Carnet de bord de Mars 2021 Partager sur Facebook
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  • un Magnum Ă  vapeur
    le Doubs encore
    ça commence ...
    Yannick et son fier destrier
  • Lundi 1 Mars 2021
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    Après un week-end court mais ensoleillé faut y retourner. A 8h je suis à Seppois. Fabrice a déjà sorti mon voyage, je vais chercher les papelards au bureau, on charge. Tout passe au sol sans trop de difficultés.

    Je sais pas ce que j'ai foutu hier, j'ai dû poser mon gros cul sur mes lunettes, elles sont tordues, je vois plus rien. Je me gare à Audincourt en vitesse et je passe chez l'opticien, en deux minutes c'est réparé. J'ai bien une deuxième paire, vous savez la paire à 1€ mais je ne les aime pas. Bouh ça va mieux, je peux enfin partir.

    Contrairement aux deux semaines précédentes je ne vais pas si loin, inutile de combiner et recombiner les heures, calme cool zen, ça fait du bien, je sors à Baume les Dames et je passe par le Haut Doubs.

    Comme la semaine dernière la première période de 4h30 m'amène avant Bourg. Je me fais chauffer une soupe, 30 minutes et on y retourne. En milieu d'après-midi la traversée de Lyon est bien tranquille.

    J'ai le choix des troquets pour la coupure de ce soir, Donzère Pierrelatte... Demain je commence à L'Isle sur la Sorgue je décide donc de descendre au plus loin, le Mistral fera l'affaire. On est lundi tous les gars sont partis de bonne heure ce matin, donc à 18h30 le parking est déjà bien plein. Je fais une manœuvre savante, je me pose au fond. Je ferme mon disque comme on disait autrefois et je vois s'approcher un grand gaillard à lunettes. Cette tête me dit quelque chose sans la connaître. Ahhh mais c'est notre ami Yaya, grosse célébrité sur FDR. Lui qui ne fait que de l'Angleterre je ne m'attendais pas à le trouver là. C'est vraiment le hasard, d'autant que j'aurais pu m'arrêter aux autres bistrots plus hauts. Bref merci au hasard, j'ai passé une vraie bonne soirée.

     

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  • L'isle sur la Sorgue
    le démonstrateur et le condamné
  • Mardi 2 Mars 2021
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    Je retrouve Yannick ce matin, on boit le café ensemble, je suis ravi de le connaître « en vrai ». Lui c'est un vrai courageux il est déjà douché, on se sépare et je vais me laver le fion.

    A 8h et quelques je suis à L'Isle sur la Sorgue, patelin magnifique avec ses canaux. D'habitude je n'aime pas venir ici mais ce matin bof ça va encore. D'entrée je parle au client du contre-remboursement, il me dit qu'il n'a pas de chèque mais qu'il peut faire un virement. Moi ça m'est égal. Il fait un premier virement mais c'est plafonné, bouh les emmerdes commencent... Il me montre son téléphone mais c'est écrit en alphabet cyrillique, Boris doit être russe. En fait je vois que sa bagnole est immatriculée en Bulgarie, ça correspond avec le cyrillique. Il a viré la moitié de la somme, il va à sa banque pour virer le solde. Ma foi je commence la livraison, je verrai. Il revient au bout d'un quart d'heure avec un papier où figurent les deux virements. Je prends le truc en photo et je l'envoie à Martine, à titre perso la preuve me suffit largement...

    La livraison suivante est à Nîmes, j'évite la pénible rocade d'Avignon en passant par Beaucaire-Tarascon. C'est long quand même.

    Juste avant midi je dépose la rénovation d'une grosse piscine dans une maison fermée. Le voisin a les clefs, ça ne traîne pas.

    Je mange un bout viteuf' et pour 13h30 je suis à Grabels, banlieue de Montpellier pour une autre réno. Je m'enfile dans la rue mais elle est sans issue en camion. Merde ! La cliente me dit : « oh c'est un camion comme ça qui est venu à l'époque, le chauffeur s'était bien embêté à manœuvrer. » J'aime bien entendre ces phrases, parfois je me dis que je suis nul mais comme ici une rue en cul de sac, aucun chauffeur ne fait le malin.

    Après ça j'ai encore une piscine complète à Fabrègues chez un retraité. Péchu l'ancien il déracine un gros arbre à l'emplacement de la piscine avec une petite tronçonneuse, pelle et pioche. La souche est énorme, je lui souhaite bien du plaisir.

    Je me fais une dernière rénovation à Moussan près de Narbonne. Je connais un peu le coin, on charge de temps en temps du vin bio dans le quartier pour U. Il y a un grand parking municipal dans le pays, fastoche. J'en profite pour faire une coupure, quand le compteur est à zéro, venga !

    Je pensais échouer à Fitou mais je peux encore rouler, je finis mes heures à La Sol à La Jonquera. Je ne recule devant aucun sacrifice avec l'argent qui n'est pas le mien, je vais au parking payant.

     

     

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  • Banyoles, pas si mal garĂ©, non ?
    direction Las Canarias
    Barça, ça roule
    un mythe
  • Mercredi 3 Mars 2021
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    Ils sont chiants à La Sol ils n'ouvrent plus le matin, du coup je monte à pied à l'Andamur. C'est pas une balade énorme, il doit y avoir 200m et les sanitaires sont mieux en fait. Retour au parking, quand je veux payer à la borne je passe mon ticket plus le ticket du repas pour que ça fasse moins cher, un chauffeur espagnol à la caisse d'à côté passe dans ma borne deux ou trois tickets de repas, il en a plein... J'ai pas trop compris d'où il les tient mais mon reste à payer est de zéro. Muchas gracias compañero. De nada qu'il me répond, bon ben ok.

    A 9h je suis à Banyoles, garé sur une avenue, ma rue est vraiment trop étroite. Je retrouve David chez le client, un retraité Français d'ailleurs. La rue est super longue elle doit bien faire un kilomètre mais j'ai pas le choix, elle débouche en pleine ville. J'y vais en trois fois. Au dernier voyage un flic de la policia local s'arrête, gyrophares et tout le tremblement. Je lui explique le truc, pourquoi je suis garé là et pas ailleurs, il me répond comme l'autre conne en Moselle l'autre fois qu'il faut faire une demande à la mairie, patati et patata. Eh les gros on fait une centaine de livraisons par semaine rien que chez ATS, si on doit faire toutes ces formalités on va devoir embaucher une personne à temps plein avec toutes les tracasseries. Je le plante là, je continue mon truc, quand il voit que je suis peu impressionné il remonte dans sa caisse, éteint les gyrophares, il monte sur son cheval et il quitte la ville.

    Un peu avant midi je retrouve la délicieuse Marionna à La Garriga. Je me suis fait avoir, j'ai tourné une rue trop tôt, je me suis retrouvé sous des arbres, des rues à l'équerre, il a fallu reculer, rayer la cabine, je l'ai déjà dit, on a de trop beaux camions pour ce taf. Quand je suis dans la bonne rue ça va tout de suite mieux, livraison facile. Les gars de Raùl dépotent tout au fur et à mesure, nickel.

    Ensuite je descends à l'agence, je dépose une autre piscine de Marionna. Faut faire un peu de place, il y a pas mal de boulot en ce moment, l'entrepôt est bien rempli.

    Il est 14h, je mange un morceau sur place et je descends à la zona franca. Je dépose chez un transporteur une piscine qui va aux îles Canaries. Je voulais y aller en camion, mais Waterair a refusé, je comprends pas ... J'arrive à 15h quand le guichet ouvre. Ici c'est l'équivalent de Roca qui fait la Corse à Marseille, sauf qu'ici ils sont plus soigneux. Cela dit c'est pas difficile. Je pensais y passer des plombes comme c'est une première mais non. Le gars mesure toutes les palettes, ils vont remettre ça dans un conteneur maritime, il revient, signe mon CMR et tchao. Je suis content d'être venu dans la zona franca, ça faisait longtemps, chez Begey on y venait beaucoup. Je suis passé devant une boutique qui a changé de nom bien sûr, je ne me souviens plus si c'était Proquimica ou Quimidroga, je me suis revu avec mon Turbostar modèle 1992... Stop à la nostalgie, je ne suis pas un tenant du 'c'était mieux avant'. Je préviens Laurence que je suis vide, dans la minute elle m'envoie un retour. Direction Vic. Je ne sais pas comment j'ai fait mon compte en sortant de la zone mais je me suis retrouvé dans Barcelone. Le gps est ok, et Maps m'annonce un temps plus court. Sur la longue avenue je suis le seul camion, à un moment les Mossos me doublent mais ne me calculent pas... J'avoue être soulagé quand j'arrive à l'autovia.

    A 17h je suis à Vic chez le fabricant de meubles mais dans une autre usine que d'habitude. D'entrée le chef de quai me dit que c'est un chargement de demain, je lui réponds que je veux bien attendre, tranquilo. Il y a trois camions devant moi, pas grave, j'attends. J'en profite pour avancer dans ce carnet puis on est mercredi les programmes tombent. Pas de surprise pour moi, Christine m'a appelé ce matin pour savoir comment je sentais l'affaire, j'ai à nouveau Barça, Tarragone, Madrid, Galice, ça devient un régulier. Je vais finir par m'ennuyer... Un Catalan quitte le quai 1, je me mets à sa place. A 20h30 je me sauve, chargé complet.

    A 22h je suis de nouveau à La Sol, il reste quelques places sur le parking payant, parfait. Le resto est encore ouvert, encore mieux.

     

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  • Jeudi 4 Mars 2021
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    Rebelote, comme hier je monte à l'Andamur pour déjeuner et me laver, sauf que ce matin je ne tombe sur le mec sympa avec ses tickets en abondance, je dois raquer. 9€60, ça ne devrait pas mettre en péril les transports ATS. Enfin j'espère...

