| Carnet de bord de Avril 2018 | Partager sur Facebook |
Ce matin j'ai plus de courage qu'hier soir, je vais déjeuner et me doucher au troquet, à 7h je quitte St Jean de Pétasse.
Sur les coups de 8h je suis à Béziers. J'hésite à m'enfiler dans une rue, au bout on dirait que ça tourne à l'équerre, un vieux sort de chez lui, bien brave, il me déconseille d'y aller, il dit qu'au bout c'est mort. Je recule jusqu'à l'avenue derrière, j'ai vu une place correcte. Rallonges de fourches, rénovation+ margelles, j'y vais en une seule fois. Beuh ça passe largement, la rue tombe sur un boulevard, il est où ce vieux con ? Le client m'explique qu'il a racheté la maison avec la piscine existante et que son voisin n'entretient pas ses arbres. Un coup de vent et un vieux pin est tombé dans la piscine. C'est donc l'assurance qui paye la réno, lui il en profite pour changer les margelles et ça fait une piscine neuve du coup. Il m'offre un café et je file.
Pas loin, Narbonne, les lotissements qu'on voit au bord de la rocade entre les routes de Perpi et Carca. Pareil, client sympa, rien à dire.
J'avoue que je stresse un peu pour la suite, je retourne à Caunes Minervois. La semaine dernière je suis venu avec une réno, cette fois avec une couverture. C'est con de venir deux fois me direz-vous mais ce ne sont pas les mêmes services qui gèrent le truc, et les filles à la logistique elles voient passer des centaines de noms et adresses toutes les semaines, c'est impossible de savoir. Moi bien sûr quand j'ai vu le nom et l'adresse ça m'a sauté aux yeux mais c'est plus facile. Bref, maintenant que je connais je me fais largement moins chier que la semaine passée. Bon une couverture de 6m dans des rues de 2m50 de large c'est chaud. Je la pose en diagonale sur les rallonges, le carton d'emballage frotte un peu sur les murs, rien de grave. Je me fais un peu chier pour la rentrer chez la cliente, la couverture, mais en bovinant un peu ça va. Je me prends un bout de pain à la petite boul' en repartant, tout bien.
La suite est à Gaillac, je mange au frais dans la montagne entre Carcassonne et Mazamet, j'adore ce coin. J'aime beaucoup moins Gaillac centre. Certes la ville est magnifique, faut pas y aller en camion. Je fais des tours et des contours, j'appelle le client au secours, incapable de m'aider. Après un milliard de virages à l'équerre, j'arrive enfin. C'est une vieille maison de ville, le portail est trop petit pour que j'entre avec le chariot. Je me fais recevoir comme un clébard par la cliente. Pour la refroidir je lui sors la phrase type : moi le contrat de transport prévoit que je dépose où va le chariot. Point barre. Je retourne au camion chercher le kit, je suis trop bon, j'aide le client pour les tôles. Lui est bien moins désagréable. Je le laisse se débrouiller pour les margelles. Je file.
Faut que je speede, je dois traverser Toulouse avant le merdier du soir et deuxio le client a changer l'adresse de livraison, maintenant c'est au Fossat. J'y suis sur les coups de 17h. Je grimpe une fois de plus un petit chemin, si ça ne débouche pas je suis mort. Je me gare à l'arrache, je prends tout le lit. La maison est en bas d'une colline à 200m. J'y vais en 3 fois, au dernier tour la réserve du chariot clignote, punaise j'ai failli me faire bai... Je l'embarque, il ne désamorce pas, sauvé. Je ne fais plus confiance à la jauge depuis que j'ai désamorcé cet hiver à Pau.
J'ai le cul bordé de nouilles, ma petite route débouche sur une départementale avec un virage en Y mais dans le bon sens pour moi. Ouf !
Je prends la direction de Castelnaudary, sur une petite route c'est le drame. J'enquille une série de virages à 60 ou 70 peut-être, peut-être un peu plus, et je tombe en face d'une mémé en C3 blanche. Elle me voit, prend peur, et au lieu de se serrer, s'arrête en plein au milieu. Je saute sur les freins comme un malade, ABS, pneus eu feu ou presque. Je m'arrête juste avant la mamy. Jusque là ça va, mais dans la semi ça doit pas être beau. J'ai même pas engueulé la vieille, ça sert à rien.
Arrivé au resto je débâche un bout, je vois qu'une piscine a glissé du cadre. Ça semble pas trop grave, je referai ça demain. Je vais me jeter un kir pour me remettre, et un cassoulet maison, c'est un peu le pays.