| Carnet de bord de Septembre 2014 | Partager sur Facebook |
S'agit-il d'une aire ou d'un hall de gare ? On peut se poser la question lorsqu'on sirote un café fadace devant leurs distributeurs, à Mornas.
Le vent est tombé, je pars à 7h45.
Mon téléphone Duarig ne daigne pas s'allumer malgré le chargeur, malgré plusieurs tentatives d'enlever et remettre la batterie, malgré quelques grosses claques dans sa tronche.
Je roule direction Grimaud. La marchandise est dans le porteur et je me demande s'il vaut mieux sortir au Luc, ou au Muy. La D558 (sortie Le Luc) semble plutôt sportive, mais après tout si j'y vais uniquement avec le porteur ?
Je décide de faire de la sorte, d'autant qu'il y a de la place pour décrocher, juste après la sortie, direction Vidauban.
Me voici donc en vadrouille dans le Var, en porteur. Je traverse La Garde Freinet, puis Grimaud, par une D558 parfois étroite mais carrément large comparée aux meilleures routes secondaires anglaises. Et de toute façon en porteur, ça passe partout. Au début j'ai le réflexe de toujours regarder dans le rétro, voir où passe la remorque... c'est parce que je suis inquiet de nature. Très vite on prend ses aises.
Je décharge à 10h30 dans une petite boite qui entretient des yachts. Oui des yachts... en français des ïôtes. Il n'y a que des anglais sur place, et un chien - peut-être lui-même anglais mais je ne l'ai pas entendu parler.
Je devais vider au hayon, mais on fait péter le vieux Clark dans le hangar du fond, bonne nouvelle.
Une fois terminé je me retrouve tout seul au milieu de la cour, avec le chien, un gros clébard genre Dog Allemand en plus petit, ou Pit Bull en plus gros. Il amène sa baballe à mes pieds... bien que cette dernière soit dégoulinante de bave et de graviers, j'obéis, je la prends et lui jette en disant "allez va chercher !".
Du coup à défaut de me bouffer il devient mon pote. Je lui jette la baballe à n'en plus finir et heureusement que le facteur arrive et attire son attention, sans quoi je serais peut-être encore en train de devoir lui jeter la balle, terrorisé à l'idée de le contrarier en disant "allez on arrête".
Je me sauve donc en douce.
Je repasse par Grimaud et La Garde Freinet, puis je retrouve ma remorque au Luc. J'attèle et reprends l'A8 direction Nice.
Je coupe 30 minutes sur l'aire de Vidauban où je profite gratuitement de la douche, alors qu'apparemment c'est payant d'après un chauffeur croisé en y allant. Je mange une part de tarte aux poivrons et à la hâte, puis je reprends l'A8.
La pénible A8, avec ses montés, ses descentes, ses camions de l'est. On annonce un bouchon à Nice, et lorsque je tombe sur les véhicules à l'arrêt au beau milieu d'un tunnel, je mets mes warning mais le mec de derrière est à deux doigts de m'emplâtrer tellement il est près.
Côté Italien ce n'est pas forcément moins stressant, mais c'est joli. Certes la traversée de Gênes a perdu de sa superbe (on passait entre les balcons - on passe désormais entre les murs antibruit) mais il reste quelques points de vue hors du commun, notamment celui sur le port, avec le Costa Concordia posé sur béquilles dans un coin.
Je roule au maximum, pour une fois j'ai l'amplitude.
Je tente une station Agip près de Massa, c'est blindé. Du coup je me pose sur un simple parking d'autoroute de l'A11, juste avant Lucca.
Fin de la journée, 9h54 de volant.
Je sors une poire du réfrigérateur. Elle est congelée. La température est programmée sur 7 degrés mais elle est congelée. Je la pose dans mon assiette afin de couper la partie mangeable. Elle roule vers la droite de l'assiette, puis elle roule vers la droite du tableau de bord, puis elle tombe par terre. Et pendant ce temps là le designer qui a dessiné ça, bouffe pénard sur sa table Ikéa, bien droite.