    A 7h et demi je mets en route, tranquillou. J'ai toujours la lubie de prendre la vieille autoroute à Montpellier, ça fait une vingtaine de km gratuits. Les keufs et la DREAL sont installés au péage de St Jean de Védas, ils pèsent les utilitaires légers. Ouh je vois qu'il y a des coquins ! C'est mal vous savez ? Loin de moi l'envie de donner des leçons sur la surcharge, je serais un beau tartuffe. Après faut avouer qu'une tonne de surcharge sur un véhicule de 40t ou de 4t ça fait une grosse différence. Je suis un libertaire, chacun fait bien comme il veut, tant que ça ne met pas les autres en danger. Les mecs avec les échafaudages ils abusent peut-être un peu...

    Je suis un peu inquiet pour demain, je dois vider à Pontarlier, j'appelle le client, ils n'ouvrent qu'à 8h. Pour être à 9h30 à Seppois va falloir téléporter le camion, et moi avec, c'est certainement le plus compliqué. J'appelle les filles, je tombe sur Philippe, qui n'est pas une fille, je lui explique le topo. Il me rappelle dans le quart d'heure, il m'a décalé à 11h en échangeant mon créneau avec Stéphane. Voilà une heure qui me semble plus réaliste. Je préviens Cyrille qui commençait déjà à prévoir un passage à quai. C'est plus simple comme ça.

    Je passe le reste de la journée à me promener et faire quelques coupures. A Bourg sud je passe devant les transports Charles André, ils stockent une marée d'Iveco Stralis d'occasion. Probablement des retours de leasing. Tu m'étonnes que les constructeurs rechignent à faire des leasings sur 3 ans, après ils se retrouvent avec des centaines de tracteurs sur les bras...surtout des Stralis...ils vont en faire quoi de ces merdes ?

    Je finis la journée à Mouchard et je tombe sur le Jacky. C'est un ancien Begey de Dijon, à la retraite depuis peu mais il a repris du service en tant que traco en citerne chimique. Très beau DAF xxl, il est heureux, ça fait plaisir à voir. On refait le monde devant un verre de blanc du Jura, un Chardonnay, faut déconner non plus.

     

     

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  • merci au revoir
    Montbenoit
  • Vendredi 5 Mars 2021
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    J'ai le lac de Gérardmer dans la vessie, je sens même les pédalos qui brassent le liquide. Je regarde l'heure, 5h16, le réveil sonne dans 14 minutes, allez debout. Café, pain aux raisins et la grande douche, tip top.

    A 7h je suis devant la grille du brico à Pontarlier, c'est bien trop tôt mais je suis le premier. Une demi-heure plus tard un type ouvre le portail, il entre, suivi d'un tracteur en solo. Rrraaahhh je ne suis pas le premier, un gars n'a pas pu vider hier soir, ils lui ont autorisé à décrocher. Il livre « de la centrale » comme ils disent dans la grande distrib'. A 8h la réception ouvre et juste avant 9h c'est à mon tour. A Vic ils ont fini le chargement avec 2 grandes palettes de presque 3m, chargées en travers, pour ne pas me faire chier j'ouvre un côté, le réceptionnaire me file un tire-pal et je les tourne, fastoche. Puisque j'ai le tire-pal j'amène les palettes au cul, ça file. A 9h35 j'attaque la descente de la montagne. J'attaque, j'attaque...modérément, il pleut, ça glisse, à vide je ne fais pas le Fangio. Oui l'expression est un peu datée mais je n'ai pas de référence plus moderne. Hormis le rugby pour moi le sport c'est Fangio Poulidor Kopa et Cerdan... Blague à part je ne fais pas le malin dans la descente de Maîche, molo molo. J'appelle Fabrice pour ne pas qu'il s'inquiète, il sort mon voyage en attendant.

    A midi moins cinq je suis à l'usine, ça va c'est encore le matin, je suis large. Je vais chercher ma liste, je contrôle pendant que Fabrice mange. Ensuite on charge, tout au sol, nickel. A 13h je laisse la place à Seb. Bien content, je n'ai retardé personne et j'ai vidé mon lot à Pontarlier sans passage à quai chez nous, au top l'histoire. Je file un ou deux numéros de téléphone à Seb, c'est lui qui fini en Galice la semaine prochaine, moi je finis de l'autre côté plus au sud.

    A 13h30 je suis à Bourogne, bon week' à toutes et tous, le ciel vous tienne en joie.

     

     

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  • au jus...et au pain
    la classe !
    Carnon
  • Lundi 8 Mars 2021
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    Une vie entière à manger du fromage arrosé de gros rouge ça a du bon finalement, j'ai du bide, comorbidité comme ils disent, plus de cinquante ans, j'ai été vacciné samedi. Du coup je peux rouler des pelles à des lépreux. Bah pour la peste et le choléra je vais peut-être attendre la deuxième injection. Donc remonté comme une pendule à 5h30 je suis à Bourogne. Pourquoi 5h30 me direz-vous ? C'est une heure bancale, faut se lever tôt et on n'a pas droit au petit déj' payé. Ce serait grave qu'à la fin du mois j'en sois à 6 balles, d'autre part ça me laisse de l'amplitude jusqu'à 18h30 pour valider une 11h. En plus je passe Besançon avant 7h, et Lyon après 9h30, putain faut que j'arrête de réfléchir ça va me foutre la migraine mon cerveau n'est pas habitué. Mais surtout Martine m'a collé 11 clients à la descente, si je ne veux pas finir dimanche faut que j'avance, pas le choix. Zou !

    Comme prévu Besac' passe tranquille, sur l'autoroute les panneaux lumineux conseillaient de rester sur l'A36 à cause de travaux sur la 83. Tu parles, il y a une pauvre zone de travaux de rien du tout. Évidemment ces fumiers voient leur intérêt, tu restes sur l'autoroute pour rien, tu raques.

    Je mets pied à terre à Villemotier, la partie resto est toujours fermée mais la toujours sympa vendeuse fait des cafés qu'on boit en terrasse, un pain aux raisins cuit au feu de bois là-dessus, miam miam. Je me prends du pain bien sûr et un quart d'heure est vite passé. Avant de repartir je m'annonce à Laurence pour la fin de tournée, codigo postal 02001 E, elle a dû chercher sur le net certainement.

    Comme d'habitude les 4h30 de volant m'amènent à Feyzin, je dors une demi-heure réparatrice.

    Entre Orange et Nîmes je me fais chauffer une soupe, ma chérie a fait cuire les légumes avec la carcasse de la pintade de dimanche, c'est une tuerie.

    Vers 14h30 je suis à St Brès à l'entrée de Montpellier. Je commence par une rénovation chez des retraités bien sympas. L'ancien veut casser sa terrasse , je comprends pas bien, je lui dis que pour changer le projecteur il suffit de se servir de l'ancien câble comme tire-fil et voilà. Son carrelage est nickel, c'est con de casser.

    Je fais à peine 1 km et je livre une piscine complète cette fois. Les clients ont une vieille piscine en maçonnerie, le carrelage fout le camp à ce que je vois. Ils ont fait le bon choix, selon moi...Je dépose tout dans le garage, le pelliste aura bien assez de travail sans s'emmerder avec la structure de la neuve.

    Je fais la dernière livraison du jour à Carnon Plage, c'est la bande de terre entre l'étang de Mauguio et la mer. Qui dit bande de terre dit étroit, et construit de partout. Je vais tourner un peu plus loin, j'entre droit dans le pays, ça le fait. Je trouve à me garer sans trop faire chier tout le monde. Faut dire qu'on est en Mars, en Juillet tu oublies pour te garer par là. Je dépose une grosse rénovation. J'arrive à ressortir du bled sans trop trop de difficultés. Il me reste une demi-heure à rouler, si ça veut rigoler... Contrat rempli, je suis garé au Pont de Barre avec 9h01 de volant et je valide une 11h. D'un commun accord avec moi-même 9h01 c'est 9h, point-barre. Faut pas chipoter.

     

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  • Z'aiment pas les camions ici
    soulagé
    BĂ©darieux
    dans le Poussarou
  • Mardi 9 Mars 2021
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    Comme d'hab' ici je démarre beaucoup trop tôt mais faut entrer dans Montpellier avant le bordel du matin. Je démarre à 7h après mes éternels café-douche mais c'est la limite.

    Je me gare comme je peux à Lavérune, ils n'aiment pas les camions ici, des chicanes à foison, des bites en plastique, des bordures saillantes, tout pour bousiller les carénages du tracteur. A 7h et demi je dépose une réno chez un jeune retraité, je le remercie, il me dit qu'il n'a que ça à faire. Ben justement, quand t'as rien à foutre de la journée t'es pas obligé de le faire de bonne heure... J'avoue que ça m'arrange bien. Du coup j'arrive en avance à Grabels, route de Bel Air. J'arrive en haut du pays, il y a deux panneaux : interdit aux 3t5 et aux 2m de large. Je suis joueur avec les interdictions, le poids je m'en tape, généralement c'est un caprice du maire, mais 2m de large ça pue. Je m'arrête, je regarde Maps, je dois pouvoir me garer avant un pont étroit, ça doit être là l'interdiction. J'appelle le client mais il ne sait pas, il ne m'est d'aucune aide. Boh fait chier, j'y vais. La route descend en lacets et à l'entrée du village je trouve un petit lotissement, en deux ou trois manœuvres je suis garé dans le sens pour repartir. Je suis à 2 ou 300m du pont en question et de la maison du client, cool. Le client justement me raconte le truc habituel, il a été opéré, il ne peut rien porter...Je me tape le liner tout seul, normal. Ensuite je fais une grosse rénovation escalier margelles à Argelliers. Ici aussi je me faisais un peu de souci, ma rue s'enfile dans l'arrière-pays mais je trouve à me retourner dans l'entrée d'un lotissement, sauvé !

    Je finis la matinée à Canet, ici je connais bien, je pique à gauche à l'entrée du bled. La dernière fois je n'avais pas osé tourner dans une épingle. Le mur d'enceinte d'une maison est sur la rue mais en y allant mollo, en descendant voir, ça tourne.

