| Carnet de bord de Mars 2018 | Partager sur Facebook |
Deux portes-conteneurs sont arrivés dans la soirée, faut que je sorte en marche arrière. Cinq minutes de manœuvre de bon matin, ça agace.
A 8h je suis chez mon dernier client de la semaine, pour les piscines tout du moins. C'est un jeune paysan bien sympa, il a déjà sorti son Maniscopic. Ça tombe bien la route est assez étroite, je me fais largement moins chier. Il fait toujours aussi froid, on boit le café. Dans la cuisine il y a sa femme et sa fille. Des clones. Elle ne peut pas renier sa fille, c'est à croire qu'elle l'a faite toute seule. Impressionnant.
Comme toujours Laurence m'a envoyé mon retour hier, et comme d'hab' c'est du lait pour les veaux.
J'ai rendez-vous à midi, en été ça passe mais avec la neige et le verglas ça risque d'être fin. J'enchaîne les petites routes pour reprendre la N12, à vide avec le chariot au cul et la route qui brille je ne fais pas trop le malin. Ça schlitte dans quelques virages, un peu caca culotte quand même.
La Nationale est salée mais un peu avant St Brieuc c'est moche ensuite ça va jusqu'à Rennes. La radio annonce des pluies verglaçantes, effectivement ça glace sur les barres de rétro. Comme tout le monde je déteste ça. Prudence donc.
A midi moins 10 je suis à Bais, pour rdv midi c'est pas mal. Les gars me sautent dessus, ils veulent me charger avant la pause. Je cours autour de la remorque, bâches, planches, poteaux. A midi et demi c'est chargé complet. Trop bien.
Je roule jusqu'au péage de La Gravelle, pause casse-dalle. Passé Le Mans le temps change, il fait nettement plus doux, c'est pas pour me déplaire. Le froid et le verglas ça va 5 minutes.
Je finis ma coupure après Montargis. Je me tâte pour ce soir. J'ai appelé les paysans pour demain, je me suis annoncé chez le premier à 8h. Faut pas que je merde. A Courtenay il est encore tôt et ça ouvre à 5h le matin, ce qui me ferait décoller à 5h et demi après la douche. Trop tard, je continue. Oh mais il y a la Barrière à Avallon. Allons-y, ça va passer pile poil avec les heures.
Je compte 9h50 à la sortie, le temps d'aller au resto ça va le faire tip top. Sauf que putain je me suis trompé d'une sortie, j'ai oublié Nitry ! Purée c'est comment le prénom d'Alzheimer déjà ?
Tant pis pour moi, j'échoue dans le premier patelin après la sortie. Faut plus que je me fasse confiance, faut que j'ouvre la carte Michelin à l'avenir...
Boh finalement j'ai bien dormi, au calme. Au bout des 9h je mets en route. Il me faut pas loin de 20 minutes pour aller à La Barrière. C'était pas raisonnable de continuer hier soir. J'aime bien déjeuner ici, le patron te sert le café dans un grand bol, pain beurre confiture à volonté sur la table. Une douche par là dessus et zou !
A 8h et demi je suis chez mon premier paysan. Il vide avec des fourches sur le relevage arrière du tracteur, faut donc ouvrir les deux côtés de la semi et bouger le camion. Je connais le deuxième mais hier j'ai pas reconnu sa voix au téléphone. Bah oui, ce n'est plus le même gars. Celui-ci me dit qu'il a repris la ferme de ses parents. J'en déduis que celui d'avant devait louer la stabulation pour ses veaux. Bref, maintenant ça vide avec un Bobcat, pareil il faut ouvrir les deux côtés et sous des seaux d'eau.
Troisième sauce du matin juste de l'autre côté de Dôle mais dans le 21. Ici le culto' a une pelle Mécalac, j'avais jamais vu ça dans une ferme. Ça va drôlement bien à vider, avec la tourelle de la pelle ça fait comme le translateur d'un Fen. Et j'ouvre qu'un côté ! Il n'est pas loin de midi, me vlà vide.
Je rentre à Besac', j'appelle chez Manuloc le garage de nos chariots. Mon Moffett est chez eux depuis une quinzaine mais il n'est pas fini. Attente, devis, attente, pièces, attente. Bref je garde le Manitou une semaine de plus, c'est pas pour me déplaire finalement.
Passage au dépôt pour les pleins et la paperasse. Je savais que ça allait être fin pour être à 14h aux piscines, j'ai échangé mon heure de chargement avec Gérald. Pis lui ça le fait rentrer plus tôt. A ce moment là j'avoue que j'ai une mauvaise idée. Vu que j'ai le temps je vais aller à Inter faire deux courses et passer par la maison. Sauf que j'avais oublié la neige. A Loulans les Forges, oui le bled de la cancoillotte, je reste bloqué dans la bosse. A vide avec le Manitou au cul ça le fait pas. Au bout de 5 minutes de pédalage arrive un chasse-neige. Le mec est bien sympa, il va faire demi-tour en bas et revient saler devant moi. Ouf. Moi j'aime bien rouler sur la neige, mais pas dans les côtes sans élan.
Vu le parking de l'Intermarché à Villersexel je lâche l'affaire. Vu l'état de la route de mon patelin je relâche l'affaire. Punaise j'ai bien fait de passer par là... Le binz continue à Belfort, il neige et ça n'avance pas sur la 19 sans aucune raison.
A 15h30 je suis enfin à Seppois. Romain termine, je prends la place. J'ai une grosse tournée, ça prend du temps. Du coup quand je repars tout à fondu, la route est noire. A 5h et demi je suis rentré, trop facile. Bon week' à tous, le ciel vous tienne en joie.
J'ai une semaine bizarre à cause des impératifs, je démarre donc tranquillou à 8h pour une petite journée. Je monte par la 19, je ne paye l'autoroute que sur le bout obligatoire Langres Chaumont. Faut reconnaître que la nationale est dure, en piscines ça va, avec 28t c'est une autre chanson. Même si dans le temps il n'y avait pas d'autoroute et qu'on passait par là avec des 340ch. Remarque de vieux con...
Pause de midi entre Troyes et Sens, le compteur se remet à zéro. A 16h je suis à Ingré, banlieue d'Orléans. Comme partout c'est plein d'interdictions aux PL, allez vous faire teindre.
Pour passer derrière la maison on démonte une barrière, je vois que le client a une super caisse à outils Bosch fort bien garnie. Punaise y en a pour des ronds là... On n'y arrive pas malgré tout. Je plante une fourche et je vire le support sans rien casser, merci Manitou. L'escalier du client est vissé sur un autre avec des Torx. Je dévisse et ça dérape, je lui nique son embout. Par politesse je lui propose de lui donner le mien, j'en redemanderai un chez Waterair. Pas la peine, il me dit qu'il est commercial dans l'outillage. Je comprends mieux pour les outils tip top.
Ne me reste plus qu'à me rapprocher du 91. Mouais, je ne me rapproche pas des masses. Pas envie d'aller me poser dans une infâme zone industrielle, je reste à Toury, finirai demain.
