FDR - Carnet de bord
Carnet de bord de Juin 2018 Partager sur Facebook
  • Photos
  • Sète depuis le haut
    Agde
    super bien garé
  • Mardi 5 Juin 2018
  •  

    Hier soir à table un gars m'a dit qu'ici la douche c'est Koh Lanta, ça m'a bien fait rire mais faut avouer que c'est vrai. Pour le café c'est pareil, ils font du café grand-mère dans la cuisine comme chez Grand Mère à Pierrebrune. Moi j'aime bien ce genre d'endroit, tradi, tant pis pour le bon café.

    A Gigean des panneaux indiquent que le pont à l'entrée de Canet est interdit aux 2m20. Faut faire le tour, pas grave pour moi la commerciale a écrit de venir par Clermont l'Hérault pour éviter le bled. Ça me va. Je me fais bien chier à zigzaguer dans des rues à la con, à un moment je me retrouve devant un collège, c'est large, je reste là. Je finis le périple en triporteur. Le pépé a de l'arthrose dans les mains, je fais le liner tout seul, une grosse Valérie à la corne. Ça calme de bon matin.

    De là je descends à Sète, enfin non je monte. Je monte sur le Mont St Clair. C'est sur la corniche. Déjà corniche et semi-remorque, ça va pas ensemble. Pas du tout. Ça grimpe sec, je croise un bus de la ville, mais un châssis court. Au bout de ma rue c'est interdit aux plus de 8m de long, tu m'étonnes. C'est une toute petite piscine sans permis de construire, facile. C'est le gendre qui réceptionne, bien bon je lui aide à tout ranger. Après, la question c'est : comment je repars ? Il pense que je dois pouvoir faire demi-tour au bout... Pas le choix je vais voir. Mouais, j'ai du cul, il y a un emplacement pour garer un ou deux bus de tourisme et c'est libre. Purée sans déconner qu'est ce que je fous là ? Puisque j'y suis, je vais faire un peu le touriste. Faut reconnaître que ça vaut le coup, c'est magnifique, la vue à plus de 180°, c'est chouette.

    J'enquille la route qui longe la mer pour me retrouver à Agde. Je mange un bout là le long, ici c'est le pays mais j'ai vu personne avec le zizi à l'air, m'ont pas coupé l'appétit, merci.

    Je me retrouve dans une rue pas large, au bout ça fait un T, vais voir à pied. En revenant je me fais incendier par une harpie : « vous n'avez rien à faire là, c'est interdit, vous êtes un emmerdeur. » Un emmerdeur, moi ? Je fais quoi, je l'insulte ? Non. Je prends mon ton le plus mielleux et le plus docte possible : « mais chère madame, je suis en livraison. Vous ne voulez pas de camion dans votre rue, mais votre voisin est bien content de voir arriver sa piscine, je pense donc que vous êtes égoïste. » Là elle bout mémère. Son mari l'a entendu hurler, il vient la faire taire. Le pauvre gars il ne doit pas rigoler tous les jours avec un dragon pareil. Au coin ça tourne malgré les bagnoles garées en merde. Je me gare à 100m de la maison du client. Il me demande pourquoi je ne viens pas jusque devant ? Pfouu, encore un qui va m'apprendre le métier. Quand je reviens avec l'escalier il en remet une couche, « venez directement ici ». Ils sont tous pénibles dans le quartier ?

    Pour repartir ça va un peu mieux, la rue zigzague entre des murs et des voitures mais ça passe.

    La dernière livraison du jour est à Saint Pons de Thomières, route de La Salvetat. Pas trop inquiet, c'est la route de la source donc il passe des camions. Mais le chemin d'accès à la maison est dans un lacet, pas facile de me garer en sécurité. La maison est au bout d'un chemin qui doit faire 300m certainement. Le client est un vieil anglais, sur la table de salle à manger il y a des dizaines de livres : psychiatry clinic, psychanalyse je sais pas quoi, sur la couverture on voit une ombre qui marche sur une route déserte. Ouhlala, c'est le genre de bouquin pour moi ça...

    Je trouve un parking correct pour faire demi-tour quelques km plus haut, ouf. Il ne reste plus qu'à se replacer pour demain. Fin de mission à Lézignan Corbières, j'avoue que j'en ai marre.