    Après ça je monte direction Bédarieux, je mange un bout en vitesse par là le long et je livre une palette de margelles à Hérépian. Bien sûr je ne rappelais plus du nom du client mais c'est moi qui lui ai livré la piscine l'année dernière. Il n'avait pas pris les margelles, la mode des terrasses en bois, mais finalement il opte pour le béton. Rien ne vaut le béton, c'est pas Toupy qui va me contredire.

    Je remonte la vallée direction St Pons jusqu'à Prémian. Le hameau est à flanc de montagne, je me gare en merde à cheval sur le trottoir en bas sur la grande route. J'appelle le client pour des indications, je tombe sur une dame qui ne comprend pas, je l'ai livrée hier. Il y a une merde dans les numéros de téléphone. J'appelle les filles, ça sonne dans le vide. Pour ne pas perdre trop de temps je monte une première palette en espérant trouver un nom sur une boîte aux lettres. Mon cul Paul. Le quartier est grand, je vais y passer des plombes. Je retourne au camion, je rappelle, je tombe sur Isabelle qui me donne un autre numéro. J'appelle le client, en fait je suis garé devant chez lui au vu de ce que je lui explique. Le temps qu'il rentre je remonte récupérer le kit que j'ai laissé devant une maison là-haut. Des gens bien gentils, on boit le café en vitesse pendant que la dame fait le chèque.

    Il me reste une rénovation plus bas à Cruzy. Là ça va super vite, un coup de diable, un chèque, je ne traîne pas, garé dans le bled je gêne les bus. Il est 17h et j'ai fini, c'était inespéré. Je pensais aller couper à l'Oppidum à Béziers, j'en ai ras le bol mais il est bien tôt...

    J'appelle le client de demain matin à Sallèles d'Aude, la dame est super gentille, elle me dit de venir maintenant. Nickel ! La maison est dans un quartier à la con, à Sallèles il n'y a que des quartiers à la con. Par hasard je tombe sur le client qui fait un tour en vélo, équipé comme les vrais. Je le suis jusque chez lui, parfait. Finalement ça les arrange bien que je vienne ce soir, ça les libère demain. Et moi donc ! Je gagne du temps et des heures de volant.

    A 20h30 je suis chez Padrosa à Figueras, inutile de préciser que j'en ai ras le cul mais je suis bien content quand même. Bon faut être honnête une journée comme ça ça frise l'esclavage, on est bien braves les chauffeurs quand même. J'ai mérité mon coup de vino tinto pour faire passer ça.

     

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  • grosse circulation
  • Mercredi 10 Mars 2021
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    Deuxième fois que je me fais avoir le gas-oil et le Wébasto, depuis le camion je vois l'enseigne AS24, c'est ballot. Bon il fait 10° c'est supportable, c'est 20 de plus qu'à Metz l'autre fois. Au petit matin il fait 4, en sortant de la couette c'est juste... Le troquet est fermé, je déjeune au camion et je vais prendre une bonne douche. C'est oublié. Je paye, contourne le parking et fais les pleins ; gas-oil et Adblue. A 7h et demi je peux partir.

    Il faut 3 bonnes heures pour monter à Lleida. A Rossello je traverse une zone industrielle bien crade, je roule doucement, devant un entrepôt un mec me fait signe, ouvre la grille et me fait entrer. Moi je cherchais une maison... Je me gare dans sa cour, je lui demande qui il est, monteur, client, vendeur ? Il me répond : l'homme de confiance. Oh ben ! Il vide la piscine avec son Fen, juste je lui prête mes rallonges de fourches pour choper les margelles au fond. Il m'offre le café et signe mon CMR. Dans l'entrepôt il y a des palettes de bouffes, de flottes que des gars reconditionnent, un peu comme pour les magasins Noz je dirais. C'est un peu chelou tout ça, j'avoue. Quand je sors je reçois un Whatsapp du commercial qui me demande si ça s'est bien passé. Ma foi oui. J'ai pris des photos..

    Il n'est pas midi et je n'ai plus qu'à rouler.

    Pour descendre dans le sud je pensais rattraper Tarragone par l'A2 mais le gps me fait passer par la C12, Flix, Mora d'Ebre pour retomber à Tortosa. C'était le bon choix, il y a pas mal de camions, la route est magnifique, les paysages sublimes dans la Catalogne profonde, c'est le pied intégral. Je ne connaissais pas du tout. L'A7 est désormais gratuite jusqu'à Valencia, on ne sort plus à Castellon, c'est inutile. Je garde la 4 voies jusqu'à Requena ensuite c'est à nouveau la régalade, la N322 est sublime jusqu'à Casas Ibañez, virages sur virages, en moto ça doit être le pied...déjà qu'en camion... Ensuite c'est très roulant jusqu'à Albacete. J'échoue à un petit resto des environs, c'est le seul du coin sur Truck Fly. Je demande à un chauffeur espagnol garé à côté de moi, il me dit qu'il n'y a rien d'autre en ce moment, beaucoup de fermés. Tout va bien, j'ai 9h52 de volant, et au plus prêt pour demain.

     

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  • El Quijote, je l'ai trouvĂ© !
    Mancha
    l'ancien péage
  • Jeudi 11 Mars 2021
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    Ce troquet est à la limite du boui-boui, pas de douche, j'ai pas trop mal mangé et les chiottes sont propres, c'est déjà ça. Je déjeune et je prends patience, le rendez-vous c'est 10h à 10 km de là.

    A 9h j'en ai marre, je décolle. Ma rue est vachement étroite, coincée entre deux avenues bien larges. Je fais le tour du quartier, pas le choix je reste en double file sur l'avenue. La cliente m'a vu, elle prend une ou deux photos, je commence mon truc. Arrive une première bagnole avec deux monteurs, salut salut. La maison n'a qu'un petit portillon d'un mètre, l'escalier ne passera jamais même en le tournant dans tous les sens. Ils veulent attendre un hypothétique camion-grue, oh là les enfants ! On va faire à l'ancienne, on dévisse l'escalier de la palette, avec ma visseuse d'ailleurs, eux n'ont que la bite et le couteau. Je pose le Square en long sur les rallonges de fourches et hop, il est au-dessus de la palissade, plus qu'à le descendre délicatement à la main sans le faire tomber et le tour est joué. Telle la cavalerie dans Lucky Luke, Florencio le patron arrive quand c'est terminé. Bon vu sa taille il ne m'aurait pas été d'une grande utilité... Après le reste c'est facile, les éléments un à un passent par la porte, je vais ranger mon bordel. Quand je reviens pour faire signer le CMR il ne reste plus que les margelles sur le trottoir, personne ne va les voler, Florencio propose d'aller boire un coup au bistrot au coin de la rue. On discute un peu, il me remercie pour l'escalier et on se remémore les fois où on s'est vu. J'ai l'impression de ne jamais venir par ici mais si on réfléchit un peu ; Ontenyente deux fois, Denia, Murcia, Alicante deux ou trois fois, Valencia idem... Il me dit qu'il a d'autres piscines sur le feu, parfait, j'adore venir ici. Bon c'est pas le tout mais je n'habite pas vraiment le quartier, je veux payer la tournée mais la serveuse refuse, c'est le boss qui paye. Venga !

    Je préviens Laurence pour la forme, je sais qu'elle m'a pris du pinard à Narbonne demain. Je me fais la route en sens inverse, c'est une putain de régalade, les paysages sont grandioses.

    J'aurais presque pu rentrer vendredi soir, en chargeant un complet à Narbonne, à poser le soir au dépôt. Sauf que je dois récupérer des Europe à Perpignan et j'ai deux points de chargement à Narbonne, c'est mort pour rentrer. Donc je suis détendu, je roule fort mais sans stress. Au Nord de Valencia on voit les vestiges de l'ancien péage de l'A7. Eh oui quand on a un gouvernement de gauche, on dégage les rapaces. Et nous en France on fait quoi ? Chuuuuut !

    En fin d'après-midi je m'arrête au gas-oil à Figueras, mon AS24 déconne à nouveau. J'ai beau frotter la piste et la puce ça donne rien. Je frotte tellement qu'un génie apparaît, j'ai droit à un vœu, je demande une AS24 qui fonctionne mais il me dit que c'est impossible. Bon tant pis je mettrai du gas-oil demain à Narbonne pour rentrer. Faudra que j'appelle la comptable chez nous pour qu'elle me commande une nouvelle carte, ça me saoule cette histoire.

    Je finis la journée à Fitou, il est 21h, je file à la douche. Autour de moi les mouches se bouchent le nez, du coup elles tournent en rond.

     

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  • rapiditĂ© et efficacitĂ©
    tuning des cités
  • Vendredi 12 Mars 2021
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    Café croissant douche et zou! A 8h moins le quart je suis chez Mazet, ils n'ouvrent qu'à 8h mais ça bouge, je passe au bureau, papiers, on me donne un quai de suite, à 8h je me casse avec un jeu de palettes Europe. Efficaces et sympas les gars.

    Je passe à l'AS24, ma carte fonctionne, ces pannes aléatoires c'est bien chiant, c'est toujours l'utilisateur qui passe pour une buse. J'ai assez pour rentrer à Besançon, c'est quand même un soulagement.

    Première ramasse au gros dépôt logistique de pinard rue Lavoisier. Tout est en travaux, avant c'était déglingué, là les quais sont neufs, portes neuves, les bureaux sont dans un bungalow ils construisent un bâtiment en dur, gros investissement. Je me présente à 9h30 pour rdv 10h, on me donne un quai de suite. Les chauffeurs n'ont pas accès au quai, le mec se débrouille. Quand je retourne au bureau pour les papiers je dis au gars : « Votre cariste m'a bien remis le reste des Europe au cul ? Elles ne sont pas coincées devant ? Il n'est pas débile ? » Il me répond que normalement non...en grimaçant. J'avance le camion, je regarde en fermant les portes, non ça va il n'est pas débile.

    Deuxième ramasse dans la zone de Malvézy, là mes souvenirs sont frais, je suis passé devant la semaine dernière en livrant une réno à Moussan. Les autres fois ici c'était blindé de camion, ce matin je suis le seul en attente. Quand un quai se libère je m'y mets. J'avais rdv à 11h, à 11h20 je me casse, chargé complet, y a rien à dire.