Café, pain-beurre, douche gratuite et zou ! Je déteste ce bout de N20 jusqu'à la 104, c'est super dangereux, pas de bande d'arrêt d'urgence par endroit, vers Étampes c'est pire, ça circule fort. Pas mécontent de sortir vers Brétigny. Après on est en RP il y a du monde partout, ça freine dans tous les ronds-points, on n'est pas en Haute Saône c'est clair.
Je m'enfile dans un lotissement de Bondoufle, étroit, pas adapté aux camions. Le client me fait de la place dans sa cour, il sort un Dodge Charger 6L2 de cylindrée. Je suis pas un fan de bagnoles mais là j'avoue que ça le fait, rien que le bruit du V8, là quand même...ouais ! Le proprio de la caisse est un inquiet, il me pose 1000 questions. Il ne visualise pas. J'ai beau lui dire que pour le transport l'escalier à la tête en bas, pour protéger la bonne face, rien n'y fait. Il ne voit pas... Bon, ça reste un client, je suis poli calme courtois, j'explique et réexplique. Même quand j'ai tout remballé il revient à la charge pour la filtration. Après je me mets à la place des gens, quand tu fais un chèque à 5 chiffres t'as envie que ça se passe bien.
Chez le suivant en dessous d’Évry c'est le contraire, lui il s'en tape. Il fait poser par un monteur agréé, il paye, point-barre. J'avoue que ça me repose.
En remontant je me prends un bout de pain à la Marie Blachère au Coudray-Montceau, vers chez Dentressangle. C'est assez commode pour se garer. Seul truc chiant et que j'avais oublié, l'échangeur d'autoroute n'est pas complet tu peux pas reprendre direction Paris, faut redescendre, la première sortie est à 1 ou 2 km ça va.
Il est pourtant 11h mais c'est encore le bordel sur l'A6 dans les cuvettes de Savigny, je fais le grand tour. C'est long mais ça roule. Je casse la graine au péage de Mantes la Jolie.
Juste après 14h je suis à St Pierre les Elbeuf. Pour arriver à mon lotissement c'est tout interdit aux 7t5, je fais comme d'hab'...faut pas s'en occuper. C'est des caprices de maires, comme pour les enfants faut jamais céder aux caprices. Rebelote pour les questions. Je réponds toujours avec la notice de montage, je la connais par cœur depuis le temps, ça évite les embrouilles du genre : « le chauffeur m'a dit... » Il fait super beau, on boit le café dehors, super agréable.
Dernière livraison du jour dans le 27 vers Pont Audemer. Je m'enfile sur un chemin, au bout ça tourne à l'équerre. Là t'as ton sixième sens qui te dit, ça pue. Je vais voir à pied. Ouh ça pue très fort même. Je suis devant une stabulation avec des Blondes d'Aquitaine d'ailleurs, le chemin est empierré, il doit bien venir des bétaillères. Je me retourne et je reste là. On est en Normandie, il tombe une averse pile poil quand je débâche.
Chez la cliente le monteur du coin est présent. On s'est déjà vu une fois, on tape un peu la discut'. A 18h je me casse avec mon chèque. Ne me reste plus qu'à rouler en direction de Caen, je finis la journée après Lisieux dans un charmant petit routier. Le filet mignon a mariné dans le cid' comme ils disent ici. Une merveille. Ici c'est la Houblonnière, la viande aurait pu mariner dans la bière plutôt que le cidre mais on fait dans le local.
Ce petit resto vaut des points, les chiottes et la douche sont nickel propres. Le patron me dit que je vais tomber en plein bordel à Caen, un mec du coin au comptoir confirme, je vais en chier. Me vlà prévenu. J'ai pris un peu de marge, j'attaque Mondeville à 7h30. Beuh, il n'y a rien du tout, ça roule tranquille. J'arrive même un peu en avance chez mon client. Je débâche en attendant 8h, au quatrième top je vais sonner. Visiblement je réveille le client. Je dirais même qu'il fait un peu la tronche. Son gamin s'est levé aussi, il lui aide à ranger les colis dans le garage. Quand c'est fini mon gars est bien réveillé, ça fait du bien l'exercice de bon matin.
Je retourne en région parisienne, à côté d'où j'étais hier. C'est bien nul ces impératifs. Je me suis pris assez large pour rentrer par la nationale. Pause gas-oil à l'AS 24 du centre routier de Caen, ensuite j'enquille Lisieux Évreux, retour sur l'autoroute à Mantes. Les 4h30 risquent de sonner sur le contournement de Paris, je coupe à Morainvilliers histoire d'être tranquille. C'était le bon choix d'autant que l'A6 est bouchée vers Évry. On annonce 45 min de bordel, je prends par la N7, ça roule mais je ne suis pas certain d'avoir gagné du temps.
A 14h je suis à Fleury en Bière, le bled du grand péage sur l'A6. Ça me parle, la rue, les thuyas, la maison... Bah oui c'est moi qui ai livré la piscine l'an dernier. La petite dame me reconnaît. Elle m'explique qu'ils ont été inondés, liner mort, assurance et avant Guingamp.
De là je remonte dans la banlieue Est pas loin de la N19. Dans Boussy sur ma route il y a un panneau : « vieux pont ». Avec un P, pas un C. Vieux pont je ne joue pas, j'essaye de faire le tour, ça ne donne rien, j'ai le même panneau à l'autre bout du pays. Nouvelle tentative plus loin, je me retrouve en galère entre des maisons. Heureusement pour une fois je n'ai franchi aucune interdiction si les flics devaient venir. J'appelle le client qui me fait un radio-guidage, il n'est pas super doué non plus. Je n'ai rien accroché c'est l'essentiel. Le fond du lotissement se termine en T, j'arrive à faire demi-tour, ouf !
Comme d'hab' j'ai reçu mon retour, trois ramasses, ça commence au sud de Paname. Je m'approche pour demain mais c'est tout bouché sur l'A 104, ça freine déjà vers Corbeilles. J'ai beau regardé Sytadin ou Google, il n'y a pas de solution. Au bout d'un moment j'en ai ras le cul malgré mon calme, je sors, je passe dans Évry, au début ça va mais ensuite c'est aussi bouché sur les boulevards. Au bout d'une heure et demi de galère je me rends compte que je suis à 1km du resto de Viry Châtillon. Allez ça va bien. Ras le cul de ce pays à la con. Il est 20h je suis garé sur le boulevard en pleine circulation, pas terrible. J'apprendrai au resto qu'un camion s'est couché vers Brétigny à 16h et c'est toujours le bordel. J'ai bien fait de ne pas insister.
Ils sont fous par ici, ils ne dorment donc jamais ? La cabine a été secouée toute la nuit. A 6h je me lève mais le troquet est fermé. Je croyais le Portugais parisien plus courageux. Pas grave je me fais un café au camion et zou !
