| Carnet de bord de Mai 2021 | Partager sur Facebook |
Caféiné et douché je mets en route à 7h. Je commence à côté de Prades, petit bled catalan, ça pue bien, sur maps je n'ai rien trouver d'autre que de monter plus haut et faire demi-tour à un carrefour qui semble assez large. Ça se confirme dans la réalité, les bus font demi-tour là haut aussi à ce que je vois. Je livre une réno facile chez un gars facile. J'hésite un moment pour redescendre à Perpignan, le gps et Google veulent me faire prendre une autre route plus rapide qu'à la montée. Par principe je repars toujours par la même route, c'est plus sûr... La journée est tendue, si je peux gagner un peu, je regarde sur maps, ça va, venga ! Au bout d'à peine un km je regrette déjà, un petit pont en pierres, je meule les pneus de la semi. Trois km plus loin je devrais tourner à droite sur un petit pont pour revenir sur la nationale, mais ça tourne pas. Honnêtement je commence à faire de l'huile. Le pont suivant est 2 km plus loin. Juste avant ce pont je croise une Mondeo anglaise, volant à droite. Le gars, anglais, courtois, normal, se serre pour me laisser passer. Bon voilà, je suis passé c'est fini. Sauf que c'te nouille prend peur et avance ! Et bien sûr il vient frotter son aile contre le dernier pneu de ma remorque ! Sa femme qui hurle dans la bagnole, les gosses à l'arrière qui chialent...bon on se calme ! Pas le choix faut faire un constat. Putain je suis vert ! Pourquoi je n'ai appliqué mon principe ? Toujours reprendre la même route. Bordel ! Pourquoi il a bougé aussi cet abruti ? Il ne parle pas français, sa femme si, elle est même carrément bilingue. Donc on fait un constat, même si je pense qu'avec un coup de polish l'aile de sa vieille Ford sera comme neuve.
Donc je redémarre, mais pas tiré d'affaires. Ce pont est un peu plus large que l'autre, en tirant droit puis en reculant un peu le tracteur ça tourne. Je ne vous dis pas le soulagement quand je suis sur la grande route.
Je devais prendre des clopes pour Martine mais je suis hyper contrarié, pas le goût à aller faire du shopping, et j'ai perdu pas mal de temps avec ces conneries. Je file tout droit à La Jonquera. Je m'étais annoncé pour 13h à Tarragone mais je dois faire une coupure de 30 avant d'arriver, j'ai déjà fait 15 avec le constat... C'est le patron, Pablo, qui vient m'ouvrir, je lui explique pour les manques, lui ce sont les margelles, il me dit que ce n'est pas grave c'est une piscine qui va se monter en Juin. Eh bé tout va bien alors.
Je reprends la route de Lérida par Montblanc, il est 14h, je mange un morceau, la contrariété est passée, un peu. Comme d'hab' je fais le plein à l'entrée de Saragosse, il est 17h, je vais me jeter mon cortado de l'après-midi au resto à côté.
Je n'ai plus de coupure à faire, je file vent du cul dans la plaine, ou dans la montagne selon les endroits. Quand je passe Soria il doit me rester 10 minutes à rouler, je me souviens d'un troquet à un carrefour, j'avance mais le troquet recule au fur et à mesure...ici c'est le désert pour s'arrêter, carrément ! Je finis par y arriver, les 10h de volant sont bien tassées, 822 km, pour la journée, ça suffit comme ça.