| Carnet de bord de Aout 2014 | Partager sur Facebook |
Le camion est au quai 3, chargé, prêt à partir. Il est 5h15, je débarque à Jarcieu, je jette mes affaires dedans, je bois un jus, je fais les pleins et je me sauve.
Il y a de belles traces de pieds sur mes déjà très jolis tapis en caoutchouc, cela me mets de bonne humeur.
Je m'en vais en direction de Charlieu, Chartres, Amiens.
Grand moment de débilité en entrant sur l'autoroute : je suis sur la voie de lancement, un Pedretti se décale, je m'engage... alors que le Pedretti s'apprête à me dépasser, un type en camionnette derrière moi lui coupe la route, en passant direct de la voie de lancement à la deuxième voie. L'ami Pedretti se retrouve pleine gauche et le connard en camionnette trace sa route, tranquille.
8h40, j'arrive à Pouilly sous Charlieu. Niveau campagne profonde, Charlieu c'est déjà pas mal. Alors que dire de Pouilly sous Charlieu.
Avant d'entrer dans la petite boite où je viens livrer du carton, je vais voir à pied. On me confirme, c'est bien ici. J'entre. Et voici la connerie que tout le monde attend, l'erreur de débutant que je suis :
La cour est étroite mais ça tourne sans trop casser. Seulement il y a un léger dévers, une légère cuvette, presque rien, juste assez pour que le cul du porteur me griffe la bâche du devant de la remorque. On ne s'improvise pas virtuose du camion-remorque : j'ai bien levé le cul du porteur mais j'aurais dû descendre pour voir. J'aurais, j'aurais... facile après coup. J'étais déjà préoccupé par cette histoire de flèche qui balaie sous le hayon, il va falloir l'être d'avantage... car cet ensemble est tout sauf un 4x4 : le moindre dévers et ça accroche de partout. Je n'ai pas fini de me faire des cheveux blancs. D'ici deux mois je ressemble à Catherine Lara.
Je vide par le côté, et j'étudie une manière de fermer les portes de la remorque sans faire appel à un ami, ni au 50/50. Pas facile. Mais j'entrevois peut-être une manière d'opérer... il faudra voir chez les autres clients, car pour l'heure j'enchaine, je pars pour Chartres.
Sur la RCEA je croise Samy et son joli DAF Asotrans, pas le temps de dégainer l'appareil photo...
Comme je suis parti sans rien ce matin, ni dans le ventre, ni dans le frigo, je m'arrête manger au centre routier de Bourges, tel le chauffeur normal, attablé avec des collègues normaux, dont les assiettes d'entrée débordent de tout ce que propose le buffet : crustacés, charcuterie, salades, beurre, cornichons, pain... un repas normal.
Je mange en 45 minutes et je continue mon ascension. RDV "avant 17", j'arrive à 15h30 dans la plateforme logistique de la ZA de Chartres, je galère un peu pour me mettre à quai à contre-main entre deux grosses bordures, mais ça passe. 10 minutes pour vider, 40 pour contrôler, je m'en vais.
J'aimerais trouver un endroit pour faire mes courses, là, à Chartres, mais je ne trouve pas. Il parait qu'il y a un centre commercial tout près, c'est le cariste qui me l'a indiqué... mais je ne vois que des McDO, des Buffalo, des KFC et autres restaurants gastronomiques. Je tourne, je perds mon temps, je finis par abandonner : direction autoroute. Je roule jusqu'à l'aire de Chartres où je m'arrête avec 8h50 de volant. Je vais m'acheter deux bouteilles d'eau, le minimum, puis je reviens me faire une soupe au camion.
"Douceur d'épinards" la soupe la plus virile de chez Knorr.