Ma première ramasse est dans le 78, vers Dourdan...qui n'est pas dans le 78. J'y suis vers 7h et demi pour rdv 9h. Je trouve un gars au bureau qui me dit que ça l'arrange, ce qui est fait n'est plus à faire. Bonne mentalité, d'autant plus qu'il paye le café à la Senseo du bureau. J'ouvre, il me charge trois armoires réfrigérantes comme on voit dans les grandes surfaces.
La suite est à Artenay. J'enquille la N20, ici c'est pas mon coin du tout, ça fait pourtant deux fois que j'y passe en deux semaines. Petit arrêt au Relais 20 pour la douche...comme la semaine dernière.
A 10h je suis chez XPO log'. C'est du boulot qu'on a en direct, c'est prêt, bien verrouillé, pas de surprises. Dernière ramasse à Boigny, aussi chez Norbert. Je pensais couper au travers mais la départementale est interdite, je ne fais pas le malin, ce n'est qu'une dizaine de minutes d'autoroute.
Chez Xpo on me donne un quai de suite, en une demi-heure c'est chargé sorti.
Je n'ai plus qu'à rentrer à Besac'. Je ne traîne pas trop, j'ai piscines demain matin à 8h, faut donc que je fasse un passage à quai ce soir. Je mange en 30 après Montargis, d'ici on rentre tranquille.
Dans l'après-midi Pauline m'appelle, elle n'a personne pour vider mes lots demain j'échange mon heure de chargement avec Seb'. Ce sera 14h, ça me va. Une heure après elle me rappelle, c'est 13h. Bon ok.
Un peu plus loin re coup de fil. Elle est emmerdée avec Sevket qui ne sera pas à l'heure non plus. J'échange avec lui, cette fois c'est 10h30. Bon ok. Donc si je comprends bien faut que je passe les lots à quai ce soir mais elle est toujours dans la merde pour les vider...
J'appelle le client de Chalezeule, chez lui c'est réception 8-12h. Cash je m'annonce à 18h, je fais un peu le Calimero. Bingo il m'attend !
Besançon et son célèbre boulevard à 18h ça le fait pas... Le gars m'appelle, je sens qu'il regrette un peu... J'arrive purée, j'arrive. 18h05, trois coups de Manitou et les frigos sont livrés. Pauline est bien soulagée, elle n'avait personne en chariot embarqué demain. J'ai 4h et des boulettes de volant, j'attends la fin des 45.
Je retrouve Sevket au resto sur la route de Vesoul, c'est le plus proche de Devecey, on arrive quasi ensemble, pile poil.
Réveil 5h et demi, le troquet est fermé, pas grave. Je file au dépôt. Je fais les pleins et je vide les deux lots restants à quai. Putain j'ai une palette de biscuits qui a benné. Hier ça s'est fini en décalé, je n'ai pas pu mettre de barre. Je remets la palette debout, les biscuits c'est ultra léger, j'ai du cul j'avoue, ni vu ni connu.
Je passe par la maison pour déjeuner et me laver. A 10h je suis chez Wat', je suis un peu en avance du coup. Christophe charge une semi pour un de ses chauffeurs, il a un gros chargement ça traîne un peu mais je ne suis pas franchement pressé. On va boire le café comme d'hab'...et c'est le drame ! Je suis au bout de ma vie ! Comment je vais faire ? C'est atroce mais j'ai perdu ma clé de la machine à café !!!
On charge et Sevket arrive derrière avec son magnifique Panzer démo. Je ne sais plus si j'en parlé ici... Ça fait un moment qu'il trouve qu'un injecteur fait un bruit bizarre. Chez Merco on lui a dit que ce n'était rien... Lundi dernier il est tombé en panne à Montluçon en descendant. Le mécano Merco en faisant un diagnostic rapide lui a dit : « T'avais pas un injecteur qui déconnait ? C'est le truc typique, l'injecteur a déconné et là tu as un piston percé. Faudra confirmer en démontant. » Et voilà le travail ! Quand le chauffeur signale un problème on le prend de haut …
A 13h je décroche à la maison, bon week-end à toutes et tous, le ciel vous tienne en joie.
Bon, j'avoue mon crime. J'avais bien senti que ça passerait pas en 10h pour aller chez mon premier client. D'habitude on refuse les impératifs aussi loin le lundi mais c'est une exception. Donc j'ai décollé hier soir à 21h, la nuit tous les chats Comtois sont gris. A 22h45 j'étais chez le Thierry à Mouchard, pile poil. 9h01 , un grand café et une douche plus tard je redémarre.
On se croise avec Manolo à Bourg, il me raconte qu'il en a bavé pour contourner Lyon. Moi j'y passe sur les coups de 10h, fastoche.
Je mange un bout sur l'aire de Montélimar, ça me fait bizarre d'être aussi loin le lundi midi. Ensuite dans l'après-midi je m'arrête à Pouzols Minervois pour régler quelques bricoles perso.
Pour 18h30 je suis à Limoux, enfin j'essaye... La traversée du bled est interdite aux 10m de long, je ne tente pas le diable. Finalement ça passe par le centre de Limoux, c'était ma première idée . Pas grave.
Le client m'explique qu'il a planté des bambous, c'est joli mais ça lui a flingué sa piscine. Le temps qu'il comprenne que c'était les bambous, c'était trop tard. Du coup il change l'escalier, la filtration, les margelles...et le bec, et la tête, alouette... J'y passe autant de temps que pour une piscine neuve, pas grave, j'ai fait mon demi-tour avant la nuit.
Le routier entre Limoux et Carca est fermé, je m'en doutais j'ai du pain. Je me pose sur le parking d'Intermarché à Alzonne avec 9h50 de volant. C'était le bon le choix de rouler 1h45 hier soir.
Ouh mais je vois le jour derrière les rideaux ! Il est 7h25, j'ai bien réglé le réveil mais pas validé. Le docteur Freud appelait ça un acte manqué. Je roule une douzaine de minutes jusqu'à l'entrée de Castelnaudary pour déjeuner et me doucher au routier. Je me dis que si j'avais roulé un quart d'heure de plus dimanche soir j'aurais pu venir jusque là mais ici le parking est petit, à 21h c'est pas la peine. Pas de regrets.
A 9h j'appelle la cliente de Castres comme ordonné sur ma liste. Elle arrive... Moi aussi, sauf que je prends à droite dans sa rue, fallait prendre à gauche. C'est con de ne pas connaître tous les numéros de toutes les rues de Castres, me vlà parti à essayer de revenir sur mes pas. Je reste sur les grands boulevards, putain ça m'énerve.
Je me gare devant une jolie maison au fond d'un parc en pleine ville. Comme beaucoup la cliente m'explique qu'elle rebouche la partie profonde de sa piscine, 2m de flotte ça sert à rien. Elle est veuve depuis un an, son mari s 'est tué en bagnole, on sent bien qu'elle lui en veut d'avoir toujours roulé fort. Elle a l'entreprise sur les bras. Je lui dis qu'il n'a probablement pas fait exprès... Les célibataires de Castres entre 50 et 60 piges, voilà un très beau parti. Quand la colère de la belle sera passée.