    Je me prends du pain à ma boulan' habituelle en face de Grand Frais, me vlà paré, je n'ai plus qu'à remonter au max. Je mange un bout viteuf' à hauteur de Tavel puis je finis ma demi-heure restante avant Chanas. J'ai le temps je trie les photos et les prépare pour ce carnet quand je me fais klaxonner par un FH4 gris. Au téléphone ce gros con ose me reprocher de glander alors que pendant ma coupure je bosse pour son site internet. Putain je te jure, il n'y a plus aucun respect...

    Un vendredi fin d'après-midi je m'inquiétais un peu pour la traversée de Lyon mais ça passe à 90 partout, même dans la côte d'Heyrieux. Oui je sais c'est pas Heyrieux mais c'est la sortie pour aller à … Bon j'avoue, ensuite je triche un peu, je prends le bout d'autoroute qui va à Chambéry-Grenoble et je passe par Satolas parce que le long du stade des manchots c'était bien rouge sur Maps.

    A 19h30 je suis à Mouchard, j'ai appelé Bibit pour demain, le passage à quai est prévu, nickel l'histoire.

     

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  • pas de photos
  • Samedi 13 Mars 2021
  • A 4h30 je tourne et retourne, plus sommeil, surtout qu'il m'est venu l'idée de laver. Je déjeune et zou, en route. A 5h et demi je suis chez Jeantet, il n'y a pas la queue au lavage... C'est vrai aussi qu'il n'y a que les tarés qui lavent à cette heure un samedi.

    Quand j'arrive au portail à Devecey, surprise ! Beuh c'est quoi ce bordel ? Il n'y a plus le boîtier pour taper son code, mais un lecteur de badge. Putain je suis enfermé dehors ! C'est l'histoire du mec qui rentre chez lui et le canon de la serrure a été changé. Heureusement le gars des pneus arrive dans les 10 minutes, bien sûr il se fout de ma gueule, ce con...

    Le temps de faire les pleins Bibit arrive, on vide mon pinard. Ensuite c'est le boss qui se pointe avec les croissants, normal. Il est surpris que je n'aie pas de badge du portail. On m'a oublié, moi la clef de voûte de cette entreprise, si on m'enlève tout l'édifice s'écroule, on a osé m'oublier. Mais non j'ai pas chopé le melon.

    Avant de partir je file une astuce à Bibit et un chauffeur, le gars a chargé de la charpente métallique sur un plateau ça dépasse de deux bons mètres derrière, ils veulent mettre un gyrophare mais ça marche pas, la prise est déglinguée. On dirait deux poules qu'ont trouvé une brosse à dents. Je leur explique le système Buffa : tu dénudes les fils du gyro et tu te piques sur l'ampoule d'un feu de gabarit, ça t'oblige à rouler avec les veilleuses mais c'est un détail.

    Un peu avant 10h je suis à Bourogne, encore une bonne petite semaine de faite, bon week-end à toutes et tous, le ciel vous tienne en joie.

     

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  • N83
    radar road
  • Lundi 15 Mars 2021
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    J'ai une heure de chargement baroque, 8h30. J'ai même appelé vendredi parce que c'est inhabituel. Ce matin j'ai l'explication de Fabrice, il pleut on ne peut charger dehors et deuxième raison Jean-Pierre ne peut pas aider au chargement donc Fabrice a commencé de bonne heure. A 8h et des boulettes je suis en place. Gros chargement mais tout passe au sol. A 9h et demi je me sauve.

    A peine parti Martine m'appelle, elle a reçu un mail d'une cliente que j'ai livrée la semaine dernière à St Brès, j'aurais cassé deux dalles gravillonnées dans l'allée. Je me souviens qu'elle était bien aimable, elle ne m'a rien dit sur le coup, si j'avais cassé quelque chose elle me l'aurait dit... Encore des gens qui pensent que notre assurance va leur refaire la cour à neuf. Les dalles gravillonnées ça doit valoir 5 balles pièce à Bricomachin, si on enlève de la vétusté l'assurance va leur rembourser ...rien ! Ou pas grand chose. Pfouu ça devrait me contrarier mais même pas.

    Je mange un bout avant Bourg en Bresse, 30 minutes, le taximètre est remis à zéro.

    A Lyon je fais le grand tour, avec cette histoire de 70 à l'heure sur le vieux périph' je crois qu'on ne gagne plus rien, de l'autre côté ça roule à 80-90 tout du long, faudrait compter avec précision.

    J'occupe l'après-midi, bien entamée déjà à verrouiller les rendez-vous de demain, Marionna, puis Pablo. Mais c'est pas lui... J'appelle Montsé, elle ne comprend pas trop non plus... En fait j'ai deux piscines à livrer dans des campings de Tarragone mais elles ont été vendues en direct depuis la France. Avec la bonne info ça va tout de suite mieux.

    Je combine et recombine les heures, pas le choix je fais une seconde coupure à Nîmes. Quand je passe à hauteur de Béziers j'ai un peu plus de 9h, tant pis, je fais 10. Je visais le parking sécurisé de Narbonne mais il me reste 10 bonnes minutes, j'échoue chez la Vosgienne à Sigean avec 9h58 de volant et de 12h57 d'amplitude. Incroyable mais vrai disait Jacques Martin. Je valide une première coupure de 11h. Grosse surprise ce n'est plus la Vosgienne qui tient le troquet, gros travaux, douches neuves, joli fresque peinte à l'intérieur, faut avouer que c'était nécessaire.

     

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  • Catalunya
    stationnement royal
    N340
  • Mardi 16 Mars 2021
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    Café douche quand les 11h sont écoulées je peux démarrer. Hier Marionna m'a demandé de déposer les margelles de la piscine qu'elle a vendue à l'agence, ça fait pas un gros détour depuis l'autoroute, ok. En même temps je me fais payer le café, normal.

    A 11h et demi je suis à Piera, j'aime pas du tout ce secteur au-dessus de Martorell mais là je dois reconnaître que c'est facile. Je tombe sur Ugo, le frère de Raùl, je lui dépose la structure comme il veut. Le client tient à m'offrir le café, il y a un bistrot juste au coin à 50m. C'est ça l'Espagne, on est dans un grand lotissement, il n'y a aucun commerce mais il y a un cani. Trop fort !

    Ensuite je descends de la colline direction Tarragone. J'ai un 06 français qui ne marche pas, je trouve un fixe sur Google...je tombe sur un répondeur. J'appelle les filles, Isabelle me trouve dans le dossier un 608, un portable espagnol. Ouf, ça répond ! Je m'annonce, le gars me dit qu'il prévient les deux campings.

    Le premier camping est au nord de Tarragone sur la N340, j'y suis à 13h30. Je speede pour vider, pas envie d'attendre 15h. Le mec de l'entretien me regarde faire, je fais mon truc tranquille, un tampon sur le CMR et zou !

    J'arrive du temps de midi pour eux au deuxième, tout est fermé. Je sonne à l'interphone, mon cul Paul. Un vieux sort en bagnole, je me précipite quand la grille s'ouvre, il me désigne une cabane, je trouverai du monde là-bas. Je tombe pile poil quand la pause est terminée, un d'eux m'indique où je dois vider. Ici je laisse le camion dehors, les allées sont étroites, pas envie de me faire chier. Et puis les minutes de conduites sont chères cette semaine, la conduite en chariot ça compte pô. Au premier camping j'avais pas vu mais ici je livre exactement la même, ce sont des petits bassins peu profonds où les gosses tombent quand ils sortent des tubes et des toboggans. Quelle fierté d'apporter de la joie aux enfants... nan je déconne ! Tous ces gosses m'insupportent, ils hurlent comme des débiles devant des parents ébahis par tant d'intelligence. Au resto de ma meuf c'est pareil, non madame votre chiare n'est pas hyperactif, il est juste mal élevé. Mais on peut rien dire. Pour ça le covid a du bon, on a la paix...

    Fini à 15h30 je m'arrête manger au premier parking. Il fait super beau, j'ai passé la journée en t-shirt, le climat de Tarragone c'est quelque chose !

    Il ne me reste plus qu'à rouler direction Madrid. J'appelle Javier, j'avais dit 10-12h je m'annonce pour 11h. Comme ça je peux refaire une coupure de 11h, je sais pas encore si ce sera utile mais bon, je serai tranquille avec ça.

    L'objectif mini c'était de passer Saragosse ce soir, fastoche, en moins de 9h je suis à Calatayud. Sur Truckfly je trouve un troquet un peu en retrait de l'autovia. Les avis disent que c'est un peu cher, de dehors le resto fait un peu chicos c'est vrai, le menu est à 12 balles, je m'en sors pour 14€40 au total. Ceux qui râlent pour ça ne doivent jamais manger en Moselle …

     

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  • au Nord de Madrid
    ça fait bizarre
  • Mercredi 17 Mars 2021
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    Je bois le café au camion et je file. Premier arrêt au km112 pour la douche, nouveauté, les douches sont réservées aux clients, ça se comprend, je vais donc boire un café au bar et je donne le ticket à la chica de la station, elle est contente et moi aussi du coup.

    Arrêt au gas-oil à l'entrée de Madrid, pour que mon AS24 fonctionne je prie tous les dieux que je connais : Bacchus et Dionysos. Il est 10h ils ne sont pas encore bourrés ils m'entendent et puis ils savent que je leur suis fidèle, la carte passe du premier coup.

    A 11h et quelques je suis à Collado Mediano, gros lotissement avec une guérite de gardien à l'entrée. La première rue est large, ensuite ça se complique, des thuyas, des bagnoles partout, au bout de la rue une épingle, fin de la visite. Je recule. Je fais demi-tour, ça c'est fait, et je vais voir à pied. Je tombe sur Javier qui trouve le temps long. T'as qu'à nous trouver des clients plus accessibles. J'y vais en trois fois il y a pas mal de bazar. Au deuxième tour la policia local passe, j'explique ce que je fais là, ils m'ont l'air qu'à moitié satisfaits, pas grave ça leur passera. Au troisième tour faut que je bouge le camion, un 6x4 benne avec une pelle sur une remorque veut passer mais sans toucher les thuyas. Purée mon pauvre ton avion il a vingt ans, tu vas pas le rayer vu son état général. Pas grave, je recule un peu et c'est bon.

