Carnet de bord de Juin 2022 | Partager sur Facebook |
Je valide ma deuxième 11h, le troquet est fermé, il est 6h pile tant pis, je démarre. C'est là que je vois une chica tout de noir vêtue qui marche d'un bon pas en direction du resto. Ma belle tu as perdu la vente d'un cafe con leche, tu ne vas pas t'en remettre c'est sûr.
Sur la N II les restos ce n'est vraiment pas un problème, il n'y a que l'embarras du choix. Je coupe à Medinaceli avec un pain grillé beurre confiture-douche. Le compteur est revenu à zéro, venga !
Je m'arrête vite fait au km102 pour mettre un coup de Karcher, hier il est tombé de la pluie pleine de sable encore une fois, c'est dégueu. Pour 1€ tu as 4 min de pression, pour 2 balles c'est presque propre.
J'arrive un peu en avance, faut dire qu'à cette heure ça roule. Je m'enfile dans une longue rue étroite, des bagnoles de partout et ce qui devait arriver arriva, d'un côté garé en épi un gros Range Rover Sport, j'aime bien cette caisse d'habitude mais pas là, en face une vieille Laguna. Je ne veux pas jouer au grand pro mais généralement tu sais tout de suite si ça passe ou pas. Et là ça va pas. Bien sûr une rue à sens unique, derrière ça klaxonne. Je descends voir, mouais... J'avance 10 cm par 10 cm, je traverse la cabine à chaque fois pour regarder, putain je mettrais pas un doigt entre la Laguna et mon camion et je suis encore à 1km de ma rue. En fait je dois être devant une ambassade ou un truc comme ça, il y a des panneaux et des caméras de partout. Un peu plus loin ça se dégage un peu, j'arrive à me garer et je finis à pied. Javier le chef monteur et Alejandro le commercial sont chez la cliente. Dans la rue chiante il y a un peu de place mais à gauche, pas le choix, je demande aux gars de me garder la place. Je file rechercher le camion, pas vu de flics, parfait, et je reviens. J'ouvre le côté passager, en pleine circulation, pas cool. Les monteurs sont 4 ou 5, ça dépote.
Pour repartir c'est bien plus facile, je suis à 100m d'une artère majeure. A un moment il me faut passer sous un tunnel, j'ai bien regardé les panneaux, pas d'interdiction. Ce n'est pas engageant, c'est un vieux tunnel voûté, en briques, je suis le seul camion... Arrivé sur l'A6 direction La Corogne je suis bien soulagé.
Après la circulation de la capitale je me retrouve dans un tout petit bled Villatoro après Avila, beaucoup plus calme. Bien sûr ma rue s'appelle Santa Térésa, normal. J'ai un peu de mal à trouver, un vieux dans un 4x4 déglingué me demande qui je cherche, en fait j'étais devant. J'attends le duo Javier Alejandro, normalement ils roulent plus vite que moi. Ils ne se sont pas arrêtés manger c'est trop juste. A mon deuxième tour de chariot ils arrivent. Ici aussi on se pète tout à la main.
Je préviens Laurence que je suis vide, il est 16h, je sors du village et premier parking je mange un morceau. On recharge en France, je remonte par Valladolid, les paysages sont magnifiques.
On est mercredi, on reçoit les programmes pour dans deux semaines comme d'hab' et je vois que je reviens à Madrid. Ah ? Code postal 28020, purée c'est le même nom, je dois revenir avec une couverture de sécurité chez la cliente en ville, je suis vert !
Vent du cul dans la plaine je remonte au max, j'échoue à l'entrée de Burgos avec 9h58 de guidon pour 825km, c'est pas mal.