De là je descends à Perpi. Je dis Perpi c'est Groß Perpi. Je me suis pris du pain quand j'étais garé en ville à Castres, je mange un bout après Narbonne. Je trouve un parking où il n'y a pas de putes, c'est pas si simple.
A 14h je suis à St Estève chez une autre veuve, c'est la journée. Première chose, ça passe pas pour accéder au jardin. Un coup de Manitou et j'enlève le pied du fil à linge. Ici il y a souvent du vent, le bloc de béton au pied est énorme, le machin ne risquait pas de s'envoler. D'après la cliente Marc le monteur du coin devait l'enlever pour passer avec la pelle, c'est fait. Je lui dis de saluer Marc de ma part, il m'a sauvé la mise dans un put... de village catalan il y a quelques semaines.
Il me reste une rénovation à poser vers Le Boulou. Un truc qui devait me prendre 5 minutes... Il y a des travaux dans chaque bled, j'ai cru mourir... Ils ne se font pas chier, un panneau de déviation et démerde-toi dans les patelins étroits. Je m'en suis sorti sans rien casser c'est déjà pas mal.
Petit arrêt à la Jonquera pour mes courses habituelles. Faire de l'Espagne c'est pas une bonne idée pour un consommateur de vin, en plus ils se sont mis à faire aussi des bags in box, ça n'incite pas à la modération. Une fois que j'ai refait les stocks je vais couper chez Padrosa, en ayant appeler Nestor le commercial de Barça pour demain. On s'est donné rendez-vous vers Hostalric, tip top.
Le GPS m'emmène gentiment devant chez le client, le temps de serrer la louche au client on voit débarquer une équipe de monteurs, que je ne connais pas d'ailleurs. Nestor arrive un peu après, il me demande l'enveloppe client pour la notice de montage et s'en va tchatcher, c'est le cœur du métier. Moi je fais mon petit boulot, je dépose comme veut le monteur. Quand c'est fini je demande au commercial ce qu'il a fait de l'enveloppe, le bulletin à signer est avec. Il ne se rappelle plus ! Purée le boulet ! Nous vlà à la recherche des papelards, il retourne sa bagnole, nada. Il me reste le CMR c'est le plus important. Finalement je retrouve l'enveloppe dans le cabanon de jardin, il l'a posée sur un seau mon papier est tout mouillé...
De là on descend à Castellbisbal, banlieue de Barcelone. Je me gare dans une zone indus' et on va voir en voiture, le pays est interdit aux 3t5.
On est arrivé par un autre côté, il ne reconnaît pas le coin. J'avoue que c'est muy complicado. On tourne en rond, son GPS est à la rue. On finit par trouver la maison, purée faut que je repère le chemin. Sauf qu'on a bien du mal à retrouver le camion, purée ce bled c'est un cauchemar. On trouve une route avec un gros panneau d'interdiction 3t5 tout neuf et derrière un vieux panneau où on peut encore lire : excepté chargement et déchargement. Au bout d'une bonne demi-heure je suis enfin garé devant la maison. Quand c'est fini je demande à Nestor s'il veut tremper les papiers dans l'eau avant de les faire signer...
Au coin de la rue je me fais arrêter par la Policia Local. Je descends avec mon adresse, je leur parle du panneau, ils sont ok. Ouf ! Je les retrouve plus loin, un gars de chez Campillo les a arrêté, il est visiblement perdu. Je fais le tour de la zone indus'...et je me retrouve au même endroit ! Putain je rêve ! C'est comme dans Les Revenants sur Canal, ils font le tour du lac en bagnole sans jamais pouvoir sortir. On se croise deux fois avec le chauffeur Campillo, on est mort de rire... A un moment je suis un porte-conteneur, visiblement il connaît le coin, on se retrouve au pied de l'AP7, ouf !
Allez zou ! Je grimpe sur la montagne, Berga, tunnel del Cadi, Puigcerda, Ax les Thermes, c'est une magnifique balade. Une fois en France on se rend compte qu'on est quand même minables. En Catalogne la C16 est soit en 4 voies soit 2 voies avec créneaux de dépassements, passé la frontière la N20 est étroite et dangereuse, c'est pas la même montagne ? On devrait peut-être leur demander de nous financer...
Pour arriver dans mon bled il y a une déviation, je me retrouve dans Muret, j'ai une rénovation ici demain matin. J'appelle mon client, en fait je suis dans sa rue, allez hop ! Une livraison de plus en moins pour demain. L'ancien est bien cool, il veut me payer un canon , je refuse, pas par antialcoolisme mais on m'attend de l'autre côté.
19h je me fais la dernière livraison du jour. Le sac de poudre du joint des margelles tombe sur la route et je roule dessus. Pfouuu. Il n'en manque que très peu, le sac est énorme il y a de quoi faire deux piscines. Je dis à la cliente de le noter en réserve quand même, on verra bien.
Je pensais couper à Mondavezan mais comme j'ai fait Muret je peux monter à Toulouse. Va pour chez Martine. Il est 20h il n'y a plus de place sur le parking, je reste sur la route derrière. Ça ne circule pas trop, au calme.
Hier soir j'ai pris la formule à 20 balles, dîner, douche, petit déj', donc ce matin j'ai l'impression que c'est gratuit. Faut avouer, ici la formule elle vaut le coup, on mange vachement bien, une très très bonne adresse.
C'est vrai je suis un surhomme, pas que j'ai des super-pouvoirs, non, mais ce matin j'ai une volonté de fer. Oui. Je me suis arrêté à Villemotier, j'ai bu un café et j'ai résisté aux viennoiseries sur le comptoir. Les croissants cuits au feu de bois, pains aux raisins, suisses à la crème et aux pépites, tout ça chante dans mon oreille, je salive, mais non. Je me fais violence, je résiste. Je suis un héros, c'est vrai ! Je me prends un boulot qui me fera ce midi, ce soir et demain matin, mortel !
A 13h je décroche au dépôt, papiers au cul, plein, et je file chez Merco. Mon démarreur a recommencé à déconner, bien sûr il ne le fait pas devant le chef d'atelier. Mais je lui dis que : primo, je ne raconte pas de conneries, deuxio je n'ai aucun plaisir à faire changer un démarreur, tertio je ne serai pas rentré pour le goûter. On y va.
Gérald, l'hyper-maniaque a tapé une jardinière de fleurs, il fait changer le coin avant droit. On papote. On finit presque ensemble, on remonte au dépôt.
Sa remorque était aux freins mais elle est revenue, il a pris la mienne pour aller charger à Seppois donc on transvase ses piscines. A deux chariots ça va assez vite.
Ensuite je le redescends avec Gilles un autre collègue chez Mercedes. Ils récupèrent deux tracteurs finis dont celui de Sevket. Finalement c'était pas un piston percé mais une bielle coulée. Moteur neuf, l'ancien est parti en expertise. J'en parle au chef d'atelier qui me dit : « putain il était en vidange le vendredi et il coule une bielle le lundi, j'espère qu 'on n'a pas fait une connerie. »
Je lâche mes collègues et je file chez Tillet charger une tournée pour rentrer. Les gars sont en pause. Ok. La pause me semble bien longue... Quand ils reviennent un nouveau cariste que je ne connais pas veut me charger mais il a un ancien derrière qui lui prend la feuille : « l'heure c'est l'heure nous on a fini, le chef n'a qu'à te charger. » Sans déconner ? Tu pouvais pas le dire avant ? Connard ! C'est donc Nico qui me charge, à 19h je me casse.