    Je finis il est midi passé, j'ai une chiée d'appels en absence. Renseignements pris c'est un client de la semaine prochaine à Montpellier qui ne peut pas être là, faudra que je le fasse en remontant, en remontant de Madrid d'ailleurs. Bon ben ma foi, ça m'arrange pas mais j'ai pas le choix.

    Je sors de la province de Madrid et je mange un morceau, le soleil cogne, c'est délicieux. Il paraît que chez nous il fait moche, je profite. Je finis ma coupure de l'après-midi un peu après Benavente devant un cortado.

    Un peu plus loin gros contrôle de la guardia civil trafico, ils arrêtent tous les camions à une sortie de l'autovia. J'ai à peine le temps de me faire le film des quatre dernières semaines qu'un flic vient me voir, il me demande : « Français, où est-ce-que tu vas ? Vigo ou Portugal ? » Pour lui tous les Français vont chez Peugeot à Vigo, alors qu'il n'y en a plus beaucoup mais bref, je lui dis : Vigo, A Guarda. Il me répond : ok bon voyage, et me fait signe de partir. Je ne demande pas mon reste, je file. Quelques km après il y a le même cinéma en face mais ils arrêtent aussi les voitures, j'imagine qu'ils filtrent ceux qui vont au Portugal.

    Les 9h de volant m'amènent à Ourense, je regarde sur Truckfly mais il n'y a rien. Je m'arrête à une station où je suis venu l'autre fois mais je vois qu'en face il y a une autre station avec des camions garés. Je vais voir, bingo, le resto est ouvert pour les routiers sur présentation de la carte de formation. Je retourne au camion la chercher, le serveur trouve à redire, ma carte n'est pas espagnole. Ben non, ma carte est française, mon permis aussi... Putain je suis tombé sur un prix Nobel ! Finalement il me laisse m'installer. Surprise ils n'ont pas le droit de servir de boissons alcoolisés après 16h. Je dîne à l'eau gazeuse. Je parlais de Bacchus plus haut, je n'ai pas pu l'honorer ce soir. C'est comme les musulmans s'ils mangent du porc involontairement, Dieu pardonne. Moi c'est pareil Bacchus ne me punira pas.

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  • the machine
    pas large le quartier
  • Jeudi 18 Mars 2021
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    Le troquet ouvre à 6h, j'y suis. Pour la douche c'est à l'hôtel. La fille de la réception m'ouvre une chambre, c'est assez chicos. 5€, ça pique un peu. Hier soir dans le menu à 10 balles j'ai mangé du thon à la plancha, en France le plat vaut 15 € à lui seul, j'ai pas crié au scandale que ce n'était pas assez cher. Ceci compense cela.

    A 8h et demi je suis à A Guarda comme l'autre jour, j'étais allé faire un crochet au Portugal en pensant que jamais je ne reviendrais dans ce petit coin paumé au bout du monde. On s'est donné rendez-vous à 9h avec José, je prépare mon truc en l'attendant. Je l'appelle pour savoir où il en est , dans les 5 minutes il arrive, un peu après un petit camion tout bizarre. Le mec se gare à côté de moi, je le prends en photo, on papote. En fait c'est mon assistance petit camion, il paraît que le Moffett ne passe pas dans la rue. José arrive, je pose la piscine sur la benne et je monte avec les margelles sur les fourches jusqu'où je peux... C'est vrai que le quartier est incroyablement étroit, m'enfin j'arrive jusqu'à la maison de la cliente. La vue est impressionnante. Je prends quelques photos, la mamy me raconte que ce site est l'endroit le plus visité de Galice, après LA cathédrale. Elle parle de St Jacques évidemment. Je redescends de la colline suivi du concessionnaire.

    On prend la route de La Corogne pour la dernière livraison. Je voyais ça tout près mais c'est à 200 bornes quand même. Je trouve un resto genre routier ouvert, grand parking, on s'arrête boire le café. Les autres fois on ne parle que de boulot vite fait, là on discute un peu de trucs plus persos, pas longtemps, un quart d'heure, j'ai encore un peu de route...

    Il file devant. A 13h je suis à Bergondo, banlieue de La Corogne. La route fait des lacets dans le bois, c'est pas que je suis inquiet mais jamais je ne fais demi-tour ici... Je retrouve le vendeur devant chez les clients, livraison facile. Je lui demande pour repartir, il me dit qu'au bout de cette rue, derrière la colline, à gauche je vais tomber sur une zone industrielle. Un routier tu lui dis qu'il va tomber sur un poligono industrial c'est du miel dans ses oreilles. Effectivement, c'est large.

    Bon bé il ne me reste plus qu'à rouler, je ne suis pas vraiment du coin.

    Je mange un bout, il est presque 14h. Cette route est quand même sympa, on longe la mer sur des centaines de km. Je remets le compteur à zéro du côté de Gijon.

    Comme d'hab' sur ces grands tours faut optimiser les heures au max, je finis entre Santander et Bilbao, petit troquet où je suis déjà venu. J'ai 10h05 de volant, parfait.

     

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  • le bol !
    des homonymes, imposteurs !
  • Vendredi 19 Mars 2021
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    On est vendredi je suis encore en Cantabrie, même si c'est proche du Pays Basque, faut que j'avance, réveil 5h15. Je me fais chauffer un café du côté de Saint Sébastien puis je complète le gas-oil à Irùn. Je craignais un peu le dernier péage espagnol, je me suis déjà fait dépouiller par l'Ertzaintza la milice basque pour une surcharge, ce matin je ne risquais rien de ce côté m'enfin, ils n'y sont pas, tout va bien. Bon faut que j'explique pour ceux qui ne sont pas du métier. Je prends l'exemple d'une semaine normale, je démarre le lundi à 8h pour finir le vendredi à l'heure du goûter. Je roule 3 jours 9h et 2 jours 10h comme le prévoit la loi. J'ai 3x9=27 + 2x10h ce qui nous fait 47h de volant pour la semaine. C'est tranquille ! Eh bien si je fais pareil la semaine suivante je suis en infraction ; 47x2=94 alors qu'on a droit qu'à 90h sur deux semaines. Ce truc est ridicule, et assez récent, avant on s'en foutait. Je suis bon de partout sauf la quatorzaine. Donc ça va je ne suis pas un gros délinquant m'enfin voilà. Cette connerie nous prive ou priverait de deux grands tours consécutifs.

    A hauteur de Bayonne gros carton dans l'autre sens, un Daf a tapé une pile de pont, l'ensemble est broyé, horrible ! J'espère qu'il n'y avait personne sur le siège passager. Une horreur !

    A 8h et demi je suis à Tosse chez un fabricant de trucs en béton. Deux camions à l'intérieur, un en attente dehors, le chauffeur super sympa me dit d'aller chercher les papiers à un bungalow. Je reviens on papote un peu, il roule dans un R480 ancienne génération. Il me pose des questions sur le 500, me demande ce que j'avais avant. « Un Actros 48, eh ben t'as dû en baver ! » C'est quand même fou cette réputation de merde que traîne Mercedes dans le métier. Réputation justifiée ceci dit. J'attends assez peu finalement, les deux camions sortent quasi en même temps. Je charge des bordures en béton, faut sangler bien sûr. Le cariste veut me donner un cours de sanglage. Oh lààà l'ami, tu sais que je connais Berliner ? Tu sais que je suis à la lettre ses photos de chargement sur FDR ? En Allemagne il y a Hitler l'expert du crime industriel, et Juju42 l'expert du sanglage de fret industriel. J'utilise le point Godwin à l'envers, pas pour disqualifier mais au contraire pour qualifier l'expertise. Blague à part des plaques de béton sur la tranche, gerbées sur trois au milieu, faut sortir les sangles et les équerres si tu veux pas faire un miracle dans le premier rond-point.

    A 10h et demi je libère la place pour aller faire les papiers. Je passe faire un tour aux vestiaires, la douche est minable, laisse béton... En partant je vois que je suis arrivé au bon moment, cette fois il y a des camions en attente jusqu'au bout de la rue.

    Jusqu'à Bordeaux ça roule, pas de chieur, j'attaque la rocade du temps de midi, ça freinouille mais rien. Je mange à l'aire de Bédenac parce que j'avais rattrapé une file de camions, pas la peine de s'énerver. Compteur à zéro, ça roule correctement jusqu'à presque Angoulême, j'arrive au cul d'une benne céréalière qui se traîne mais c'est inutile de prendre le risque de doubler, je bifurque peu après.

    Ce matin j'ai mis du gas-oil mais j'ai oublié l'Adblue, j'aurai pas assez pour rentrer, je fais le plein à La Croisière. Ensuite j'appelle la boutique où je vide lundi à Vesoul, j'ai rendez-vous à 6h, ça me semble tôt. Je recharge aux piscines à 9h j'en vide deux en foulée dans le 26, faut pas que ça merde mon histoire. La charmante dame au téléphone se renseigne, elle me confirme que j'ai rendez-vous à 6h, nickel.

    Comme prévu j'ai pas les heures pour Montluçon, je coupe avec 8h40 de guidon, c'est vendredi, c'est St Vaury. Je file enfin à la douche.

     

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  • pas de photos
  • Samedi 20 Mars 2021
  • Bien dormi, réveil à 2h25, je décolle dans la foulée. Ce feignant de restaurateur est fermé que voulez-vous... J'écoute la redif' des Grosses Têtes, sans pub c'est mieux puis un reportage sur Inter où des jeunes se tournent vers l'islam. C'est quand même dingue que des jeunes croient à une hypothèse, farfelue en plus! Bref, je ne vois pas le temps passer. C'est mieux parce que le bout de rcea en travaux est bien long, c'est interdit de doubler de Montmarault à Digoin. On roule à la Girteka, 75 à l'heure, c'est bon pour la conso de gas-oil. J'ai pas sommeil mais faut bien faire une coupure, après Châlon je dors une demi-heure puis je déjeune.

