| Carnet de bord de Aout 2014 | Partager sur Facebook |
Nous sommes donc mardi et je descends en Espagne, sans même savoir où exactement, je descends au volant de ce nouveau camion, sans musique, comme ça, au milieu de la nuit.
Vers Montélimar je commence à être bien fatigué, je m'arrête dormir 20 minutes. Je ne repars pas vraiment plus en forme, jusqu'à Montpellier, où je m'arrête à nouveau, 50 minutes cette fois-ci. Je perds du temps, mais j'ai besoin de dormir, dans l'échelle des priorités c'est intouchable.
Sur les cinq clients espagnols, le mieux serait que j'en livre quatre. Le dernier étant quoi qu'il en soit prévu pour mercredi.
Je commence dans une biscuiterie près de Girone. Je n'ai qu'à décrocher pour vider une partie du porteur, facile.
J'enchaine sur Barbera Del Vallès, Barcelone. Le client est facile à trouver, mais il faut entrer dans une toute petite cour avec un monstrueux trottoir au portail. Je joue de la suspension tandis que perlent de grosses gouttes de transpiration sur mon front. Ce que j'ignore, c'est que les difficultés ne font que commencer. Il faut que j'ouvre les deux côtés, porteur et remorque. Pour ouvrir, pas de problème, mais pour fermer... je ne sais pas si c'est le vent, le dévers où le "made in Ardèche" mais ça merde sérieusement. J'ai beau tenter plusieurs techniques, les portes arrière de la remorque sont impossibles à fermer. Dans la galère je me coince un doigt ce qui a pour effet de me rendre complètement infecte. Le cariste vient m'aider et nous ne sommes pas trop de deux pour parvenir à aligner correctement les parois.
Inquiétant.
Je fonce ensuite chez mon client suivant, à Barcelone. Je mets la remorque à quai sans difficulté, il y a de la place.
Reste le quatrième, plus au nord, à Vacarisses. Encore un quai facile.
Il est 17h et je peux enfin me poser, tranquille. J'ai 8h45 de volant et je décide de rester dans cette zone de Vacarisses. Je n'ai que mes boites de conserve pour me nourrir mais peu importe, l'endroit est calme, je ne gène personne, je me gare à proximité d'un poste de garde et je saute dans la couchette pour une sieste bien mérité.
J'ai mis le réveil à 19h30 et lorsque ce dernier me sort du lit, je constate que mon portable a vibré une bonne dizaine de fois : un de mes oncles vient de nous quitter, je rumine cette triste nouvelle tout seul dans ma zone industrielle, et relativise quand à mes préoccupations de ces derniers jours qui ne sont finalement que bien peu de choses.