A 20h je décroche, fin de cette bien jolie semaine, bon week-end à tout le monde, le ciel vous tienne en joie.
Ce matin à la téloche une journaliste toute jeune nous montre la neige sur la route à Paris. Donc tu as cravaché depuis la maternelle, ensuite tu as fait une école de journalisme pour en arriver là ? Pour que tu nous montres les 5 mm de flocons avec ton gant ? Il n'y a rien de plus grave dans l'actu ?
C'est bien beau ces conneries mais j'ai quand même trois clients à vider dans le coin, je démarre à 6h45. La tournée commence à Pont de Roide chez les fabricants de volets roulants, deux coups de fourches et c'est fait.
Ensuite je monte à Mulhouse, il n'est pas loin de 10h quand je passe Dornach, le bouchon du matin est fini. Ça se vide chez Trans'hit, c'était la SMAT ici autrefois, puis Buffa, grandeur et décadence. Une fille au bureau me dit que ça ne se vide plus ici mais à l'autre bout de la rue dans une annexe. Eh ben c'est bien merdique pour se mettre à quai, le quai facile d'accès est pris par une navette. Retour vers la fille pour signer les papiers, elle est bien gracieuse ça compense l'agacement de devoir revenir. Le cariste n'est pas capable de foutre un coup de tampon ?
Troisième client encore à Rixheim. L'usine toute petite se trouve dans un lotissement. En fait l'usine est dans le jardin du client. Déjà c'est chaud pour entrer en marche arrière. L'usine est une maison de poupée, tout est rangé soigneusement pour gagner de la place : les fourches du Fen sont montées sur un rack pour pouvoir avancer l'engin au max. J'arrive avec 14 palettes c'est l'apocalypse, le gars doit faire de la place avant.
Je me suis pris du pain ce matin à Pont de Roide, je monte me mettre en coupure à Dambach la Ville dans le vignoble. La cave appartient à Intermarché, je ne savais pas qu'ITM faisait du vin. Il est midi les gars ne reviennent qu'à 13h15, j'ai le temps de réchauffer un reste de paella d'hier. Ma gamine avait fait une tarte Tatin, je la termine. Vlà un repas pas cher.
Deux camions devant moi plus la pause, ça me fait 3h de coupure ou presque, je me mets à quai par à-coups. Ici on te file un tire-pal électrique, ça va pas trop mal.
Un quart d'heure après être parti Sevket m'appelle et me demande si on m'a donné une bouteille ? Bah non ! Il me dit qu'à chaque fois qu'il est venu il a eu un cadeau. Lui qui ne boit pas de vin...alors que moi...Même si le vin d'ici ne vaut pas celui de la région de Colmar, j'aurais pas craché dessus.
Ne me reste plus qu'à descendre à Dôle, j'esquive le péage de Belfort-Fontaine en passant par la 83, allez hop 10 boules économisées. Je me pose au Moulin des Malades à 8h moins le quart, finalement j'ai une 11h. Du coup avec mes 3h de tout à l'heure mes deux 11h de la semaine sont faites ?
Pas pressé je lis le journal sur le comptoir, tranquillou à la douche, taleur je vais être en retard chez Inter. On me donne un quai presque de suite, je fais le tour du bazar pour récupérer les Europe. Pauline me fait revenir au dépôt.
J'ai enfin le temps d'aller laver, ça fait des lustres que mon camion n'a pas vu le savon. Un lustre c'est 5 ans je crois, j'exagère un peu, ça fait pas 5 ans que j'ai pas lavé, c'est mon côté marseillais de Belfort.
Personne chez Jeantet, j'ai le temps de mettre un bon coup. Sorti du lavage finalement j'ai une ramasse, à côté de chez Tillet. Là bas je tombe sur un ancien de chez Buffa, un type bien sympa que j'avais complètement oublié j'avoue. On papote un peu, il est à la retraite mais bosse encore, ça a l'air chaud financièrement.
Je vais poser tout ça à quai et je décroche. Ma semi va être modifiée. Les nouveaux chariots embarqués « tri-directionnels » , c'est à dire qu'ils roulent sur le côté sont incompatibles électriquement avec nos remorques. C'est bizarre mais il paraît que ça déconne à fond la caisse. Avec la modif' on pourra tous utiliser les chariots en crabe. Ça tombe bien je commence la semaine prochaine. Sevket a rendez-vous chez le médecin, je lui ai proposé d'échanger nos tournées. C'est l'occasion d'essayer, pis faut bien que je commence un jour.
J'attelle une semi ATS et je file au terreau. A midi et quart j'y suis, j'ai le temps de manger un bout. J'hésite quant à l'ordre de chargement, en partant à cette heure jamais je ne viderai deux clients avant midi dans le 33. Tant pis je reviendrai un peu sur mes pas mais je suis sûr de vider, et puis j'ai le lourd à l'avant du coup. C'est préférable. Je fais le tour de l'usine pour aller aux papiers, je coupe 15. Optimisation. Je finis les 30 à Montceau les Mines en compagnie d'un café.
Fin de chantier à Bessines sur Gartempe dans le 87, c'est un petit troquet, j'ai pris soin d'appeler avant. J'y suis à 21h, ils m'attendaient, je vis dans un monde merveilleux.
On mange très très bien ici, c'est fort bien cuisiné mais l'heure d'ouverture le matin correspond plus à ces branleurs de chauffeurs Waterair, 6h30. Nous autres chauffeurs en industriel à 6h et demi on est déjà loin.... Je m'arrête donc à Barbézieux. Tiens il y a une AS24 à l'entrée du centre routier maintenant. Pas un grand fan de l'endroit, je ne savais pas. En 30 minutes je suis caféiné douché et gasoilé.
J'attaque la rocade de Bordeaux un peu avant 10h, les doigts dans le nez. A 10h et demi je suis à Landiras, pfouuu il y a du monde. Ça pinaille plus que de raison. A midi je suis à quai mais un cariste va manger, ensuite c'est l'autre. Déjà que ça n'allait pas bien vite... A 13h30 je peux enfin partir. J'ai pas pensé que ça allait être si long, je ne me suis pas pris de pain. Fatal error. Je trouve une boulangerie ouverte à Saucats. Le sandwich « jambon de pays-reblochon » est une tuerie de la mort. Faudra que je me souvienne de cette boul'. J'avale ça en roulant, je sais c'est mal.
A 2h et demi je suis au Brico d'Arès, au bord du bassin d'Arcachon. Le mec me dit : « si c'est le chef qui te vide t'en as pour 2 plombes, tu veux que je te vide ? » Bah écoute, vu comme ça, j'ai du boulot derrière ça m'arrangerait. J'ouvre un côté, il me file un tire-pal, je décale les palettes de droite sur la gauche, il me redonne les EUR vides, en une grosse demi-heure l'affaire est réglée.