    Je suis à 8h et quart à Devecey, je complète un coup de gas-oil, j'aurai pas le temps lundi. Bibitt m'appelle, il est dans le bureau du chef, grosse ambiance, café, croissants comme d'hab'. Bon c'est pas un gros effort non plus on est quatre ou cinq avec le monteur de pneus, j'imagine que le patron de Geodis n'offre pas les croissants à ceux qui rentrent le samedi, ça doit faire un budget.

    Je balance mes affaires dans la Fiat, le réservoir est vide, je fais le plein bien sûr. Je trouve sur le siège passager une énième attestation de déplacement et ma nouvelle AS24. L'ancienne a marché toute la semaine, elle a dû sentir la nouvelle arriver. Une petite heure de route et je suis à Audincourt, bon week' à tous, le ciel vous tienne en joie.

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  • Ă  V'soul
    le taxi de Christophe
  • Lundi 22 Mars 2021
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    Je vous le dis moi, c'est pas une vie, je me lève à 3h et demi ! Moi le piscinier ! Heureusement que j'ai la foi. A 5h et des boulettes je pose la Fiat et je fais chauffer la machine, j'attends bien 5h30 pour me garder de l'amplitude jusqu 'à 20h30.

    A 6h je suis à Vesoul dans la zone indus' près des douanes derrière Calberson. Un petit jeune me fait mettre en place directement, il est au courant que je venais avec un complet, l'info est passée c'est incroyable. Il fait du rangement dans la cour pendant que j'ouvre et que je vire les sangles. Il prend les palettes par deux, ça speede. A 7h ma remorque est balayée, le plan parfait. Je me prends du pain à la boul' à côté, un petit bout de pain de campagne, vendu au poids, une merveille.

    Un peu après 8h et demi je me claque derrière Jean-Charles, il est venu de bonne heure il a déjà presque fini. Quand c'est fait on va tous boire le café, normal. Déjà en temps normal on loupe pas le jus, mais en plus ce matin ça pèle, il fait un froid de gueux. A 10h je me casse alors que j'avais rendez-vous à 9h30 c'est pas mal. J'avoue que ça me va bien.

    Un peu plus tard j'appelle Montsé, on va avoir les programmes pour la semaine de Pâques. Elle me dit qu'ils ont déclenché une piscine pour Madrid, putain sur une semaine de 4 jours ça va être tandax. Je crois comprendre que c'est une commande en retard, faut livrer absolument, ça ne m'arrange pas mais le boulot ne tombe pas en fonction de ce qui m'arrange. C'est con d'ailleurs, il devrait y avoir un paramètre dans le logiciel Waterair, desiderata du camionero.

    J'ai pris soin de ne pas couper 45 à l'usine, du coup je ne fais que 30 à midi, je mange vers Joudes, entre Lons et Bourg quoi !

    Je passe Lyon à 15h, oklm comme disaient les jeunes il y a quelques temps. Je commence à Anneyron, j'appelle la cliente pour prévenir que je suis en avance, ça l'arrange. J'aime pas trop ce secteur, les maisons sont sur des petits chemins, mais là boh ça va encore. Il y a un vent terrible, la cliente rentre au chaud, je fais mon truc tout seul tranquille. Miracle je trouve à faire demi-tour un peu plus loin.

    J'ai encore une grosse rénovation d'une énorme Olivia à Chantemerle les Blés. Je suis bien inquiet, sur les applis je vois que le chemin est hyper long et bien étroit. Il fallait d'après le commercial une assistance petit camion mais Martine n'a trouvé personne. Je me gare à 2km500 de la maison, je pensais au pire finir en chariot mais j'appelle le client. Je lui explique où je suis, j'avais ma petite idée mais c'est lui qui propose, il a un vieil Espace, en le mettant en break ça va le faire. Il arrive dans les 5 minutes, on se fait le liner à deux, la bagnole est bien pleine. Par politesse je lui dis que je peux venir en voiture avec lui pour décharger le liner mais il me dit qu'il a un voisin que ça va le faire. Cool. Un chèque et je me taille.

    Fin de mission à Ma Campagne à Montélimar nord, j'ai 8h50 de volant, je me gare à 18h28, je valide donc une coupure de 11h, j'y croyais absolument pas. Journée parfaite.

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  • Catalunya
  • Mardi 23 Mars 2021
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    Il doit rester 30 camions sur le parking mais j'ai la douche direct. Je démarre un peu avant 7h. Après Nîmes on se croise avec monsieur 26, il me dit qu'il y a un gros bouchon plus loin, j'avais prévu de sortir à Lunel ça tombe bien. Du coup j'ai pas de regrets de faire le bandit. Déjà que ce bled est pénible mais 8h et demi avec les écoles, je vous laisse imaginer.

    Je suis à Candillargues pile à 9h. La rue des clients me semble bien étroite, je reste sur l'avenue devant ce qui a dû être une cave ou un chai disons. Le client me dit qu'il est assez peu bricoleur, il me pose quelques questions, j'y réponds avec plaisir vu qu'il m'offre le café.

    Ma piscine de 10-12h a été reportée à jeudi, je file direct à Narbonne. Le numéro du client est un 09, donc une box, et il ne répond pas. Ma foi, je verrai bien. Si des fois faut attendre du temps de midi, je me prends du pain à ma boulan' habituelle à Narbonne. Les Hauts de Narbonne c'est tout interdit aux 3t5 mais je sais que ça passe tranquille. A 11h30 je sonne chez un retraité, je lui explique que normalement c'est rendez-vous 13h, m'enfin voilà... Il regarde sa montre et me dit qu'il mange à midi. Pfiiouu, ben oui des fois qu'il mange à midi cinq ! Je lui dis que j'aurai fini à midi promis. Je lui pose sa réno dans le garage, un chèque, à midi moins dix il est à table.

    Cette histoire m'arrange bien parce que je dois monter dans la montagne, chez le grand-père de Heidi. Je sais Heidi c'est dans les Alpes pas dans les Pyrénées, mais c'est la montagne.

    Je me fais chauffer une soupe à l'aire de Salses, j'ai quasi 4h30 de guidon. La montée vers Bourg Madame est bien pénible, il y a je ne sais combien de travaux en circulation alternée, c'est fait avant la saison, je comprends, mais c'est chiant. Heureusement les paysages sont grandioses, c'est un vrai régal. Je dois livrer à Estavar, quand je vois le bled sur l'atlas Michelin je perds les derniers cheveux qu'il me reste. J'appelle le client mais il ne sait pas... Ma foi je reste sur la nationale et je passe par Saillagouse, j'arrive à 300m de la maison sans trop de difficultés. Dans un lacet une petite route s'en va à gauche, parfait pour me garer sans trop gêner. Les gendarmes passent mais ne me calculent pas. Je dépose une rénovation dans un capharnaüm tout à fait impressionnant, j'en ai déjà vu des jardins en bordel mais là on touche à la perfection du merdier.

    Pour repartir j'espérais passer par l'enclave espagnole de Llivia mais ma route est interdite aux 7t5. Je pense qu'il n'y a pas grand chose à voir mais c'était pour le fun, pas grave. Je retombe vite à Puigcerda, là c'est du connu.

    J'ai un peu d'avance, j'envoie un texto à Javier pour m'annoncer en avance s'il veut bien. J'avais dit 17h demain mais je peux y être à midi. Il me répond qu'il est sur le chantier, il m'attend. C'est quoi c'te blague ? Je chope la liste de chargement et effectivement il a raison, c'est bien aujourd'hui. Je reprends mes mails envoyés, j'avais bien dit mercredi 17-19h. Il y a eu une merde chez Waterair, une erreur de saisie probablement. Rendez-vous 16-18h en France et 17-19h à Madrid ça n'a choqué personne ? En plus je ne suis jamais le mardi à Madrid. Bon ma foi c'est pas de ma faute, Javier comprend, je l'appelle quand j'ai du réseau espagnol, on se cadre pour demain midi.

    Il y a quelques zones de travaux côté espagnol aussi mais ça roule, je me fais une dernière coupure vers La Seu d'Urgell. Pour être bien demain fallait que j'aille au moins à Lérida, j'échoue bien plus loin, à 50 bornes de Saragosse. J'ai 10h05 de volant une fois garé mais ça c'est pas grave.

     

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  • Ă  La Rozas
  • Mercredi 24 Mars 2021
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    Bien mangé, entrée plat dessert boisson café pour 10€80 du classique par ici mais ils n'ouvrent pas le matin. Je me fais chauffer un café et zou !

    Ça va être un peu fin pour arriver à Madrid en 4h30, pas la peine de chercher les emmerdes je coupe 45. J'hésite entre le km 102, le 112, bah ni l'un ni l'autre je coupe à Torremocha, au km 118. En déjeunant j'ai l'appétit coupé, à la téloche Aya Nakamura nous inflige son Djadja. Ils savent qu'en France on se fout de sa gueule parce que c'est à chier et qu'en plus on comprend rien ? Dans un sens c'est bien je ne traîne pas. Une douche là-dessus et je retourne au camion, je prends quelques photos sur le parking, il y a un peu de matos. En repartant je vois que la guardia civil trafico se met en place, ici la sortie d'autoroute est longue, c'est l'ancienne nationale en fait, je tourne à 2 ou 300m d'eux, c'est mieux. Tu te fais contrôler par le good cop, c'est un brave type, moi je suis un brave gars, on pourrait presque être ami jusqu'à ce qu'il enquille sa carte dans mon contrôlographe, là d'un coup le charme est brisé, il est censé faire son boulot, moi j'ai fait le mien, de suite il y a divergence. Je pense que c'est mieux d'éviter des conflits inutiles, je garde une bonne opinion de ces mecs et voilà d'autant plus que la semaine problématique va être écrasée la semaine prochaine. Ça tient à peu de choses tout ça finalement.

