| Carnet de bord de Juillet 2022 | Partager sur Facebook |
Je me lève à 6h, j'ai de la marche jusqu'au troquet. Le parking est en trois parties, sur des hectares, je suis garé à perpet'. Ici tout est parfait sauf que les douches sont à la station service, bien, sauf que ça n'ouvre qu'à 7h. Je demande à la fille à l'intérieur, elle ne veut rien savoir. J'aurais bien envie de lui dire: va chier connasse, mais elle fait ce qu'on lui dit, point. Je me suis annoncé à Alejandro pour 8h-8h30, il est hors de question que je sois en retard, donc je démarre sale, je déteste ça.
Bien sûr dans la Mancha ça roule, à l'entrée de Madrid c'est une autre paire de manches, à hauteur de Alcala de Henares maps donne 6 minutes de bouchon, je garde la file de droite et étrangement ça passe facile. A 7h45 le commercial m'écrit qu'il est sur place, moi je suis encore à 45 bornes...
A Valdemoro je reconnais le quartier, autrefois je venais déposer les piscines pour le sud chez Enrique, ça a bien changé, on ne peut plus entrer en camion dans la ruelle. A 8h32 je me gare devant chez le client, je m'excuse pour les 2 minutes, Alejandro rigole.
Il n'y a pas de porte pour accéder au jardin, je passe l'escalier au-dessus du grillage mais à l'intérieur ce n'est pas de niveau avec la rue, il nous faut tendre les bras pour attraper l'escalier, autant dire que quand il tombe des fourches c'est violent. Pour les tôles le client sort un petit escabeau à 3 marches, j'avais pas envie qu'en tirant la première les autres nous tombent sur la gueule. On laisse les margelles et les colis à l'avant de la maison, Javi et ses gars s'en débrouilleront le moment venu. On s'est pris une bonne suée. J'explique au client que je ne devrais pas travailler, c'est férié en France. Je leur raconte qu'on a coupé le roi en deux. En fait c'est faux, ce n'était pas un 14 juillet mais je me voyais mal expliquer en espagnol, la Bastille, le symbole du pouvoir absolu, le roi de droit divin...
Je remballe les gaules, balaye la calèche, Alex vient me dire salut. Je lui demande quand est ce qu'on se revoit, il me dit qu'il n'a rien vendu pour l'instant. C'est pas que je suis content, j'adore venir ici mais j'ai bouffé pas mal de samedis, si ça se tasse un peu je ne vais pas pleurer non plus.
Pour aller au carrelage il y a 400 bornes, venga ! J'ai coupé moins de 45 à Valdemoro bien sûr, je finis les 30 à midi et demi devant une tomate après la bifur' Albacete-Valencia. Ce coin c'est un régal à rouler, tu es tout seul, en se rapprochant de Valencia ça se charge fatalement. L'autovia passe au-dessus de barrages aux eaux turquoise, c'est sublime.
A 14h45 je suis chez Roca. Alors c'est un énorme truc comme Jacob Delafon chez nous, c'est eux qui ont le monopole sur les chiottes, les lavabos, et le carrelage donc. Je me gare je vais voir la gardienne, elle m'enregistre, demande mon 06. A peine de retour au camion ça sonne déjà, bascule, chargement latéral me dit-elle. Le cariste me saute dessus, c'est simple je n'ai pas fait 15 de coupure !
La seconde ramasse est à Vila Real, il y a un club de foot ici je crois. Là c'est une petite boutique, un négociant pas une usine. Idem ça file, j'ai 15 palettes à charger, j'ouvre les deux côtés, je fais étaler un peu. Oui j'ai un scoop, le carrelage c'est lourd... si je ne veux pas 25t sur 6 m...
La dernière ramasse est à 20 bornes plus loin en remontant. Il faut dire que dans la région il y a des dizaines et des dizaines de boutiques de carrelage. Les exploitants des transporteurs carrelagistes ont juste à distribuer les ramasses en fonction de la géographie et du poids à enlever.
Je me pointe chez le dernier à 16h30 la fleur au fusil. Je vois bien qu'au guichet le mec coince. Sur mon mail j'ai : chargement avant 19h. Je suis large. Sauf qu'on est en horaires d'été, ils ferment à 17h. Purée les gros on n'est pas en Allemagne ! Je vois bien que ça les fait chier mais ils me chargent quand même. C'est vrai que c'est compliqué, des grosses palettes, des petites, des toutes petites avec juste quelques plinthes... A un moment j'ai presque regretté d'avoir étaler devant mais le mec, fort peu aimable, se démerde bien. A 17h30 j'ai les papiers, coupure faite. En bientôt 33 ans de route je n'avais jamais rechargé de carrelage à Castellon, c'était mon dépucelage, j'ai probablement eu la chance des débutants mais ça s'est bien passé.
On est jeudi et je suis à 450 bornes de la frontière, je n'ai plus qu'à rouler. Bien sûr je combine mes heures, 9h, 10h de volant ? Au bout des 9h je suis au milieu de nulle part, en 10h je peux être à Altafulla. J'hésite... nan je déconne, je n'hésite pas une seconde.
En 9h53 je suis au parking gardé, 800km tout rond. Je file à la douche, il serait temps.