Ah oui, là faut que j'explique. La semaine dernière je devais recharger à Agen pour Waterair, ça a été annulé. Cette semaine Waterair est revenu à la charge, Pauline m'a fait descendre ici exprès. Et bingo, le chargement est de nouveau reporté ! Donc Laurence m'a trouvé du boulot à la dernière minute, j'ai deux ramasses à Bordeaux, une ce soir, l'autre demain.
Chargement avant 16h à Villenave d'Ornon, le gps me dit 16h15. Fonce tonton Pierre, fonce. Bien sûr il y a un quart d'heure de bouchon sur la rocade de Bordeaux, c'était annoncé. A presque 4h et demi je me présente au bureau. La fille me dit que c'est un peu le binz, faut que j'attende un peu, je pense qu'elle n'a pas bien vu l'heure, je fais le mec détendu, ça passe crème. En fait un camion à eux est mal garé, il me bloque pour charger, et le chauffeur est rentré chez lui avec les clés. Ils le rappellent. Ils s'excusent. Moi je reste sur le registre : pas grave, tout va bien. Le mec revient dans le quart d'heure, il déplace son tacot. On charge, une petite moitié de remorque.
Je remonte au centre routier de Bordeaux Lac. A 17h30 bien sûr la rocade est le plus grand parking de France, m'en fous royalement. Il reste un peu de place quand j'arrive. On est mercredi on a reçu les programmes Waterair, encore un mélange 34 - 66 - Catalunya pour moi dans deux semaines. Je fais ça et je vais souper chez les Marocains sous le pont d'Aquitaine. Ce soir pas de couscous au menu mais une côte de bœuf vertigineuse !
Formule mug-tartine, une douche là dessus et zou ! Je fais le tour de la zone, tout juste de quoi recharger les batteries. Certes les batteries de Panzer c'est pas des batteries de FH4, on a l'esprit tranquille en Merco mais à un moment faut quand même les recharger.
On charge dans un de ces trucs à pinard du coin, c'est luxueux à souhait, vu de dehors surtout, l'envers du décor est limite minable. Ils dégroupent et distribuent du vin pour les sites internet. C'est long que ça en peut plus. J'ai le temps de regarder les gars, ils vident les cartons de vin des domaines et refont des cartons de mélange selon la destination. Parler de mélange pour du Bordeaux c'est le cas de le dire... Les types courent, au sens propre. Les cartons vides partent à la benne par une chaîne. La cadence est infernale. Sur mes papiers c'est écrit : « vente privée.com » mais ça se vide chez un négociant de Beaune. On verra bien demain. A 9h et demi je me casse enfin.
Je me prends un bout de pain à la Baguera à côté du centre routier, c'est une chaîne mais les baguettes sont vachement bonnes.
Il ne me reste plus qu'à remonter tranquillou. Je casse la graine sur la route de Confolens, puis je coupe 45 vers Digoin. Arrivé par là, c'est à dire en Bourgogne, il commence à pleuvoir. Le lavage aura tenu depuis mardi c'est pas mal.
Fin de parcours au centre routier de Beaune, ici c'est pas Bordeaux, faut manger là. M'enfin j'avoue que c'est pas mal, 13€80 avec du vin et un joli buffet d'entrées, y a rien à dire.
Il n'y a que trois douches et je crois que je me suis fait niquer dans la file d'attente. Pas grave je dois couvrir la distance folle de 300m pour aller livrer. Il n'est pas 8h j'y vais sur la pointe des pieds, je prends un quai de suite. Un œil sur les palettes qui traînent là, je vois du Japon Kazakhstan Pays-Bas avec des étiquettes prestigieuses du coin, ça vend du rêve.
Le deuxième lot se vide à Besac', un coup d'autoroute et j'y suis à 9h et demi. C'est une entreprise d'espaces verts, le gars enlève le godet d'une chargeuse à pneus, met des fourches à la place, ça va pas trop mal même sans la fonction de translation.
J'ai un rendez-vous à 15h15 à Belfort cet ap', j'avais demandé à Pauline de me lâcher pas trop tard. Elle m'envoie faire une ramasse au terreau, c'est la saison. J'avais peur qu'il y ait du monde, j'arrive en même temps qu'un Gavignet, on est tout seuls, cerise sur le gâteau on ne charge pas à la même rampe.
Je monte au dépôt vider ça. Non finalement je ne vide pas, le quai est déjà bien chargé, ça reste dans la remorque. Moi qui me faisais une joie de faire un peu de tire-pal électrique.
J'attelle la semi de Sevket et Micka me montre comment fonctionne le chariot. Rien de bien sorcier, c'est un peu bizarre de rouler en travers. Le système d'accrochage est un mix de Manitou et Moffett, ça va le faire. Je fais les pleins et je me rentre.
A 13h30 je suis à la maison, pile poil cette histoire. Bon week' à tous, le ciel vous tienne en joie.
Malgré les travaux et le bouchon habituel à Sevenans, je suis à 8h à Seppois. J'ai pas trop compris, je ne suis pas le premier Joël a déjà chargé. On va boire le café toutes affaires cessantes. Je n'ai que 3 piscines et 3 rénovations, ça va donc vite à charger. Je me garde 6m par 1m pour les couvertures. Explication : jusqu'à présent les couvertures de piscines étaient livrées par un transporteur de Champagne Ardennes, j'ai cru comprendre que ça ne se passait pas au mieux donc Waterair a décidé de faire le boulot avec ses propres camions.
A 9h et demi je me pointe chez le storiste à Grandvillars, pour nous c'est tout bon on passe devant. Le gars me charge 4 couvertures et un prototype. C'est pas qu'ils ont remplacé le moteur électrique par un V8 Scania mais ils ont viré l'emballage carton et placé la bâche dans un filet. Maintenant faut voir si ça va pas se bousiller donc je vais balader la couverture toute la semaine. Et oui, elle va me faire chier pour recharger en fin de semaine, mais on n'y est pas encore.
Me vlà donc avec 10 clients sur le sud ouest, j'ai de quoi m'occuper.
Je descends tranquillou, j'ai du pain de la maison, un arrêt de moins. Je mange entre Besac et Dôle. Sevket m'appelle pour prendre de mes nouvelles puisqu'au départ c'était sa tournée. Pour l'instant tout baigne.
Je pensais peut être finir la journée au Colibri à Limoges mais le parking est tout petit là bas, à 19h30 ça va être compliqué. Je m'arrête donc à Bessines, ça suffira pour un lundi. J'en suis au fromage quand je vois arriver un 6x2 de chez Richard. Ça ne peut pas être Tim, la semi n'est pas une poche déboîtable mais un porte-char, tant pis.
Finalement Vincent entre dans le resto peu après. Il reste une place à côté de moi, voilà un fort bon moment de passé. Merci à toi.
