| Carnet de bord de Octobre 2014 | Partager sur Facebook |
J'en ai pris l'habitude ces dernières semaines : venir faire un semblant de nuit directement dans le camion avant de partir. Ce matin je débarque à 1h15 chez les Routiers Bretons, j'installe mes affaires, et je saute dans la couchette. Réveil programmé à 2h55 pour départ 3h. La nuit s'annonce longue...
2h55 donc, il pleut à l'horizontal, un vrai temps de Bretagne. Et ce fichu marche pied m'a une fois de plus inondé une chaussure, pied gauche cette fois-ci. Elle est longue la liste des petites choses qui agacent au quotidien dans ce camion, pour un râleur de mon rang.
Pluie à l'horizontal, rafales de vent, branches sur la route... ce départ de 3h est des plus rock&roll.
Je monte du côté de Rouen via Moulins, Bourges, Orléans, Chartres, Dreux, Evreux. L'intérêt de cet itinéraire soporifique et moche résultant moitié dans le contournement de Paris, moitié dans la gratuité : vu que les portiques sont et resteront inertes, avant d'être recyclés en boite de thon et de finir dans une poubelle de la RCEA.
L'ami Phil26 m'accompagne téléphoniquement sur la portion la plus chiante du parcours, la traversée du Berry, et moi-même je l'accompagne téléphoniquement sur sa partie chiante à lui, les environs de Dole, par là-bas... Solidarité sur itinéraires pénibles.
Avant que le jour ne se lève je me pose sur une place douillette de l'aire de La Ferté St Aubin, et je dors. C'est le SMS matinal du chef qui me réveille, j'ai pris ça pour la sonnerie du réveil et du coup je gâche 10 minutes de sommeil, c'est à dire un quart de ma sieste. Je suis ronchon.
J'attrape un café dégueulasse avant de partir. Je suis encore plus ronchon.
Première livraison à Louviers, chez les transports Hirsch. Je ne sais pas si c'est fait exprès, mais la zone industrielle où j'arrive s'appelle "zone de la fringale" et il y a une immense chocolaterie au milieu qui nous diffuse une odeur enivrante de chocolat chaud... de quoi attiser une bonne fringale pour un Ray en manque de petit-déjeuner.
Tout va très vite chez Hirsch, je vide la remorque et je m'en vais. Mes deux autres livraisons sont pour Saint-Jean-de-Cardonnay, au nord e Rouen.
Prévoyant d'y arriver pour la pause, je prends moi-même le temps de manger.
La remorque est vide et il s'agirait de ne pas m'embarrasser avec chez les deux grossistes en matériel TP où je dois livrer. Je la décroche dans la zone. En porteur tout est plus facile.
Il est 13h45, j'ai fait mon programme du jour, je réattelle la remorque, j'en suis à 8h20 de conduite journalière et pas de ramasse prévue pour l'instant.
Du coup je me jette dans la couchette pour une nouvelle nuit de 20 minutes, avant que mon portable m'indique un rechargement à Mantes la ville prévu demain.
J'hésite à rester dans la zone, là, à St-Jean-de-Cardonnay, il s'agirait de ne pas faire une Genève 2...
Finalement je pars quand-même, je roule jusqu'à l'aire de Vironvay, à cette heure-ci je peux choisir une belle place en bordure.
Grosse coupure, j'ai du carnet de bord sur la planche.