    A midi pile je suis à Las Rozas de Madrid, je vois la Corsa blanche de Javier. « Admirablement synchrone votre majesté. » Certains citent les grands philosophes, moi je cite le Roi Lion, à chacun ses références, fallait avoir des enfants petits dans les années 2000. Javier arrive avec les monteurs, l'un d'eux me parle en français avec un vache d'accent qui traîne. Il m'explique qu'il a bossé 30 ans en Suisse, tu m'étonnes qu'il a l'accent. C'est un peu comme Perry Freshwater, pilier anglo-néo-zélandais de l'usap qui parle français avec un énorme accent de Perpignan. En apprenant une langue tu parles comme les gens autour c'est fatal.

    C'est un peu compliqué pour livrer, le client à une tonnelle en dur devant le garage, le chariot ne passe pas dessous, on se fait le tout à la main. On emmène les tôles directement dans le jardin en passant par le couloir, la cuisine et le salon, bonjour messieurs dames ne vous dérangez pas pour nous. Ensuite on discute un peu avec Javier je montre le mail que j'ai envoyé à Waterair, c'est pas moi qui ai merdé pour hier. C'est clos. On se cadre pour dans deux semaines, on aura deux livraisons. Hasta luego.

    Il ne me reste plus qu'à rouler pour remonter au max. Martine m'appelle dans l'après-midi, elle me dit que j'aurai deux piscines à Madrid, je suis un peu au courant...sur une semaine de 4 jours ça va quand même être fin... Petite pause à Torremocha mais pour du gas-oil cette fois, j'avais fait le plein au dépôt, là je roule avec des vapeurs de gas-oil, ça clignote rouge. Je finis mes 30 vers le km200. Pour grappiller quelques secondes je garde l'autoroute entre Saragosse et Lérida et j'échoue à Fraga avec 9h59 de volant et 851 km, ça suffit. Je teste un resto rouvert. Le truc a été fermé des années, en tapant le nom sur Google je lis un article, l'entreprise qui a racheté a investi 1 million d'Euros ! En vendant des menus à 11 balles je vois pas bien comment ils vont rentrer dans leurs ronds. Ceci dit je m'en fous un peu, le troquet est neuf, les sanitaires nickel, ça me va bien.

     

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  • Catalogne encore
    c'est le printemps
    resto abandonné, triste
  • Jeudi 25 Mars 2021
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    Le resto est censé ouvrir à 6h, je mets donc le réveil à 6h mais le serveur ou la serveuse qui fait l'ouverture a dû avoir une panne de réveil, il y a 3 ou 4 chauffeurs devant la porte mais tout est éteint. Pas grave du tout, j'irai plus loin. Plus loin c'est sur la C25 à Gurb, j'adore ce nom on dirait une onomatopée dans une bande dessinée, juste avant Vic. Je déjeune en 15 minutes. Ensuite comme d'hab' je passe au gas-oil et adblue à la Petrem, je garde la NII jusqu'à La Jonquera. Je vais à la douche à El Cervol et je prends des clopes pour Martine, compteur à zéro.

    Je quitte l'A9 à Béziers, je passe par l'A75, à 13h je mange un bout là le long. Ma dernière piscine est à Montarnaud, c'est lui qui a reculé le rendez-vous de mardi à jeudi, je pensais donc tomber sur un pénible mais non ces gens sont charmants. Le lotissement est relativement large j'arrive à faire demi-tour sans trop de sueur froide. L'entrée du bled est en travaux de toutes parts, ça construit des deux côtés de la route, c'est impressionnant. Si ça se trouve autrefois ça a été un charmant village du midi, maintenant c'est plutôt l'enfer. Faut bien que les gens se logent.

    Une fois vide je préviens Laurence, elle m'envoie recharger au Pontet demain matin. Je jette un œil sur Google, l'usine ferme à 18h, le gps m'annonce 18h30, sans compter la traversée d'Avignon. C'est pas la peine, en plus demain je ne suis pas pressé un collègue va charger pour moi à Seppois.

    Je passe Montpellier limite limite avant le bordel. Je reste sur l'autoroute jusqu'à Nîmes ensuite je coupe à travers champs par Beaucaire-Tarascon pour me retrouver au sud d'Avignon. A un moment on passe au-dessus du prétendu Rhône, vous connaissez mon couplet; c'est pas le Rhône c'est la Saône bordel! Non je ne suis pas chauvain, si je l'étais je dirais que c'est la Savoureuse. La Savoureuse prend sa source au pied des Vosges, donc pour les Belfortains ce fleuve c'est La Savou' etpicétou. Je finis au sud d'Avignon, à Noves exactement, il y a un garage Scania oui, mais juste en face un resto tenu par des filles, super repas, hygiène irréprochable, le top.

     

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  • le bain de Dolores
    ça transvase de tous côtés
  • Vendredi 26 Mars 2021
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    C'est vraiment une bonne adresse, douche nickel, c'est certainement la proximité du garage Scania qui fait la qualité du lieu, je ne vois pas d'autre explication.

    A 7h je suis devant la grille de chez Cimex, il y a plusieurs entreprises sur le site, dont les transports Mauffrey, un camion de chez eux justement sort, la grille s'ouvre, je m'enfile avant que ça se referme, je suis dans la place. Pas besoin d'un cheval de Troie ou je ne sais quelle astuce, mon cheval et moi on entre au bon moment. Je ne suis plus dans le monde du loisir, des maillots de bain et des tongs, j'enfile un gilet jaune et je vais au guichet sur la pointe des pieds, avec la grâce qui me caractérise... Le mec me fait mettre au quai 1. Un gars de chez Rosson arrive avec une petite remorque city à un essieu, il me raconte qu'il ne fait que du particulier, que c'est la merde pour les accès, non je ne vois pas de quoi tu parles, je le laisse dire...

    A 8h je me sauve, complet, bien lourd. Je n'ai plus qu'à me rentrer gentiment. Dans la matinée j'apprends que c'est Jean-Charles qui va charger pour moi, faudra transvaser ce soir. J'appelle Pauline pour la Fiat mais elle est en panne, la Fiat pas Pauline. Et la Peugeot le chef a cassé le moteur. Ou disons que le moteur a cassé quand le boss l'avait, c'est toujours mieux quand les embrouilles arrivent à la hiérarchie, ça évite les reproches.

    Je mange un bout à l'aire de Bourg en Bresse, je balance le reste de mon pain de campagne aux pies. Je l'avais acheté à Narbonne, roulé dans un torchon il est encore bien bon, les pies sont d'accord avec moi. Bon chrétien je ne jette jamais le pain à la poubelle mais toujours dans l'herbe pour les bestioles.

    Je passe laver chez Jeantet, il y a un porteur sous le lavage, je profite d'avoir du fret où on peut marcher dessus en hauteur pour graisser mes roulettes de rideaux, un coup de graisse à la silicone et le rideau roule tout seul. Ensuite je fais prendre le bain à Dolorès, après le Roi Lion c'est Dingo.

    Je vide mon lot à quai et je me mets en place pour recharger. Juste avant 18h comme prévu le messie arrive, pas Lionel mais Jean-Charles. A deux ça va drôlement bien, tu descends pas du chariot toutes les trois secondes pour voir ou déplacer un poteau. A 19h je suis prêt à partir, Mécanos services appellent, la Fiat est terminée, contrôle technique fait. Mon patron me demande ce que je compte faire ? Ben faut être un peu sérieux, je vais chercher la bagnole, faut pas déconner. Du coup c'est Jean-Charles qui va m'emmener, il passe par là pour rentrer chez lui. Il recharge avec Nico quelques lots en Tred chariot, des abris de jardin du carrelage, du Leroy Merlin par internet en général, il va se faire trois clients sur Montbéliard-Belfort lundi matin avant de charger aux piscines.Je prépare mes affaires pendant ce temps. A 20h il me pose chez Rabasse, c'est encore ouvert, je saute dans la bagnole. Au dessus de 130 il y a un truc qui cognait à l'avant droit, c'était pas très rassurant, cette fois on peut rouler...

    Bon week à toutes et tous, le ciel vous tienne en joie.

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  • Villemotier
  • Lundi 29 Mars 2021
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    Un week-end de trois nuits à la maison ça fait du bien, en ce moment faut savourer, mais ma foi, faut bien y retourner. Hier matin j'ai appelé Yves le monteur de l'Ardèche, je sais c'était dimanche mais ça me tracassait, fallait que je détermine mon heure de départ. Il m'a rassuré, je démarre du dépôt un peu avant 7h, juste avant le bordel avant Besançon, même si avec les travaux bien avancés ça va bien mieux. Avant de partir on boit le café avec Joaquim, je lui demande des nouvelles de José son frère, il a fait une petite alerte cardiaque, il se remet tranquillement, rien d'alarmant mais à nos âges c'est jamais de bon augure.

    Comme un lundi premier arrêt à Villemotier, ô surprise Rémi est là, on boit le café en terrasse, 15 minutes pas plus, j'ai du boulot, à l'origine je me suis arrêté juste pour du pain.

    D'habitude j'arrive depuis le dépôt au parking avant Loriol, là ça klaxonne au parking d'avant à Portes Les Valence. Je comprends pas trop, c'est le changement d'heure le zinzin m'a arnaqué. Rien de grave, je vais pas réfléchir deux plombes, ça va me donner des céphalées je suis pas équipé pour.

    Je commence dans la banlieue de Privas, je n'étais jamais monté depuis Le Pouzin, faut dire que c'est interdit aux 19t de Privas à Aubenas. Mais il n'y a rien d'extraordinaire, ça passe tranquille. J'étais un peu inquiet en voyant le quartier sur Maps mais en vrai ça va, ça passe. Des gens charmants qui m'offrent le café, j'en ai besoin je me suis levé bien trop tôt.