C'est Sevket qui m'a rafraîchit la mémoire, j'avais complètement oublié ce resto. A l'époque Begey on venait livrer des produits chimiques à la mine d'uranium juste au-dessus. C'est une bonne adresse au calme. Le resto, pas la mine. La douche est un peu vieillotte mais propre. A 7h je décolle.
Je devais commencer à Blaye à 13h, sur les coups de 10h j'appelle le client, il veut bien que je vienne. Juste avant 11h je suis dans la rue, le chemin plutôt. Ça me semble bien étroit je vois voir à pied. Ça doit le faire. Je me sers au mieux dans un coin de route. Je descends le chariot. Il tombe des cordes. Obligé de passer dans l'herbe, je prends soin de laisser une roue sur le goudron mais avec le dévers le zinzin descend et je m'enlise instantanément. Je cherche le blocage de différentiel, trouve pas. J'appelle mon collègue, je lui demande. Il me dit :" fais gaffe ça s'enlise comme rien cette merde." Ah ben merci du conseil... Avec une pelle je dégage de la boue derrière les roues. Mon cul Paul. Heureusement Sevket a un câble enroulé dans la roue de secours. Je l'attache au cul de la semi et je mets le client au volant du chariot. Ça sort sans forcer bien sûr. Sauf que le client ne sait pas s'arrêter et il cogne une fourche dans la plaque d'immatriculation de la remorque. Il s'excuse. Qu'est ce que je peux dire ? Rien, il m'a rendu service, ça fera une plaque et voilà.
Vu l'heure la traversée de Bordeaux est tranquille. Je fais mon dépucelage de couverture à Canéjan chez une fort jolie femme d'ailleurs. La rue est large, pas besoin de rouler en crabe.
De là je fonce à Arcachon, Pyla sur Mer. Putain c'est loin. Il fait toujours un temps de chien, un vent terrible. Ça commence mal le client n'est pas là et le monteur n'a pas le chèque. J'attends... Finalement le monteur me fait un chèque de sa société. Je vide. La rue est étroite, le terrain en pente, c'est ultra chiant. Il me faut monter à chaque fois sur le trottoir d'en face et en redescendant ça cogne. Les pneus sont en bois c'est pas possible ! J'aurai perdu 1h et demi ici.
Donc j'arrive en plein merdier à Bordeaux. Et là pas d'alternative, faut suivre la procession. On est arrêté 4 km avant la rocade, c'est rouge partout. J'appelle la cliente, elle est bloquée aussi mais plus haut.
J'arrive à Quinsac à passé 19h, hors créneau, mais les clients comprennent. Encore heureux. Il pleut toujours j'en ai ras le cul. 30 de coupure pendant que je vide.
Je comptais descendre direction Pau mais j'en ai trop marre, m'en vais couper à La Réole.
Je change de froc et vais me jeter un kir.
Le troquet ouvre à 6h, pile poil pour moi. Café douche et zou !
Sur les coups de 9h je suis à Monein. En montant chez le client je vois le plateau de Philippe le monteur du coin. Garé sur un trottoir il doit être chez un client, ça ne me regarde pas, par discrétion je continue ma route. Un peu plus loin je vois une maison sur la gauche à 100m de la route principale, une pelle dans le jardin. Fastoche. Ça va être chiant pour repartir mais j'aurai du monde pour m'aider. Beuh le nom sur la boîte aux lettres n'est pas le bon. J'ai le 8, pas encore au 8 je continue. Me vlà sur un chemin ...je suis dans la mouise. Philippe m'appelle : " je t'ai vu passer pourquoi tu t'es pas arrêté ? ". Putain j'y crois pas ! Je recule genre un km et je me retrouve sur la route mais pas dans le bon sens. M'en vais retourner plus loin. Je suis certain que j'étais à la bonne adresse en plus. Bref, je redescends dans le pays. C'est une maison béarnaise typique, jolie mais pas adaptée au chariot élévateur. La solution c'est un tire pal, j'en ai pas et j'en veux pas on a assez de merdier comme ça. Avec sa benne Philippe va en chercher un chez Gam Vert, il les connaît. Nous avec son gars on se paye l'escalier à la main et tout ce qu'on peut en attendant. Il revient avec un tire pal après c'est du gâteau.
On se quitte temporairement, je vais me faire une couverture de l'autre côté de Pau.
Ici aussi le chemin est étroit. Le chariot en fonction crabe a tendance à descendre dans le fossé, pas rassurant. En plus il refuse le premier obstacle : le rail du portail. C'est quoi cte merde ? Il patine, se fout en travers, j'ai bien cru que j'allais niquer le portail. Purée moi qui me plains du Moffett par rapport au Manitou !
Je mange un bout et à 13h je suis sur les hauteurs d' Artiguelouve. Garé à plus d'un km, avec des grimpettes à 15%, l'enfer. Heureusement par rapport à hier il fait grand beau. Le retraité est bien cool, il m'offre un café et je quitte son nid d'aigles.
Retour sur la rocade de Pau. Philippe me rappelle je suis à nouveau passé devant lui mais sans le impossible en camion, pas de regrets.
La journée a été bien meilleure qu'hier, la misère est moins pénible au soleil. Fin des travaux à Mondavezan à la Fermière, je rate la coupure de 11h pour 1 minute. On va dire que c'est bon épicétou.
Ici ils font toujours leur pain, bien bon. Donc café pain beurre douche et zou !
Je commence à Roques dans un lotissement assez facile. La piscine traîne dans un coin. Ça doit faire un moment, l'escalier est sur le dos et il y a des algues dans l'eau stagnante. Est ce que la couverture c'était la priorité ? Bon ça ne me regarde pas. Cette cochonnerie de chariot refuse de monter le trottoir, un bateau en plus ! Il faut passer le moindre obstacle frontalement. J'y crois pas.
Je passe à St Jory pour du gasoil, il y a du monde j'ai le temps d'aller me chercher un bout de pain à côté.
Je monte à Rocamadour pour une dernière couverture. À l'accent la cliente est belge flamande, elle me guide dans le hameau. Un petit chemin bordé de murs de pierres, vaut mieux pas se tromper. Il y a une petite place , pile poil pour me garer. Le chemin des clients est défoncé par la pluie. Je ne me suis pas enlisé, c'était pas loin. Une fois dans la semaine ça suffit.
Pause casse croûte sur un joli parking avant Figeac, au soleil, ça change.
À 14h je suis à Decazeville, mais pas chez les clients. Rien pour me garer, je grimpe un col, j'arrive à faire demi tour en haut. Je me gare à l'arrache. La route est passante, c'est chaud. J'ai pas compris ce qu'il se passe, je récupère une couverture, même pas déballée. Elle fait 6m, pas le choix faut rouler en travers. Je m'habitue. Trop mal garé je me barre vite. Je préviens Laurence et je trouve un parking. Elle m'envoie mon retour, décollage. Au rond point suivant le client m'appelle, il a oublié de me donner le moteur de la couverture, c'est surtout moi qui ai oublié de lui demander. C'est pas loin, je trouve un bout de parking et j'y vais à pied pour pas me retaper le col.
