Il est encore très tôt lorsque je pars de Lyon (4h30), et j'ai bon espoir de laver en arrivant.
    Et bien non ! Il y a un camion sur la piste avec les rideaux tirés ! Dommage Ray, voici une heure de pur temps perdu qui se profile à l'horizon. Je suis encore plus énervé, c'est à dire beaucoup.

    Stéphane arrive, ouvre le dépôt ; je me charge à la hâte avec Aurélien qui me file gentiment un coup de main. Il est 7h30 et mon premier client est à décharger avant 15h au nord de Girone. Tendu.
    Je roule nez dans le guidon, je m'arrête manger ma salade de tomate au plus loin, à l'aire de La Palme - 4h22 de conduite. Puis je poursuis, pour arriver chez le client à 14h30, chaud-bouillant.
    La dame de l'accueil m'indique que j'avais RDV à 14h, et que maintenant je vais devoir attendre. Ben voyons... les 3/4 du temps on arrive ici en avance, aujourd'hui à peine un petit retard et bime.... sanction.
    Peu importe, j'attends stoïquement, Ils pourraient même me dire "demain" que ça ne me préoccuperait pas plus.

    Du coup c'est à 15h que l'on vient me chercher. La bonne surprise c'est que je n'ai pas à me mettre à quai : depuis Jarcieu je me préparais psychologiquement à la manœuvre à contre main, tel un hyper-inquiet que je suis.
    Une fois vide le chef me félicite via SMS, alors que bon je n'ai rien fait de spécial sinon rouler tout droit avec une coupure de 45 au milieu. Je continue donc, direction Marensa, ou plus précisément Sant Vincenc de Castellet. Aucun obstacle en vue : j'arrive à destination à 17h et je ne me fais même pas refouler, on décharge bien ce soir.
    Vide donc, à 18h, avec 9h15 de conduite... juste ce qu'il faut pour faire chier : j'ai cramé une 10h, et ma coupure de 13h à venir en comptera officiellement 9.

    J'hésite à rouler les 45 minutes pour m'approcher du client de demain, mais je suis bien ici, devant le poste de garde, alors tant pis... s'il manque 45 minutes pour rentrer demain je m'autoflagellerai.

    Ce soir je "m'amuse" à expérimenter la suspension pneumatique du camion, pour voir toutes les configurations possibles. C'est vraiment génial ce système : je peux passer du mode "Paris-Dakar" au mode "Kéké-tuning" en un clin d'œil.
    En rajoutant deux-trois poufs en bikini à côté je pourrais presque tourner un clip pour Snoop Dog, façon grosse bagnole américaine qui rebondit...

    Lorsque les dernières lueurs du jour disparaissent, fini de rire : le temps est lourd et les moustiques débarquent. Je suis à peine en train de finir ma vaisselle qu'ils m'attaquent déjà aux mollets. Alors je me calfeutre dans la cabine, avec la clim. Vers 23h un gros orage éclate et rince le camion. Les moustiques sont en nombre, la nuit s'annonce longue.