    Ensuite on se donne rendez-vous avec Yves sur le parking de la grosse jardinerie à l'entrée d'Aubenas mais il y a plein de petits vieux qui achètent des plantes, le parking est inaccessible. Un peu plus loin il y a une brocante, on dit à la dame qu'on fait au plus vite, elle n'est pas ravie mais elle tolère qu'on laisse le camion là. On transvase sur son magnifique Renault tout neuf et on grimpe dans les collines. On a un peu de mal à trouver, le client est toujours sur messagerie, on finit par y arriver... Je sonne, personne ! Je rererappelle le client, rereremessagerie. J'appelle Waterair, Philippe me dégote un autre 06 dans le dossier. Cette fois le client répond mais il me dit qu'il n'est pas au courant qu'on venait. Mouais. La procédure des livraisons est ultraverrouillée, je pense qu'il me prend pour un lapin de trois semaines. Il me dit qu'il est au boulot, qu'il lui faut une bonne demi-heure pour venir. Et mon camion qu'est garé à l'arrache... Pas le choix, on attend. Il se pointe en une petite demi-heure, faut reconnaître. On lui dépose sa piscine dans la cour vite fait bien fait, contrôle, et on file. Je récupère le camion en toute discrétion, j'imaginais la brocanteuse en Ma Dalton avec le fusil en main, ça fait 2h20 que je squatte, désolé.

    J'ai encore une rénovation à Montélimar sur les boulevards au sud de la ville. Je reste en warning sur le trottoir. Le client est bien sympa mais c'est une vraie pipelette, il met trois plombes pour remplir le chèque, il écrit, s'arrête, me parle covid, écrit un chiffre, s'arrête, finit sa phrase. Je reste courtois mais il me fatigue.

    Pour finir la journée je remonte en Ardèche, c'est ballot mais c'est comme ça. Je vais souper à Villeneuve de Berg, voilà un moment que je ne suis pas venu mais c'est toujours une bonne adresse.

     

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  • Lagorce 07
    pour une fidèle lectrice
    Scania des champs
    L'Isle sur la Sorgue
  • Lundi 29 Mars 2021
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    Rien de changé, douches toujours nickel, à 7h je me sauve.

    Je commence à Lagorce, petit patelin bien paumé. Hier j'ai demandé conseil à Yves, il me dit que c'est mieux d'aller tourner à Ruoms-Vallon Pont d'Arc. Ça rallonge d'une dizaine de bornes m'enfin, par ici je ne fais pas le malin, si ça trouve il se trompe ça passe mais j'ai pas envie d'essayer, en Ardèche faut toujours écouter les aborigènes.

    Comme beaucoup la cave coopérative est abandonnée depuis longtemps, ça permet juste de faire demi-tour et de se garer tranquille. Je livre une rénovation et en revenant au camion je suis attiré par une jolie plaque commémorative sur un mur, c'est écrit : une date de 1809 , Napoléon a peut-être pissé ici. C'est con, moi ça me fait rire.

    Je retraverse Lagorce, refais le tour de Vallon Pont d'Arc et je m'enfile sur un petit chemin. La maison est tout au bout, j'y retrouve Yves. Il est en galère, avant de monter la Waterair il doit virer une ancienne coque dont le fond a bombé. C'est plein d'eau dégueulasse. Courage !

    Pour moi la suite est à St Julien les Rosiers, c'est la banlieue d'Alès en venant de St Ambroix. Ici je ne sais jamais où me garer, c'est un village western il n'y a qu'une rue, et un fort passage. Coup de bol le parking du tabac est quasi vide, je me gare sur un côté pour ne pas trop faire chier. La maison est à 300m, c'est le père qui me réceptionne, il a au moins 80 piges, il marche en faisant des petits pas, je me fais le liner tout seul. Il me demande si je fais ça toute la journée, il trouve l'effort violent. Fallait que je réponde quoi ? Qu'il me fait chier d'être vieux, qu'il abuse ? Je lui dis que c'est rien et voilà.

    J'ai fait trois clients espacés dans la matinée, ça a bien marché. Je me pose à l'ombre pour manger, c'est la première fois de l'année que je cherche de l'ombre je crois bien.

    A 13h je m'enfile sur une tite route, arrivé dans un hameau c'est mort, je ne peux pas passer entre deux maisons. Putain j'y crois pas, il n'y a aucune interdiction. Dans ce pays il y a des milliers d'interdictions PL injustifiées et là, nada ! J'arrive à faire demi-tour, soulagement. Je passe par une petite route que j'ai prise l'année dernière il me semble, j'étais allé dans un camping paumé pour décharger la semi de mon collègue José, des cabanes en bois fabriquées à Rioz je crois bien.

    Le client est sympa mais il ne sait pas ce qu'il veut, faut déplacer les palettes à chaque fois que je reviens avec une autre. Quand il voit l'escalier il me demande si je peux l'aider à le descendre dans le trou, ma foi c'est pas mon boulot m'enfin... Il m'offre le café quand on a fini, ça efface tout.

    De là je descends à Althen des Paluds, j'hésite quant à l'itinéraire, soit aller tourner à Orange soit me payer Avignon. Je me dis qu'entre 15 et 16h ça va passer crème. Fatal error, Avignon ça passe jamais crème. C'est vraiment une plaie.

    J'arrive enfin à destination, la misère n'est pas finie, la rue est étroite, bordée de fossés, je me gare en merde au coin de la rue, le cul de la semi qui déborde sur l'autre route, c'est vraiment pas terrible. Je demande à la cliente s'il y a une autre possibilité, elle me dit que non. J'essaye d'aller au plus vite mais il y a pas mal de bazar, y compris une grande couverture solaire, j'y passe un moment. Pour repartir je demande mon chemin à la cliente, elle me dit tout droit et au bout à droite. Oh purée, à peine à 200m je reconnais le coin, il y a un grand parking d'une ancienne coopérative de fruits, je m'y suis garé il n'y a pas longtemps. Putain j'aurais été mieux là ! Après c'est impossible, pour moi tout du moins, de se rappeler de toutes les rues de tous les bleds.

    Je me fais encore une réno à L'isle sur la Sorgue, faut traverser tout le pays, pas trop inquiet j'ai vu sur Maps que ma rue débouche vers un Super U, qui dit supermarché dit camions pour livrer. Bon c'est pas direct sur le U, il y a une ou deux chicanes mais ça va.

    J'en ai ma claque pour aujourd'hui, je finis la journée à Noves. Je n'étais pas venu ici depuis une éternité, là ça fait deux fois en deux semaines, c'est toujours comme ça.

     

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  • Mercredi 31 Mars 2021
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    Café, pain-beurre, douche, zou ! Je démarre un peu trop tôt mais j'évite la circulation avignonnaise. C'est ce que je croyais au départ... Je fais des zigzags dans Avignon, j'arrive dans ma rue il y a un pont à 3m20, punaise il sort d'où ce pont ? C'est indiqué nulle part. Vu les numéros sur les maisons mon client est de l'autre côté du pont. Je fais un demi-tour savant sans rien casser, j'appelle mon client il est sur messagerie. Donc je fais le tour, du moins j'essaye. Tous les ponts sous le chemin de fer sont à moins de 4m. Je fais un peu d'huile en longeant la voie ferrée, comment c'est au bout ? Je trouve enfin un passage à 4m, mais je suis à 3 ou 4 bornes de ma rue. J'arrive dans ma rue, du bon côté cette fois, enfin c'est ce que je croyais, mais non, la maison est quand même de l'autre côté !!! C'est une caméra cachée ? Quelqu'un se fout de ma gueule ? En fait des maisons se sont construites et les numéros sont incohérents. Je rerecule jusqu'au bout, je refais le tour, cette fois je connais... Pour la faire courte, j'ai mis 1h05 de volant pour un trajet qui faisait 12 km depuis le resto ! Heureusement le client est sympa, il a un nom breton genre Loïc Kermadec mais c'est un Réunionnais, il me propose un rhum de bon matin, non merci c'est gentil. Faut que je garde les idées claires pour sortir de cette ville de m...

    Ma dernière livraison est à Nîmes, Laurence m'a envoyé un retour hier soir, faut des Europe à prendre chez les transports Bert. J'en suis pas bien loin, j'y vais en vitesse, je vais gagner du temps et surtout éviter cette putain de rocade d'Avignon. C'est la deuxième fois que je vais chez Bert à Sorgues, ils sont bien gentils. Le cariste me fait mettre à quai quand une place se libère, rien à redire. J'appelle mon dernier client au-dessus de Nîmes, il s'en fout, il m'attend. Cool.

    J'arrive dans le bled à midi moins dix, pour rdv 10-12 c'est ric-rac. Sauf que Nages et Solorgues c'est un village typique du midi, des ruelles étroites. Et moi ma couverture de 5m même en diagonale sur les fourches ça le fait pas. Je suis garé au cimetière, sur la rue principale ça va mais ensuite je me fais chier pour parler clairement. A force de tours et de détours j'arrive enfin à la maison, le client sort et me dit qu'il est désolé mais il doit aller chercher sa gamine au collège. Qu'est ce que je peux dire ? Rien. Un coup de colère et je me rentre la Solaé dans la cour à la main, le Moffett ne passe pas sous le porche. Mon gars revient rapidement, il me file un chèque et je file.

    J'ai repéré une boulangerie en venant, il y a de la place pour stationner proprement, je prends le temps de manger en vitesse.

    A 15h30 je suis chez les transports Leroy à L'Isle sur la Sorgue. La fille au bureau est bien sympa, elle me donne un quai de suite. Les gars finissent de vider un conteneur et ensuite ils me chargent. En fait c'est ça leur activité, ils dépotent des conteneurs maritimes qui viennent de Chine, font des palettes de ces cochonneries pour les centrales de la grande distrib'. A 17h je me casse, chargé complet de bazar made in China.

    Je n'ai plus qu'à remonter au max du max, demain j'ai rdv au plus tôt chez Scania. Mon taxi a déjà bientôt deux ans, on a le contrôle technique et l'étalonnage du tachy. Cyrille m'appelle, demain faudra que j'aille charger chez Wat' pour un collègue, on doit me prêter un tracteur mais c'est pas encore certain. Demain il fera jour. Je finis au Mas Pommier, très bonne adresse.