Allez, direction Mende.
Après Rodez je prends en photo les ruines du château médiéval qu'on voit dans un bled. À peine plus loin un bleu me double, l'autre moto derrière j'ai compris. On s'arrête au premier parking. "Vous aviez le téléphone en main, main gauche. " Eh non ! Je lui montre la photo que j'ai prise. Il me dit qu'il a vu un téléphone à clapet, je lui montre mon Galaxy, c'est pas un clapet. Les deux se tournent et discutent . Je les entends parler de mon accent Franc Comtois. Ils se détendent. Je leur dis que je suis de bonne foi. Ils me font la morale et me laissent repartir. Au pire ça faisait 22 balles. J'y ai échappé.
Je me pointe au rechargement à presque 18h, tout est fermé. Une fille au bureau m'enregistre, je suis sûr d'être le premier demain matin. Elle me dit que c'est 16h30 dernier délai, pas de regrets donc. Elle me donne la carte d'un resto à l'entrée de la zone. Vais voir ça.
Ici ils font toujours leur pain, bien bon. Donc café pain beurre douche et zou !
Je commence à Roques dans un lotissement assez facile. La piscine traîne dans un coin. Ça doit faire un moment, l'escalier est sur le dos et il y a des algues dans l'eau stagnante. Est ce que la couverture c'était la priorité ? Bon ça ne me regarde pas. Cette cochonnerie de chariot refuse de monter le trottoir, un bateau en plus ! Il faut passer le moindre obstacle frontalement. J'y crois pas.
Je passe à St Jory pour du gasoil, il y a du monde j'ai le temps d'aller me chercher un bout de pain à côté.
Je monte à Rocamadour pour une dernière couverture. À l'accent la cliente est belge flamande, elle me guide dans le hameau. Un petit chemin bordé de murs de pierres, vaut mieux pas se tromper. Il y a une petite place , pile poil pour me garer. Le chemin des clients est défoncé par la pluie. Je ne me suis pas enlisé, c'était pas loin. Une fois dans la semaine ça suffit.
Pause casse croûte sur un joli parking avant Figeac, au soleil, ça change.
À 14h je suis à Decazeville, mais pas chez les clients. Rien pour me garer, je grimpe un col, j'arrive à faire demi tour en haut. Je me gare à l'arrache. La route est passante, c'est chaud. J'ai pas compris ce qu'il se passe, je récupère une couverture, même pas déballée. Elle fait 6m, pas le choix faut rouler en travers. Je m'habitue. Trop mal garé je me barre vite. Je préviens Laurence et je trouve un parking. Elle m'envoie mon retour, décollage. Au rond point suivant le client m'appelle, il a oublié de me donner le moteur de la couverture, c'est surtout moi qui ai oublié de lui demander. C'est pas loin, je trouve un bout de parking et j'y vais à pied pour pas me retaper le col.
Allez, direction Mende.
Après Rodez je prends en photo les ruines du château médiéval qu'on voit dans un bled. À peine plus loin un bleu me double, l'autre moto derrière j'ai compris. On s'arrête au premier parking. "Vous aviez le téléphone en main, main gauche. " Eh non ! Je lui montre la photo que j'ai prise. Il me dit qu'il a vu un téléphone à clapet, je lui montre mon Galaxy, c'est pas un clapet. Les deux se tournent et discutent . Je les entends parler de mon accent Franc Comtois. Ils se détendent. Je leur dis que je suis de bonne foi. Ils me font la morale et me laissent repartir. Au pire ça faisait 22 balles. J'y ai échappé.
Je me pointe au rechargement à presque 18h, tout est fermé. Une fille au bureau m'enregistre, je suis sûr d'être le premier demain matin. Elle me dit que c'est 16h30 dernier délai, pas de regrets donc. Elle me donne la carte d'un resto à l'entrée de la zone. Vais voir ça.
Réveil vers 6h, m'en vais déjeuner et me doucher chez les Lusitaniens à l'entrée de la zone. C'est ultra propre, une bonne adresse d'autant que les restos routiers sont rares dans le coin.
Retour à l'usine, je débarque le chariot et je dégage les deux couvertures histoire d'être vide et d'éviter les discussions. À 8h je me présente au bureau, ce n'est pas la même fille qu'hier, elle m'envoie charger.
Faut ouvrir les deux côtés, la pluie commence à tomber. Il faut sangler, je joue au plus fin, une sangle par ci par là. Le cariste s'en aperçoit, il me fait sangler chaque paquets. À 9h je recharge les bâches et je file.
Là faut avouer , c'est le pied intégral. La N88 ! Pourvu qu'il n'y ait jamais d'autoroute ici. C'est trop beau ! Avec 25 tonnes et le chariot j'ai le temps d'admirer le paysage.
Je m'arrête avant Le Puy, non pas pour voir le héros de Samu mais pour faire quelques courses. À côté d'une salaison il y a un marché paysan. Je fais le plein de saucisson, jambon cru, fromage de brebis.
Pressé mais sans plus je fais pour la première fois le tour du Puy. Purée c'est long ! Je fais tirer au max pour ne faire qu'une coupure. Faut que je vide au dépôt, demain j'ai piscine. C'est vendredi saint pour les catholiques, férié en Alsace donc on charge demain comme tous les ans. Je dis les catholiques, j'ai l'air de m 'exclure, je suis baptisé. Les cathos ne sont pas les pires finalement, la place de la femme n'est pas parfaite mais quand je vois le modèle de société proposé par d'autres religions...
Et pis nous on crache pas sur le pinard. C'est juste ce qu'il me manque à midi. Posé au péage de Montluel je ne résiste pas à attaquer le fromage que j'ai acheté tout à l'heure. On dirait du Cantal vieux mais c'est de la tomme de brebis. C'est à tomber. Je suis assez chauvin sur le fromage Comtois, mais là, y a du lourd !
17h30 je suis à Devecey. Le jeune Arnaud prend le dernier quai libre pour un quart d'heure, j'ai le temps de virer les sangles. Ensuite je me vide. C'est chiant le quai est blindé de cam. Un peu de patience et ça le fait.
Un coup de gasoil, je remonte une dernière fois les deux bâches et je me rentre. Je suis le dernier, c'est moi qui enclenche l'alarme, ils sont un peu fous de me faire confiance avec ce truc et des loupiotes qui clignotent quand c'est bon. J'ai jamais rien compris.
20h45 je me gare sur mon trottoir.
Je démarre à 7h et je file à Etupes, depuis la fin des transports Lexoviens Sevket a été obligé de trouver une solution de repli pour garé le camion le week-end, il va chez Geodis. Je décroche sa semi et je reprends la mienne. Si un jour on m'avait dit que je serais content de reprendre un Moffett, il y a toujours pire en fait.
A 8h et demi je suis à Seppois, Michel en est à la moitié, j'ai le temps de faire mes devoirs et de commencer à contrôler. J'ai un chargement fastoche, bien sûr on va boire le café.
Pour 11h je suis de retour à la maison, bon week' à tous. N'abusez du chocolat.